Examen RI – Mai 2016

 

 

Vous trouverez ci-après le corrigé

[solution portée à chaque fois en gras et soulignée]

des questions posées lors de l’examen de Relations internationales 

de première année du Pr Rials

qui s’est déroulé le mardi 31 mai 2016

à l’Université Panthéon-Assas

 

 

  1. L’Europe centrale, orientale et balkanique

1. L'Europe centrale, orientale et balkanique.png

 

 

 

 

2) L’Asie centrale

2. L'Asie centrale.png

 

 

 

 

 

L1 – Relations internationales

Cours du Professeur Rials

Examen du printemps 2016

 

 

 

NB : les délais – pour les étudiants, certes, plus encore que pour les professeurs – sont péniblement brefs ; cela nuit au travail des uns comme des autres – nous sommes impuissants hélas – ; j’ai trouvé, me relisant plusieurs fois encore avant la mise en ligne de ce corrigé, quelques malfaçons très ponctuelles sans incidence aucune sur le sens ni des questions ni des « réponses » ; par conséquent, j’ai corrigé cinq ou six coquilles et trois ou quatre désagréables répétitions, exceptionnellement ajouté ou retranché un mot ou deux ; j’espère qu’ainsi ce corrigé pourra mieux aider ceux qui, ultérieurement, le liront ; quant à celui [celle] qui, parmi vous, aspirant à devenir archiviste-paléographe, se destine en secret à l’Ecole des Chartes, il [elle] aura la joie, lors de l’édition définitive en huit ou neuf forts in-quarto qu’il [elle] donnera un jour des sujets d’examen de l’Université Panthéon-Assas au début du XXIe siècle (travail qui serait certes – je ne plaisante aucunement – d’un vif intérêt), de pouvoir produire quelques variantes en notes.

 

 

Observations préliminaires :

 

Cinquante questions sont peu. J’en avais rédigé sans peine à peu près le quadruple. J’ai fait une sélection qui m’est apparue raisonnable en vue de solliciter votre esprit selon des voies diverses. Certains seront déçus que telle question figure et pas telle autre.

Je les invite à méditer une très profonde vue que Rousseau exprime de diverses façons dans son œuvre : il n’est rien de ce qui sort de l’art des hommes qui n’ait ses inconvénients…

L’on doit comprendre aussi à quel point l’art du faux, dans les QCM (genre que Rousseau eût assurément réprouvé), est difficile à manier pour celui qui les rédige : il faut mettre sur la voie (et je crois le faire dans l’ensemble) mais sans non plus exactement livrer la réponse. L’équilibre est malaisé, le rire menace parfois.

 

Je vous conseille :

  • de commencer par les questions et réponses courtes qui forment la grande majorité ;
  • de ne passer aux questions plus longues qu’en second lieu (bien que le sens de certaines soit très rapidement accessible si l’on a bien travaillé – et qu’il soit parfaitement inutile de tout lire : identifier ce qui est immédiatement pertinent forme justement une partie de l’exercice) ;
  • quelques minutes avant la fin, si vous avez laissé de côté dix ou quinze questions, ou davantage, de cocher malgré tout une réponse : vous gagnerez mécaniquement quelques points ; le procédé n’est pas très élégant mais il ne mérite évidemment pas d’être considéré comme déloyal dans le cadre d’un exercice de ce type ;

 

  • Vous connaissez déjà mon choix pour la notation puisque je vous l’ai communiqué par l’intermédiaire du site de Dogma :

 

Le QCM comportera cinquante questions. La note devant être portée sur dix, le diviseur devrait être 5. Il sera 3,75. La note obtenue sera élevée au demi point supérieur.
 Il n’y aura, dans ces conditions aucune discussion sur les notes.
 Ce mode de calcul sera maintenu en septembre.

 

Enfin :

  • pour éviter de plus grandes difficultés, il m’est arrivé de préférer des termes et tours moins techniques, mais plus répandus ou accessibles ;
  • lorsque la date d’une valeur n’est pas précisée, la date du dernier enseignement doit être supposée ;
  • je n’ai pas travaillé sérieusement – ce qui est un tort – la question de la translittération de mots ou de noms depuis telles langues étrangères – je ne crois pas que cela puisse nuire à la compréhension ;
  • les questions sont posées en France ; j’ai essayé, là encore, d’éviter les ambiguïtés, mais il peut en demeurer.

 

 

Tous mes vœux, vraiment très sincères, à toutes et à tous.

 

 

 

 

 

 

CARTES

 

Carte « L’Europe centrale, orientale et balkanique »

 

Question 1

Les numéros 11, 12, 13 et 14 correspondent respectivement aux pays suivants :

A Slovénie, Serbie, Croatie, Bosnie

B Monténégro, Macédoine, Albanie, Grèce

C Monténégro, Kosovo, Albanie, Macédoine

D Bosnie, Serbie, Monténégro, Kosovo

 

Question 2

Les numéros 2, 4, 5 et 6 correspondent respectivement aux pays suivants :

A Slovénie, Autriche, Hongrie, Serbie

B Autriche, République tchèque, Slovaquie, Hongrie

C Slovénie, Autriche, Slovaquie, Hongrie

D République tchèque, Pologne, Slovaquie, Hongrie

 

Question 3

Les numéros 15, 16, 17, 18 correspondent respectivement aux pays suivants :

A Serbie, Hongrie, Slovaquie, Pologne

B Serbie, Roumanie, Moldavie, Biélorussie

C Moldavie, Roumanie, Ukraine, Biélorussie

D Bulgarie, Roumanie, Moldavie, Ukraine

 

 

Carte « L’Asie centrale »

 

Question 4

Les numéros 1, 2, 3, 10 correspondent respectivement aux pays suivants :

A Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Iran

B Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan

C Kirghizistan, Tadjikistan, Afghanistan, Iran

D Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan

 

 

Question 5

Parmi les pays suivants, lequel ne dispose d’aucune frontière avec la Chine ?

A Afghanistan

B Pakistan

C Tadjikistan

D Kirghizistan

E Ouzbékistan

 

 

Question 6

Multipliez le nombre de la Chine par celui du Turkménistan. Soustrayez du produit le nombre du Tadjikistan. Quel pays obtenez-vous ?

A Pakistan

B Afghanistan

C Inde

D Iran

 

 

 

DATES

 

 

Question 7

La proclamation, dans le cadre de l’ « Etat islamique », de la restauration du Califat au bénéfice du Calife Ibrahim (Abu Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurayshi – pseudonyme déjà, qui indiquait que le Calife se revendiquait d’une filiation avec le Prophète de l’Islam) a eu lieu dans la Grande Mosquée de Mossoul. A quel moment ?

A juillet 2012

B décembre 2011

C décembre 2013

D juin 2014

E février 2015

 

 

Question 8

L’agression des Etats-Unis et de certains de leurs alliés, internationalement très lourdement illégale, et qui a fini par se traduire, tous aspects considérés, par plus de huit cent mille morts en Irak seulement, selon les évaluations les plus assurées, ainsi qu’une profonde déstabilisation régionale (et finalement à peu près mondiale), a été déclenchée en

A 2003

B 2001

C 2005

D 2002

E 2004

 

 

Question 9

De quelle année datez-vous la dissolution du Pacte de Varsovie ?

A du début de 1992

B de la fin de 1990

C du milieu de 1991

D de la fin de 1989

E du milieu de 1993

 

 

Question 10

L’Irak a envahi le Koweit

A à l’automne 1995

B au printemps 2002

C à la fin de 1989

D à la mi-1990

E au tout début de 1992

 

 

Question 11

Le mouvement dit « euromaïdan » – dont les suites ont bouleversé profondément, et durablement, à la fois la vie politique – et économique aussi – ukrainienne et la situation internationale – s’est étalé sur environ trois mois :

A En 2012

B En 2015

C A la charnière de 2013 et de 2014

D A la charnière de 2012 et de 2013

E A la charnière de 2014 et de 2015

 

 

 

 

FILMS

 

Comme il a été vraiment très difficile (ainsi que je l’ai noté en commençant) de borner le questionnaire à cinquante questions, j’ai fait le choix de ne conserver – et pour trop peu – que trois films. En septembre, les six films seront retenus (engagement formel de ma part). J’augmenterai d’ailleurs un peu le poids de cette rubrique dans la notation, ce qui permettra d’adoucir – je l’espère – la sévérité de l’été des quelques malheureux du printemps.

 

 

Vents de Sable, Femmes de Roc.

 

 

Question 12

Les Toubou (qui se répartissent d’ailleurs en deux peuples – les Teda et les Daza) sont une population en bonne partie nomade, vivant surtout de l’élevage ; ils sont bien sûr tout à fait distincts des Touareg [pl. de Targui], beaucoup plus nombreux qu’eux et avec lesquels leurs relations sont d’ailleurs généralement très tendues, en particulier dans l’actuel climat de la région et au regard de certains enjeux. On les trouve pour l’essentiel dans trois Etats (respectivement à hauteur de plus de trois cent cinquante mille, de plus de deux cent mille et de quelques milliers). Vous cocherez la meilleure association (l’ordre des Etats y correspondra à l’effectif respectif de la population Toubou dans chacun d’entre eux) :

A Tchad, Niger, République Centrafricaine

B Libye, Algérie, Mali

C Algérie, Niger, Tchad

D Tchad, Niger, Libye

E Burkina Faso, Mali, Mauritanie

 

 

Question 13

Vous avez sans doute relevé le parcours de ces femmes dans le désert, de Bedouaram à Bilma, en passant par Bezze Denga, Agadem, Dibella et Zoobaba. Evoqueriez-vous :

  1. Une route entièrement nigérienne comprise entre 550 et 600 kilomètres parcourue en à peu près trois semaines
  2. Une route de 450 à 500 kilomètres parcourue en à peu près trois semaines et passant du Tchad au Niger en franchissant le nord du Cameroun et le nord-est du Nigéria non loin du Lac Tchad

C Une route de 700 kilomètres environ, parcourue en quatre semaines, joignant l’est du Mali au sud de l’Algérie par l’ouest du Niger

  1. Une route de 450 à 550 kilomètres, parcourue en moins de deux semaines et demie, du Sud Libyen à l’est nigérien

 

 

Question 14

En vous fondant simplement sur l’admirable film retraçant l’aventure de ces femmes d’un si grand courage et d’une si parfaite élégance (vestimentaire, bien sûr, mais morale aussi – le passage chez le médecin à Bilma vous aura émus sans doute – tant de pudeur dans l’anxiété), tendriez-vous à penser que

A Cette vie nomade va connaître un renouveau ou du moins connaître une heureuse stabilisation – l’exemple d’Amina, revenant de la ville d’Agadez, où elle a tenu un petit commerce, pour renouer avec les usages des siens, laisse le meilleur espoir

B De tels modes de vie immémoriaux ne sont guère menacés par les évolutions contemporaines. Deux mondes se côtoient et ne se rencontrent pas assez pour que le plus faible en pâtisse

C Diverses sortes de tensions (par exemple – en dehors même des difficultés pouvant résulter de conflits, ou d’évolutions climatiques – matrimoniales, résultant de la séduction de la ville et d’un mode de vie sédentaire, de la non moindre fascination pour les styles de vie lamentables présentés par les « séries » anglosaxonnes entrevues à Bilma, etc.) menacent à terme le mode de vie traditionnel

 

 

 

 

L’Ami Américain. L’Amérique contre de Gaulle

 

 

Question 15

Trois présidents des Etats-Unis sont évoqués dans le film : J.F. Kennedy ; L.B. Johnson ; R.M. Nixon. Plusieurs d’entre eux ont accompli leur première visite d’Etat en France. Lesquels?

A Johnson et Nixon

B Kennedy et Johnson

C Kennedy et Nixon

D Kennedy, Johnson et Nixon

 

 

Question 16

Comme vous l’avez peut-être relevé dans le film (et vous avez peut-être été heurté par le caractère méprisablement méprisant de certains propos de toutes sortes de hauts conseillers américains à l’endroit de notre pays et de celui qui – temporairement – avait restauré sa grandeur), la France est un pays que l’on aime bien pour sa mode (ce n’est pas si mal), certes merveilleusement promue par Jacqueline Bouvier Kennedy, et son histoire – façon de signifier que celle-ci, pour immense qu’elle fût, serait achevée. Fut-elle aussi le premier allié des Etats-Unis, ainsi que cela est suggéré dans le film :

A Oui

B Non, ce fut le Royaume Uni

C Non, ce fut l’Espagne

D Non, ce fut la Russie

E Non, ce fut le Mexique

 

 

Question 17

Après sa rencontre avec le Général, le président Kennedy devait rencontrer

A Leonid Brejnev à Sébastopol

B Joseph Staline à Berlin

C Nikita Khrouchtchev à Vienne

D Mao Tse-toung à Pékin

E Boris Eltsine à Sotchi

 

 

Question 18

L’on saisit très bien dans le film que les services américains organisent des campagnes de presse, soutiennent même de puissants mouvements sociaux en France, afin de déstabiliser les institutions françaises et le général de Gaulle. Doit-on aller jusqu’à supposer qu’un certain nombre d’hommes politiques, militaires ou grands commis français aient livré des renseignements aux services américains ?

A Non, bien sûr – c’eût été une trahison!

B Oui, d’une manière qui ne laisse aucun doute

C Malgré eux seulement – les services américains leur envoyant d’ensorcelantes créatures qui leur faisaient les poches pendant leur sommeil (les effets de la « parité » permettront de sortir quelque jour de ces « stéréotypes »…)

D Un seul, trop bavard lorsqu’il était pris de boisson

E La CIA était simplement parvenue à faire chanter un seul proche collaborateur du Général

 

 

 

Daghestan – Des kolkhozes aux mosquées

 

 

Question 19

Mme Frédérique Longuet-Marx (arrière-petite-fille de Charles Longuet, ce journaliste socialiste qui avait épousé une fille de Karl Marx et de Jenny von Westphalen, prénommée elle aussi Jenny) évoque l’ « icône » qui avait dominé son précédent voyage : celle de Lénine, omniprésent dans le Daghestan de la fin de l’Union soviétique. Désormais (l’on est en 2008), une autre figure l’a remplacé (et vous avez noté que l’Islam de cette région, sunnite pourtant et non pas chiite [du moins principalement, car il y a cinq pour cent de chiites], n’était pas, traditionnellement, aussi hostile que d’autres à l’image, pas plus d’ailleurs qu’au culte des « saints », selon les pratiques religieuses de ce que l’on désigne comme « soufisme ») : celle de Chamil. Qui est Chamil ?

A Le principal promoteur de l’édification d’un grand Emirat islamique entre Caspienne et Méditerranée, unifiant toutes les régions situées au nord du Caucase – abattu par les Spetsnaz (les forces spéciales de la Fédération) en 2007

B Un saint soufi sur la tombe duquel les miracles, dit-on, ne se comptent plus

C Un imam considéré comme un héros de la résistance à l’extension de l’empire russe au milieu du XIXe siècle

D Le savant qui, vers 1870, a traduit le Coran dans la langue du rameau nakho-daghestanien parlée par les Avars

 

 

Question 20

La radicalisation musulmane au Daghestan, marquée d’une façon qui ne saurait surprendre par l’argent séoudien, est le fait

A de ceux que l’on appelle Wahhabis

B de ceux que l’on appelle Salafis

C de ceux qui s’appellent Salafis et que les autorités désignent comme Wahhabis

D de ceux qui s’appellent Wahhabis et que les autorités désignent comme Salafis

 

 

Question 21

Dans une région marquée à la fois par l’islam (tendu entre deux pôles), par des aspects de culture russe (à commencer par le partage de la langue russe qui permet seule à des ethnies parlant des langues diverses de communiquer entre elles), par des restes de l’âge soviétique aussi, considérez-vous, au regard de ce que suggère le film, que la classe dirigeante locale

A a été littéralement bouleversée après l’insurrection de 2006 qui a acculé le président Poutine à consentir une quasi-indépendance au Daghestan

B a été renouvelée par l’arrivée aux responsabilités d’une nouvelle couche de dirigeants musulmans se revendiquant volontiers du modèle de l’AKP au pouvoir en Turquie depuis 2002

C a été profondément modifiée à l’âge poutinien, un véritable propos de renouveau étant manifesté par le pouvoir central

D s’inscrit dans la continuité la plus large par rapport à la fin de l’ère soviétique, non sans effets de corruption et d’usure que les « salafistes » semblent savoir exploiter à leurs fins propres dans un climat qui demeure, huit ans après le film, extraordinairement tendu

 

 

 

 

 

QUESTIONS LIÉES AU COURS

 

 

 

 

Question 22

Dans la quatre-vingt-onzième épître à Lucilius, Sénèque [le Philosophe] écrit ces mots, en latin bien sûr, davantage propres à apaiser qu’à troubler l’âme j’imagine : Casura exstant. Quel sens donneriez-vous à ces deux mots (songeant bien sûr à un passage fameux du Bourgeois gentilhomme : – Tant de choses en deux mots ? – Oui, la langue turque est comme cela, elle dit beaucoup en peu de paroles.)

A Après la pluie, le beau temps

B Rien de neuf sous le soleil

C Toutes choses se dressent, destinées à tomber

D La cassure s’étend

E Pensons à autre chose, ça ira sûrement mieux demain

 

 

Question 23

L’œuvre la plus fameuse – si justement – de Carl von Clausewitz [1780-1831], publiée par sa veuve en 1832, a pour titre [en français] :

A L’Art de la négociation

B Les lois de la mécanique et du mouvement des corps appliquées à l’art de la guerre

C Le fil de l’épée

D De la Guerre

E Les victoires de Napoléon

 

 

Question 24

Recourant à la notion de « polyarchie », et précisant même, de façon peu élégante, « situationnelle », qu’ai-je souhaité évoquer spécifiquement ?

A Les systèmes, très généralement, de distribution des principales fonctions « juridiques » étatiques entre divers organes plus ou moins dépendants ou indépendants les uns des autres (la question étudiée dans les cours de droit constitutionnel comme celle, très généralement, de la « séparation des pouvoirs »)

B Le fait que tout système de relations internationales, même s’il donne le sentiment de la domination unilatérale d’une « hyperpuissance », est irréductiblement « multipolaire » (terme qui pourrait alors être considéré come synonyme de « polyarchique »)

C Les configurations dites de « régime mixte », dans lesquelles les institutions sont au fond organisées selon des considérations sociales, tendant à assurer une bonne combinaison politique des diverses classes sociales jugées pertinentes (ainsi dans les régimes faisant une place à une monarchie héréditaire suffisamment effective, à une chambre plus ou moins « populaire », et à une chambre « haute » réservée à une noblesse de pairs, de lords…)

D Non des formes de régimes légaux, tels qu’ils peuvent en particulier intéresser les « constitutionnalistes », mais des effectivités qui peuvent être repérées dans tout régime, fût-il une dictature manifeste. Poser la question dans les termes de la polyarchie revient, pour chaque affaire jugée pertinente, à tenter d’échapper à la facilité « animiste » ( « les » Américains par exemple) et à s’interroger, de façon infiniment ouverte et purement conjecturale, sur les sortes de forces, « constitutionnelles » ou non (les aspects « formels » sont assez secondaires au fond car l’essentiel tient à la « signification », c’est-à-dire davantage aux jeux de forces qu’aux jeux de formes – eh oui ! ça le dit, « et ça se dit d’Assas »), qui peuvent avoir effectivement contribué à tel choix. Admettre ainsi qu’il puisse y avoir une concurrence subtile – et parfois peu subtile d’ailleurs – entre de nombreuses « institutions », c’est-à-dire bien sûr, en réalité, personnes physiques ou ensembles de personnes physiques (par exemple, pour demeurer aux Etats-Unis : Maison Blanche, Secrétariat d’Etat – avec des antagonismes d’ailleurs, à l’intérieur de cette institution comme de telle autre –, Secrétariat à la Défense [Pentagone], commissions parlementaires, Etat-major, CIA ou autres « services », groupes d’influence privés, sociétés « de pensée », sociétés commerciales concernées, « marchands de canons » ainsi, pétroliers, entreprises de travaux publics qui reconstruiront peut-être les ponts et les immeubles ravagés pas les frappes de la « guerre propre »…) ; que des gouvernements étrangers puissent exercer des pressions ou tentations variées ; que de simples personnes physiques privées, nullement « incorporées », puissent bénificier d’une véritable influence dont le sens profond ne se révèlerait que dans le long terme, etc.

 

 

Question 25

La population humaine mondiale est très probablement aujourd’hui de l’ordre de

A 5,6 milliards

B 9,1 milliards

C 6,7 milliards

D 7,4 milliards

E 8,2 milliards

 

 

Question 26

Si vous étiez né au milieu du siècle dernier, auriez-vous vu à ce jour la population mondiale, en gros

A Quadrupler

B Doubler

C Croître d’environ soixante pour cent

D A peu près stagner, les pertes des pays du « Nord » se trouvant compensées par les gains des pays du « Sud »

E Tripler

 

 

Question 27

Parmi les propositions suivantes, toutes sont fausses à l’exception d’une seule – laquelle ?

A Le Pakistan est plus peuplé que le Brésil

B Le Bangladesh est plus peuplé que le Nigéria

C La Turquie est plus peuplée que l’Iran

D L’Egypte est plus peuplée que l’Allemagne

E L’Inde est plus peuplée que la Chine

 

 

Question 28

Concernant le[s] marché[s] de l’or, le commentaire est d’une rare difficulté, en particulier parce que certaines prévisions, en particulier haussières, sont régulièrement démenties.

Il est vrai que les fins de ceux qui achètent de l’or sont assez hétérogènes – liées à des orientations que l’on peut dire culturelles spécifiques (en Inde ou en Chine par exemple – pour la seule joaillerie, ces deux pays achètent dit-on plus de mille cinq cents tonnes d’or par an), à des habitudes de thésaurisation « bourgeoise » (certes en fort recul en Occident mais que la perspective de suppression du « cash » ou de « taux négatifs » sur les dépôts pourrait réactiver), à des objectifs proprement étatiques et en particulier d’affirmation monétaire en vue de hâter un processus de « dédollarisation » qui serait à n’en pas douter un tournant dans l’histoire mondiale (en même temps que la clôture – certes plus ou moins formelle dans ses termes – de la période inédite ouverte par la décision du président Nixon, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité du dollar en or.)

Surtout, la place considérable désormais de l’ « or-papier » (l’on considère volontiers aujourd’hui qu’il y aurait au moins trois cents unité papier pour une unité physique) permet à certains opérateurs (éventuellement inspirés par telle grande institution – la Réserve fédérale dit-on – à des fins transparentes de sauvegarde de la suprématie du dollar) d’agir, en vue d’apaiser une tendance haussière, de façon instantanée et massive (l’observation des volumes et des modalités d’intervention revêtant ici, comme toujours certes, un vif intérêt).

Les cours que vous étiez appelés à suivre étaient ceux du lingot d’un kilo et du Napoléon (la représentation physique de l’once étant moins aisée.)

S’agissant du lingot, diriez-vous qu’il est passé (en gros – Attention : en € et à Paris)

A de 113 000 € au début de février (cours à peu près stabilisé dès l’automne de 2015) à 117 000 € à la fin de ce mois, à 114 000 € à la mi-mai

B de 43 000 € au début de février à 61 000 à la mi-mai, mais avec un net repli à 39 000 à la fin du mois de mars, à la suite d’une brusque chute faisant suite à la découverte de gisements considérables dans les Cévennes

C d’un peu moins de 32 000 € à la fin de 2015 et à peine plus de 32 000 autour de janvier 2016 à, à la suite d’un mouvement haussier assez régulier, 36 000 € à la fin de février, le cours fluctuant entre 36 et 37 000 pendant la première moitié de mars, puis entre un peu moins de 35 000 et tout juste 36 000 de la fin de mars à la mi-mai

D d’un peu plus de 13 000 € au début de février (cours inchangé ou à peu près depuis novembre) à 12 500 € à la mi-mai avec un pic de quelques jours, autour de 15 500 €, vers le début d’avril

E de 36 000 € au début de février à environ 31 500 € à la mi- mars, à la suite d’une baisse assez régulière, puis à 38 500 € autour du 10 mai, à la suite d’une hausse brutale les 5 et 6 mai, lorsque le marché découvrit, justement, que la possible remise en service des mines des Cévennes, fermées depuis longtemps mais que l’on disait à nouveau promises à une production considérable, était un canular habilement monté, semble-t-il, par de brillants spéculateurs

 

 

Question 29

Certains Etats semblent avoir une politique méthodique d’accroissement de leurs réserves primaires en or. L’on ne reviendra pas ici sur les 143 tonnes d’or du Colonel Mouammar Kadhafi (le Raïs souhaitait, a-t-on dit, ébranler le Franc CFA – des courriers électroniques de Mme Clinton suggèrent même que telle eût été la cause principale de l’activisme de M. Sarkozy dans cette sinistre affaire.) D’un enjeu plus important désormais sont les réserves de la Russie et de la Chine, dans la mesure du moins où l’on est en mesure de les connaître précisément, et sachant qu’elles gonflent régulièrement (Notez que le montant des réserves d’or – probablement affaissées – des Etats-Unis semble un véritable secret d’Etat : un montant est annoncé mais il est régulièrement mis en doute sans qu’aucune vérification persuasive soit opérée.)

Diriez-vous que les réserves d’or de la Russie [A] et de la Chine [B] montent au printemps 2016 à

A A : 900 à 1000 tonnes – B : 1100 à 1200 tonnes

B A : plus de 7000 tonnes – B : un peu moins de 3000 tonnes

C A : presque 2500 tonnes – B : un peu plus de 11000 tonnes

D A : 1200 à 1300 tonnes – B : 1700 à 1900 tonnes (mais certains supposent qu’il faudrait doubler cette quantité, ce qui placerait alors la Chine non seulement devant la France ou l’Italie, mais devant l’Allemagne)

E A : 197 tonnes – B : 219 tonnes

 

 

Question 30

Au regard de l’évolution – à la fois – de la parité de l’euro et du dollar et du cours du baril de pétrole, peut-on dire qu’entre l’été de 2014 et l’hiver de 2016
A Le prix du brut a bien davantage baissé en dollars qu’en euros
B Le prix du brut a bien davantage baissé en euros qu’en dollars
C Le prix du brut a baissé à peine plus en dollars qu’en euros
D Le prix du brut a baissé en euros mais augmenté en dollars
E Mais où est donc le rapport ?

 

 

Question 31

Lequel de ces récits approximatifs sur le cours du Brent jugez-vous préférable ?

A A la veille de l’été 2014, le Brent tournait autour de 137 $. C’est alors que débuta une chute qui le conduisit un peu en-dessous de 80 $ à la mi-janvier 2015. Il entama alors une remontée un peu chaotique qui permettait, à la fin de l’enseignement de la précédente année académique, de miser sur une certaine stabilisation du cours à un niveau, certes très insuffisant pour plusieurs pays producteurs (au premier rang desquels, avec les conséquences que l’on sait, le Venezuela), mais malgré tout presque viable dans la durée pour d’autres producteurs : l’on crut même au début de mai 2015 – le cœur de vos prédécesseurs exultait à cette pensée – que le mois ne s’écoulerait pas sans que l’on n’atteignît 100 $ ; l’on fut déçu ; le cours piétina ; puis, à la fin de juin, la tendance s’inversa sèchement et, lorsque nous commençâmes l’enseignement de cette année, le cours se remettait à peine, très mollement, d’une chute assez nette sous la barre des 60 $ à la fin de janvier 2016. Vous connaissez bien sûr parfaitement la suite, puisque vous avez suivi sans lassitude ce merveilleux feuilleton, remplissant avec bonheur les blancs de mon enseignement grâce au site si commode de Boursorama : le courageux baril remonta doucement, dérapant un peu parfois, jusqu’à venir osciller en mai, atténuant un peu la tristesse de la séparation, entre 85 et 90 $

B A la veille de l’été 2013, le Brent tournait autour de 210 $. Le regretté Christophe de Margerie l’avait à peu près annoncé quelques années plus tôt : cet homme était infaillible. Presque. Car, étrangement – dans un déferlement d’interprétations paranoïaques associant selon des combinaisons sophistiquées les Frères Musulmans, les Illuminati, Peter Sellers, le Mossad, la CIA et un groupe d’anciens nazis argentins (pour une fois, M. Poutine fut laissé de côté – et pour cause) –, le baril dévala la pente ; l’ampleur et la rapidité de la chose poussa divers pédants à évoquer la « falaise de Sénèque » ; un Econoclaste, immédiatement critiqué par d’autres Econoclastes tout aussi stimulants mais plus prudents, avança l’opinion qu’il fallait non seulement parler d’un recul de la croissance chinoise, mais de l’entrée de la Chine en récession ; les gens raisonnables, du moins, s’interrogeaient gravement : « Mais enfin – que font donc les Chinois ? Ils ne veulent donc plus tirer la croissance ? » Mystérieux Chinois, destinés à embarrasser l’Occident lorsqu’ils ont une croissance « à deux chiffres » et lorsqu’ils faiblissent aussi… (ou mystérieux occidentaux, qui refusent si obstinément de s’interroger – mais il est vrai que des intérêts immenses y font obstacle – sur la validité de leurs fables économiques). Bref, en janvier 2014, le baril était tombé à 18 $ ; l’on n’évoquait plus le Peak Oil qu’en riant. Heureusement, M. Poutine fit des siennes : je ne reviens pas sur toutes les menées affreuses que les lecteurs du Figaro connaissent dans leur détail grâce à l’ineffable correspondant à Moscou de ce vénérable journal du matin. La situation en Libye, en Syrie et ailleurs fit le reste. La tension internationale, comme cela arrive souvent, fit regrimper la falaise au baril de Brent : la barre des 150 $ fut franchie à l’automne 2014, celle des 200 $ en janvier 2015 ; puis l’emballement prit fin. Vous connaissez bien sûr parfaitement la suite : le pauvre baril descendit doucement, dérapant un peu parfois, jusqu’à venir osciller en février dernier, lors des premiers enseignements, autour de 115 $ ; nous avons, ensuite, admiré la façon dont il a résisté à l’adversité, versé quelques pleurs sur des malheurs dus à la folie des hommes, si peu respectueux d’un bien si étonnant et si rare, obligés à la fin de nous quitter en le laissant, presque exsangue, un peu en-dessous de 40 $

C A la veille de l’été 2014, le Brent tournait autour de 115 $. C’est alors que débuta une chute qui le conduisit un peu en-dessous de 50 $ à la mi-janvier 2015. Puis il entama une remontée un peu chaotique qui permettait, à la fin de l’enseignement de la précédente année académique, de miser sur une certaine stabilisation du cours à un niveau, certes très insuffisant pour plusieurs pays producteurs (au premier rang desquels, avec les conséquences que l’on sait, le Venezuela), mais malgré tout presque viable dans la durée pour d’autres producteurs : l’on crut même au début de mai 2015 – le cœur de vos prédécesseurs exultait à cette pensée – que le mois ne s’écoulerait pas sans que l’on n’atteignît 70 $ ; l’on fut déçu ; le cours piétina ; puis, à la fin de juin, la tendance s’inversa sèchement et, lorsque nous commençâmes l’enseignement de cette année, le cours se remettait à peine, très mollement, d’une chute assez nette sous la barre des 30 $ à la fin de janvier 2016. Vous connaissez bien sûr parfaitement la suite, puisque vous avez suivi sans lassitude ce merveilleux feuilleton, remplissant avec bonheur les blancs de mon enseignement grâce au site si commode de Boursorama : le courageux baril remonta doucement, dérapant un peu parfois, jusqu’à venir osciller en mai, atténuant un peu la tristesse de la séparation, entre 45 et 50 $, souvent dans le haut de cette fourchette.

 

 

Question 32
Trois pays assurent ces années-ci près de quarante pour cent de la production mondiale de pétrole. Ce sont

[NB : la réponse, je le précise, n’est pas douteuse ; la deuxième combinaison la plus favorable est de plusieurs millions de barils/jour inférieure à celle qui doit être retenue, qui est bien sûr celle qui réunit les trois premiers pays producteurs du monde.]

A La Russie, le Chine, l’Arabie séoudite

B L’Arabie séoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis

C La Russie, l’Irak, l’Arabie séoudite

D L’Arabie séoudite, les Etats-Unis et la Russie

E L’Arabie séoudite, l’Iran, l’Irak

 

 

Question 33
Quel est le pays dans lequel la production de pétrole de schiste (même si, du fait de la chute des cours et de ses coûts spécifiques, elle a commencé à souffrir un peu à partir des premiers mois de 2015, et plus significativement depuis, non sans lourdes conséquences prévisibles pour le système bancaire du fait du fort endettement de nombre d’entreprises) a le plus augmenté en valeur absolue ces dernières années (cette augmentation ayant certainement pesé – même si ce n’est probablement pas le seul aspect qui mérite d’être considéré – sur l’évolution des cours depuis l’été 2014) ?
A Koweit
B Arabie Séoudite
C Ukraine
D Irak
E Etats-Unis

 

 

Question 34

En dépit de l’échec des discussions qui ont été tenues entre les pays producteurs de pétrole à Doha en avril 2016 (échec lié au choix, profondément politique, de l’un des pays participants de marquer vigoureusement son refus d’accepter la position d’un autre pays producteur, que le propos de la question est justement de désigner), la tendance actuelle, y compris des pétromonarchies du Golfe, va dans le sens de l’acceptation d’une stabilisation de la production, en vue d’obtenir un certain raffermissement des cours. Une telle position est justifiée par les conséquences très lourdes des cours actuels, dramatiques pour certains pays (Venezuela, mais aussi, par exemple, Nigéria), et sévères pour d’autres (Russie ainsi, mais même Arabie séoudite – pays engagé par ailleurs dans un conflit à la fois coûteux et sans issue claire imaginable au Yémen). Un producteur, dont les réserves sont impressionnantes et dont les possibilités d’extraction à court terme sont très importantes, et à moyen terme considérables, a refusé de se plier à une politique collective de stabilisation (non sans quelques motifs tirés de l’histoire la plus contemporaine, il faut bien en convenir). Quel est cet Etat ?

A Brésil

B Arabie séoudite

C Emirats arabes unis

D Fédération de Russie

E Iran

 

 

Question 35

Qu’a-t-on appelé Dutch disease [maladie hollandaise] ?

A La perte de compétitivité d’un pays par les effets d’une politique sociale, selon l’expression reçue, généreuse

B La perte de compétitivité industrielle d’un pays par l’effet de l’appréciation excessive de sa monnaie lorsqu’il est par ailleurs gros exportateur de matières premières

C La baisse du taux de fécondité d’un pays en-dessous de 1,75

 

Question 36

Quels que soient les inconvénients et les avantages respectifs, pour une monnaie, d’être soit « trop », soit « pas assez » appréciée (les guillemets tendent à souligner le caractère intellectuellement peu satisfaisant de tels commodes adverbes – et plus loin de telles expressions), vous n’ignorez pas que la parité [le taux de change] du rouble par rapport au dollar s’est « détériorée », d’une part, admet-on, parce que le dollar a tendu depuis 2014 à s’apprécier par rapport à la plupart des monnaies, d’autre part dans la mesure où le rouble, dans des circonstances d’ensemble que vous connaissez, a connu un « accès de faiblesse ».

De ces trois récits, lequel vous semble le plus exact  (et non du moins le plus absurde)?

A Un dollar s’échangait jusqu’en janvier 2015 – et ceci depuis des années – contre 20 roubles environ. La « détérioration » progressive du taux de change du rouble (telle que le dollar n’est plus tombé au-dessous de 30 roubles depuis la fin de novembre 2015) a entraîné un pic à 40 roubles pour un dollar autour de janvier 2016, puis après une certaine accalmie en février, le record de 45 roubles pour un dollar a été atteint à la fin de mars, une rapide amélioration conduisant à ce que le dollar s’échange autour de 37 roubles à la mi-mai 2016

B L’ampleur de la détérioration de la parité du rouble par rapport au dollar a été saisissante : songez donc qu’en octobre 2014, l’on obtenait 111 roubles pour un dollar, et que l’on n’en obtient plus que 37 à la mi-mai 2016 – quelle chute pour le rouble !

C Un dollar s’échangait jusqu’en juillet 2014 – et ceci depuis des années – contre 30 à 35 roubles (en général dans le bas de la fourchette). La « détérioration » progressive du rouble (telle que le dollar n’est plus tombé au-dessous de 50 roubles depuis la fin de novembre 2014) a fini par se manifester par un pic à 70 roubles pour un dollar autour de janvier 2015, puis après une certaine accalmie au printemps 2015 et une nouvelle détérioration à l’automne, le record de 80 roubles pour un dollar a été atteint quelques jours avant le début de l’enseignement, une rapide amélioration conduisant à ce que le dollar s’échange autour de 64 à 66 roubles à la mi-mai 2016

 

 

Question 37
Le nombre des membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dotés du droit de veto est de
A Quatre
B Six
C Huit
D Sept
E Cinq

 

 

Question 38

Parmi les propositions suivantes, concernant les adhésions à l’Alliance atlantique, l’une est fausse – laquelle ?

A La Pologne, la République tchèque, la Hongrie sont entrées dans l’Alliance en 1999

B La Slovaquie, la Slovénie, la Roumanie, la Bulgarie, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie sont entrées dans l’OTAN en 2004

C L’Espagne est entrée dans l’Alliance dès 1982

D L’Albanie et la Croatie sont entrées dans l’OTAN en 2009

E La Suède et la Finlande ont pris la décision de solliciter leur admission pure et simple dans l’OTAN au début du printemps 2016.

 

 

Question 39

Des frappes américaines [1] contre l’ « Etat islamique » ont été légalement engagées sur le territoire irakien il y a un certain temps, à la demande du Gouvernement irakien, appuyées peu après par tels d’une vaste « Coalition » [2], les Etats-Unis procédant bientôt eux-mêmes à des frappes illégales sur la Syrie, nullement sollicitées par le Gouvernement de ce pays [3]. L’on a toutefois pu observer un net tournant dans le rapport de forces lorsque, appelée par Damas, la Fédération de Russie a entamé des frappes légales sur le territoire syrien [4]. Vous sélectionnerez la liste de dates la plus exacte :

A 1) été 2014 – 2) automne 2014 – 3) automne 2014 – 4) automne 2015

B 1) automne 2013 – 2) hiver 2014 – 3) été 2014 – 4) été 2015

C 1) hiver 2014 – 2) été 2014 – 3) été 2014 – 4) printemps 2015

D 1) printemps 2014 – 2) été 2014 – 3) été 2014 – 4) hiver 2015

E 1) printemps 2013 – 2) automne 2013 – 3) printemps 2014 – 4) été 2015

 

 

Question 40

Aux Etats-Unis, les résultats des « primaires » ne sauraient être interprétés comme davantage que ce qu’ils sont. Il semble pourtant difficile de ne pas considérer ceux, d’un côté, chez les Démocrates, de M. Bernie Sanders, et de l’autre, chez les Républicains, de M. Donald Trump, comme ne revêtant pas une certaine portée : celle d’un rejet jusqu’alors inédit de l’establishment par certains effectifs, qui paraissent particulièrement nombreux, avec des vues assurément diverses, voire contradictoires, chez les jeunes, dans la classe ouvrière, dans la petite-bourgeoisie blanche, parmi toutes sortes de populations plus ou moins marginalisées ou du moins appauvries au cours des dernières décennies, et bien sûr parmi tous ceux qui, pour un motif ou un autre, ont fini par être heurtés par la synthèse néo-libérale et néo-conservatrice, telle qu’elle a dominé la scène politique depuis la fin du siècle dernier, et répandu la guerre et envenimé d’innombrables et redoutables plaies au cours des deux mandats du second George Bush.

Dès lors, il est bien possible en Europe, tout en ne se préoccupant nullement d’aspects plus profonds qui mériteraient peut-être un peu d’attention (sociaux en particulier – sur lesquels les vues du candidat Donald Trump ne sont certainement pas « alternatives »), de prendre des mines dégoûtées (comme s’il s’agissait de l’aimer), de faire des gorges chaudes sur sa coiffure de vieux rocker peroxydé (comme si qui que ce soit se proposait de le singer), de se scandaliser de ses débordements langagiers (comme s’il pouvait apparaître souhaitable de les imiter), de souligner ses contradictions dans la durée (comme si un seul politicien y échappait), et même entre certaines des positions qui ont émaillé sa campagne ces derniers mois (comme si là n’était pas le lot commun) : le risque est grand de passer à côté du changement déjà accompli, quelles que soient les suites électorales de cette affaire, quoi que fasse, ou ne fasse pas, le prochain occupant de la Maison-Blanche (M. Trump ou n’importe quel autre), par la seule profération de propos transgressant divers interdits majeurs concernant l’acceptabilité des jugements portés sur la politique extérieure américaine des vingt dernières années.

L’une des positions suivantes semble toutefois n’avoir pas été prise par M. Trump – laquelle ? :

A Condamnation de l’interventionnisme jugé excessif des Etats-Unis, comportant en particulier : la condamnation de l’ingérence supposée humanitaire et singulièrement de la façon dont a été engagée l’affaire libyenne ; la condamnation de l’agression des Etats-Unis et de leurs alliés contre l’Irak de Saddam Hussein sous des prétextes lourdement mensongers avec les terribles suites que l’on sait.

B Dénonciation de la constitution de la Russie en adversaire majeur et de la coûteuse stratégie d’encerclement conduite, en particulier par la multiplication des bases et par l’intermédiaire de l’OTAN

C Dans une émission culturelle au cours de laquelle il a exprimé son goût profond pour la littérature latino-américaine, et manifesté en particulier la connaissance très fine qui est sienne de l’œuvre de l’écrivain guatémaltèque Miguel Ángel Asturias, engagement, s’il était élu, à exprimer « une certaine repentance » des Etats-Unis, à la fois pour « le sort subi par les peuples indigènes des Amériques – en particulier d’Amérique du Nord » (le mot « génocide » utilisé dans la question posée à D.T. par un écrivain d’origine indienne n’a pas été repris par lui) et pour « certains effets négatifs de l’exploitation de certaines richesses et populations en Amérique latine » (le mot « impérialisme », auquel avait eu recours l’auteur de la question – Noam Chomsky en personne –, n’a toutefois pas été prononcé par D.T.)

D Vœu que soient éclaircies un certain nombre de difficultés intéressant le 11 septembre (affaire en particulier de la publication des « Vingt-huit pages » tenues secrètes du Rapport final de décembre 2002 sur la Joint Inquiry into Intelligence Community Activities before and after the Terrorist Attacks of September 11, 2001, dont il est déjà assuré aujourd’hui que leur confidentialité ne pourra être maintenue, quelles que soient les protestations et menaces de Riyad.)

E Critique des négociations tendant à un nouveau bond en avant de la mondialisation par l’extension du libre-échange dans le commerce international, nuisible selon lui aux travailleurs des Etats-Unis – vue identique notons-le à celle des adversaires européens de ces négociations (certains suggérant de façon persuasive que les deux critiques ne sont pas contradictoires si l’on veut bien considérer que de telles démarches sont entreprises dans l’intérêt de la classe capitaliste mondialisée – ou plus largement, si l’on considère tous les bénéficiaires, d’un ensemble de classes privilégiées à des degrés divers par le système – et non au profit « des Américains » ou « des Européens », d’un « peuple » contre un autre « peuple ») ; critique en particulier de la précipitation désormais avec laquelle, afin de devancer de prochaines échéances électorales ici et là, les acteurs principaux de ces négociations (en particulier à Washington, à Bruxelles, à Berlin, à Londres – Paris, par exemple, manifestant du moins quelques vagues et timides réserves) souhaitent imposer avant la fin de l’année la signature d’un traité transatlantique tendant à instaurer une zone de libre-échange transatlantique, un grand marché atlantique (ce que l’on évoque comme TAFTA, TransAtlantic Free Trade Agreement, TTIP, Transatlantic Trade and Investment Partnership, ou, en France, PTIC, Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement.)

 

 

Question 41

Bien que les comparaisons dans le domaine des dépenses militaires des divers Etats soient rendues difficiles du fait en particulier des parités monétaires – en vous fondant sur ce que vous avez retenu des valeurs pour 2015 publiées par le SIPRI [Stockholm International Peace Research Institute], laquelle de ces propositions jugeriez-vous manifestement fausse ?

A Les dépenses militaires de l’Arabie séoudite sont supérieures à celles de pays comme la Russie, le Royaume Uni, la France, l’Inde ou le Japon

B Les dépenses militaires des Etats-Unis sont inférieures à la somme de celles de la Russie et de la Chine

C Les dépenses militaires des Etats-Unis sont un peu supérieures à la somme de celles de la Chine, de la Russie, du Royaume Uni, de l’Inde, de la France, du Japon et de l’Allemagne

D Les dépenses militaires des Etats-Unis sont bien supérieures à celles de ce qu’on a pris l’habitude d’appeler les BRICS

 

 

Question 42

Dans la Russie actuelle, à l’occasion des commémorations de la victoire sur l’Allemagne, le 9 mai 1945 (8 mai en France) – grand moment dans tout le pays, bien propre d’ailleurs à réconcilier la mémoire russe par-delà les ruptures politiques –, se déroule une très émouvante manifestation qui a commencé à essaimer dans d’autres pays : le défilé que l’on appelle désormais du « bataillon immortel » – les descendants des héros morts pour la patrie (ou des soldats qui, du moins, ont porté les armes lors de la « Grande Guerre Patriotique ») portent chacun la photo d’un combattant. L’extrême émotivité russe sur ce chapitre, l’incompréhension de Moscou devant le déboulonnage de certains monuments commémoratifs en Europe orientale, ne sont guère compris à l’Ouest où beaucoup ont tout à fait oublié les conditions et les circonstances de la victoire sur le Reich. Pourtant… Doit on dire que les pertes de nos amis soviétiques (dont un peu plus de la moitié étaient russes) et américains sur le sol européen ont été respectivement de l’ordre de

A 25 millions (dont un peu moins de la moitié militaires) et 180 000 (tous militaires)

B 9 millions (dont les trois quarts militaires) et deux millions et demi (tous militaires)

C 37 millions (dont quarante pour cent militaires) et six cent vingt mille (tous militaires)

D 16 millions (dont un tiers militaires) et trois cent trente mille (tous militaires)

 

 

Question 43

Sachant – grosse limite à l’interactivité de l’exercice – que la règle du jeu ne peut guère (dès qu’il y a une question de « jugement ») ne pas consister, lorsque je pose la question « pensez-vous que x soit A, B ou C », à ne pas vous demander, non ce que vous pensez, vous (ce qui serait plus formateur dans un oral classique, permettrait une discussion), mais ce que je pense moi (qui est la seule chose que puisse entendre un traitement mécanique), pourriez-vous cocher la proposition dont vous avez le sentiment que j’y souscrirais (qu’elle reflète donc plutôt mon opinion, car je ne prétends à aucune vérité) :

A Le « poutinisme » se caractérise par des vues doctrinales fortement « alternatives » en ce sens que son propos, sans renouer certes avec le socialisme étatique antérieur, est de développer, de façon définitive, un puissant dirigisme, excluant toute libéralisation sérieuse de l’économie et assurant la promotion de politiques fortement redistributrices tendant à réduire vigoureusement les inégalités

B Le « poutinisme » est une version à peine rectifiée de vues minoritaires dans la tradition politique de longue durée, dites anti-occidentalistes et slavophiles au XIXe siècle, volontiers ordonnées dans la très longue durée à la singularité orthodoxe et aux ressources de l’autocéphalie religieuses (la « Sainte Russie »), souvent désignées, à partir du XXe siècle comme « eurasistes », radicalisées a-t-on dit chez cet Alexandre Douguine, dont on prétend qu’il est un proche conseiller du président russe, mais qui fut un temps, aux côtés du fameux Edouard Limonov, l’un des chefs du Front ou Parti National-Bolchevique

C Sans aller aussi loin, il faudrait du moins admettre que le « vertuisme » du Kremlin, ses réserves vis-à-vis de ce mariage pour tous qui est devenu récemment dans une partie de l’Occident le véritable signe de la civilisation, sa réprobation d’un autre temps vis-à-vis des « Pussy Riot » (dont la tenue est – si l’on peut dire – plus chaste pourtant que celle des « Femen »), constituent un ensemble idéologique charpenté ouvrant la voie à un véritable conflit de « valeurs » entre ce qu’il faut bien de nouveau appeler l’Est et l’Ouest

D Le nouvel antagonisme Est-Ouest – qui serait peut-être mieux dit Ouest-Est – est un antagonisme d’abord géopolitique, particulièrement du côté russe (antagonisme fort classique – que les Russes voudraient en gros « westphalien »…), et marginalement idéologique (du type de ceux qui se trouvaient, même si cet aspect n’était pas exclusif, au cœur des grands affrontements du XXe siècle, ou bien de celui qui constitue le ressort aujourd’hui de ce qu’on appelle « jihadisme » ou même islamisme radical) –, plus idéologique d’ailleurs, à tout prendre, du côté euratlantique, et en particulier européen (l’Union a des idées fort arrêtées sur ce qu’est un bon « système »), que du côté russe. Il résulte en particulier des séquelles psychologiques d’une histoire de longue durée (particulièrement profondes dans certaines anciennes « démocraties populaires ») et de la stratégie d’encerclement poursuivie très méthodiquement par l’OTAN et au moyen d’habiles révolutions « de couleur » dont la plupart ont pour propos évident de menacer les intérêts stratégiques de la Russie. Il est lié aussi bien sûr aux vues traditionnelles propres de la Russie, redoutant l’enclavement, ne prétendant assurément pas rivaliser avec la thalassocratie (étendue à tous les milieux fluides) des Etats-Unis, mais hantée par la question dite de « l’accès aux mers chaudes » – accès assurément incommode

 

 

Question 44
Le très actif ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie – en fonction depuis 2004 – a nom
A Dmitri Sergueievitch Peskov
B Serguei Borissovitch Ivanov
C Ramzan Akhmadovitch Kadyrov
D Serguei Koujouguetovitch Choigou
E Serguei Viktorovitch Lavrov

 

 

Question 45
Il est le président de la République de Tchétchénie (composante de la Fédération de Russie) depuis 2007 (après avoir été Premier ministre pendant deux ans), et sa personnalité, vigoureuse mais très controversée, est parfois évoquée à propos d’affaires délicates. Désigné au printemps, quelques semaines après l’expiration de son mandat, comme Chef de la République de Tchétchénie par intérim par M. Poutine, il semble à cette heure avoir surmonté les hésitations qu’il prétendait nourrir et devoir se présenter une nouvelle fois aux élections de septembre prochain. Il s’agit de
A Ramazan Gadjimouradovitch Abdoulatipov
B Tamerlan Agouzarov
C Ramzan Akhmadovitch Kadyrov
D Raul Khadjimba
E Leonid Haritonovitch Tibilov

 

Question 46

Concernant le taux de fécondité de la Russie, quelle série vous semble la plus exacte ?

A 1987 : 1, 78 – 1989 : 1, 88 – 1991 : 1, 93 – 1993 : 1, 99 – 1995 : 2, 06 – 1997 : 2, 11 – 1999 : 2, 33 – 2001 : 2, 13 – 2003 : 1, 99, etc. – 2014 : 1,54

B 1987 : 3, 12 – 1989 : 2,67 – 1991 : 2,20 – 1993 : 2,13 – 1995 : 2,08 – 1997 : 2,04 – 1999 : 1,99 – 2001 : 2,11 – 2003 : 2,22, etc. – 2014 : 2,37

C 1987 : 2,33 – 1989 : 2,11 – 1991 : 1,99 – 1993 : 1,78 – 1995 : 1,63 – 1997 : 1,54 – 1999 : 1,42 – 2001 : 1,31 – 2003 : 1,18, etc. – 2014 : 1,07

D 1987 : 2,23 – 1989 : 2,01 – 1991 : 1,73 – 1993 : 1,39 – 1995 : 1,35 – 1997 : 1,23 – 1999 : 1,17 – 2001 : 1,22 – 2003 : 1,32, etc. – 2014 : 1,76

 

 

Question 47

La question des détroits est classiquement l’une des plus sensibles qui soit, et elle le demeure. Voici cinq détroits d’une particulière importance. Quatre peuvent être dits stratégiques pour la Russie. L’un est moins préoccupant – lequel ?

A Dardanelles

B Détroits danois

C Gibraltar

D Malacca

E Bosphore

 

 

Question 48
Ces diverses désignations concernent la même organisation. A l’exception d’une seule. Laquelle ?
A ISIS ou EIIL
B L’Etat Islamique
C Jabhat al Nosra
D Le Califat
E Daesh

 

Question 49

Le système politique iranien, manifestant institutionnellement tout à la fois le principe du velayat-e faqih – gouvernement du sage, du docte, et même du théologien-juriste pourrait-on dire dans le cadre de l’esprit du chiisme duodécimain en la forme que lui a donnée l’ayatollah Khomeini – et les transactions opérées entre forces politiques et religieuses diversifiées au fil des décennies (la Révolution Islamique est intervenue en 1979) – ce système est d’une rare subtilité et l’on ne peut s’intéresser aux résultats d’élections « législatives », par exemple, sans considérer aussi, parmi d’autres aspects, la sensibilité du Guide de la Révolution, ou même celle de l’assemblée des experts ou du Conseil des Gardiens de la Constitution. Cette subtilité se trouve peut-être redoublée par le jeu très fin du président Rohani, homme de toute façon peu porté aux confrontations, à la fois par son tempérament sans doute, par l’effet peut-être d’une sincère modération, mais aussi par l’effet d’une heureuse lucidité. M. Rohani se trouve au demeurant renforcé par la conjonction des résultats de deux politiques : les négociations sur le nucléaire ont été conduites à leur terme en 2015, avec beaucoup de talent, par le ministre des Affaires étrangères M. Mohammad Zarif, qui a eu certes la chance de trouver en face de lui M. John Kerry, qui s’est révélé un autre immense diplomate ; même si la plénitude des effets de ces négociations – touchant en particulier à une levée effective, c’est-à-dire jusque dans les esprits, des « sanctions » – semble moins rapidement atteinte qu’espéré – la fermeté de la politique iranienne en Syrie peut apaiser jusqu’à un certain point ceux que la négociation avec le « Grand Satan » américain a profondément heurté.

Dans ce contexte, laquelle, tout bien pesé, de ces propositions vous paraît la plus adaptée, s’agissant des résultats des élections législatives qui ont eu lieu à la fin de l’hiver et au début du printemps 2016 :

A Les « conservateurs » ont aisément maintenu la position dominante qui était la leur. Le renforcement remarquable, malgré sa maladie, du rayonnement du Guide Suprême de la Révolution islamique, sayyed Ali Hosseini Khamenei, a beaucoup contribué à ce succès peu attendu [Notez d’ailleurs que ceux que l’Occident désigne comme « conservateurs », simplement parce qu’ils sont plus « religieux », se considèrent eux-mêmes comme « révolutionnaires », c’est-à-dire fidèles à la révolution islamique khomeiniste.]

B Les « réformateurs », grands bénéficiaires de l’évolution des mentalités dans la jeunesse, en particulier dans les villes, et crédités à tort ou à raison du succès des négociations sur le nucléaire, ont remporté une nette victoire qui va permettre au président Rohani de pousser plus avant dans la voie de la « réforme »

C De telles vues sont simplistes et bonnes au plus à faire les gros titres de la presse occidentale, peu capable de sortir de grilles convenues. Certes, nombre de « conservateurs » caractérisés ont été battus sévèrement ; pour autant, d’anciens « conservateurs » avaient plus ou moins rejoint les rangs des partisans du président Rohani ; si bien que les deux mouvances des « réformateurs » et des « conservateurs » apparaissent plus hétérogènes encore que par le passé, la fluidité du jeu se trouvant d’ailleurs accrue par l’existence d’une mouvance d’ « indépendants » dont l’orientation n’est pas absolument assurée et est probablement assez diverse, aucun pôle ne pouvant ainsi se revendiquer d’une véritable majorité, ce qui d’une certaine façon n’affaiblit pas le modéré président Rohani, probablement assez habile pour jouer au mieux d’une stratégie centriste dans un tel mouvant paysage – et pour se faire réélire dans dix-huit mois, si sa santé le lui permet, et si les effets des politiques conduites se font pleinement sentir.

 

 

Question 50

J’ai le souvenir d’avoir évoqué l’Arabie séoudite comme le royaume des deux pactes. En dehors du fameux pacte de 1744 (entre un ancêtre de l’actuelle dynastie, désigné généralement comme Mohammed Ibn Seoud – à ne pas confondre avec le roi Abdelaziz, dit Ibn Seoud, son descendant –, et Mohammed ben Abdelwahhab – qui a donné son nom au wahhabisme et se trouve lui au principe de la dynastie, en quelque façon « sacerdotale », des Al Ach-Cheikh [la famille du Cheikh]), un autre pacte a en effet fortement pesé sur le destin du pays et de la dynastie – pacte dont il n’est pas tout à fait impossible, dans certaines des circonstances du temps présent, que ses effets ne se trouvent amenuisés dans l’avenir. Il s’agit

A du Pacte de Yalta [ou encore : du Palais Livadia], scellé par les représentants des Etats-Unis et ceux de l’Arabie séoudite en marge de la si importante conférence tenue à Yalta en Crimée pendant l’hiver de 1945

B du Pacte du Quincy (du nom du croiseur USS Quincy sur lequel le [second] président Roosevelt et le roi Ibn Séoud se rencontrèrent pendant l’hiver 1945

C du Traité d’amitié américano-séoudienne de Riyad, signé avec le roi par le président Truman en avril 1947

D des discrets Accords de Camp David signés à la fin de l’été 1978 en marge des fameux Accords du même nom concernant la paix entre Israël et l’Egypte

E de la Convention du Hedjaz [encore dite: Pacte Coolidge-Ibn Séoud], en février 1927, lorsque, après la conquête de cette région stratégique par Ibn Séoud, désormais roi du Hedjaz et du Nedj, les Etats-Unis – une thalassocratie en remplaçant une autre – surent substituer leur influence à celle des Britanniques