Examen GD [UEC] – Janvier 2017

 

Vous trouverez ci-après le corrigé [solution portée à chaque fois en gras et soulignée] du questionnaire à choix multiple proposé lors de l’examen de Grandes doctrines de M1 du Pr Rials [Unité d’enseignement complémentaire] qui s’est déroulé à l’Université Panthéon-Assas le mercredi 18 janvier 2017

M1 – Grandes doctrines [UEC 1]

Cours du Professeur Rials

Examen de l’hiver 2017

 

NB : le corrigé sera installé immédiatement après l’examen sur le site assasri.wordpress.com [les présentes pages mais avec les « bonnes » réponses soulignées et portées en gras]

 

Documents autorisés :

Tous documents sont autorisés – livres [le cas échéant annotés], notes manuscrites ou dactylographiées, photocopies, etc. Je dis bien : TOUS.

Toutefois l’on ne pourra se servir d’un ordinateur, d’une tablette, d’un téléphone portable ou de tout instrument électronique autorisant les mêmes fonctionnalités. Cela ne me gênerait pas vraiment à titre personnel, mais je dois éviter de semer un trouble excessif – il est possible d’ailleurs qu’il y ait ici des dispositions réglementaires, y compris locales.

 

Notation :

Le QCM emporte l’allocation maximale de 50 points. La note devant être portée sur dix, le diviseur devrait être 5. Il sera 4. La note obtenue sera élevée au demi point supérieur.

 

AVERTISSEMENT

 

Trois questions méritent une attention spécifique : l’une parce qu’elle est quadruple [c’est celle qui porte les numéros 10, 11, 12, 13] ; deux autres parce qu’elles sont doubles [ce sont celles qui portent, d’une part, les numéros 27 et 28, et d’autre part les numéros 39 et 40].

J’ai expliqué la chose en cours mais je la précise à nouveau :

Une question double, par exemple, n’en est pas moins unique ; elle appelle donc en principe une seule réponse ; mais il vous faudra reporter deux fois, aux deux numéros de référence de la fiche que vous devez remplir, cette réponse. La chose est fort simple. [Si question quadruple, quatre fois aux quatre numéros…]

Mon motif l’est aussi : si une question est longue, en tenir compte en lui donnant une valeur plus grande.

Bien entendu, il peut y avoir un avantage de cette technique : si vous êtes très incertain sur la « bonne réponse », vous pouvez ne pas « placer tous vos œufs dans le même panier » – cela ne constitue en rien une démarche moralement contestable.

 

 

 

Question 1

L’art de rhétorique tend à

A Persuader

B Convaincre

 

Question 2

Les genres oratoires sont réputés classiquement – depuis le Stagirite lui-même – au nombre de trois, en fonction de la nature de l’auditoire considéré. Désireux d’organiser un concours d’éloquence au cours duquel le propos serait de prononcer, à l’imitation de la Seconde Sophistique, toutes sortes d’éloges – de divinités païennes, de saints, de héros morts, d’âmes rayonnantes de notre temps, de langues, de nations, d’institutions, de disciplines académiques… –, vous souhaitez relever votre entreprise d’un intitulé qui en jette un peu. Que porterez-vous ?

A Grand concours d’éloquence judiciaire

B Grand concours d’éloquence délibérative

C Grand concours d’éloquence épidictique

 

Question 3

Rousseau construisait volontiers

A Une collection de céramiques chinoises

B Un cabinet minéralogique

C Une collection de reliques de saints

D Des herbiers

E Une collection de fossiles

 

Question 4

Rousseau a passé les tout derniers temps de sa vie dans un jardin inspiré de l’esprit le plus récent du landscape gardening anglais. Ce jardin se trouvait

A À Ermenonville chez le marquis de Girardin

B Aux Charmettes, près de Chambéry, cher madame de Warens

C Dans la campagne turinoise, ou mademoiselle de Breil, devenue veuve, ruinée, revenue de tous ses préjugés de classe, hébergée comme gouvernante dans une grande maison, l’avait accueilli avec une touchante simplicité

 

Question 5

Antoine Furetière

A Est le pseudonyme de Louis Liger, auteur en particulier des Amusemens de la campagne, ou Nouvelles ruses innocentes qui enseignent la manière de prendre aux pièges toutes sortes d’oiseaux et de bêtes à quatre pieds, avec les plus beaux secrets de la pêche dans les rivières et étangs, et un traité général de toutes les chasses, livre traduit en espagnol par Simon Bolivar qui s’inspira par la suite beaucoup des méthodes décrites lors de la « Guerre à mort »

B Auteur en particulier, à la fin du XVIIe siècle, du Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois, tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts

C Fondateur des Sœurs des Écoles chrétiennes, il compléta, à l’intention des jeunes filles, les méditations de saint Jean-Baptiste de la Salle dans le domaine de la civilité en publiant Les Règles de la Bienséance et de la Civilité chrétienne divisées en deux parties à l’usage des écoles chrétiennes des filles

 

Question 6

Du « mercantilisme », tel qu’il a rayonné, doctrinalement mais surtout dans la pratique des États européens au XVIIe siècle, diriez-vous qu’il se manifestait en particulier par

A Une politique tarifaire attentive mais un encouragement donné au commerce international

B Un dirigisme souple s’accompagnant d’une interpénétration assez poussée de ce que nous distinguerions comme puissance publique et intérêts privés

C Un « bullionisme » raisonné

D Une considération favorable des entreprises coloniales

E L’ensemble de ces traits sans exception

 

Question 7

Parmi les propositions suivantes, l’une n’est pas soutenable :

A Le bimétallisme or et argent était ordinaire dans les anciens régimes européens [ainsi au royaume de France]

B C’est une loi universelle de la science monétaire ces derniers siècles que le bimétallisme or et argent tire sévèrement le cours de l’argent vers le bas

C L’or est un bien fort rare dont, depuis les origines, la production, par extraction ou orpaillage, n’a probablement pas excédé cent soixante mille tonnes

D le président Richard Nixon a suspendu le 15 août 1971 la convertibilité du dollar en or – cette mesure provisoire n’étant pas rapportée, ce fut la fin de l’étalon-change-or issu des accords de Bretton Woods [Gold Exchange Standard – dans lequel seul le dollar était convertible en or, les autres monnaies étant définies en dollar] et non véritablement Gold Standard – dans lequel toutes les monnaies sont convertibles en or]

E L’or vaut aujourd’hui soixante quinze fois l’argent, assez stablement ; ce rapport, selon les lieux et les temps, s’établissait plutôt entre de un à douze et un à quatorze dans l’ancienne Europe [plus récemment, de 1 à 15,5 dans la définition du franc « Germinal »]

 

Question 8

Laquelle des propositions suivantes vous semble-elle mériter d’être retenue concernant les mines du Potosi ?

A Ces mines d’or très abondantes, découvertes très tôt non loin de Mexico, dans la vice-royauté de Nouvelle-Espagne, atteignirent une production fabuleuse dans les années trente du XVIe siècle, avant d’entrer dans un déclin rapide

B Les mines d’or du Potosi, dites encore Minas Gerais, ne furent découvertes, au Brésil, qu’à la fin du XVIIe siècle, emportant un très sensible essor de l’économie portugaise. C’est en 1735 que fut mise au point la fameuse méthode dite Fejoada, consistant à purifier l’or en le faisant bouillir dans une grande marmite de haricots noirs [qui demeuraient comestibles]

C Ces mines d’argent, situées dans le Haut-Pérou, ce qui deviendra la Bolivie [mais relevait alors de la vice-royauté du Pérou], furent découvertes en 1545, si leur production s’envola à partir de 1570, le traitement du minerai se trouvant optimisé par la technique malsaine mais efficace de l’amalgame au mercure

 

Question 9

Voici un texte fameux, exposant la doctrine que l’on dit volontiers de l’avantage comparatif » :

« Dans un système d’entière liberté de commerce, chaque pays consacre son capital et son industrie à tel emploi qui lui paraît le plus utile. Les vues de l’intérêt individuel s’accordent parfaitement avec le bien universel de toute la société. […] l’accroissement de la masse générale des produits répand partout le bien-être ; l’échange lie entre elles toutes les nations du monde civilisé par les nœuds communs de l’intérêt, par des relations amicales, et en fait une seule et grande société. C’est ce principe qui veut qu’on fasse du vin en France et en Portugal, qu’on cultive du blé en Pologne et aux Etats-Unis, et qu’on fasse de la quincaillerie et d’autres articles en Angleterre. »

De quelle plume est-il ?

A François Quesnay

B Karl Marx

C Adam Smith

D Jean-Jacques Rousseau

E David Ricardo

 

Question quadruple 10, 11, 12, 13 ATTENTION : VOIR L’AVERTISSEMENT PRÉLIMINAIRE

Il pourrait sembler que l’aspiration contemporaine d’effectifs significatifs – tendant vers l’unanimité chez les gens formés, intelligents, les élites comme l’on dit – au libre-échange le plus large soit adossée aux montages les plus assurés de la « science économique » [ce pourquoi les gens qui ne sont pas complètement idiots, entend-on, qui échappent tant soit peu au monde des « deplorables », n’ont aucun doute sur les vertus éminentes du libre-échange]. Ceux, pourtant, qui éprouvent quelque doute sur la caractérisation des « sciences humaines » comme « sciences » – affaire certes de convention, mais les conventions ne sont pas toujours innocentes –, peuvent être tentés de supposer que l’économique libérale radicale de notre temps ne saurait revêtir d’autre statut que celui d’une idéologie. Lors même [scepticisme emporté par ce qui précède] qu’ils ne seraient pas prêts à souscrire tout à fait à ce que l’on répute usuellement la critique marxiste de l’idéologie [quelle que soit la complexité évolutive de la question chez Marx] – non dans son idée générale, mais dans telles de ses applications –, définissant l’idéologie, pour dire sommairement les choses, comme l’ensemble des représentations par lesquelles une classe sociale masque et justifie sa domination –, ils peuvent admettre que, s’agissant des aspects les plus matériels de la présence au monde, et s’agissant encore de classes [en un sens large] très manifestement, délibérément ordonnées, de façon prépondérante, à la maximisation de leurs intérêts matériels, l’audace intellectuelle ne soit pas très remarquable de supposer que la domination de ces dernières ne s’accompagne d’une idéologie se présentant comme science, l’orthodoxie de « spécialistes » et d’ « experts » étant commodément assurée par toutes sortes de rémunérations matérielles ou symboliques, et bien entendu par toutes les illusions de la fausse conscience dans l’acception que j’ai proposée. [Même chose, cela irait sans dire, chez les juristes, puisque de leurs activités, à divers stades, dépend largement que l’idéologie économique puisse opérer pleinement.]

Il est admis depuis longtemps, au moins depuis le livre inaugural de Charles A. Beard, An Economic Interpretation of the Constitution of the United States [1913], que certains antagonismes que l’on dira, largement encore, de classes [le livre de Beard a appelé de vives controverses à ce sujet], ont fortement pesé sur la rédaction du texte sacré et sur les opérations ultérieures de l’interprétation. Cela aurait été le cas en particulier de la « Commerce Clause » [art. Ier, section 8, clause 3 – compl. section 10, clause 2], dont les termes – en apparence purement formels, procéduraux, techniques – méritent d’être compris dans le contexte de l’affrontement de certains intérêts. S’agissant de ceux-ci, vous cocherez la réponse qui vous semble la meilleure.

A Les intérêts agricoles, en particulier ceux du Sud, inclinaient au protectionnisme, tout comme les intérêts agricoles anglais de la même époque ; ils luttaient en faveur de Corn Laws en vue de se prémunir contre la concurrence redoutable des producteurs du monde Caraïbe et, bien entendu, de la Nouvelle-Espagne ; un marché intérieur en constante expansion les prémunissait contre l’insuffisance des débouchés ; l’instauration d’un tarif assez élevé sur les productions industrielles anglaises, demandé par ailleurs par les milieux industrialistes du Nord, soucieux de protéger une industrie encore jeune contre la redoutable concurrence britannique, ne les affectait que marginalement puisque, pour l’essentiel, l’agriculture du Sud dépendait d’une main-d’œuvre servile dont l’effectif s’accroissait rapidement. Des dissentiments, certes, subsistaient, mais ils portaient moins sur le principe du tarif que sur son niveau, les industriels souhaitant frapper certaines exportations à hauteur de 42% – indispensables selon eux pour favoriser l’essor de leur production – tandis que les agrariens souhaitaient que l’on ne dépassât jamais 30% afin de ne pas trop renchérir le prix de certains biens européens qui contribuaient à l’agrément d’une vie aristocratique. Politiquement, cette convergence d’ensemble suffit à expliquer les liminaires succès des « Fédéralistes », partisans le la compétence de l’Union en matière de commerce, et favorables à la fixation d’un tarif protecteur.

B Les intérêts agricoles, en particulier ceux du Sud, inclinaient au libre-échange [contrairement, par exemple, aux intérêts agricoles anglais de la même époque] ; ils en espéraient deux conséquences : la possibilité de s’équiper avec du matériel britannique, le meilleur marché du monde du fait du développement industriel de l’Angleterre ; l’instauration d’un climat commercial favorisant leurs propres exportations, en particulier, justement, vers la Grande-Bretagne. Les intérêts industriels, essentiellement du Nord, aspiraient à ce que l’Union fixât un tarif protecteur, permettant le développement d’une jeune industrie, encore fragile, insuffisamment compétitive, et soutenaient à cette fin les « Fédéralistes » [alors que ceux du Sud inclinaient plutôt en faveur des Jeffersoniens – des « Républicains », en un sens très différent d’aujourd’hui].

C Les faibles coûts de la production agricole [du fait de la main d’œuvre servile] comme de la production industrielle [du fait de flux migratoires croissant favorisant l’emploi d’une main d’œuvre en provenance de l’Europe du Nord, à la fois assez qualifiée et bon marché, extrêmement sérieuse dans l’ensemble dans son travail du fait de la domination d’effectifs calvinistes ou réformés, ou du moins luthériens, ou encore épiscopaliens, de toutes sortes de dissidents énergiques et inspirés bien sûr] laissaient un jeu appréciable dans la fixation du tarif, et plus largement dans la conduite de la politique commerciale internationale. Il se trouve simplement que les perspectives de la politique continentale n’étaient pas les mêmes dans les milieux agrariens du Sud et industrialistes du Nord. Les premiers, s’ils ne craignaient guère la concurrence du fait de la difficulté et du coût des transports, ne pouvaient espérer trouver des débouchés pour leurs produits dans les Amériques latines, à la fois pour les mêmes raisons, et parce qu’elles produisaient à peu près les mêmes biens et de la même façon, à l’aide d’une main d’œuvre servile en constante augmentation. Les seconds, au contraire voyaient s’ouvrir au sud un marché immense à court, et surtout à moyen et long terme, pour les produits de leurs usines. Ils aspiraient vivement ainsi à des choix rigoureusement libre-échangistes afin d’instaurer un climat favorable au commerce international dans la durée. C’est au fond pour un motif idéologique non véritablement réductible à des intérêts matériels que le Sud tenait pour un tarif suffisant en vue de réduire les flux de marchandises inutiles : son assez large jeffersonisme le rendait sensible à certaines vues plus ou moins héritées de Rousseau : d’où l’amour des petites « Républiques » de ces « Républicains » qui deviendront bientôt pour une partie d’entre eux « Républicains-Démocrates » ; la préférence pour une certaine autarcie et une réserve certaine envers un développement excessif des flux commerciaux internationaux. Les « Fédéralistes », au contraire, surtout les plus radicaux d’entre eux, tel Hamilton, demeuraient des admirateurs invétérés de l’Angleterre, commerçante et représentative, et lestaient ainsi les intérêts industriels du poids idéologique exaltant d’une conception du monde. Comme on le sait, la victoire des Fédéralistes permit, dans les débuts de l’Union, de pratiquer un tarif presque insignifiant, ce que l’on appela le « Système américain ».

 

Question 14

Vous connaissez probablement un passage de Rousseau, particulièrement pensé, composé, écrit – prétendît-il être très fidèlement « autobiographique » –, en lequel l’un des deux protagonistes, mademoiselle de Breil, ne joue pas un moindre rôle de demeurer coite, puisque c’est dans la puissance créatrice de son regard – constituant en la reconnaissant l’humanité de celui qu’elle regarde, à deux reprises en « quelques minutes » – que se condense alors la merveilleuse efficace de sa charmante présence. Ce passage se trouve dans

A Du contrat social

B Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

C Rousseau juge de Jean-Jacques

D Les rêveries du promeneur solitaire

E Les confessions

 

Question 15

Le nu féminin fut un genre pictural goûté. Pourtant – aspect de quelque portée en vue d’une histoire des sensibilités et des mœurs –, le nu individualisé, identifié, nommé, sans aucun alibi narratif, de type ainsi mythologique, allégorique, d’évocation d’un type, etc., ne fit pas son apparition dans la peinture – à de très rares et particulières exceptions près, toujours explicables par quelque singulier motif – avant :

A l’admirable « Nu descendant l’escalier » de Marcel Duchamp en 1912, fort chaste toutefois du fait de la manière, croisant futurisme et cubisme, de l’artiste à ce moment là

B la « Maja desnuda » de l’immense Goya [c. 1795], dont l’audace demeura durablement sans émules

C 1691, avec le « Portrait allégorique du duc du Maine et de Mlle de Nantes en Pâris et Vénus », de François de Troy

 

Question 16

Au détour d’un livre, vous lisez la phrase suivante : « Au sein du christianisme, la doctrine de la justification donne lieu à des constructions diverses, voire sévèrement antagonistes – un certain nombre de doctrines ou de confessions minimisant la rôle de la liberté humaine, du mérite propre de l’homme déchu, et accordant une place au moins très prépondérante à la grâce divine. » L’auteur donnant ensuite des exemples de ces doctrines et confessions tenant résolument pour la grâce, vous cocherez celui qui vous persuade le moins [il n’y a pas d’hésitation à avoir] :

A Le gros des jésuites – catholiques – au XVIIe siècle

B Le courant thomiste – catholique – et en particulier Bañez

C Le luthéranisme – « évangélisme » protestant

D Le jansénisme – catholique et pour une bonne part rayonnant au royaume des lys aux XVIIe et XVIIIe siècles

E Le calvinisme – réformé

 

Question 17

Il est un auteur qui fait place au sentiment premier de la pitié naturelle, de la commisération – commun dans une certaine mesure à tous les animaux [dont l’homme], « pur mouvement de la nature, antérieur à toute réflexion », non seulement précédent ainsi la société, mais probablement affaibli peu à peu par celle-ci. Quel est-il ?

A Grotius

B Montesquieu

C Hobbes

D Rousseau

E Bodin

 

Question 18

Soit un cours imaginaire, rencontré en l’un de vos cauchemars de ces temps-ci. Vous y lisez cette phrase : « L’idée que, du jeu des passions – et non seulement d’une vertu classique, effective et répandue, par exemple, ou bien des corrections constantes de la seule raison humaine –, puisse éclore un ordre social viable et stable [moyennant tout au plus la médiation réflexive, minimale au fond, des calculs de la raison], en particulier parce qu’il faudrait consentir qu’il est des passions dont la vocation peut être d’assurer la contention ou la régulation d’autres passions, plus perturbatrices au fond, n’est pas étrangère à un certain nombre d’auteurs, et peut même former le cœur du montage de certains autres. »

Dans la liste donnée par ce professeur inconnu, un nom vous semble ne pas convenir :

A Hobbes

B Grotius

C Certains « économistes » du XVIIIe siècle

D Saint Augustin

E Pascal

 

Question 19

À partir de Platon, la tradition philosophique, puis celle de la théologie morale, s’est orientée vers la détermination, peu à peu pleinement stabilisée, des vertus « cardinales ». Quelles sont-elles ?

A Prudence, Force [ou Courage], Justice, Tempérance

B Foi, Charité, Espérance,

 

Question 20

Parmi les propositions suivantes, vous retiendrez – sans hésiter – celle qui vous semble la mieux assurée :

A Le judaïsme est une religion de l’image et la tendance constante du christianisme a été de remettre en cause ce legs

B L’islam, religion par excellence de l’incarnation, organise le culte autour de l’image, en tout particulier au sein du sunnisme wahhabite ou salafiste

C Le protestantisme, puis la réforme, ont puisé une partie de leur ressort dans le mouvement de résistance populaire à la violente politique iconoclaste du Siège apostolique à partir de Jules II

D Catholicisme et orthodoxie consentent une place très importante à l’image

 

Question 21

Du père jésuite Matteo Ricci, diriez-vous qu’il fut

A Le compagnon de lutte du dominicain Bartolomé de las Casas et du théologien Juan de Sepúlveda et le co-auteur en particulier de l’Historia de las Indias

B Le missionnaire en Chine qu’il faut placer à l’origine de la durable « Querelle des rites »

C L’adversaire privilégié – pour la cause de ses outrances de trop habile casuiste – de Blaise Pascal dans les Provinciales

 

Question 22

Le Pentateuque, la Torah, la Loi mosaïque [car la tradition impute sa rédaction à Moïse], premier volet de ce que les chrétiens pour leur part désignent comme « Ancien Testament », comprend [selon les appellations les plus répandues en français] :

A Deux livres, Genèse et Exode

B Cinq livres, Exode, livre des Juges, livre des Rois, Psaumes de David, Livre de Job

C Quatre livres, Genèse, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel

D Cinq livres, Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome

E Trois livres intitulés Livre de la Lumière, du Déluge et du Sacrifice, Livre de Moïse, du Passage et de la Montagne d’alliance, Livre de la Pureté, du Rituel et du Sacerdoce

 

Question 23

Les évangiles [canoniques] dits « synoptiques » sont au nombre de

A Trois, Jean, Marc et Luc

B Six, Pierre, Paul, Jean, Jacques le Majeur, Jacques le Mineur et Jacques le frère du Seigneur

C Trois, Matthieu, Marc et Luc

D Trois, Pierre, Matthieu et Jean

E Quatre, Marc, Jean, Luc et Paul

 

Question 24

Qu’est-ce que la « Vulgate » ?

A La traduction latine de la Bible originairement donnée par saint Jérôme

B La traduction de la Bible en langue vulgaire – ainsi la traduction allemande de Luther, anglaise de Jacques Ier, française de Lemaistre de Sacy, italienne de Machiavel, chinoise de maître Kong [pour nous Confucius], etc.

C Un délicieux exposé populaire versifié du dogme chrétien, donné avant même les conciles de Nicée et Constantinople [qui s’en inspirèrent beaucoup] par le premier évêque de Beauvais [Cæsaromagus], saint Lucien martyr

  1. L’on appelle en général ainsi la fameuse Septante, traduction de la Bible hébraïque en grec imputée à soixante-dix rabbins alexandrins autour de 280 avant l’ère chrétienne
  2. La façon dont les frères des Écoles chrétiennes et leurs élèves désignaient Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne de saint Jean-Baptiste de la Salle

 

Question 25

Il est un philosophe que, dans tel ou tel frontispice, l’on présente parfois au Grand Siècle avec un masque de sérénité ; soit que ce masque lui soit arraché, soit qu’il le tienne à quelque distance de son visage, les traits de ce dernier, torturés par les passions, démentent vivement la pleine maîtrise de soi que manifestent ceux du masque. Si ce philosophe se trouve ainsi attaqué, en particulier par des auteurs marqués par l’augustinisme, c’est parce qu’il passe justement pour l’un des inspirateurs de cet « humanisme chrétien » dont ceux-ci soupçonnent, dans la sous-estimation qui est sienne des ravages opérés, en particulier sur notre volonté, par la faute de nos premiers parents, qu’il ne soit l’antichambre d’une hérésie pélagienne réputée toujours menaçante. Qui est-il ?

A Platon

B Aristote

C Cicéron

D Montaigne

E Sénèque

 

Question 26

Le thème de la modération est très présent dans les considérations morales au XVIIe siècle. Il atteste que, dans le domaine éthique, à l’âge classique, un certain philosophe conserve toujours une influence d’ensemble remarquable, en dépit des vues caricaturales sur ce chapitre qui demeurent aujourd’hui répandues malgré de nombreux travaux – influence, notons-le, qui n’est alors pas moindre dans le domaine de la poétique. Il s’agit de

A [Le pseudo-]Denys l’Aréopagite

B Platon

C Aristote

D Épicure

E Pyrrhon

 

Question double 27 et 28 ATTENTION : VOIR L’AVERTISSEMENT PRÉLIMINAIRE

Parmi les tableaux qui ont été présentés et commentés dans le blogue, vous avez sans doute retenu l’un d’entre eux, peint en 1836 par Thomas Cole. Le peintre l’aurait intitulé « View from Mount Holyoke, Northampton, Massachussets, after a Thunderstorm » ; mais le public a pris l’habitude de le désigner simplement comme « The Oxbow ». Le même public, à juste titre très probablement, a déchiffré cette toile selon les termes d’un assez lourd symbolisme ; il y a vu une manière d’allégorie de son propre destin dans le « Nouveau Monde ».

Dans le quart inférieur droit de cette huile sur toile est représentée une étendue d’eau. Je ne vous demande pas quelle figure vous-même voyez dans la forme de cette étendue, mais quelle figure – en vue de quelle signification – y a peut-être vu le public, d’où le choix qu’il put faire d’un titre de substitution passablement ambivalent.

A Un point d’interrogation évoquant le sentiment d’incertitude de l’aventureux pionnier lancé westward à la conquête du wilderness

B Un cercle parfait symbolisant – faisant écho à celle même de Dieu – l’infinité de la volonté du « visage pâle », qui peut, dominant la nature, se murmurer qu’il est maître de l’univers comme il l’est de lui-même

C Un joug manifestant la domination de la nature par les pionniers

D Indubitablement la partie supérieure d’une croix ansée, dite croix du Nil ; les sites en ligne les plus judicieux ont parfaitement démontré que Cole, peintre de second ordre certes, était l’un des suprêmes maîtres de la redoutable secte des Illuminati – lesdits maîtres arborant l’ânkh nilotique, signe de vie, comme insigne de leur éminente dignité

E La bonde du Nouveau Monde, appelée à se muer en mugissant vortex aspirant l’ensemble du continent américain avec tous ses habitants, à l’exception de deux cœurs purs de l’union desquels naîtrait l’humanité nouvelle, selon une vieille croyance indienne – curieusement partagée par les Algonquins au nord et les Séminoles au sud – reprise à son compte par la petite secte apocalyptique dont le peintre Cole était l’un des pasteurs, annonçant l’écologie radicale et condamnant avec la plus grande sévérité l’entreprise d’arraisonnement total du monde par ses compatriotes

 

Question 29

Simon Bolivar, le Libertador, est né en 1783

A En Espagne

B Dans la Viceroyauté de Nouvelle-Espagne, près de Mexico

C À Caracas, dans la capitainerie générale du Venezuela, partie de la Viceroyauté de Santa-Fé

D Dans le Haut-Pérou, qui deviendra Bolivie en mémoire de son action

 

Question 30

L’insistante revendication d’une filiation bolivarienne par certains mouvements contemporains dans les Amériques latines

A S’enracine surtout dans le patriotisme, vibrant mais élargi de Bolivar, soucieux à la fois que chaque région de l’empire espagnol s’émancipe et qu’une suffisante unité des Amériques latines soit réalisée

B Prolonge les orientations nettement socialistes dont il assura, en un temps fort éloigné de ces vues, la promotion

C Demeure fidèle à la méditation conduite par le Libertador sur la condition indienne

 

Question 31

La doctrine Monroe, telle qu’exprimée en 1823, pourrait être présentée comme une doctrine

A Proclamant la neutralité des États-Unis

B Affirmant un pouvoir d’intervention des États-Unis où que ce soit en vue de faire prévaloir unilatéralement leurs intérêts

C Négative mais asymétrique, puisqu’elle écartait l’intervention des États européens sur le continent américain mais envisageait la possibilité d’une intervention en Europe en cas de menace contre la France, grande contributrice à la guerre d’indépendance [c’est ainsi qu’elle sera invoquée par Wilson lors de la Première Guerre mondiale afin de justifier l’intervention]

D Proposant un pacte fédéral continental aux nouvelles républiques indépendantes des Amériques latines

E Doublement négative, écartant tout à la fois l’intervention des puissances européennes aux Amériques, et celle des États-Unis en Europe

 

Question 32

En 1825, Bolivar édicta trois décrets à Cuzco – vous éliminerez l’intrus :

A Un décret portant la liberté du travail

B Un décret instituant un service militaire universel de trois ans pour les Indiens

C Un décret portant suppression des communautés indiennes, divisant et cédant leurs terres

D Un décret abolissant la noblesse indienne et supprimant les caciques

 

Question 33

La citation suivante –

« Il y a un esprit qui nous guide. Si je ne croyais pas en la Providence, je me sentirais comme un homme qui chemine les yeux bandés dans un monde sans ordre – hasardeux. Mais je crois dans la Providence. Je crois que Dieu a présidé a la naissance de cette nation ; je crois que Dieu a implanté en nous les vues de liberté ; je crois que les hommes sont émancipés à proportion qu’ils s’élèvent à l’intelligence de la Providence et d’un destin divin, et en conséquence je ne saurais être soustrait à l’espérance qui est en moi – cette espérance qui ne m’anime pas seulement moi-même, mais qui est l’espérance confiante qui anime la nation – l’espérance que nous sommes choisis, et d’évidence choisis à titre principal, pour montrer aux nations du monde la voie selon laquelle elles marcheront sur leurs chemins de la liberté »

– est tirée d’un discours de

A George Washington

B Théodore Roosevelt

C Abraham Lincoln

D Thomas Woodrow Wilson

E le second George Bush

 

Question 34

« Aussi longtemps que la suprématie maritime appartiendra à une puissance insulaire, on ne pourra en attendre qu’un monopole et un despotisme outrageants. » De qui est ce jugement ?

A Coutau-Bégarie

B Jomini

C Napoléon après Trafalfgar

D Mahan

 

Question 35

Dans le plus originaire état de nature – tel que dessiné au Second discours [dont il sera question dans les questions qui suivent] –, peut-on dire l’homme ?

A Exerçant sa raison

B Pleinement conscient de son individualité et heureux lorsqu’il réfléchit sa liberté

C Prenant la mesure de l’altérité et sociable [je parle bien ici du Second discours, et non de l’Essai sur l’origine des langues]

D Tout cela

E Rien de tout cela

 

Question 36

Dans le plus originaire état de nature – tel que dessiné au Second discours –, peut-on dire l’homme ?

A Vindicatif

B passionnel

C Capable de commisération

D Soucieux du lendemain et angoissé par des facultés en puissance qu’il pressent sans les comprendre

E Rien de tout cela

 

Question 37

Parmi ces définitions de ou positions sur la liberté chez Rousseau, en est-il une que vous écarteriez ?

A Toutes sauf celle-ci parce que Rousseau est un penseur de la plus absolue et totale nécessité

B Une trouée dans l’instinct – quand bien même la question de l’instinct de l’homme chez Rousseau semblerait-elle fort délicate

C Cette faculté au fond qui fait d’une façon ou d’une autre échapper l’homme au discours ontologique, qui rend peut-être inadaptée l’évocation d’une véritable anthropologie rousseauiste

D Une indétermination

E Aucune [à l’exception pourtant de la première, A, puisque Rousseau est en premier lieu un penseur de la liberté]

 

Question 38

Lorsque les passions se développent, laquelle semble-t-elle à Rousseau tout d’abord la plus redoutable, la plus conflictuelle ?

A La passion amoureuse

B Le désir de dominer les autres hommes

C La cupidité et l’avarice

D La passion de connaître

E Toutes les passions, dans l’essor du monde passionnel, se valent

 

Question double 39 et 40 ATTENTION : VOIR L’AVERTISSEMENT PRÉLIMINAIRE

Rousseau a évoqué la démarche du Second discours comme « histoire hypothétique ». Laquelle des perspectives suivantes jugeriez-vous la moins inadéquate pour évoquer le propos d’une telle histoire ?

A Avec Rousseau, l’on assiste à l’éclosion des études préhistoriques en Europe, telles qu’elles vont connaître, grâce à plusieurs disciplines, et à la faveur de la levée progressive de l’obstacle savant que constituait la discipline de la chronologie chrétienne, un essor important au siècle suivant. Sa correspondance abondante et particulièrement riche avec le peintre et dessinateur périgourdin Gabriel Bouquier, futur conventionnel et régicide, à propos de la grotte de Miremont à Rouffignac, ne laisse guère de doute sur le sens qu’il donnait à certains de ses travaux.

B Les Grandes Découvertes et plus généralement les voyages lointains ont favorisé une première connaissance de ceux que Rousseau appelle « Sauvages ». Nourri, comme tant d’autres de son temps, par des récits de voyage, particulièrement retenu par les « Hottentots du Cap de Bonne espérance » [en particulier grâce au livre de Pierre Kolbe, Description du Cap de Bonne Esperance. Où l’on trouve tout ce qui concerne l’histoire naturelle du pays ; la Religion, les Mœurs & les Usages des Hottentots […] ], passionné par « les Caraïbes, celui de tous les Peuples existans, qui jusqu’ici s’est écarté le moins de l’état de Nature », Rousseau, parce qu’il est conscient de ce que ces « Sauvages » illustrent une phase déjà tardive de cet « état de Nature » est le véritable fondateur, tout à la fois de l’ethnologie comparée et de l’anthropologie historique

C Rousseau ne trace pas les voies qui viennent d’être suggérées ; il prétend « écarter tous les faits » ; ses « recherches » ne doivent pas être prises pour « des verités historiques, mais seulement pour des raisonnemens hypothétiques et conditionnels » Ainsi qu’il le souligne dans la Lettre à M. de Beaumont, il a ainsi souhaité donner une « généalogie », proposer une anthropologie génétique, dessiner, régressivement et conjecturalement [il recourt plusieurs fois au verbe conjecturer, même s’il se montre parfois plus péremptoire], l’avènement de l’homme en l’homme [l’hominisation, indissociable de la socialisation], et plus particulièrement de l’homme corrompu et qui eût pu – peut-être – ne l’être pas, rompant ainsi radicalement avec la façon qui fut celle de l’ensemble des courants de l’École moderne du droit naturel de placer, à l’origine de leurs constructions, non « l’homme de la nature », mais « l’homme de la société » ainsi que Rousseau a pu l’écrire ailleurs, « l’homme de l’homme » selon une formule, il me semble, de Jean Starobinski : « Ils parloient, écrit-il, de l’Homme Sauvage et ils peignoient l’homme Civil. »

 

Question 41

Rousseau, dans le Second discours, admet-il une certaine « inégalité naturelle » ?

A Évidemment non, l’inégalité est de pure institution et ne saurait se manifester qu’à l’âge social

B Cette inégalité très effective fut le ressort de l’institution de la société du désordre car elle cherchait à s’optimiser, à se garantir et à se pérenniser par le truchement de l’État et du droit

C Comme Hobbes au début du ch. 13 de Léviathan, Rousseau pensait que le fort, qui ne l’était que très relativement, peut être vaincu pendant son sommeil, ou encore que plusieurs faibles peuvent venir à bout de sa supériorité : ainsi, l’inégalité naturelle, assurément réfléchie par les humains dès l’état de nature, ne saurait-elle porter en elle-même aucune conséquence

D Oui, mais, au regard des conditions de vie dans l’état de nature, de l’absence d’ailleurs en celui-ci de tout spectacle social, elle était à peine sensible à qui que ce soit et dotée d’une influence presque nulle ; elle n’entretient aucune sorte de lien avec l’inégalité de l’âge social

 

Question 42

De Rousseau, suggéreriez-vous qu’il est marqué par le dualisme philosophique et distingue soigneusement le monde des corps et de la nécessité et le monde de l’âme et de la liberté ?

A Oui – il s’inscrit ici, sur ce chapitre du moins, comme beaucoup d’autres, mais sans recourir à des montages subtils pour articuler les deux mondes, dans la postérité de Descartes, ou bien encore de Malebranche ou Leibniz

B Non – chacun sait qu’il fut très proche des matérialistes de son temps, La Mettrie, d’Holbach, ou bien sûr Diderot

 

Question 43

Écarteriez-vous l’un des aspects suivants de tout lien avec la liberté, ou bien les réputeriez-vous tous indissociables de celle-ci

A La perfectibilité

B L’art et en particulier le langage strictement entendu

C La passion

D L’entendement

E Tous indissociables

 

Question 44

Dans le Second discours et l’Essai sur l’origine des langues, d’ailleurs assez différents dans leurs montages,

A Il semble que le déploiement naturel des facultés en puissance de l’homme conduise sans discontinuité au développement de l’état de nature selon diverses étapes, puis à l’avènement progressif de la société

B Certains hasards méritent d’être considérés s’il s’agit de comprendre certains aspects majeurs de ce développement

C Il paraît difficile de faire tout à fait l’économie d’une intervention providentielle

D Au fond, c’est dans l’interaction de ces trois séries qu’il faut chercher des ressources en vue de l’ « histoire hypothétique » dont le montage ne saurait être facile.

 

Question 45

Chez quel auteur la propriété privée se trouve-t-elle justifiée par le travail, moyennant certes un motif nettement théologique ?

A Hobbes

B Locke

C Rousseau

 

Question 46

La dynamique comparative du regard [et donc en quelque sorte la naissance, au sens le plus large de ce terme, de la valeur] doit-elle être réputée se nouer

A Dans la Société générale du genre humain [ce pourquoi l’on ne saurait faire l’économie du Manuscrit de Genève dans une construction complète de l’ « histoire hypothétique »]

B Dès les débuts de l’état de nature

C A l’âge des cabanes, vers la fin de l’état de nature

D Seulement après la découverte de la métallurgie et de l’agriculture et l’affirmation de la propriété privée

 

Question 47

Nous considérons en général le Contrat social de Rousseau comme une œuvre faisant l’apologie de la « démocratie » telle que nous l’entendons lorsque nous faisons l’effort de sortir du confusionnisme parfaitement organisé actuellement, dans lequel on désigne des régimes ultrareprésentatifs et nettement oligarchiques comme des « démocraties ». Au regard de la définition particulière que Rousseau donne de ce terme, diriez-vous qu’il juge la démocratie

A Possible et souhaitable

B Impossible

C Possible mais peu souhaitable

 

Question 48

Comment est déterminée la volonté générale ?

A Elle se donne à voir, dans une société dont le Moi commun est suffisamment effectif, comme une sorte d’intégrale des opinions particulières la prenant pour objet

B Elle résulte de l’expression des volontés particulières lorsqu’elle tend vers l’unanimité

C Elle se tient toujours dans l’expression majoritaire du vœu populaire et son exigence implique seulement que l’on ne s’abandonne pas au régime représentatif et que l’on pratique autant que possible ce que les constitutionnalistes évoquent comme procédures de démocratie semi-directe

 

Question 49

Comment présenteriez-vous le régime politique esquissé par le Contrat social ?

A Un régime pluraliste, comprenant plusieurs partis et encourageant la délibération publique

B Le régime – après certes le moment de la parole du Grand Législateur, tendant à l’institution mythique de la Cité – d’une politique du silence en laquelle cacophonie partisane et, s’agissant de la fonction législative, tergiversations délibératives, peu utiles en général, et nettement nuisibles dans un corps politique profondément soudé et uni, ne tiennent aucune place

C Un régime dans lequel un indispensable juge constitutionnel est mis à même de faire en sorte que la volonté populaire soit rapportée constamment à la parole originaire du Grand Législateur

 

Question 50

Diriez-vous que la société bien ordonnée du Contrat

A Abolit les passions déchaînées dans la société du désordre

B Supprime le jeu comparatif, évaluateur, du regard et met fin ainsi à la passion, centrale, de dominer

C Ne saurait abolir véritablement les passions, ni le jeu du regard, mais leur donne de nouveaux objets, publics, civiques, jugés préférables par Rousseau