Examen RI – Juin 2017

À la suite de quelques questions, je produis quatre pièces à la fin.

L1 – Relations internationales

Cours du Professeur Rials

Examen de juin 2017

 

 NB : le corrigé sera installé peu après l’examen sur le site assasri.wordpress.com

Modalités de la notation : diviseur 4 – et non 5 – élévation au demi point supérieur.

Points importants, déjà précisés à l’occasion de cet enseignement :

Il n’y a pas de note négative, ainsi que le redoutaient certains – je n’ai d’ailleurs jamais envisagé un montage de cette sorte, dont l’intérêt m’échappe plutôt pour une discipline telle que celle-ci du moins, car je ne veux pas juger de ce que j’ignore.

Vous devez par contre faire bien attention à ceci : lorsqu’il y a une question portant deux nombres ou trois [une question double ou triple donc], il est préférable que vous n’oubliiez pas de cocher la fiche dont vous disposez deux ou trois fois, et non une seule fois. Cette technique me permet d’introduire, assez rarement d’ailleurs, et pour des motifs divers, un coefficient.

CARTE

carte QCM - déf .jpg

Question 1

Les pays ayant une frontière avec l’Iran sont les suivants [par ordre alphabétique] :

A. Afghanistan – Arménie – Azerbaïdjan – Irak – Pakistan – Turkménistan – Turquie

B. Ouzbékistan – Pakistan – Tadjikistan – Turkménistan

C. Géorgie – Koweit – Ouzbékistan – Pakistan – Syrie – Tadjikistan – Turquie

D. Afghanistan – Kirghizistan – Ouzbékistan – Turkménistan

E. Arabie séoudite – Azerbaïdjan – Iraq – Koweit

*

Question 2

Vous voudrez bien cocher la seule liste composée de pays ayant tous accès à une mer, fût-elle fermée ou reliée à l’océan mondial seulement par un ou plusieurs détroits :

A. Bolivie – Somalie – Arménie – Yémen – Bahrein – Venezuela

B. Surinam – Moldavie – Serbie – Uruguay – Guatemala – Erythrée

C. Iran – Nicaragua – Ouzbékistan – Jordanie – Iraq – Paraguay

D. Kazakhstan – Afghanistan – Pérou – Honduras – Lithuanie – Soudan

E. Tadjikistan – Chine – Japon – Philippines – Cambodge – Mexique

F. Ukraine – Turkménistan – Syrie – Roumanie – Estonie – Géorgie

*

Question 3

Soit 6, 7, 8, 9, 10, 11. S’agit-il, respectivement, des pays suivants

A. Lithuanie – Biélorussie – Slovaquie – Roumanie – Bulgarie – Albanie

B. Allemagne – République Tchèque – Autriche – Hongrie – Monténégro – Serbie

C. Pologne – Slovaquie – Hongrie – Serbie – Kosovo – Macédoine

D. Ukraine – Hongrie – Autriche – Serbie – Monténégro – Moldavie

E. Allemagne – Suisse – Autriche – Slovaquie – Slovénie – Serbie

F. Hongrie – République tchèque – Croatie – Serbie – Bosnie – Albanie

*

Questions 4 et 5 [question double]

Jeune mitchman [enseigne de vaisseau] russe de la flotte de la Baltique, et motard fort intrépide, vous souhaitez rallier Kaliningrad depuis la partie indienne du Cachemire [région située à cheval sur l’Inde, le Pakistan et la Chine]. L’on peut admettre, je crois – même si c’est ainsi que l’on vous aime –, que vous êtes un peu cinglé [vous appartenez d’ailleurs à une bande rivale des Loups de la Nuit d’Alexander Zaldostanov – les Ours Rouges de Novossibirsk, dont le maître à penser est le fameux Édouard Limonov – et si vous vous êtes rendu au Cachemire, c’est en vue d’assister, aux côtés de votre grand ami Zakhar Prilepine qui vous a raconté ses aventures au Donbass, à une grande rencontre eurasiste sur le thème « Steppe et Spiritualité » organisée par le fameux doctrinaire Alexandre Douguine]. Possédant un gros trail monocylindre [NB pour ceux qui ne jurent que par le vélib : une grosse moto en mesure – en principe – de permettre des trajets au moins partiellement offroad] Oural M111K de 1111 cm3, datant de la fin de l’époque soviétique – prototype unique en son genre, élaboré, mais sans suite industrielle, en vue d’une production en série pour les troupes russes en Afghanistan –, vous possédez bien sûr un système de navigation satellitaire Glonass dont vous prétendez à tort ou à raison qu’il est supérieur au GPS étatsunien. Votre surnom, chez les « Ours », est Sukhoï, et vous vous employez à ne pas décevoir vos admirateurs : vous comptez rouler en ligne droite en passant, coupant toujours au plus court, par le nord de la Caspienne. Il est bien entendu qu’au départ vous ne pénétrerez pas en Chine puisque vous partirez de l’exact milieu de la frontière la plus septentrionale de l’Inde telle qu’elle apparaît sur la carte. Peut-on faire plus clair ? Franchement, j’en doute. La question : Quels pays traverserez-vous successivement ?

A. Afghanistan – Tadjikistan – Kirghizistan – Kazakhstan – Fédération de Russie – Estonie

B. Pakistan – Iran – Azerbaïdjan – Fédération de Russie – Ukraine – Biélorussie – Pologne

C. Pakistan – Kirghizistan – Turkménistan – Kazakhstan – Fédération de Russie – Biélorussie – Lettonie

D. Pakistan – Afghanistan – Tadjikistan – Ouzbékistan – Kazakhstan – Fédération de Russie – Ukraine – Biélorussie – à proximité de la frontière polono-lithuanienne, soit d’un côté soit de l’autre

*

Question 6

Où situez-vous le Donbass ? [les régions de toutes sortes, et autres oblasts, états et républiques fédérés sont désignés sur la carte, non par des nombres mais par des lettres capitales]

A. C

B. A

C. B

D. D

E. F

F. E

***

DATES

Question 7

La proclamation, dans le cadre de l’ « Etat islamique », de la restauration du Califat au bénéfice du Calife Ibrahim [Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Quraychi – pseudonyme qui indiquait que le Calife se revendiquait d’une filiation avec la tribu même du Prophète de l’Islam] a eu lieu dans la Grande Mosquée de Mossoul. A quel moment ?

A. juillet 2012

B. décembre 2011

C. décembre 2013

D. juin 2014

E. février 2015

F. la question est mal posée : le califat n’ayant jamais été abrogé, et n’ayant pas même disparu un seul instant [voir l’article « Liste des califes » dans Wikipédia], ne pouvait être proclamé, mais simplement transféré alors que venait de mourir le dernier des Osmanoglu, et donc des successeurs des sultans et califes ottomans [le plus fervent amateur parmi vous d’études dynastiques se souvient d’avoir emprunté à son arrière-grand-mère, ardente panmonarchiste – dont, vibrant naundorffiste lui-même, il regrette seulement qu’elle soit orléaniste, ce qu’il juge, avec l’intransigeance prêtée à la jeunesse, mais en silence car il se montre respectueux, une lourde faute de goût –, la livraison spéciale de Point de vue sur cette importante affaire].

*

Question 8

La guerre entre l’Irak, largement soutenu alors par l’Occident, et l’Iran [parfois considérée ici comme « Première Guerre du Golfe », avec l’effet de désigner alors la guerre déclenchée par l’invasion du Koweit comme « Deuxième Guerre du Golfe », etc.] s’est déroulée entre

A. juin 1978 et août 1985

B. novembre 1983 et mars 1986

C. août 1988 et août 1990

D. septembre 1980 et août 1988

E. mai 1987 et septembre 1991

F. août 1979 et avril 1992

*

Question 9

La guerre conduite par l’Union soviétique en Afghanistan s’est déroulée entre

A. juin 1978 et août 1985

B. novembre 1983 et mars 1986

C. août 1988 et août 1990

D. décembre 1979 et février 1989

E. septembre 1980 et août 1988

F. mai 1987 et septembre 1991

*

Questions 10 et 11 [question double]

Quelle est l’année de la mort de Saddam Hussein ?

A. 2002. Il a été empoisonné à la fin de 2002, semble-t-il par son ministre des Affaires étrangères chrétien, Tarek Aziz, préoccupé à la fois par son rapprochement avec al-Qaïda, dénoncé d’ailleurs avec beaucoup d’acuité d’esprit par le subtil et pénétrant George Bush Jr comme par le talentueux sénateur John McCain, et par la menace étatsunienne d’une intervention en Mésopotamie.

B. 2011. Il a été capturé parmi ses odalisques préférées dans le splendide harem qu’il avait fait construire, non loin d’une base de la Garde Républicaine, dans une île du Tigre, située dans le district de Taji, un peu au nord de Bagdad, par un commando héliporté conduit par le général David Petraeus lui-même, commandant alors la 101st Airborne Division. Cette affaire a beaucoup fait jaser par la suite et – avant même l’affaire Paula Broadwell – a transformé le général Petraeus en héros des populaires Pulp Magazines dont on connaît l’extraordinaire renouveau planétaire depuis une quinzaine d’années. Le président Hussein a été transféré immédiatement au camp de Guantanamo, à Cuba, où, s’étant emparé d’une arme de service, il s’est suicidé avec art, ainsi qu’il n’est pas si rare, de cinq balles dans la tête, fort curieusement le jour même de l’assassinat d’Oussama ben Laden, le 2 mai 2011.

C. 2004. Il s’était séparé de ses fils Oudaï et Qoussaï que les troupes américaines abattirent – en direct pour le plus grand soulagement des peuples du monde entier – dès juillet 2003 à Mossoul ; réfugié et caché à Tikrit [dont al-Awjey – ou al-Awja –, lieu de naissance du Raïs, est un faubourg méridional], à environ cent-cinquante kilomètres au nord de Bagdad, toujours sur le Tigre, il était protégé, sous la haute autorité du cheikh Abdallah al-Mahmoud al-Khattab, par ceux de sa tribu, les Abou Nasser [on lit parfois aussi la translittération Albounasser]. Retrouvé en mars 2004, sans doute grâce à une information donnée par le Mossad, par le commando kurde des « Vengeurs d’Halabja » – du nom de la ville irakienne, proche de la frontière iranienne, à deux cent kilomètres à l’est de Tikrit, sur laquelle il avait ordonné en 1988 un bombardement aux gaz dans le cadre d’une douloureuse campagne de massacres –, il fut tué à l’arme blanche et son corps et celui de plusieurs de ses proches furent présentés au public dans une mise en scène qui rappela l’exposition du corps de Mussolini à la fin d’avril 1945 à Milan.

D. Il est toujours vivant. Exfiltré par un commando du FSB [de la Fédération de Russie], il se vit attribuer – après des échanges très complets à la Loubianka, avec Nikolaï Platonov Patrouchev, le directeur de l’institution après Vladimir Vladimirovitch Poutine – une confortable datcha sur les bords de la Mer Noire, non loin de Sotchi, tout à côté de la fameuse datcha verte de Staline. Patrouchev, devenu secrétaire du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie en 2008, a fourni quelques éléments de tout premier ordre sur divers aspects touchant au déclenchement de l’agression étatsunienne en Irak en 2003, dans ses mémoires. Ce dossier, parmi beaucoup d’autres, a contribué à détériorer les relations entre Washington et Moscou, accusée par le président Bush de « bafouer les valeurs les plus fondamentales d’une démocratie civilisée dans le domaine de la justice ».

E. 2006. C’est bien à Tikrit que s’était réfugié Saddam Hussein ; il s’y cachait dans un minuscule espace souterrain. Armé, il ne mit pas fin à ses jours lorsqu’un commando des forces spéciales des Etats-Unis, bénéficiant d’informations, vint l’arrêter dès la fin de 2003. Un Tribunal spécial irakien fut chargé de le juger avec plusieurs de ses collaborateurs baathistes. La peine de mort, momentanément abolie, fut restaurée. Il serait difficile de considérer que le procès se soit passé de façon simplement décente au regard des principes noblement revendiqués par l’Occident ; quoi qu’il en soit, l’ancien Raïs fut condamné à mort pour crime contre l’humanité et pendu à la fin du mois de décembre 2006, et non pas fusillé selon sa dernière demande.

***

FILMS

Question 12

Lequel des six films proposés à votre attention met-il en scène, une à peu près fellinienne bourgeoisie compradore ?

A. L’ami américain. L’Amérique contre de Gaulle

B. La révolution ne sera pas télévisée. Le Coup contre Chavez

C. Les Etats-Unis à la conquête de l’Est

D. Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées

E. Afghanistan. Le prix de la vengeance

F. Vents de sable, femmes de roc

*

Question 13

La visite en France du président Kennedy, présentée dans L’ami américain. L’Amérique contre de Gaulle, eut lieu

A. au printemps 1960

B. à l’automne 1959

C. pendant l’été 1964

D. à l’hiver 1962

E. au printemps 1961

F. à l’hiver de 1963

*

Question 14

Concernant les motifs du refus par le général de Gaulle de l’entrée du Royaume Uni dans le Marché Commun, je vous prie de retenir celui des quatre motifs suivants dont il est raisonnable d’admettre qu’il ne pourrait avoir joué un rôle que, au plus, secondaire.

A. Il s’agirait d’une puissance atlantique [et atlantiste] et, par nature et par histoire, non véritablement européenne

B. Pis, le Royaume Uni deviendrait le Cheval de Troie des Etats-Unis transformant le Marché Commun en une « entreprise coloniale dominée par les Américains » [selon les mots, rapportés par le film, d’un collaborateur du président Kennedy]

C. L’acceptation des « fusées Polaris », c’est-à-dire d’un matériel stratégique américain, par le Premier ministre Harold MacMillan semblait condamner par avance tout effort d’élaboration d’éléments d’une défense si peu autonome que ce soit parmi les Européens

D. Le Général voulait se venger d’humiliations supportées au temps de l’époque de la France Libre

*

Question 15

[strict cadeau…] Au Viêt-Nam, le choix du Général fut

A. d’aider militairement les Etats-Unis afin que la France puisse prendre la revanche de Diên Biên Phu [terrible affaire dans laquelle, d’ailleurs, les Etats-Unis avaient lâché notre pays – mais le Général, on le sait, n’était pas rancunier…] – chacun se souvient de son fameux discours de Yale du 18 janvier 1966, à la fin duquel le corps des professeurs entonna une Marseillaise mémorable : « La France, consciente de son passé colonial, et soucieuse de permettre à ses amis américains d’assurer le succès du capitalisme mondial et le triomphe de la Civilisation, du Marché et du Droit sur la barbarie communiste et le socialisme totalitaire, mettra tous les moyens qu’elle pourra détourner de l’objectif premier de son indépendance au service de la cause défendue, aujourd’hui, comme hier, par le gouvernement américain, seul garant mondial désormais de la liberté et des Lumières. »

B. de prêter une assistance technique et humanitaire poussée à la République Démocratique du Viêt-Nam. Au terme de l’extraordinaire discours de Hanoï, après avoir dénoncé en des termes saisissant le « tigre de papier » de « l’impérialisme américain » et ses « laquais de la République du Viêt-Nam [du sud] », et longuement commenté un passage de L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, de Lénine, il remit au Président Hô Chi Minh et au général Giap, le vainqueur de Diên Biên Phu, les insignes de Grand-Croix de la Légion d’Honneur avant, le poing droit levé, d’entonner l’Internationale en Viêtnamien avec le fameux chœur de l’Armée Populaire Viêtnamienne. Le quotidien atlantiste et antigaulliste l’Aurore [disparu depuis longtemps aujourd’hui] titra : « Le Gaullisme : un national-bolchevisme comme les autres ! », et même le Figaro s’interrogea gravement en ces termes en une : « La France sur le point de rejoindre le Pacte de Varsovie ? »

C. de dissuader aussi fermement que possible les Etats-Unis de s’engager dans une affaire qui lui paraissait perdue d’avance. N’ayant pas été écouté, il exprimera la « réprobation », et même la « condamnation » de la France dans le beau discours de Phnom Penh du 1er septembre 1966, annonçant l’impossibilité dans laquelle « l’appareil guerrier américain » serait de l’emporter.

*

Question 16

Changeons de film. Dans Inside the Coup, la question de la « communication » est, vous l’aurez relevé, tout à fait centrale. Vous n’aurez bien sûr pas manqué de constater, dès les premières minutes du film, que les médias des « démocraties » – des régimes oligarchiques contemporains qui s’autodésignent comme démocraties – peuvent être, comme le dirait M. Trump [Sad], des organes propagateurs [believe me] de « Fake News ». Une proposition fameuse du penseur non-conformiste étatsunien Noam Chomsky mérite certainement la méditation : « Propaganda is to democracy what the bludgeon [matraque] is to a totalitarian State ». Selon lui, lorsque l’on réduit, dans une certaine mesure, le recours à la matraque, il faut hausser l’intensité de l’effort de propagande – les rigueurs, qui ne laissent pas de traces à l’extérieur, d’un matraquage d’un autre genre si l’on veut. S’agissant, toutefois, des relations des Etats-Unis avec les Amériques latines, les premiers doivent s’employer de façon constante à justifier une action impérialiste multiforme à l’échelle d’un continent qu’ils considèrent comme appelé à une subordination d’ensemble à leur puissance politique et économique – dans le texte sur Fidel Castro du blogue, qui n’était pas à votre programme, j’ai commencé à explorer méthodiquement cette question très importante, assez bien connue mais parfois traitée un peu rudimentairement [s’il s’agit ainsi des interprétations de la dite « doctrine Monroe »]. Dans cette perspective, les régimes populistes patriotiques et socialisants qui ont pu voir le jour, plus ou moins durablement, à l’époque contemporaine dans cette région du monde ont toujours trouvé Washington en face d’eux, avec toute sa puissance, y compris médiatique : s’il est un volet de la politique internationale sur lequel s’entendent nostalgiques de M. Obama et partisans de M. Trump, c’est bien celui-ci, avec plus d’incandescence encore peut-être chez les seconds.

L’on peut bien entendu s’interroger aussi, rétrospectivement, sur le rapport de forces médiatique à l’intérieur même du Venezuela, dans les premières années de la présidence du comandante Chavez. Tel que le film évoque celui-ci, laquelle parmi les propositions suivantes jugeriez-vous la plus juste, du moins pour l’époque concernée par le film ?

A. Ce rapport de forces était très déséquilibré au détriment du régime bolivarien puisque la plupart en particulier des organes télévisuels étaient aux mains des groupes capitalistes résolument antichavistes : cinq chaînes privées appartenant purement et simplement aux grands groupes économiques du pays, contre une seule chaîne contrôlée par l’État et en mesure de relayer ainsi la communication gouvernementale.

B. Ce rapport de forces était en gros assez équilibré : trois chaînes privées étaient certes aux mains des adversaires libéraux du président Chavez, mais les deux grandes chaînes publiques nationales et plusieurs chaînes des divers estados étaient placées sous l’influence chaviste.

C. Ce rapport de forces était très déséquilibré en faveur du régime bolivarien. Le régime socialiste de M. Chavez avait en effet nationalisé immédiatement au printemps de 1999 l’ensemble des organes de presse, de radio et de télévision dont il pouvait ainsi, à la faveur du charisme que nul ne lui déniait, user et abuser pour se mettre en scène dans toutes sortes de costumes fantaisistes ou criards heurtant le bon goût. Vous avez d’ailleurs sans doute relevé que c’est cette mainmise illibérale sur l’information que critiquaient principalement les adversaires du président.

D. Sujet guère évoqué dans le film : 84% environ de la population vénézuélienne n’avait pas accès à la télévision au début du siècle ; la question est ainsi de peu de portée de toute façon.

*

Question 17

Un an plus tard, voici le film de Mme Manon Loizeau, « Les Etats-Unis à la conquête de l’Est ». Il évoque bien entendu des questions qui sont de la plus nette actualité aujourd’hui comme il y a quinze ans. D’ailleurs, le 18 août 2016, le bureau du Procureur général de la Fédération de Russie, considérant qu’elles constituaient une menace pour la sécurité nationale, a interdit l’activité de sept « organisations non-gouvernementales » américaines sur le territoire russe. Ces organisations étaient les suivantes : 1. International Republican Institute [I.R.I.] ; 2. Media Development Investment Fund [M.D.I.F.] ; 3. National Endowment for Democracy [N.E.D.] ; 4. Open Society Institute Assistance Foundation [O.S.I.] ; 5. Open Society Foundation [O.S.F.] ; 6. U.S.-Russia Foundation for Economic Advancement and the Rule of Law ; 7. National Democratic Institute for International Affairs [N.D.I.].

Dans le film, un activiste du Kirghizistan, Edil Baisalov, est présenté comme agissant pour l’un de ces organismes, présidé par Madeleine Albright. De quel organisme s’agit-il ?

A. 3

B. 7

C. 1

D. 2

E. 6

*

Question 18

Dans son film « Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées », Mme Longuet-Marx interroge en tout particulier deux historiens daghestanais, MM. Hadji Mourad Donogo et Mikhaïl Roschin, intéressants, me semble-t-il, puisque, au fond – même si avec beaucoup de prudence dans l’expression, car le Daghestan n’est pas un endroit pleinement rassurant [s’il en est] pour la pensée critique –, fort préoccupés [l’anxiété est le plus efficace des ressorts de la pensée, les plats de nouilles ne pensent pas]. Sans doute aurez-vous compris, au fil des multiples interventions de M. Donogo, qu’il éprouve une certaine nostalgie [une nostalgie certaine] pour l’âge soviétique – il n’est pas le seul dans la Fédération de Russie puisqu’environ un cinquième des électeurs votent pour le parti communiste. [Comme il le dit d’ailleurs, il n’est « pas partisan de critiquer tout ce qui existait à l’époque soviétique » car, tout bien pesé, « il y avait beaucoup de choses positives. »] Peut-être d’ailleurs fut-il marxiste, la façon dont il réduit le religieux au social et à l’économique le laisserait assez penser [voir à la vingt-neuvième minute ainsi]. Voici, de façon synthétique, quelques-uns des sentiments qu’il exprime ; l’un, toutefois, ne saurait lui être vraiment imputé, lequel ?

A. La vie était plus paisible

B. La criminalité était bien moindre

C. Paradoxalement, il y avait moins de pénurie en général dans les magasins, du point de vue du moins de la satisfaction des besoins ordinaires

D. Les cadres de la vie éthique étaient mieux définis

E. La corruption d’aujourd’hui contraste avec l’incorruptibilité des anciennes élites soviétiques

F. Les logiques contemporaines de l’économie [capitaliste] privent une partie des Daghestanais – ceux des montagnes en particulier – de travail si bien que la vie d’une part significative d’entre eux, demeurés dans des villages appauvris et désertifiés, est moins bonne qu’elle ne fut – usines et fabriques ont disparu pour la plupart et l’élevage est seul demeuré comme la principale ressource d’une partie de la région

*

Question 19

Roschin, historien à l’Institut d’Orientalisme de Moscou, juge cinq des six termes suivants équivalents – quel est [vous voudrez bien le cocher] le sixième, qu’il ne mentionne pas, faute d’actualité suffisante certainement dans la région nord caucasienne, mais aussi de relevance dans le cadre des usages lexicaux des commentateurs russes [qui ne sont pas les mêmes que ceux des personnes engagées des mondes chiites en particulier], et aussi, de toute façon, parce qu’il exprime une radicalité encore supérieure dans la doctrine et les pratiques [ne serait-ce que parce qu’il y aurait encore – selon certains – des « salafistes quiétistes »] ?

A. Takfirisme

B. Wahhabisme

C. Islamisme politique

D. Salafisme

E. Intégrisme musulman

F. Fondamentalisme musulman

*

Question 20

Vers la fin du film – n’oubliez pas qu’il a été tourné en 2008, lors du second voyage de Mme Longuet-Marx, laquelle était déjà venue au Daghestan en 1983 [d’où l’intérêt récapitulatif de son film] –, il est exposé que quelques républiques du nord-Caucase, membres de la Fédération de Russie – connaissent régulièrement des attentats. L’une des républiques suivantes n’est en tout cas pas citée :

A. République du Daghestan

B. République tchétchène

C. République d’Ossétie du Nord-Alanie

D. République de Kabardino-Balkarie

E. République d’Ingouchie

*

Question 21

Une agression profondément illégitime – même si elle pu être légalisée internationalement –, une « victoire » militaire rapide, éclatante – en environ quarante jours du milieu de l’automne 2001 –, mais en trompe-l’œil car parfaitement inadéquate à la nature du terrain, des populations et de la culture du pays frappé [comme toujours !], une « victoire » entée surtout, au-delà du déferlement de la technique, sur les antagonismes ethniques traditionnels et nullement sur on ne sait quel projet supposément « démocratique » de type occidentaliste, une « victoire » permise au sol par l’action de l’ « Alliance du Nord » dominée par de redoutables « seigneurs de guerre » avides de vengeance contre les talibans, une paix perdue, ou plutôt même jamais trouvée, l’amoncellement aujourd’hui des difficultés et le risque d’une submersion des institutions, sauf à renforcer – inutilement, de toute façon, à terme – un corps expéditionnaire devenu modeste et à remettre purement et simplement en cause le « retrait » de la fin de 2014 : nul parmi vous, j’imagine, n’ignore les grandes lignes de cette sombre affaire, évoquée d’ailleurs dans l’un des derniers billets du blogue. Le film Afghanistan. Le prix de la vengeance attribue un rôle majeur à une personnalité dans l’échec – évidemment voulu –, malgré les efforts du fort talentueux diplomate algérien Lakhdar Brahimi, d’une formule transactionnelle [de toute façon fort difficile n’en doutons pas] à la charnière de 2001 et de 2002 [en particulier dans le refus radical de tout accord permettant au mollah Omar et à ses proches de sauver la face – Omar, certes, avait fait montre d’une assez pénible radicalité dans les temps précédant sa chute – que l’on songe à l’épisode des bouddhas de Bâmiyân –, mais il n’avait commis strictement aucun acte répréhensible envers les Etats-Unis]. Cette personnalité étatsunienne vindicative était bien sûr hantée par les usuelles chimères néo-conservatrices – chimères, toutefois, fonctionnelles selon la perspective d’une domination à la fois américaine et capitaliste – dont l’effet fut, ici aussi, d’écarter de la considération des traditions particulières, avec des effets politiques mais aussi économiques et sociaux redoutables, ces derniers emportant en retour de lourdes conséquences politiques, ainsi que le souligne le film – avec encore l’aggravation considérable de la corruption, voire des effets indésirables [en principe] – telle ici la redoutable reviviscence de la chaîne du pavot. Cette personnalité – dont les vues étaient certes partagées par la plupart des acteurs étatsuniens de l’heure, mais dont il est admis, en particulier par le film, que son rôle fut particulièrement notable – était :

A. Le général Colin Powell, Secrétaire d’État

B. Mme Hillary Clinton, sénatrice de New York

C. Mme Condoleeza Rice, Conseiller à la Sécurité Nationale

D. M. Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense

E. Le général Richard Myers, tout nouveau Chairman of the Joint Chiefs of State [CJCS], i.e. Chef d’état-major des Armées [aujourd’hui président de la Kansas State University…]

*

Question 22

Je viens d’évoquer la filière afghane du pavot, dont il est admis que les talibans étaient parvenus à la réduire considérablement avant l’agression occidentale [même si l’indication donnée à ce propos par le film est peut-être, dans sa radicalité, exagérément optimiste]. Le tournant de 2001 a emporté une augmentation significative de la production de pavots, avec l’effet de faire de l’Afghanistan la région ultime d’origine d’une part importante du marché mondial de l’héroïne. Cette part est évaluée, dans le film comme, à partir d’autres sources, dans le blogue, à environ

A. 90%

B. 75%

C. 60%

D. 45%

E. 30%

*

Question 23

De façon générale, l’opinion pakistanaise, en dehors des zones pachtounes, est-elle ou non – au témoignage de l’ancien président Pervez Musharraf et du général Asad Durrani, ancien directeur des services de renseignement d’Islamabad – favorable aux talibans afghan ?

A. Assez favorable

B. Plus qu’hésitante ou très partagée

C. Très favorable

D. Hostile, de peur de contrarier l’allié américain

E. Hostile dans la mesure où quatre-vingts pour cent de Pakistanais sont chiites duodécimains

Question 24

« Vents de sable, femmes de roc » nous présente des femmes d’une ethnie bien particulière [vous cocherez s’il vous plaît la bonne réponse]

A. celle des Kanouri orientaux métissés à l’époque de l’expansion coloniale française avec des Buduma, ainsi que l’explique à Amina la femme la plus âgée, Domagali, dans un passage très émouvant

B. l’ethnie Targui [pl. : Touareg]

C. un rameau de l’importante ethnie Peule [Fula ; Fulani]

D. celle des Zaghawa occidentaux

E. l’ethnie des Songhaï mêlée de Kanembu pour des motifs historiques bien expliqués dans le film

F. l’ethnie des Toubou [dits Goranes plus à l’est] de la région occidentalo-méridionale du domaine Toubou

*

Question 25

Quel événement donne-t-il le signe du départ à la caravane, qui va quitter Bedouaram à peu près sur le champ pour gagner, vers le nord, mais toujours au Niger, Bilma ?

A. Le milieu du mois de chawwal, ce qui a permis à la troupe de se reconstituer après la fête de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de ramadan ; cette tradition n’a pu être réformée, ainsi que le narre la vieille [cinquante ans, mais le désert est un lieu si difficile] Domagali, bien qu’elle présente l’inconvénient, puisque le calendrier musulman est ordonné à la lune, de faire varier chaque année d’environ dix jours la date du départ

B. La pluie de juillet

C. La fin de l’allaitement du dernier chevreau. Une sadaga, hélas absente du film – sans doute parce qu’il convient au propos qu’il ne concerne que des femmes en l’absence des hommes dont, certes, les échanges ne donnent pas, à tort ou à raison, une grande idée – a lieu, c’est-à-dire un sacrifice à l’heure d’un repas sacré – en l’espèce sacrifice non sanglant et bien modeste, ce qui le rend supportable pour une âme sensible : quelques gouttes du lait de la dernière chèvre allaitante sont prélevées et jetées sur le sable tandis qu’un vieillard désigné comme l’edergui, le maître de la terre, récite une formule dans un dialecte qui n’est pas le même selon les rameaux de ce peuple

D. Musulmans tardivement convertis (vers le milieu du XIXe siècle), peu attachés à nombre d’aspects de la charia, plus rigoristes toutefois aujourd’hui qu’il y a un siècle, mais traditionalistes et attachés aux coutumes de leur peuple, les pasteurs nomades du film sollicitent pour d’importantes décisions, un marabout, même si le maraboutage tient une moindre place chez eux que dans d’autres ethnies : le marabout indique la possibilité ou l’impossibilité du voyage

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DEUX QUESTIONS PRÉCISÉMENT ANNONCÉES DANS LE BLOGUE

Questions 26 et 27 [question double]

Voici, entre parenthèses, mon annonce de la première : « je ne doute pas que ceux qui seront parvenus jusqu’ici ne s’interrogent par exemple sur la bien intéressante expression Khadim al-Haramayn al-Sharifayn [translittération la plus fréquente dans le monde anglophone] ». Ceux qui l’auront fait pourront sans peine cocher la bonne réponse ci-dessous. [Deux observations : la réponse est donnée par la façon dont la question était posée ; je n’ai en effet pas fait finalement porter cette question sur le sens de l’expression, comme cela pouvait être attendu, mais sur celui qui s’en revendique aujourd’hui, que j’ai par définition indiqué ; les plus sérieux, qui sont devenus par la force des choses, au fil de leur recherche, les plus érudits, relèveront bien sûr qu’il peut y avoir de précieux éléments dans plusieurs réponses proposées ; mais, d’évidence, une seule est acceptable, en dehors même de la considération du contexte de mon billet originaire. Bref, dans le contexte, question faussement difficile comme d’autres.]

A. Il s’agit d’un titre appartenant à la titulature désormais stabilisée des rois d’Arabie Séoudite ; le roi ne manque aucune occasion de le rappeler ; ceux qui s’adressent à lui le mentionnent ; il contribue à conférer à un prince qui en ce cas ne porte pas le titre de Cheikh – et en principe n’exerce pas une fonction religieuse, du fait du pacte passé par les Séoud avec Abdel Wahhab et ses descendants les al ach-Cheikh –, une manière de précieuse aura religieuse. On peut le traduire, si je saisis bien, par : Serviteur ou Gardien ou Protecteur [Khadim] des deux [Haramayn serait le « duel » de Haram –, l’arabe connaît en effet cette forme – les héllénistes savent ce qu’est le duel, tout comme ceux qui s’intéressent à l’ancien russe par exemple] lieux interdits ou sacrés [Haramayn] et nobles [Sharifayn], c’est-à-dire des deux nobles lieux saints, des deux sanctuaires éminents, des deux grandes mosquées donc – il faut entendre ici la Mecque et Médine bien sûr.

B. La traduction convient [si bien sûr je n’erre pas trop] et je n’y reviendrai donc plus ; mais l’histoire est autre ; la voici de façon simplifiée : ce titre, qui avait déjà été donné à la fin du XIIe siècle au fameux Salah ad-Din, Saladin – celui qui a, en particulier, aboli le Califat Fatimide [chiite] du Caire, tranché, peut-être lui-même, la tête des chevaliers francs après la terrible bataille de Hattin, et fait chuter Jérusalem –, fut transmis à ses successeurs de la dynastie ayyoubide [Saladin était fils d’Ayyoub, d’origine kurde], puis aux puissants sultans mameluk [qui prirent la suite et gouvernèrent de 1250 à 1517 la Syrie, l’Egypte et le Hedjaz, c’est-à-dire toute la bande côtière occidentale de l’actuelle Arabie Séoudite], et enfin au Sultan Ottoman du temps du Califat – dès à partir du terrible Sélim Ier que j’évoquai la semaine dernière. Avec le dernier calife ottoman, il y aura bientôt un siècle, le titre glorieux sombra définitivement, avec ceux de calife et de sultan.

C. Ce titre ancien, qui avait appartenu dès le XVIe siècle aux princes Séfévides – lesquels, d’origine plausiblement kurde, et surtout issus d’un ordre soufi, s’acheminèrent de façon intelligible vers le chiisme duodécimain –, fut relevé par l’ayatollah Khomeyni, en lutte avec le clergé conservateur des sanctuaires de Mashhad [ le « lieu du martyre », où se trouve la dépouille du huitième imam, Ali ar-Ridha, dit encore l’imam Reza] et de Qom [où se trouve la dépouille de la sœur de ce huitième imam, Fatima al-Masumeh]. Ce titre est devenu partie de la titulature officielle du Rahbar, le Guide de la Révolution, et le place doctrinalement, lors même qu’il ne serait pas au sommet de la hiérarchie cléricale chiite, en y incluant les fameux Marja, dans une position que l’on pourrait à peu près considérer comme d’infaillibilité doctrinale ; dans le cadre du velayat-e faqih, c’est cette prérogative qui donne au Rahbar son éminente vocation de Valiye faqih, celui qui préside à la jurisprudence [à l’interprétation authentique de la Loi].

D. Ce fut grand scandale parmi les chiites les plus pieux, en Iran en particulier, lorsque, peu après le début de la guerre entre Bagdad et Téhéran, le Raïs Saddam Hussein prit ce titre, se revendiquant avec une audace inouïe comme le protecteur et représentant des deux sanctuaires, sis sur ou près de l’Euphrate, de Nadjaf et Kerbala. Cet épisode peu connu par ici – du fait du peu de sérieux avec lequel les intellectuels européens considèrent les questions religieuses –, ne joua pas un mince rôle dans la tendance ultérieure de hauts responsables étatsuniens, portés d’ailleurs à un certain confusionnisme en ces affaires, à imputer au chef baathiste des vues fort éloignées des orientations sécularistes de la mouvance politique dont il se réclamait.

E. Le Chérif de la Mecque était, vous ai-je dit, un Hachémite. Et vous vous souvenez sans doute avoir entendu dans l’enseignement oral que le roi de Jordanie, Abdallah II, était aujourd’hui l’aîné des Hachémites. Il a donc naturellement repris les éléments de titulature de ses aïeux les rois du Hedjaz, et en particulier de son trisaïeul, Hussein. Cette revendication d’un patronage sur les lieux saints séoudiens est bien sûr la source d’une querelle constante avec les Séoud – d’où les récents incidents frontaliers que nous avons suivis avec beaucoup d’attention dans le cours en soulignant la finesse remarquable de la médiation conduite par le Secrétaire d’État Tillerson entre le bouillant prince Mohammed ben Salman et le plus rassis roi Abdallah.

*

Questions 28, 29 et 30 [question triple]

Vous avez été invités, dans un billet publié il y a deux mois, à travailler en particulier sur ces fragments de trois états successifs de la doctrine militaire de la Fédération de Russie [2000, 2010, 2014]

Voici l’extrait pertinent de ce billet – je cite – :

« Je récapitule, afin que vous puissiez essayer de clarifier par vous-même vos idées – sachant bien sûr qu’il est [très] embarrassant de travailler sur une traduction – :

2000 – art I, 8 :

The Russian Federation reserves the right to use nuclear weapons in response to the use of nuclear and other types of weapons of mass destruction against it and (or) its allies, as well as in response to large-scale aggression utilizing conventional weapons in situations critical to the national security of the Russian Federation.

2010 – art. 22 :

The Russian Federation reserves the right to utilize nuclear weapons in response to the utilization of nuclear and other types of weapons of mass destruction against it and (or) its allies, and also in the event of aggression against the Russian Federation involving the use of conventional weapons when the very existence of the state is under threat.

2014 – art. 27 :

27 The Russian Federation shall reserve the right to use nuclear weapons in response to the use of nuclear and other types of weapons of mass destruction against it and/or its allies, as well as in the event of aggression against the Russian Federation with the use of conventional weapons when the very existence of the state is in jeopardy.

Clarifier et ordonner vos idées, c’est-à-dire :

  • déterminer ce qui vous paraît à peu près clair [en vous en tenant, je le redis, aux textes tels qu’ils sont traduits] ;
  • discerner continuités, dans les trois textes, et possibles discontinuités [entre chacun et chacun, ou bien entre un seul et les deux autres…]
  • vous attarder sur ce qui ne va pas de soi , et qui tient en particulier à tel ou tel mot ;
  • essayer de penser par vous-même : si vous lisez dans un commentaire, par exemple, que le niveau de la nucléarisation d’un conflit engagé conventionnellement par un agresseur est nettement abaissé en 2014 par rapport à 2010 – ou le contraire, ou quoi que ce soit –, et que vous ne le pensez pas – tenez-vous donc à ce que vous pensez [les vertus dianoétiques – intellectuelles – ne vont pas sans les vertus éthiques – morales, de fermeté en particulier, de force, de courage, vertu cardinale] ;
  • discuter ensemble afin que chacun puisse entendre les objections de certains autres. »

Ma question ne vous surprendra donc pas : laquelle des propositions suivantes vous semble-t-elle la plus adaptée ?

A. La doctrine russe n’a cessé, de formulation en formulation, d’abaisser le seuil de nucléarisation d’un conflit, même conventionnel.

B. La doctrine russe a fort justement renoncé, à partir de 2010, à toute nucléarisation d’un conflit engagé de façon simplement conventionnelle.

C. La doctrine de 2010 a élevé le seuil de nucléarisation d’un conflit engagé conventionnellement par rapport à celle de 2000 ; s’agissant de cet aspect, la doctrine de 2014 a maintenu la même position restrictive qu’en 2010 en ce qui concerne le recours à l’arme nucléaire dans un conflit conventionnel.

D. La doctrine de 2014 a manifesté un souhait peu douteux d’apaisement en élevant considérablement le seuil de nucléarisation d’un conflit engagé conventionnellement par rapport à celle de 2010, laquelle par contre avait redoutablement abaissé ce seuil par rapport à celle de 2000.

***

QUESTIONS MÊLÉES PORTANT SUR L’ENSEIGNEMENT ORAL ET LES COMPLÉMENTS APPORTÉS PAR LE BLOGUE

Question 31

Des six propositions suivantes, laquelle vous semble-t-elle indéfendable ?

A. L’Indonésie est plus peuplée que le Pakistan et le Nigéria

B. Au cours parisien du Napoléon en ce mois de mai 2017, je peux acheter deux Napoléons avec un billet de cinq cents euros [appelé à disparaître comme chacun sait, dans le cadre de la lutte contre le « terrorisme » nous dit-on…]

C. Le dollar s’est apprécié notablement par rapport à l’euro à partir de la mi-2014

D. Soit un habitant des Etats-Unis utilisant le dollar et un Français utilisant l’euro. L’un et l’autre achètent leur pétrole en dollar. L’on considère que les frais de change sont négligeables. Au cours d’une période donnée, le dollar s’apprécie fortement par rapport à l’euro tandis que le cours du pétrole en dollar baisse très fortement. Proposition : le prix du pétrole a baissé davantage pour le Français que pour l’Étatsunien

E. C’est plusieurs mois avant le Brexit que l’euro a commencé à s’apprécier par rapport à la livre britannique après une notable période au cours de laquelle la livre s’était assez régulièrement appréciée par rapport à l’euro

F. La crise la plus aiguë du rouble a correspondu au creux le plus profond du cours du pétrole

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Question 32

Des six propositions suivantes, laquelle vous paraît-elle indéfendable ?

A. En 2014, il n’a fallu que six mois pour que le cours du Brent chute de plus de moitié

B. Sans doute s’est-il ressaisi un peu à l’hiver et dans la première moitié de 2015…

C. … mais cette orientation haussière s’est retournée et, en dépit tout d’abord d’une certaine résistance du cours…

D. … celui-ci s’effondra purement et simplement, de façon assez angoissante en janvier 2016… [j’en frémis encore, même si le thème de la « falaise de Sénèque » consone avec l’état de mon esprit]

E. … avant de se raffermir, lentement mais sûrement, tout d’abord du moins, tendant à osciller autour de cinquante dollars le baril entre l’été 2016 et aujourd’hui [deuxième quinzaine de mai 2017], au sein d’une fourchette de plus ou moins sept ou huit dollars [avec, peut-être, une tendance un peu plus haussière il y a quelques mois, après l’accord, pourtant modeste, entre pays producteurs, en vue d’abaisser marginalement leur production, et une plus grande fragilité semble-t-il – mais il faut attendre pour voir – depuis mars 2017]

F. Fort heureusement pour les pays producteurs de pétrole qui sont aussi producteurs de gaz naturel, le cours du million de BTU n’a cessé de grimper pendant la même période, passant d’un peu moins de 4 $ au milieu de 2014 à des fluctuations autour de 7 $ depuis le froid automne de 2016 et cet hiver de 2017, qui n’en finissait plus

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Question 33

Des six propositions suivantes, laquelle, en considérant la dernière publication du SIPRI pour l’année 2016, vous semble-t-elle indéfendable ?

A. Après s’être tenues à un niveau très élevé pendant quelque temps, les dépenses militaires de l’Arabie séoudite ont sensiblement décru …

B. … elles demeurent toutefois supérieures à celles de la France …

C. … comme à celles d’ailleurs du Royaume Uni …

D. … elles sont même encore cinq fois supérieures à celles de la République islamique d’Iran …

E. … dont les dépenses excèdent toutefois notablement celles d’Israël …

F. … et sont, de peu, supérieures aussi à celles du Pakistan.

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Question 34

Voici quelques propositions intéressant la Counterinsurgency. Vous êtes prié de cocher celle qui vous paraît la moins pertinente

A. C’est la modalité principale de la guerre asymétrique ; mais il faut ajouter, pour dire très simplement les choses, que le propos de l’État est de la « symétriser » à suffisance pour que sa puissance ne l’empêtre pas mais lui permette au contraire de mieux assumer un rôle pour partie comparable à celui de l’insurrection qu’il combat

B. La Counterinsurgency connut une vogue remarquable aux Etats-Unis au milieu de la première décennie du XXIe siècle, et le nom du général Petraeus fut particulièrement associé à cette faveur : l’on ne doutera guère que les infortunes afghane et irakienne de l’Occident conduit par les Etats-Unis [infortunes certes aucunement comparables à celles des populations sauvagement agressées] jouèrent un grand rôle dans la redécouverte de cette voie alternative à tous les ordinaires « Shock and Awe » des brutes washingtoniennes ; mais l’on peinera à penser que lesdites aient su basculer d’une culture dans une autre et conduire finement une guerre à elles véritablement étrangère

C. Elle exclut toute action violente, toute opération d’élimination ciblée

D. Elle fut théorisée en particulier par des officiers français dans l’ensemble brillants à l’heure de ce qui rétrospectivement doit être construit comme décolonisation

E. Elle passe par un effort pour tisser des liens avec la population en se mêlant à suffisance à elle avec le propos de la séparer quelque peu des forces insurrectionnelles. Le propos selon le mot de Mao est d’être comme un poisson dans l’eau – l’eau c’est la population « ordinaire » – et surtout de devenir le seul poisson dominant de l’aquarium, pour les insurgés comme pour ceux qui luttent contre eux

F. La recherche à tout prix du renseignement put conduire ceux qui s’y trouvaient engagés à des pratiques subsumables sous la qualification de torture

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Question 35

De Jahbat al-Nosra [Front de la Victoire], devenu brièvement Jabhat Fatah al-Cham [Front de la Conquête du Levant] en 2016, puis regroupé avec des mouvements proches au sein de Hayat Tahrir al-Cham [Organisation de la Libération du Levant] en janvier 2017, vous pourriez dire qu’il s’agit d’un mouvement [Cochez s’il vous plaît ce que vous ne souhaitez pas dire]

A. qui s’inscrit dans la mouvance d’al-Qaïda

B. dont le propos actuel est moins globaliste qu’on ne pourrait le penser, et plus ordonné à un propos assez limité mais redoutable de créer un émirat islamique dans la région d’Idleb, sous l’inspiration probable de la tentative de Daech de créer un « État islamique » un peu plus à l’est

C. assez syrien dans sa composition tout bien pesé, sensiblement plus en tout cas qu’État islamique dont une sensible majorité des combattants semble d’origine étrangère

D. qui ne saurait être distingué par sa radicalité takfiriste de Daech, ou d’autre mouvements jihadistes d’ailleurs, tel Ahrar al-Cham par exemple, ce dernier se trouvant toutefois plus ouvertement soutenu encore par les monarchies réactionnaires du Golfe et la Turquie

E. qui était la succursale d’al-Qaïda en Irak depuis 2005, et en Syrie depuis 2011, et dont Daech s’est séparé par une scission en 2013

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Question 36

Voici cinq noms importants de l’Administration de M. Trump : l’un de ces personnages a dû toutefois se retirer du fait des développements, passablement absurdes mais assez redoutables, du « Russiagate ». Lequel ?

A. Le général Herbert-Raymond McMaster

B. Le général Michael Thomas Flynn

C. Le général James Norman « Mad Dog » Mattis

D. M. Rex Wayne Tillerson

E. Mme Nikky Haley, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Organisation des Nations Unies.

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Question 37

[Ce long préambule peut être négligé par ceux qui comprendront la question finale ; je leur recommande toutefois de le lire par la suite car il les aidera j’imagine à mieux ordonner certains aspects de ce qu’ils auraient appris.] Les orientations néoconservatrices ne sont pas le fait des seuls Etats-Unis : elles se sont beaucoup répandues en Europe, même en France depuis l’accès à l’Élysée de M. Sarkozy, dont les vues de politique internationale n’ont pas été démenties par M. Hollande et ne seront certes pas reniées par M. Macron. Toutefois, nées aux Etats-Unis vers la fin du XXe siècle, elles ont joué un rôle singulier outre-Atlantique, d’ordinaire combinées avec de tout aussi puissantes orientations néo-libérales dont elles sont finalement indissociables [si l’inverse est moins strictement assuré]. L’on estime à juste titre qu’elles ont atteint leur rayonnement maximum et leur destructrice « efficacité » la plus grande sous les mandats du second George Bush, avec les effets effrayants – et interminables – que l’on sait ; pour autant, bien que ce ne soit pas l’usage le plus répandu, l’on peut considérer que c’est l’âge reaganien qui leur permit de s’imposer, l’âge clintonien qui les vit, à propos de l’ancienne Yougoslavie, forger une grande partie de leurs instruments argumentatifs, et qu’elles sont demeurées fortes ces dix dernières années sous M. Obama, qui ne les partageait pas complètement sans doute mais était contraint de composer, en particulier au cours de son premier mandat avec Mme Clinton comme Secrétaire d’État, le succès de M. Trump ayant constitué leur premier échec véritable – échec dont la portée demeure toutefois aujourd’hui, en cette fin du mois de mai 2017, extrêmement incertaine. Leur caractérisation comme « néo » vient de ce qu’elles s’inscrivent sous plusieurs aspects à l’opposite des idées conservatrices classiques, souvent marquées en particulier par un net « isolationnisme ». L’on peut ajouter que la dynamique néocons fut nourrie dans ses débuts par l’évolution d’une partie de la « gauche » et qu’il demeure, au parti démocrate, un nombre appréciable de « Liberal Hawks », de faucons « de gauche », sans même qu’il soit besoin d’évoquer le cas caricatural de la dame Clinton, particulièrement radicale dans ses choix néoconservateurs, et assez largement néolibéraux. Dans l’ordre de questions qui nous occupe en « Relations internationales » – domaine de prédilection de cette idéologie radicalement impérialiste –, j’ai eu l’occasion de remarquer, de façon dispersée, d’où cette brève et bien modeste synthèse, que l’on pouvait considérer comme néoconservatrice toute vue tendant à présenter comme un objectif légitime dans les relations internationales celui de faire triompher par tous moyens, fût-ce militaires, ce type d’oligarchie que ces milieux désignent comme « Market Democracy », dans le cadre de la suprématie la plus absolue possible des Etats-Unis – seuls garants d’un tel ordre des choses, d’un correct « World Order », aux termes d’une « destinée manifeste » –, excluant toute évolution vers le pluralisme international et la multipolarité, et appelant en particulier à un « New American Century », passant en premier lieu par une lutte constante contre la Russie et ses alliés ; cette démarche comporte aussi une défense inconditionnelle de l’État d’Israël, une alliance nullement conjoncturelle avec la radicalité sunnite, celle des monarchies réactionnaires du Golfe comme celle de mouvements que, tout en parlant de « terrorisme » du matin au soir, l’on feint de ne pas considérer comme ordonnés à une telle activité, le propos d’ensemble étant d’affaiblir ou de détruire à la fois la République Islamique d’Iran et ses alliés chiites et les régimes sécularistes autoritaires susceptibles de porter d’une façon ou d’une autre, dans la continuité des anciens projets nassérien ou baathiste, une voie arabe vers la Modernité en mesure de constituer un pôle alternatif aux pays du Golfe, d’une part, et d’appuyer d’autre part la politique orientale de Moscou [la Syrie coche ainsi, si l’on peut dire, toutes les mauvaises cases, d’où l’enjeu phénoménal de la véritable guerre mondiale qui s’y déroule].

J’ai eu l’occasion, au fil du semestre, de caractériser [et, s’il s’agit de ma vue, de tympaniser] comme néo-conservatrices – et donc forcément bellicistes, tournées vers des démarches violentes ou manipulatrices de « Regime Change », de « révolutions de couleur », de restructurations ethnico-territoriales de grande ampleur, promptes à justifier les interventions et les actions guerrières « préventives », les « frappes » en tous genres – plusieurs personnalités étatsuniennes. Dans la liste qui suit, je ne l’ai évidemment pas fait de l’une. Laquelle ?

A. L’intellectuel Richard Kagan

B. Le sénateur John McCain

C. L’ancienne Secrétaire-assistante à la Défense Victoria Nuland

D. L’intellectuel Noam Chomsky

E. Le sénateur Lindsey Graham

F. L’ancien Secrétaire-adjoint à la Défense Paul Wolfowitz

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Question 38

D’importants gisements gaziers off-shore ont été découverts en Méditerranée orientale à partir de l’extrême fin du XXe siècle – simplement en 2010 d’ailleurs pour l’un d’entre eux, « Leviathan », qui a beaucoup fait parler, en particulier en Europe où les pays méridionaux sont en quête, d’une façon ou d’une autre, d’un approvisionnement important et régulier en gaz, à tel point qu’une déclaration prévoyant la construction d’un gazoduc a été signée par divers partenaires dès avril dernier. La mise en exploitation de « Leviathan » et l’acheminement du gaz vers l’Europe aura pour effet de faire d’un pays du Proche Orient un exportateur important d’hydrocarbures. Il s’agit

A. du Liban

B. de la Syrie

C. de Gaza

D. de la Turquie

E. d’Israël

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Question 39

Peut-on considérer que M. Trump a plutôt mieux respecté que d’autres la War Powers Resolution de 1973 dans l’affaire de la frappe d’al-Chaayrat ?

A. Oui

B. Non

C. Ce n’est pas le sujet

D. Une telle résolution n’a jamais été adoptée

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Question 40

Qu’est-ce que l’EROEI ?

A. La « superbombe » étatsunienne connue aussi comme MOAB

B. Le groupe de contact établi au mois d’avril entre Kiev et les républiques populaires du Donbass afin de parvenir à un cessez-le-feu complet d’ici au 1er juillet

C. Le taux de retour énergétique

D. Le nom selon la nomenclature OTAN d’un nouveau missile de croisière supersonique chinois

E. Le nouveau nom du traité de partenariat transatlantique [naguère évoqué comme TAFTA ou TTIP] tel qu’il a été assez profondément amendé à la demande de M. Trump

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Question 41

À la chute des califes omeyyades de Damas, en 750, cent-vingt-huit ans seulement après l’Hégire, et cent dix-huit ans après la mort du prophète de l’Islam, l’expansion musumane n’avait pas atteint et opéré la conquête d’un seul des pays qui suivent :

A. Ifriqiya [Maghreb central et en particulier Tripolitaine et Tunisie actuelles]

B. Sud de l’Espagne

C. Le gros du nord de l’Espagne

D. Perse

E. Actuel Afghanistan et une partie de ce qui est devenu le Pakistan

F. Nord de l’Inde actuelle

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Question 42

L’expansion des Mongols, à partir d’une région correspondant en gros à l’actuelle Mongolie, les a conduits à dominer un temps un territoire immense allant en gros, au nord, de la Mer d’Okhotsk au Golfe de Finlande et, au sud, d’Anatolie au Golfe du Tonkin. Cette expansion irrésistible s’est effectuée entre

A. 1077 et 1215

B. 1137 et 1346

C. 735 et 921

D. 1206 et 1279

E. La désignation territoriale opérée – même « en gros » – est assez lourdement inexacte. Jamais, en particulier, les Mongols n’ont pu venir à bout de Bagdad ! [L’on connaît d’ailleurs le fameux passage du célèbre discours « Mission Accomplished », dans lequel George Bush le second, le 1er mai 2003, à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, a prononcé ces mots si fameux : « Ce à quoi Houlagou Khan n’était pas parvenu, j’y suis arrivé ! »]

*

Question 43

Parmi les propositions suivantes, une seule est exacte. La dynastie communiste nord-coréenne des Kim

A. descend de la fameuse dynastie des Joseon dont elle assume l’héritage [celui du « Royaume Ermite »] ; plus précisément, le premier des Kim était le fils – obtenu d’une concubine – de Sunjong [l’empereur Yung-Hui], contraint à l’abdication par les Japonais en 1910, lors de leur annexion de la Corée – cette affaire explique bien entendu beaucoup de choses, mais M. Trump, interrogé il y a peu à ce propos, a dit que toutes ces vieilleries ne l’intéressaient pas

B. a jusqu’alors compté trois représentants, Kim Il-sung, son fils Kim Jong-il, son petit-fils Kim Jong-un

C. a compté quatre représentants, Kim Il-sung, son fils Kim Jong-il, son petit-fils, Kim Jong-nam, le frère enfin de ce dernier, Kim Jong-un, qui fit assassiner le précédent en 2010 pour accéder au pouvoir

*

Question 44

L’Occident s’occupant fort des turpitudes qu’il prête inlassablement à la Russie se montre par contre remarquablement indifférent à la cyberépouvante qu’il ne cesse de déchaîner contre ses propres citoyens, en même temps qu’il déploie en hâte un contrôle toujours accru du réseau, propre à empêcher toute diffusion élargie des méfaits sans nombre et sans nom de ses propres si respectables institutions. C’est ainsi que l’on a à peine parlé dans la presse, malgré la poursuite de ses publications par Wikileaks, d’un extraordinaire scandale dont les éléments sont bien connus depuis le début de mars, prenant la suite, par exemple, des révélations en 2013, presque moins effrayantes, des activité de la NSA par Edward Snowden : il est avéré que la CIA a développé des capacités d’espionnage permanent d’innombrables particuliers détenteurs de « smartphones » ou même de certains écrans de télévision. M. Trump et ses proches, bien entendu, eussent été à peu près les seuls à n’avoir pas été écoutés. C’est merveilleux et l’on n’eût pu en attendre moins du haut niveau des exigences éthiques du directeur de la CIA, remplacé il y a quelques mois, le sieur John Brennan… Cette effrayante affaire est connue sous le nom

A. Vault Seven

B. Video Game 666

C. Dark Cellar

D. Heavy Metal

E. Soundhouse 22

F. Black Tapes

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 Question 45

Nous avons dû évoquer un acte de piraterie, limité en sa portée, mais intéressant du moins par la contribution qu’il apporte à une géographie de la piraterie maritime contemporaine, ordonnée en particulier au resserrement des grandes routes maritimes qu’imposent un certain nombre de détroits obligés ou de chemins inévitables. Vous cocherez s’il vous plaît celui de ces détroits ou canaux, ou cette route, qui, dans les précédentes années, n’a favorisé aucun acte de piraterie maritime dans la région l’environnant

A. Détroit de Malacca et de Singapour

B. Bab el-Mandeb et la région de l’Océan Indien attenante

C. Canal de Panama

D. la route côtière du Golfe de Guinée

E. Ce que l’on appelle pour faire court les détroits danois [zone qui inclut aussi le canal de Kiel]

*

Question 46

L’affaire de la succession royale est d’une grande acuité en Arabie séoudite ; le système successoral – adossé à une conception patrimoniale de l’État tout à fait inintelligible dans une vue occidentale [mais les peuples d’Occident ne voient que ce que leurs guides attentifs veulent bien qu’ils voient – et leurs guides sont d’ailleurs, à l’évidence, de moins en moins troublés par la patrimonialisation des biens communs] – qui a fonctionné, sans crise majeure, depuis le fondateur, Ibn Séoud [Abdelaziz ibn Abdel Rahman ibn Faiçal ibn Turki ibn Abdallah ibn Mohammed al-Seoud], ne saurait fournir de solution durable pour l’avenir alors que l’ultime fils du fondateur, le roi Salman, dont la santé passe pour médiocre, approche inévitablement de sa fin [comme tous, mais à échéance statistiquement plus proche que d’autres]. Quoi qu’il en soit, à cette heure, un prince héritier est désigné, Mohammed ben Nayef, ainsi qu’un prince héritier en second, que j’ai eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises par oral et par écrit, Mohammed ben Salman. De ces deux princes, dira-t-on qu’ils sont issus

A. le second du roi Salman, mais le premier du roi Nayef, lui-même fils, bien entendu, du roi Abdelaziz ibn Seoud et de sa sixième épouse [une al Ach-Cheikh, c’est-à-dire une descendante d’Abd el-Wahhab]

B. l’un et l’autre, et la difficulté risque d’être considérable, ne descendent pas d’Abdelaziz ibn Séoud mais d’une branche cadette des Séoud, les al-Jiluwi

C. l’un et l’autre de fils obtenus par le roi Abdelaziz ibn Séoud de sa quatorzième épouse Hassa al-Sudairi, l’une de ses préférées

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Question 47

Les tendances bandéristes sont fortes dans l’Ukraine contemporaine. Leur poids électoral pourrait sembler assez faible mais il faut considérer de nombreux aspects : 1) la répartition géographique des effectifs a pour effet de donner une position de majorité relative aux partisans de telles orientations dans les régions les plus occidentales ; 2) l’entrisme pratiqué par les extrémistes leur a permis de figurer dans des rangs apparemment plus modérés [et pas seulement, loin s’en faut, dans le parti Samopomitch par exemple] ; 3) en dehors même de cet entrisme, des fonctions administratives significatives ont pu être confiées à des membres de mouvements bandéristes ; 4) le bandérisme a été solennellement légitimé par les « modérés » supposés – ainsi M. Viktor Ioutchenko, président « europhile » de 2005 à 2010, après une élection pour le moins contestable, a proclamé Stepan Bandera, qui a servi sous l’uniforme allemand pendant la deuxième guerre mondiale [même si certaines photos – représentant Bandera en SS, avec Totenkopf sur la coiffe me paraissent inadéquates, je l’ai dit], « héros de l’Ukraine » en janvier 2010 ; 5) idéologiquement, ainsi, le bandérisme rayonne sur une partie significative des partis les plus présentables qui occupent des sièges à la Rada suprême ; 6) certaines formations militaires néo-nazies, et ne lésinant pas sur la revendication symbolique de leurs préférences [cela a été amplement démontré en cours dans l’une des leçons tournées vers le si important déchiffrement des images], jouent un rôle essentiel sur le nouveau « Front de l’Est », face aux républiques populaires donbassiennes, mais surtout menacent régulièrement, au cas où se manifesteraient des inclinations transactionnelles à Kiev, de retourner leurs armes contre les autorités en organisant un troisième Maïdan [lesdites autorités, qui savent la part prise par ces extrémistes dans Maïdan 2, à l’hiver de 2014, et leur propre accession au pouvoir, ne souhaitent pas véritablement vérifier le sérieux de telles menaces que les violences ordinaires – impunies – de tels groupes interdisent de prendre à la légère]. Quoi qu’il en soit, cette question et la suivante doivent être lues, concernant leur véritable importance, bien entendu niée à Paris et soulignée à Moscou, à la lumière du jeu de clefs qui précède. Question : Parmi les partis et mouvements qui suivent, un seul peut être considéré comme n’ayant aucun rapport significatif avec l’idéologie nationale-socialiste héritée du nationalisme ukrainien d’inspiration bandériste :

A. Svoboda [Liberté]

B. Natsionalnyi korpous [Corps national]

C. U.D.A.R. [= oudar]

D. Pravyi Sektor [Secteur droit]

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Question 48

Dans la considération de ce qui précède [point 6 de l’exposé des motifs de la question précédente], vous cocherez s’il vous plaît le nom de la seule formation militaire qui n’ait aucun lien avec la mouvance néonazie kiévienne, aucun lien d’aucune sorte par exemple et en particulier avec le paradoxal Ihor Kolomoïsky – l’oligarque gouverneur de Dniepropetrovsk, financier important des extrémistes bandéristes –, la seule bien entendu qui n’ait pas été finalement, soit incorporée dans la Garde Nationale ukrainienne avec rattachement au Ministère de l’Intérieur de Kiev, soit rattachée au Ministère de la Défense, puisqu’elle se trouve être une formation donbassienne :

A. Bataillon puis régiment ou brigade Azov

B. Bataillon Aïdar

C. Bataillon Donbass

D. Bataillon Dniepr

E. Bataillon Vostok

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Question 49

Hezbollah [Parti de Dieu] est le nom :

A. des Gardiens de la Révolution iraniens, dépendant directement du Guide – ils jouent un rôle significatif dans la Guerre de Syrie

B. du groupe radical sunnite qui est la force dominante dans la bande de Gaza

C. des fameuses troupes kurdes dont l’avance a été importante ces derniers temps en Syrie

D. d’un groupe jihadiste désormais associé aux stricts qaïdistes [ex-nosristes si l’on préfère] au sein de la fédération takfiriste Hayat Tahrir al-Cham [Organisation de la Libération du Levant]

E. adopté dans la clandestinité par les Frères Musulmans, radicaux sunnites dont l’extrême importance – ici et là – ne saurait être surestimée, après le renversement du président égyptien Mohammed Morsi

F. d’une milice chiite libanaise dont le rôle est déterminant dans la Guerre de Syrie

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Question 50

De toutes parts, les persécutions les plus violentes contre les chrétiens sont constantes en Orient depuis bien longtemps – de grande ampleur et sans cesse récurrentes depuis en tout cas le génocide des Arméniens et la Mikrasiatikē Katastrophē du pourtant séculariste Mustafa Kemal, en 1922-1923, avec une rémission dans certains régimes plus ou moins sécularistes que l’Occident s’est [étrangement ?] employé à détruire depuis 2003. La résignation – évangélique ou fataliste – et l’exode ont pu dominer [mais là encore, l’ « Europe » n’éprouve aucune prédilection, loin s’en faut, pour les chrétiens d’Orient – que font donc ces gens dans la terre du christianisme des origines, longtemps dominée, même après la conquête musulmane, par les confessions chrétiennes, et s’ils la veulent quitter, ne comprennent-ils donc pas qu’ils ne sont pas les bienvenus dans l’indifférente Europe des cathédrales ?]. Toutefois, tant en Syrie qu’en Irak, un certain nombre de chrétiens – se revendiquant d’une interprétation parfaitement traditionnelle des trois vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité – ont pris les armes, et formé eux aussi des milices. En tout particulier, ce sont ces chrétiens qui œuvrent, avec des effectifs et des moyens modestes, dans une étroite zone nord-orientale du front établi en vue de la reconquête de Mossoul sur l’État islamique. Ne reprenons pas ici les noms de ces milices. Cette simple question ; ces chrétiens [nestoriens – point de christologie très intéressant pour les amateurs] qui opèrent donc, sur leurs terres ancestrales [encore que nombre de chrétiens de Bagdad se soient réfugiés dans le nord de l’Irak depuis six ou sept ans], se disent-ils :

A. Assyriens

B. Maronites

C. Melkites [Melchites]

D. Coptes

Pièces justificatives ou [dé]monstratives annoncées au début du corrigé :
Baril de Brent en dollar et en euro.png
Ethnies du monde caucasien et nord caucasien.png
82 Fragments généalogiques sur la Maison de Séoud.png
 MISE A JOUR ABSOLUMENT CAPITALE AU 21 JUIN 2017 :
Le roi Salman ben Abdelaziz, ainsi que j’avais précisé en cours qu’il y avait des chances sérieuses qu’il le tentât [c’est-à-dire que – vieux et fatigué, et peut-être pleinement persuadé – il ne puisse résister à la pression de son fils, le prince Mohammed, homme jeune, trop impétueux et à mon sens assez redoutable pour la paix régionale – il fut et demeure en particulier l’acteur principal de l’effroyable agression du Yémen] a démis, par un décret royal publié ce jour, le prince héritier Mohammed ben Nayef de toutes ses fonctions et a désigné son fils – autre Mohammed donc – comme prince héritier de plein exercice [il était jusqu’alors prince héritier en second en quelque sorte] ; le prince conserve ses fonctions de ministre de la Défense et accède de plus à celles de Vice-Premier Ministre.
[Voir – ici même – mon billet du 17 mars dernier, « Un communiqué du Département d’Etat […] » ; voir aussi le billet à venir à l’été de 2017 sur l’interaction de la situation tendue dans le Golfe avec les derniers épisodes inquiétants de la situation en Syrie – il n’est guère douteux que l’épisode d’aujourd’hui ne prenne place dans le récit intriqué des deux autres.]
Consulter, après le tableau généalogique ci-après, la page pertinente de la Saudi Press Agency de ce jourBien sûr – sans qu’il soit possible de s’y attarder ici, plusieurs décrets royaux ont été publiés en même temps, redistribuant un certain nombre de fonctions afin de garantir, au sein d’un royaume dont je redis qu’il est strictement patrimonial, des équilibres subtils dont l’étude serait à n’en pas douter instructive.
83 Une branche Séoud, le clan Sudairi.png
Capture d’écran 2017-06-21 à 16.14.22.png
À la réflexion : en évoquant l’ « à peu près fellinienne bourgeoisie compradore » du Venezuela, à la question 12, je me suis montré au fond trop généreux pour la galerie effrayante, vraiment monstrueuse, que nous présente le film lorsqu’il évoque les opposants au chavisme. J’eusse dû plutôt porter « risienne », dans le souvenir des contes grinçants de Dino Risi, I Mostri ou I Nuovi Mostri bien sûr, datant de l’époque à laquelle le cinéma n’était pas oublieux qu’il prétendit être un art avant de n’aspirer plus qu’à être une industrie, du temps en lequel un certain cinéma, qui n’est plus même l’ombre de ce que put être le grand cinéma « américain », n’avait pas submergé la planète, et où le cinéma italien ou anglais, par exemple, tenait une place brillante dont on n’a plus vraiment idée, en des genres très divers d’ailleurs. « Que reste-t-il de tout cela, dites le moi », selon les mots d’une charmante chanson oubliée elle aussi.
Au volant d’une Rolls blanche, Alberto Sordi dans le rôle inoubliable de Giovan Maria Catalan Belmonte [ou del Monte]. À droite, l’agonisant, ramassé sur les marches du monument à Mussolini et qui y sera rapporté à la fin. [Il n’y a bien sûr pas de monument à Mussolini ; il s’agit du Monumento a Mazzini, près du Circo Massimo, soit qu’il s’agisse de souligner l’inculture du personnage – fort improbable sur un tel aspect -, soit qu’il s’agisse d’un tour provocateur ordinaire de sa part, ou fréquent dans l’Aristocrazia Nera d’il y a quelques décennies.] Ce sketch est d’ailleurs de Mario Monicelli et non de Risi lui-même.
Alberto Sordi dans
Ci-après, le lien [vost ; deux parties se suivant, de sept ou huit minutes chacune, se superposant d’environ deux minutes] :