Examen RI – Septembre 2016

Vous trouverez ci-après le corrigé

[solution portée à chaque fois en gras et soulignée]

des questions posées lors de l’examen de Relations internationales

de première année du Pr Rials

qui s’est déroulé le mercredi 7 septembre 2016

à l’Université Panthéon-Assas

Carte unique

Du Moyen Orient à l'Afrique de l'Ouest.png

L1 – Relations internationales

Cours du Professeur Rials

Examen de septembre 2016 [2]

 

 

En principe les corrections seront en ligne dans les heures suivant la fin de l’examen sur un nouveau site spécifique : assasri.wordpress.com

Observations préliminaires :

Comme annoncé lors de l’examen de juin, la part des questions concernant les films a été nettement accrue dans ce questionnaire. Cela n’a pu se faire qu’au détriment d’autres aspects.

Je vous conseille :

  • de commencer par les questions et réponses courtes qui forment la très grande majorité ;
  • de ne passer aux questions plus longues qu’en second lieu (bien que le sens de certaines soit très rapidement accessible si l’on a un peu travaillé – et qu’il soit parfaitement inutile de tout lire : identifier ce qui est immédiatement pertinent forme justement une partie de l’exercice) ;
  • quelques minutes avant la fin, si vous avez laissé de côté dix ou quinze questions, ou davantage, de cocher malgré tout une réponse : vous gagnerez mécaniquement quelques points ; le procédé n’est pas très élégant mais il ne mérite évidemment pas d’être considéré comme déloyal dans le cadre d’un exercice de ce type ;
  • Vous connaissez déjà mon choix pour la notation puisque je vous l’ai communiqué par l’intermédiaire du site de Dogma avant l’examen de mai :

 

Le QCM comportera cinquante questions. La note devant être portée sur dix, le diviseur devrait être 5. Il sera 3,75. La note obtenue sera élevée au demi point supérieur.
 Il n’y aura, dans ces conditions aucune discussion sur les notes.

Enfin :

  • pour éviter de plus grandes difficultés, il m’est arrivé de préférer des termes et tours moins techniques, mais plus répandus ou accessibles ;
  • lorsque la date d’une valeur n’est pas précisée, la date du dernier enseignement doit être supposée ;
  • je n’ai pas travaillé sérieusement – ce qui est un tort – la question de la translittération de mots ou de noms depuis telles langues étrangères – je ne crois pas que cela puisse nuire à la compréhension ;
  • les questions sont posées en France ; j’ai essayé, là encore, d’éviter les ambiguïtés, mais il pourrait en demeurer.

 Tous mes vœux à toutes et à tous.

 

 

CARTE UNIQUE

 

Question 1

Le numéro 4 correspond à :

A Ouzbékistan

B Azerbaïdjan

C Kazakhstan

D Turkménistan

E Afghanistan

 

Question 2

Le numéro 3 correspond à

A Irak

B Israël

C Jordanie

D Arménie

E Syrie

 

Question 3

Le numéro 6 correspond à

A Somalie

B Érythrée

C Éthiopie

D Soudan du Sud

E Yémen

 

Question 4

Sur cette carte, placeriez-vous le Cameroun [entre doit être compris comme : ayant des frontières communes avec l’un et l’autre pays proposé]

A Entre le Nigéria et le Tchad, avec le numéro 9

B Entre le Bénin et la République Centrafricaine avec le numéro 8

C Entre le Mali et le Tchad avec le numéro 10

D Entre le Burkina-Faso et le Mali avec le numéro 7

E Entre le Soudan et le Tchad avec le numéro 7

 

Question 5

Vous voulez vous rendre par terre du Mali central en République Centrafricaine en empruntant un chemin qui à la fois soit aussi court que possible et évite les zones dans lesquelles Boko Haram représente un danger [ne connaissant pas les routes, vous ne vous posez bien sûr pas cette question technique] ; l’on peut ajouter que vous ne souhaitez pas absolument faire certaines autres rencontres [ainsi, non pas des touaregs – ceci vous peinerez à l’éviter, et d’ailleurs vous éprouvez beaucoup de considération pour ce grand peuple du désert – mais certains effectifs touaregs ou autres qui n’ont pas été particulièrement apaisés ces dernières années]

A Vous piquez vers le Burkina, passez à la limite du Bénin et du Niger, coupez le Nigéria puis le nord du Cameroun

B Vous traversez la Mauritanie, puis le Ghana et le Gabon et vous voici arrivé…

C Vous traversez le Niger, ni trop « haut », ni trop « bas », laissez à votre droite le lac Tchad et descendez au travers du Tchad, en faisant une assez large boucle, vers votre destination

D Rien de plus simple : Côte d’Ivoire, Sénégal, Congo

E Sud algérien, nord Niger, Tchad

 

Question 6

Si vous faites la somme des nombres qui désignent les Émirats arabes unis, le Yémen et l’Erythrée, puis soustrayez de cette somme le nombre correspondant au Mali, quel pays trouvez-vous :

A L’Azerbaïdjan

B La Syrie

C Le Yémen

D Oman

E Le Burkina Faso

 

Question 7

Multipliant l’un par l’autre les nombres désignant le Yémen et la Syrie, la somme obtenue vous donne le nombre correspondant à

A L’Iran

B La République Centrafricaine

C Le Nigéria

D La Somalie

E L’Erythrée

 

Question 8

Vous naviguez sur un boutre [fort équipé] en Mer Rouge. Vous pouvez bien sûr faire bien des choses – certaines un peu plus dangereuses que d’autres certes. Mais l’une des propositions suivantes est dépourvue de sens :

A Vous faites escale en Égypte

B Vous décidez de faire une escale à Eilat en Israël, au fond du golfe d’Akaba

C Vous prenez finalement un peu peur et souhaitez gagnez la Méditerranée par le canal de Suez

D Vous décidez de sortir de cette mer largement fermée en franchissant le détroit d’Ormuz

E Les pirates ne vous inquiètent guère (car vous êtes un agent parfaitement entraîné de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure, chargé justement d’effectuer des repérages les concernant puisqu’ils menacent le trafic maritime entre la Chine et l’Europe), et vous franchissez Bab el Mandeb afin d’aller caboter sur les rives africaines de l’Océan indien

 

DATES

 Question 9

La fort discutable agression des Etats-Unis et de certains de leurs alliés contre l’Afghanistan a été déclenchée

A à l’hiver 2002

B à l’automne 2000

C à l’hiver 2003

D à l’automne 2004

E à l’automne 2001

 

Question 10

De quelle année dateriez-vous, au terme d’un processus de dislocation entamé dix-huit mois plus tôt dans les pays baltes, la dissolution de l’URSS ?

A Été 1990

B Fin 1991

C Fin 1989

D Été 1992

E Fin 1988

 

Question 11

L’unification des Allemagnes est intervenue

A à la Noël de 1989

B à l’automne 1988

C au printemps 1991

D à l’hiver 1992

E à l’automne 1990

 

Question 12

L’OTAN (c’est-à-dire, lors de cet épisode, réunis dans l’Opération Allied Force, plusieurs de ses membres au premier rang desquels les Etats-Unis et la France) a bombardé, d’une façon extrêmement violente (et sanitairement catastrophique à long terme) Belgrade (notamment), pendant plus de deux mois et demi, avec le propos – couronné de succès – de faire céder la Serbie dans l’affaire du Kosovo. C’était en
A 1995
B 2000

C 1996

D 1999

E 1998

 

 

FILMS 

 

Vents de Sable, Femmes de Roc.

Question 13

Quelle est, dans le film, l’unité de compte usuelle permettant d’établir la valeur d’une infinité de biens (dont la vie – celle de l’homme et, de moitié moindre, celle de la femme –, le système que vous avez rencontré en histoire comme wergeld, la diyya du monde musulman) ?

A L’amphore de vin

B Le chameau [ici : dromadaire d’ailleurs]

C Une mesure conventionnelle locale de l’un de ces beaux tissus colorés

D La chèvre

E L’âne

 

Question 14

Concernant les circuits commerciaux des produits de « luxe » – avez-vous relevé la provenance des cosmétiques et parfums proposés à Bilma :

A France et Royaume Uni

B Libye et Sénégal

C Qatar et Chine

D Tunisie et Egypte

E Libye et Arabie séoudite

 

 L’ami américain. L’Amérique contre de Gaulle

 

 Question 15

Les Etats-Unis surveillaient nos essais nucléaires de Reggane (dans le Sahara algérien, à près de cent cinquante kilomètres au sud de l’assez grosse ville d’Adrar, et donc à plus de mille cinq cents kilomètres de route au sud d’Alger), à partir de l’hiver 1960, depuis :

A Le Niger

B Le Mali

C L’Algérie même

D La Libye

E La Mauritanie

 

Question 16

Dans les plus grandes affaires – Le « Mur » de Berlin (été 1961), les « Fusées » de Cuba (de la fin du printemps au milieu de l’automne de 1962) –, dès lors du moins que le territoire des Etats-Unis ou celui de l’Europe occidentale pouvaient sembler menacés, les Etats-Unis pouvaient-ils compter ou non sur l’appui du Général de Gaulle ?

A ils pouvaient compter sur un soutien formel, mais… simplement formel

B ils pouvaient compter sur le plus ferme appui, n’excluant pas même une certaine radicalité, supérieure à celle d’autres alliés des Etats-Unis

C ils pouvaient redouter la parole corrosive de celui qui inclinait déjà à un pur et simple renversement d’alliance et à un net rapprochement avec le Pacte de Varsovie

D ils pouvaient espérer au plus la manifestation d’une indifférence ironique (le Général avait beaucoup d’esprit – et même parfois le jugement un peu cruel, fort incisif du moins)

 

Question 17

Qui fut le ministre de la Défense Nationale [l’on disait alors : des Armées] du début de 1960 jusqu’au départ du général de Gaulle au printemps de 1969 ?

A Pierre Messmer

B Michel Debré

C le général Charles Ailleret qui, au regard des circonstances, cumula ses fonctions ministérielles, de façon exceptionnelle, avec celles de chef d’état-major des Armées (son nom est définitivement lié à la fois à l’élaboration de la stratégie de défense nucléaire « tous azimuts » et à la mise au point technique du retrait du commandement intégré de l’OTAN).

D Maurice Couve de Murville

E Pierre Guillaumat

 

Question 18

Diriez-vous du lien entre le développement méthodique par la France de la « Force de Frappe » et le souhait de s’émanciper de l’OTAN

A qu’il était inexistant ou faible puisque, d’un côté, l’arme nucléaire était un choix technique, d’ailleurs plus qu’esquissé par la IVe République, tandis que le choix de s’émanciper de l’OTAN était de nature politique.

B qu’il était extrêmement fort si l’on veut bien admettre qu’une force de frappe, même limitée, tendait à permettre l’exercice par la France de sa pleine souveraineté, d’un côté en ne la mettant pas, s’agissant de sa défense, à la discrétion de choix pris ailleurs (et en particulier à Washington – qui pourrait hésiter à courir le risque suprême pour assurer la protection d’autres territoires que le sien), d’un autre côté en ne permettant pas qu’elle fût impliquée, au risque, comme puissance nucléaire désormais, de s’exposer elle-même à des frappes, dans des conflits ne concernant pas de la façon la plus immédiate sa propre indépendance.

C qu’il résulta d’un enchaînement en quelque sorte circonstanciel et qui eût pu n’être pas : les Etats-Unis cherchèrent à entraver le développement de l’arme nucléaire française ; le général de Gaulle ne songea à émanciper la France de l’OTAN qu’au titre d’une riposte à de telles mauvaises façons.

 

Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées

 

Question 19

Lequel de ces Etats, république ou région ne comporte-t-il pas de frontière avec le Daghestan ?

A Tchétchénie

B Azerbaïdjan

C Georgie

D Arménie

E Kalmoukie

 

Question 20

Combien d’ethnies seraient-elles décomptées au Daghestan, combien de nationalités reconnues ?

A Respectivement 32 et 14

B Respectivement 77 et 9

C Respectivement 18 et 3

D Respectivement 9 et 17

 

Afghanistan. Le prix de la vengeance

 

Question 21

L’Afghanistan des talibans – quelles qu’aient été les exactes circonstances de l’affaire du 11 septembre 2001 (qui demeurent un peu mystérieuses, ne serait-ce que s’agissant du degré de l’implication de hautes autorités séoudiennes) – n’était évidemment pas impliqué dans cette deuxième (après la Yougoslavie) catastrophe inaugurale de notre temps proche (pas davantage – troisième catastrophe – que Saddam Hussein ne sera accusé à juste titre, vingt mois plus tard, d’être un allié d’Al Qaïda ou le détenteur d’ « armes de destruction massive »…) L’Afghanistan accueillait simplement – par l’effet d’une « solidarité islamique » certes très aventurée – des effectifs d’Al Qaïda, sans pour autant que le mouvement, certes islamiste, mais national, des talibans partageât les vues d’action terroriste à l’échelle du monde du mouvement dont Oussama ben Laden était le représentant le plus connu.

Or l’Afghanistan fut désigné comme une sorte d’ennemi absolu par le président des Etats-Unis, dès un discours devant le Congrès prononcé neuf jours après l’attaque contre le World Trade Center.

Qui était ce catastrophique président, champion d’une « [Global] War on Terror[ism] » dont, d’ailleurs, les si brillants résultats finissent par incliner certains soupçonneux à douter de la stricte et uniforme sincérité ?

A William J[efferson] dit Bill Clinton

B George H[erbert] W[alker] Bush [Sr]

C George W[alker] Bush [Jr]

D Barack H[ussein] Obama

E Ronald W[ilson] Reagan

 

Question 22

En Afghanistan, les divisions religieuses (moins dogmatiquement religieuses d’ailleurs au fond – sauf s’il s’agit de la minorité chiite, qui repose d’ailleurs pour l’essentiel sur une seule ethnie – que touchant aux modalités de l’engagement religieux) recoupent dans une certaine mesure (il ne faut pas durcir le trait jusqu’à la caricature) des spécificités ethniques. L’on considère en général que les talibans trouvent un soutien particulier dans une ethnie d’ailleurs majoritaire et qui a dans la longue durée exercé une certaine domination sur le pays (ainsi a-t-elle donné le Mollah Omar, émir de l’Émirat islamique d’Afghanistan de 1996 à 2001, et constamment chef des talibans jusqu’à sa mort en 2013, mais aussi Hamid Karzaï, président de 2001 à 2014, ou Ashraf Ghani, président depuis 2014). Laquelle ?

A Tadjiks

B Ouzbeks

C Hazaras

D Pachtounes

 

Question 23

L’arrivée à la Maison Blanche du président Obama – prix Nobel de la Paix dès 2009 – et celle de Mme Clinton au Secrétariat d’État se sont traduites en Afghanistan par

A le maintien très exact de l’action antérieure quant à l’effectif engagé, aux choix tactiques et aux méthodes

B le retrait dès l’automne de 2009 de l’ensemble des troupes américaines d’Afghanistan en dépit de vives critiques intérieures et de la forte réprobation manifestée par le Royaume Uni et la France – et bien sûr, conformément aux engagements du candidat, la fermeture de Guantanamo (par contre, la légitime revendication de Cuba que sa souveraineté soit rétablie sur cette base de cent vingt kilomètres carrés ne fut pas satisfaite).

C une recrudescence extraordinaire de l’effort de guerre : l’effectif militaire américain fut porté à cent mille hommes et celui des autres membres de la coalition à plus de quarante mille (la France de M. Sarkozy – qui invoqua en particulier [le film le montre] le droit des femmes afghanes – ayant manifesté son allégeance par l’envoi d’un significatif contingent supplémentaire), sous le commandement brutal (de juin 2009 à juin 2010) du général Stanley McChrystal, placé à la tête de l’International Security Assistance Force [I.S.AF.]

 

Question 24

Dans quel pays en particulier les talibans trouvent-ils la possibilité de survivre d’abord puis ensuite de se réorganiser à partir de 2003 ? (pays à partir duquel ils seront en mesure d’engager peu à peu des opérations de grande ampleur, en tout cas à partir de 2006)

Dans les « zones tribales »

A d’Iran

B du Tadjikistan

C du Turkménistan

D d’Ouzbékistan

E du Pakistan

 

Les Etats-Unis à la conquête de l’Est

 

Question 25

Le 18 août 2016, le bureau du Procureur général de la Fédération de Russie, considérant qu’elles constituaient une menace pour la sécurité nationale, a interdit l’activité de sept « organisations non-gouvernementales » américaines sur le territoire russe (des leaks achevaient d’ailleurs, au même moment, d’édifier sur l’action considérable de M. Soros et de son groupe Open Society). Ces organisations sont les suivantes : 1. International Republican Institute [I.R.I.] ; 2. Media Development Investment Fund [M.D.I.F.] ; 3. National Endowment for Democracy [N.E.D.] ; 4. Open Society Institute Assistance Foundation [O.S.I.] ; 5. Open Society Foundation [O.S.F.] ; 6. U.S.-Russia Foundation for Economic Advancement and the Rule of Law ; 7. National Democratic Institute for International Affairs [N.D.I.].

L’un de ces organismes est présidé par le sénateur McCain, ainsi que cela est précisé dans le film. Lequel ?

A 3

B 7

C 1

D 2

E 6

 

Question 26

A la trente-cinquième minute, M. Édouard Chevarnadzé (mort en 2014), président de la Géorgie renversé en novembre 2003 par la « révolution des roses », accuse nommément un responsable étranger d’avoir fomenté le mouvement. Il s’agit de :

A Madeleine Albright

B George Soros

C Hillary Clinton

D John McCain

E Vladimir Vladimirovitch Poutine

 

Inside the Coup. The Revolution will not be televised

 

Question 27

Rien ne manque à la perfection de ce film si prenant – tout y est : les snipers, un haut commandement caricatural, les habituels mépris et cynismes des dominants modernes, les glapissements de la bourgeoisie compradore, la manipulation des images, la plus éhontée désinformation par des médias étroitement asservis aux puissances d’argent, la géométrie si variable de la légalité revendiquée par les amis de la « démocratie de marché », un préoccupant prélat, l’action des services américains (et en particulier de la C.I.A.), le jeu politique de la principale organisation patronale, assistée d’une organisation ouvrière vénale – et bien sûr l’émotion, si palpable, des partisans d’El Comandante, qui certes ne donnent pas tous le sentiment d’être des héros prêts à mourir les armes à la main.

Même la « règle » classique dite des « trois unités » (Action, Temps, Lieu), rencontrée par vous naguère au lycée, se trouve à peu près respectée (moins par les cinéastes que par l’histoire elle-même qu’ils ont la chance extraordinaire de pouvoir filmer). Vous avez relevé sans doute qu’un lieu en effet sert plus particulièrement de cadre à la plupart des épisodes. Lequel ?

A Le Palacio de Miraflores situé à Caracas

B Le Palacio Quemado à La Paz

C El Cuartel de la Montaña, autrefois Académie militaire, devenu en 2013 un mausolée contenant le sarcophage du président Chavez et un musée à sa mémoire

D La Casa de Nariño à Bogota

E Le studio n° 2 de la chaîne TeleSur, chaîne anti-impérialiste appelée à rayonner sur les Amériques latines

 

Question 28

La figure de Simon Bolivar se trouve placée au cœur du récit fondateur du mouvement chaviste, qui se dit justement « bolivarien ». Qui était Simon Bolivar ?

A L’auteur du fameux livre évoqué par le président Chavez, le Popol Vuh

B Le rédacteur de la constitution du Venezuela de 1821, dite de Cúcuta (inchangée depuis et révérée à l’égal de celle des Etats-Unis), en recourant à laquelle d’ailleurs, vous l’aurez relevé, les « cercles bolivariens » souhaitent conduire une mission d’éducation populaire en particulier par l’apprentissage de la lecture

C Le beau-frère de Karl Marx et arrière-grand-père d’Ernesto « Che » Guevara

D Le Libertador, héros principal des guerres d’indépendance contre l’Espagne et président en particulier de cette Grande Colombie d’où sortiront la Colombie (comprenant alors Panama), l’Équateur et le Venezuela

E Le véritable nom, longtemps caché, du très populaire justicier masqué Zorro [le renard] que révérait Hugo Chavez lorsqu’il était enfant (ainsi qu’il le confie de façon très émouvante vers la fin du film)

 

 

QUESTIONS DE COURS

 

Question 29

Parmi les propositions suivantes, toutes sont exactes à l’exception d’une seule – laquelle ?

A L’Indonésie est plus peuplée que le Brésil

B L’Egypte est plus peuplée que l’Ethiopie

C La Russie est plus peuplée que le Japon

D Le Viêt-Nam est plus peuplé que la Thaïlande

E Les Philippines sont plus peuplées que le Viêt-Nam

 

Question 30

Laquelle de ces propositions, concernant la population de l’U.R.S.S. et de la Russie vous semble-t-elle la plus juste

A À la veille de la désagrégation de l’Union soviétique, la population globale de cette entité dépassait de peu 230 millions d’habitants (vingt millions de plus que celle des Etats-Unis qui a poursuivi sa croissance et dépasse 290 millions en 2016). En son sein, la Russie comptait environ 175 millions d’habitants. Aujourd’hui, la population de la Fédération de Russie (en comprenant la Crimée, rattachée en 2014) est de l’ordre de 125 millions d’habitants (121 sans la Crimée)

B À la veille de la désagrégation de l’Union soviétique, la population globale de cette entité atteignait presque 330 millions d’habitants (quatre-vingts millions de plus que celle des Etats-Unis qui a plutôt stagné et ne dépasse pas 260 millions en 2016). En son sein, la Russie comptait environ 190 millions d’habitants. Aujourd’hui, la population de la Fédération de Russie (en comprenant la Crimée, rattachée en 2014) est de l’ordre de 262 millions d’habitants (252 sans la Crimée) ce qui lui permet, à elle seule, d’équilibrer démographiquement les États-Unis

C À la veille de la désagrégation de l’Union soviétique, la population globale de cette entité dépassait de peu 290 millions d’habitants (quarante millions de plus que celle des Etats-Unis qui a poursuivi une vive croissance et dépasse 320 millions en 2016). En son sein, la Russie comptait environ 149 millions d’habitants. Aujourd’hui, la population de la Fédération de Russie (en comprenant la Crimée, rattachée en 2014) est de l’ordre de 146 millions d’habitants (144 sans la Crimée).

D A À la veille de la désagrégation de l’Union soviétique, la population globale de cette entité atteignait 200 millions d’habitants (vingt millions de plus que celle des Etats-Unis qui a poursuivi sa croissance et dépasse 220 millions en 2016). En son sein, la Russie comptait environ 150 millions d’habitants. Aujourd’hui, la population de la Fédération de Russie (en comprenant la Crimée, rattachée en 2014) est de l’ordre de 111 millions d’habitants (97 sans la Crimée)

 

Question 31
Un baril de pétrole comporte [en litres]

A 156, 324
B 158, 987
C 161, 193
D 237, 659
E 89, 567

 

Question 32

Surmontant les incertitudes, malgré tout assez marginales, qui résultent de la difficulté de l’évaluation de la production illégale (celle par exemple de l’ “Etat islamique”), dans quelle fourchette pourrait-on inscrire sans risque la production quotidienne de pétrole pour les années 2013, 2014 et 2015 [en barils par jour] ?
A entre 67 et 82 millions
B entre 99 et 114 millions
C entre 51 et 66 millions
D entre 83 et 98 millions
E légèrement en-dessous de 51 millions

 

Question 33

Un seul Etat producteur de pétrole est engagé en 2016 dans un procès d’accroissement sensible de sa production qui devrait se poursuivre les années ultérieures – lequel ?

A Iran

B Arabie séoudite

C Fédération de Russie

D Etats-Unis

E Norvège

 

Question 34

Concernant l’évolution de certains cours et parités pendant la période de l’enseignement (c’est-à-dire du début du mois de février à la mi-mai 2016), l’une des suivantes propositions est à coup sûr inexacte. Laquelle ?

[NB : Je porte entre parenthèses quelques éléments complémentaires d’information que vous n’aviez pas à savoir – puisqu’ils sortent du cadre chronologique de l’enseignement – mais qui peuvent vous intéresser.]

A Le cours du Brent s’est sensiblement raffermi après être descendu très bas, mais non seulement il est fort loin d’avoir regagné les valeurs du printemps de 2014, mais il est demeuré fort en-dessous des niveaux du mois de mai 2015. (L’on notera qu’il a connu un nouvel accès de faiblesse au milieu de l’été, entre la mi-juillet et le début du mois d’août, mais s’est ressaisi dès la mi-août.)

B Le cours du gaz naturel avait sensiblement chuté pendant les mois de l’enseignement mais il avait regagné en mai les valeurs du début de l’hiver. (Ce raffermissement s’est un peu amplifié encore par la suite.)

C Le cours du lingot d’or d’un kilo à Paris s’est apprécié d’une dizaine de pour cent pendant la période courant de début février à début mai. (Cette évolution s’est d’ailleurs amplifiée par la suite, jusqu’à ce que le cours parisien du lingot frôle quarante mille euros au début de juillet avant de connaître pendant l’été une assez forte volatilité orientée plutôt à la baisse : la barre des trente-huit mille a été franchie, à la baisse, autour du vingt août.)

D L’euro, après une forte chute, se promène entre 1,05 $ et 1,15 $ depuis le début de 2015 – il s’établissait plutôt dans le haut de la fourchette à la fin du cours ; dans le même temps, le rouble s’est raffermi par rapport au $, échappant à la situation difficile que nous avions relevée en février mais, face à un dollar assez fort, incapable,et de loin, de retrouver les parités usuelles jusqu’en 2014. (Situation stabilisée de la mi-avril au vingt août, date de rédaction de QCM : un dollar tourne autour de 63 à 67 roubles.)

E Le Baltic Dry Index [Ba.D.I.] a poursuivi son effondrement alors que l’on pouvait avoir le sentiment qu’il eût été impossible qu’il chutât davantage que ce n’avait été le cas au début de l’année. (Stabilisation depuis le début de mai.)

 

Question 35

L’un de vos grands-parents, de toute façon très peu au courant de ces choses, veut vous faire un cadeau. Il vous propose de choisir entre un Napoléon [vingt francs or] et sept billets de vingt euros. S’agissant de la pièce, l’on admettra qu’elle ne présente pas de singularité numismatique pouvant lui conférer une valeur supérieure à celle du cours moyen parisien (que l’on supposera donc – cette valeur –, selon notre convention, celle de la mi-mai 2016) – il s’agit par exemple d’une Marianne (et Coq) dans un état pouvant être décrit comme de TB à TTB frappée peu avant 1914, pièce sans rareté particulière (une frappe totale de près de cent dix huit millions de pièces entre 1899 et 1914 – ce n’est pas rien). Vous n’êtes pas intéressé par la thésaurisation ni des billets, ni des pièces d’or. Vous souhaitez de toute façon acheter une édition de 1914 d’Un coup de dés jamais n’abolira le hasard de Mallarmé, sur laquelle un libraire veut bien vous consentir un fort rabais (vous ne savez décidément que faire, convenez-en, pour tourmenter vos malheureux géniteurs : non seulement vous n’aimez pas « le droit », mais voici que vous vous piquez de plus de poésie et vous passionnez pour l’hermétique Mallarmé !)

Vous avez pourtant à peu près écouté les développements du cours qui portaient sur divers aspects du marché contemporain de l’or ; vous savez que la tendance des derniers mois est plutôt haussière, vous avez appris par ailleurs que, pour une somme du genre de celle que vous pouvez attendre de la vente de la pièce, un prélèvement d’environ sept pour cent sur le prix de vente sera effectué par ebay (qui vous paraît le plus commode intermédiaire, sachant d’ailleurs que, achetant des livres par le truchement de ce site, vous avez obtenu des appréciations propres à inspirer confiance à d’éventuels acquéreurs). Le port sera à la charge de l’acquéreur ; par contre, vous jugez prudent que le paiement soit réalisé par Paypal : vous avez cru comprendre qu’entre le prélèvement de ebay et celui de Paypal, c’est en tout à peu près onze pour cent (sommairement : sept plus quatre) du prix de vente qui ne vous parviendraient pas. Vous ne considérez pas le temps que cette transaction vous prendra car cette expérience vous amuse plus qu’elle ne vous déplaît. L’on suppose aussi que l’affaire ne comporte aucun aspect affectif (il ne s’agit pas d’un Napoléon retrouvé sur le corps déchiqueté d’un arrière-arrière-grand-oncle mort à Douaumont ou au Chemin-des-dames…)

Quel est votre choix et pour quel motif ?

A Prendre à n’en pas douter les billets : le produit de la vente du Napoléon, une fois tout déduit, serait tout à fait proche de la somme représentée par les billets : pourquoi, dès lors, vous embarqueriez-vous dans une affaire, peut-être un peu risquée pour un novice, de vente en ligne ?

B Prendre le Napoléon parce qu’une belle pièce d’or comme cela, vous ne doutez pas que cela ne vaille des centaines et des centaines d’euros – quatre cents, cinq cents peut-être…

C Prendre évidemment le Napoléon : moyennant un petit effort, il est improbable que sa cession ne vous rapporte pas, tous frais déduits, environ cent quatre-vingt dix euros (cours de mai je le répète), c’est-à-dire une somme sensiblement supérieure à celle des billets

D L’or ne vaut plus rien. Avec tout cet or-papier (trois cents « papiers » pour une unité physique a suggéré le professeur, manifestement impressionné par une chronique de l’ « Éconoclaste » Philippe Béchade…) Que peut donc valoir cette pauvre petite pièce de 6,45 g dont 5, 81 d’or pur (définition de la loi du 7 germinal an XI) ? Soixante, soixante-dix euros ? Guère plus. Tout cela, de toute façon, ce sont des vieilleries qui n’intéressent plus personne (sauf quelques États qui paraissent avoir une petite idée des usages à venir de l’or, et bien sûr de vastes effectif des populations chinoises et indiennes…)

 

Question 36

Lorsque vous entendez parler de Peshmerga (= ceux qui affrontent la mort), vous pensez que sont concernés au premier chef

A Les milices chiites de Bagdad et de la moitié sud de l’Irak

B Des combattants kurdes

C La garde strictement personnelle du Guide de la Révolution iranienne

D Un corps d’élite de l’armée israélienne

E L’organisation militaire du Hamas

 

Question 37
Les Gardiens de la Révolution – corps militaire fortement idéologisé, fer de lance de la République Islamique d’Iran, et force relativement autonome du fait de sa dépendance, en principe, envers le seul Guide Suprême de la Révolution islamique, sayyed Ali Hosseini Khamenei, et de son contrôle d’une partie des forces productives du pays – sont appelés

A Hezbollahi
B Peshmerga
C Talibans
D Ansarallah
E Pasdaran

 

Question 38
Le général Qasem [Ghassem] Soleimani est
A Le bras droit de sayyed Hassan Nasrallah et le responsable des opérations militaires du Hezbollah libanais, si actif ces temps-ci en Syrie
B Le ministre turc de la Défense (avant le « coup » de juillet dernier)
C Un général iranien, du corps des Gardiens de la Révolution, chef de la fameuse Force Al Qods [Jérusalem] en charge d’opérations extérieures spéciales qui a joué un rôle d’une particulière importance en Irak et en Syrie en 2015 et en 2016
D Le fameux leader charismatique de la majorité chiite de l’île de Bahrein mort, au début de 2011, d’une attaque cardiaque sur l’ancienne place de la Perle
E Le chef des brigades Izz al-Din al-Qassam regroupant les effectifs les plus militarisés du Hamas

 

Question 39
Parmi ces termes, l’un correspond à une mouvance sunnite, pas les autres qui concernent des rameaux du chiisme. Lequel ?
A Alevi
B Alaouite [en Syrie]
C Wahhabite
D Ismaélien
E Zaydite

 

Question 40
La fondation politico-spirituelle de l’Arabie séoudite contemporaine ne pourrait guère se comprendre sans une sorte de pacte entre un ancêtre de l’actuelle dynastie, désigné généralement comme Mohammed Ibn Seoud (à ne pas confondre avec le roi Abdelaziz, dit Ibn Seoud, son descendant – véritable fondateur du rayonnement d’abord péninsulaire puis, à la faveur de l’abondance d’un pétrole d’extraction facile, très élargi de la formation territoriale qui s’est imposée comme Arabie séoudite), et Mohammed ben Abdelwahhab (qui a donné son nom au wahhabisme). L’on ne saurait, sans la considération de cet accord fondamental, saisir grand chose au lien qu’entretiennent la longévité, malgré bien des erreurs, de la dynastie des Séoud et l’activité missionnaire mondiale de l’Arabie séoudite, dans le sens de la plus redoutable radicalité. Derrière la visibilité des seuls Séoud, demeure d’ailleurs encore la présence des Al Ach-Cheikh – de la famille du Cheikh, des descendants d’Abdelwahhab.

Bien entendu, l’énormité des marchés (pour les armes ainsi), la « générosité » des cadeaux (à la Fondation Clinton par exemple – thème, du moins, exploité par M. Trump au cours de ce mois d’août 2016), ferment les yeux et closent en général les bouches, sans qu’il soit bien assuré que le curieux équilibre trouvé puisse durer encore très longtemps.

La date de ce pacte important est :
A 1813
B 1837
C 1678
D 1744
E 1569

 

Question 41

Le cœur de l’immense empire ottoman, aboli en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk (mais qui a pu laisser une certaine nostalgie à quelques-uns dans ce pays, voire contribuer à modeler – concurremment avec les perspectives européennes ou les solidarités résultant du panturquisme – certaines orientations, dites « néo-ottomanistes » – de la politique extérieure) doit être placé dans l’actuel[le]

A Iran
B Egypte (cœur du califat fatimide à partir du Xe siècle)
C Irak (cœur du califat abbasside à partir du VIIIe siècle)
D Turquie
E Syrie (cœur du califat omeyyade aux VIIe et VIIIe siècles)

 

Question 42

La phrase surprenante d’où il ressortait que les “jihadistes” de Jabhat al Nosra (organisation qui a pris le nom de Fatah al-Cham et prétendu rompre avec al Qaïda à la fin de juillet 2016 afin de se rendre plus « présentable » et de ne pas décourager la tolérance des Occidentaux à son endroit au moment crucial de sa tentative pour installer un émirat islamique à Alep – ville plongée au mois d’août 2016 dans un terrible affrontement d’enjeu véritablement stratégique) accomplissaient un excellent travail en Syrie a été prononcée par :

A M. John F. Kerry, secrétaire d’Etat des Etats-Unis depuis le début de 2013

B M. Serguei V. Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

C M. Philip Hammond, Secrétaire d’Etat pour les Affaires étrangères et le Commonwealth du Royaume Uni de la mi-2014 à l’été 2016

D M. Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères de la France (depuis, on le sait, président du Conseil constitutionnel)

E Mme Hillary R. Clinton, secrétaire d’Etat des Etats-Unis du début de 2009 au début de 2013 (aujourd’hui candidate à la présidence des Etats-Unis)

 

Question 43

Autre phrase, préoccupante – pour l’avenir aussi. Qui, en éclatant d’un rire sardonique (à la façon du colonel Olrik), a dit (dans une langue que je ne précise pas), paraphrasant le « Veni, uidi, uici » de César pour évoquer la mort horrible du colonel Kadhafi et l’amorce de la descente aux enfers du peuple libyen, naguère l’un des moins infortunés de l’ensemble de la région : « Nous vînmes, nous vîmes, il mourut. »

A M. Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, et l’un des acteurs majeurs de l’illégale agression occidentale contre la Libye

B M. Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères de notre pays et ayant joué un rôle tout à fait déterminant dans cette affaire aux Nations-Unies

C M. Barack H. Obama, président des Etats-Unis, qui avait déjà annoncé (en le présentant comme une tentative d’arrestation qui eût mal tourné – bien qu’aucun membre du commando n’ait été même blessé et qu’aucune autopsie n’ait été pratiquée sur le cadavre des victimes) l’assassinat, en mai 2011, d’Oussama ben Laden au terme d’une opération spéciale quelque peu obscure et à tous égards illégale (« Sa mort, déclara-t-il notamment, marque une étape importante de la lutte de notre nation contre le terrorisme […]. Nous restons fidèles aux valeurs qui nous constituent […]. Justice has been done. »

D M. David Cameron, Premier ministre du Royaume Uni de 2010 à l’été 2016, un peu moins impliqué que nos gouvernants dans cette affreuse affaire mais fort actif néanmoins

E Mme Hillary R. Clinton, secrétaire d’Etat des Etats-Unis du début de 2009 au début de 2013 (aujourd’hui candidate à la présidence des Etats-Unis)

 

Question 44

Comme assez souvent dans les affaires humaines, l’on peut conjecturer que plusieurs motifs ont conduit la Russie à retirer à la mi-mars 2016 une bonne partie des forces, essentiellement aériennes, qu’elle avait déployées, en particulier sur la base de Hmeimim, à partir du 30 septembre 2015, tout en poursuivant un certain nombre de frappes beaucoup plus limitées (mais en maintenant certaines armes de grande importance sur place, à commencer par le fameux système de missiles S-400 à Hmeimim). (Avant d’ailleurs de reprendre en août 2016 une action plus nettement offensive pour tenter de casser la dynamique d’installation d’un émirat islamique à Alep par un avatar d’al Qaïda et ses alliés supposément « modérés » – issue encore incertaine de cet épisode crucial à la date du vingt-cinq août.)

Il pourrait vous sembler que, parmi les motifs suivants, l’un d’entre eux est hautement improbable. Lequel ?

A Une trêve ayant été signée avec effet au 27 février 2016 (excluant certes quelques organisations manifestement « jihadistes » sur la liste desquelles, d’ailleurs – et cela aura été, du fait de ce qu’il est impossible de considérer comme l’ignorance des puissances atlantiques, l’une des causes de l’aggravation constante de l’affaire syrienne depuis 2011 –, un plein accord n’a jamais pu être trouvé), la Russie souhaitait que l’Occident, si prompt à dénigrer en toute occasion son régime et son action, ne puisse l’accuser de « saboter » l’effort de paix…

B Les tractations secrètes conduites entre MM. Kerry et Lavrov au mois de février, ébruitées seulement dans les premier jours du mai, avaient prévu, à des fins d’apaisement, que la Russie s’effaçât, renonçant enfin à toute présence au Moyen Orient, et laissant toute latitude à la « Coalition » conduite par les Etats-Unis

C Moscou prête la plus grande attention au maintien de bonnes relations avec Tel Aviv, pour toutes sortes de raisons dont certaines assez anciennes. En dépit du soutien apporté par la Russie au gouvernement de Damas, traité en ennemi par Israël (et réciproquement), ces relations se sont encore améliorées ces dernières années et tout particulièrement en 2016, les rencontres au plus haut niveau se multipliant, les rapports, en particulier, entre M. Poutine et M. Nétanyahu semblant à leur plus haut (à proportion sans doute que ceux du second avec M. Obama sont aussi mauvais qu’il est possible). Or toute action de la Russie en Syrie qui eût pu avoir pour conséquence le renforcement du Hezbollah et de son grand allié iranien (cœur chiite de l’ « Axe de la Résistance » comme l’on dit parfois), aurait emporté une dégradation significative de cette entente d’ensemble, précieuse à chacun pour divers motifs.

D La Russie eût atteint l’objectif assez précis qu’elle s’était fixé, en un temps limité ; elle pouvait ainsi échapper, sans grand risque d’être intervenue pour rien, à l’angoisse de beaucoup de citoyens russes que le bourbier syrien ne renouvelle le bourbier afghan pour des troupes enlisées.

Rappelons cet objectif tel qu’il est possible de le dessiner avec un degré élevé de probabilité : non pas préserver M. Assad pour le plaisir de préserver M. Assad ; mais éviter le succès rapide à la fin de 2015 des groupes « jihadistes » ; et préserver bien entendu ses propres intérêts, à la fois stratégiques (l’on songe aux facilités portuaires), militaires (tester de nouveaux systèmes d’armes et démontrer au monde – avec des effets à la fois stratégiques et commerciaux – le niveau remarquable de la technique russe en ces domaines) et intérieurs (un nombre considérable des « jihadistes » qui combattent en Syrie viennent de la région du Caucase et d’Asie centrale : leur retour fait peser une terrible menace, directe et indirecte, sur la Fédération de Russie, fort peu soucieuse de se trouver confrontée à une vague d’actions terroristes ou même à une sorte de troisième guerre de Tchétchénie, au Daghestan ou ailleurs).

Renforcer à l’excès M. Assad et ses alliés de l’arc chiite eût présenté, par contre, l’inconvénient de mettre fin à toute possibilité d’une négociation favorisant une évolution durablement viable du pays (peut-être en particulier par une évolution fédérative telle que d’ailleurs Moscou la soutient aussi pour l’Ukraine – ici, en Syrie, en faveur en particulier des Kurdes, dont il est improbable qu’ils puissent s’accommoder d’une autre solution, et dont les aspirations sont appuyées aussi par les Etats-Unis et par Israël, sachant que l’irritation qu’une telle évolution causerait à M. Erdogan n’eût assurément pas été pour déplaire à M. Poutine dans les circonstances des relations des deux pays – jusqu’à la relative détente du moins intervenue au mois d’août 2016 à la suite de l’échec d’un coup militaire dont il s’est dit que des officines américaines auraient pu être à son origine) ; l’on a dit que la décision de M. Assad d’organiser de son propre chef, avec succès d’ailleurs, des élections législatives aurait peut-être avivé les tensions entre Moscou et Damas.

E L’on ne saurait négliger, même si les coûts ont été minimisés (comme toujours – il en va de même en France), le poids financier d’une telle opération pour un pays malgré tout affaibli à la fois par une probable crise structurelle de son économie (la chute de l’investissement est intervenue dès 2012, emportant une croissance atone tout d’abord) et par une grave crise conjoncturelle (liée à l’effondrement en particulier du cours des hydrocarbures et à une politique occidentale de sanctions, dont on minimise les effets tant en Russie que dans l’Union européenne, mais dont les conséquences sont lourdes de part et d’autre), porteuses désormais de décroissance et d’appauvrissement de la population, en dépit de quelques signes encourageants à l’époque la plus récente (concernant en particulier la production industrielle, assistée par la chute du rouble et par l’obligation dans laquelle se trouve peu à peu la Russie de fabriquer elle-même certains biens qu’elle importait d’Ukraine ou d’Europe). Faut-il rappeler que des élections diverses, mais notamment « législatives », doivent avoir lieu le 18 septembre prochain ? Une telle échéance ne pouvait guère ne pas être prise aussi en considération par les dirigeants russes.

 

Question 45

L’un des pays suivants n’est pas membre permanent du Conseil de Sécurité́ des Nations Unies. Lequel ?
A La France
B L’Allemagne
C Le Royaume Uni
D La Chine
E La Fédération de Russie

 

Question 46

Bien que les comparaisons dans le domaine des dépenses militaires des divers Etats soient rendues difficiles du fait en particulier des parités monétaires – en vous fondant sur ce que vous avez retenu des valeurs pour 2015 publiées par le SIPRI [Stockholm International Peace Research Institute], laquelle de ces propositions jugeriez-vous manifestement fausse ?

A Les dépenses militaires du Royaume Uni sont très légèrement supérieures à celles de la France

B L’Allemagne et le Japon ont des dépenses militaires à peu près identiques

C Les dépenses militaires de la Corée du Sud sont supérieures à celles du Brésil

D Les dépenses militaires de la France sont supérieures à celles de l’Arabie séoudite

E L’Inde, vingt fois plus peuplée que la France, a des dépenses militaires du même ordre

 

Question 47

Voici plusieurs ordres de succession des présidents contemporains de la Fédération de Russie. Lequel est le bon ? (sachant qu’a été laissé de côté l’éphémère épisode d’Alexandre Vladimirovitch Routskoi)
A Boris Nikolaievitch Eltsine (deux mandats successifs) – Vladimir Vladimirovitch Poutine – Dmitri Anatolievitch Medvedev (deux mandats) – Vladimir Vladimirovitch Poutine
B Vladimir Vladimirovitch Poutine – Boris Nikolaievitch Eltsine – Dmitri Anatolievitch Medvedev – Vladimir Vladimirovitch Poutine (deux mandats successivement dont le second est en cours)
C Boris Nikolaievitch Eltsine – Boris Efimovitch Nemtsov – Vladimir Vladimirovitch Poutine – Dmitri Anatolievitch Medvedev – Vladimir Vladimirovitch Poutine
D Boris Nikolaievitch Eltsine (deux mandats successifs) – Vladimir Vladimirovitch Poutine (deux mandats successifs) – Dmitri Anatolievitch Medvedev – Vladimir Vladimirovitch Poutine
E Boris Nikolaievitch Eltsine – Dmitri Anatolievitch Medvedev – Vladimir Vladimirovitch Poutine – Dmitri Anatolievitch Medvedev – Vladimir Vladimirovitch Poutine

 

Question 48

Qu’appelle-t-on, en Russie, un silovik ?

A Un silovik [homme des silos – sous-entendu : à grains] est un puissant oligarque du secteur agricole – secteur dont les succès sont notables ces temps-ci (pour la première fois dans l’histoire, la Russie est notamment en passe de devenir le premier exportateur mondial de blé, devant l’Union européenne et les Etats-Unis)

B Un silovik est, exactement, un homme de force, c’est-à-dire issu de l’appareil militaire ou de sécurité, en général, suppose-t-on, plus réservé vis-à-vis des excès de l’occidentalisation et opposé à ceux que l’on désigne comme civiliki, ceux de la société civile, plus favorables aux perspectives néocapitalistes qui prévalent dans le monde atlantique et à l’entente préférentielle avec ce dernier (bien entendu, une telle antinomie ne doit pas être poussée à la caricature)

C Un silovik est un partisan du leader libéral Igor Grigorievitch Silov qui a remplacé M. Nemtsov comme porte-parole du mouvement oppositionnel Parnas

 

Question 49

Lorsque vous composerez, un événement de très grande importance (évoqué lors du dernier cours, le douze mai dernier) aura trouvé sa conclusion quelques jours plus tôt, le 30 août probablement, manifestant une fois de plus le déclin accéléré de l’esprit démocratique ces temps-ci (au nom bien entendu d’un prétendu « État de droit » dont le secret semble bien qu’il ne tende parfois désormais à devenir le subtil habillage d’un féroce État de classe) : un chef d’État, élu au suffrage universel il y a moins de deux ans, après un processus électoral incontestable, aura sans doute été déposé, pour des motifs extrêmement fragiles touchant à la présentation des comptes publics, et à la suite d’une procédure hautement contestable au cours de laquelle ce sont les corrompus les plus avérés qui se sont transformés en accusateurs, avec bien entendu le ferme soutien de certains secteurs de l’appareil d’État d’un grand pays.

Quelle est la personne évoquée ici ?

A M. Evo Morales, président de l’État plurinational de Bolivie

B M. Nicolas Maduro, président de la République bolivarienne du Venezuela

C M. Daniel Ortega, président de la République du Nicaragua

D Mme Dilma Rousseff, présidente de la République fédérative du Brésil

 

Question 50

Une question de simple réflexion : lequel de ces deux ensembles est-il le plus peuplé – celui des pays membres de l’OTAN [a] ou celui des pays membres de l’Union européenne [b] ?

A a > b

B a < b

C a ≈ b