Examen RI – Septembre 2017

 

 

 

L1 – Relations internationales

Cours du Professeur Rials

Examen de septembre 2017

 

NB : le corrigé sera installé peu après l’examen sur le site assasri.wordpress.com

 

Modalités de la notation : diviseur 4 – et non 5 – élévation au demi point supérieur.

Points importants, déjà précisés à l’occasion de cet enseignement :

Il n’y a pas de note négative, ainsi que le redoutaient certains – je n’ai d’ailleurs jamais envisagé un montage de cette sorte, dont l’intérêt m’échappe plutôt pour une discipline telle que celle-ci du moins, car je ne veux pas juger de ce que j’ignore.

Vous devez par contre faire bien attention à ceci, lorsqu’il y a une question portant deux nombres ou trois ou davantage [une question double ou triple donc, etc.], il est préférable que vous n’oubliiez pas de cocher la fiche dont vous disposez deux ou trois fois, et non une seule fois. Cette technique me permet d’introduire, plutôt rarement d’ailleurs, et pour des motifs divers, un coefficient.

Quant à la qualité médiocre de mes cartes : je n’ai pu recourir au logiciel qui m’est habituel, indiemapper, car l’adresse était piratée par de la propagande en faveur de M. Trump. L’ineffable M. McCain nous suggérerait qu’il s’agit encore d’un coup des « Russes ». J’en doute. Vous relèverez – quoi qu’il en soit – une étrangeté, dans la première carte, dans la région du Cachemire, et par suite une légère dilatation septentrionale de l’Inde ; j’en tiens compte bien entendu – mon propos n’a pas été de vous faire relever des erreurs – c’eût été amusant mais beaucoup trop difficile.

 

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CARTES

 

Carte 1 comportant la mention de l’Océan indien :

Question 1

Les pays ayant une frontière avec le Bhoutan – où la tension a été particulièrement forte cet été – sont les suivants :

A. Birmanie et Inde [n°21]

B. Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Birmanie et Chine

C. Inde et Chine [n°20]

D.Le Bhoutan est un pays maritime et n’a de frontière qu’avec la seule Papouasie-Nouvelle-Guinée [il s’agit d’un démembrement de l’Indonésie correspondant au n°27]

E. Inde et Chine [n° 19]

 

Question double 2 et 3

Vous voudrez bien cocher la seule liste composée de pays ayant tous accès à une mer, fût-elle fermée ou reliée à l’océan mondial seulement par un ou plusieurs détroits :

A. Malaisie – Indonésie – Philippines – Bangladesh – Oman – Qatar

B. Corée du Nord – Mongolie – Kirghizistan – Thaïlande – Birmanie – Yémen

C. Iran – Tadjikistan – Jordanie – Iraq – Somalie – Soudan

D. Kazakhstan – Afghanistan – Kenya – Éthiopie – Djibouti – Pakistan

E. Arménie – Chine – Japon – Corée du Sud – Cambodge – Sri Lanka

 

Question double 4 et 5

Soit 6, 7, 8, 9, 10, 11. S’agit-il, respectivement, des pays suivants

A. Oman – Émirats Arabes Unis – Jordanie – Kosovo – Bulgarie – Transnistrie

B. Yémen – Bahrein – Iraq – Géorgie – Roumanie – Moldavie

C. Djibouti – Qatar – Syrie – Azerbaïdjan – Serbie – Macédoine

D. Yémen – Qatar – Jordanie – Arménie – Bulgarie – Moldavie

E. Arabie Séoudite – Émirats Arabes Unis – Syrie – République populaire de Donetsk – Roumanie – Serbie

 

Question 6

Où situez-vous l’Ouzbékistan ?

A. 14

B. 17

C. 15

D. 16

E. Il ne porte pas de numéro sur la carte

 

Question 7

Parmi ces pays, un seul ne comporte pas de frontière, fût-elle limitée, avec la Chine ; lequel ?

A. Afghanistan

B. Turkménistan

C. Kazakhstan

D. Tadjikistan

E. Kirghizistan

 

Question 8

Lequel des pays suivant est-il d’un seul tenant ? [c’est-à-dire n’est composé, ni de territoires séparés par le territoire d’un autre État ou par un important espace maritime, ni de plusieurs îles ; l’on ne considérera pas la présence d’îles territorialement très marginales par rapport à l’ensemble du territoire]

A. Indonésie

B. Japon

C. Philippines

D. Inde

E. Malaisie

F. Oman

 

Carte 2 : mers, espaces maritimes et détroits

 

Question double 9 et 10

Une seule des réponses suivantes est entièrement juste en chacune de ses quatre composantes – laquelle ? Les numéros suivants sont respectivement :

A. 3. Mer de Béring ; 6. Mer de Marmara ; 8. Mer Noire ; 21. Mer du Japon

B. 18. Mer de Chine méridionale ; 19. Mer de Chine orientale ; 20. Mer Jaune ; 13. Mer Rouge 

C. 2. Mer Baltique ; 4. Mer Méditerranée ; 8. Mer Caspienne ; 10. Mer d’Aral

D. 3. Océan glacial arctique ; 9. Mer d’Azov ; 13. Golfe d’Aden ; 18. Golfe du Bengale

E. 3. Mer de Barentz [Océan glacial arctique] ; 10. Mer de Kara ; 11. Mer d’Aral ; 15. Golfe Persique

F. 1. Golfe de Finlande ; 8. Mer Noire ; 11. Lac Baïkal ; 19. Mer des Sargasses

 

Question 11

Concernant des détroits, passages ou canaux divers, une seule des suivantes réponses est fausse – laquelle ?

A. Le n° 14 signale le détroit de Bab el-Mandeb

B. Le n° 16 signale de détroit d’Ormuz

C. Le n° 17 signale le détroit de Malacca

D. Le n° 5 signale les Dardanelles

E. Le n° 7 signale le Bosphore

F. Le n° 1 signale le canal de Finlande

 

Carte 3 : les Amériques latines

 Question 12

Ayant prêté quelque attention, j’imagine, au film concernant le coup concerté il y a quinze ans par la bourgeoisie compradore vénézuélienne et les forces impérialistes du nord du continent américain, avec l’appui, tout à fait ordinaire, de l’appareil médiatique, je forme le vœu que vous ayez accueilli avec méfiance les « informations » qui ont été déversées ces derniers mois concernant la situation au Venezuela ; celle-ci est bien évidemment mauvaise – y compris pour le motif de l’effondrement que vous savez du cours du pétrole – mais elle l’est selon des modalités et au terme de manœuvres qui sont fort éloignées de celles que l’on nous dit, en faisant mine d’ignorer que les coups montés de cette sorte sont très usuels dans les Amériques latines [en particulier], et en ne considérant bizarrement pas qu’il n’y a nul lieu de se contenter de verser des larmes de crocodile sur le sort du président Allende en septembre 1973. Le Venezuela est désigné ici par

A. le numéro 1

B. le numéro 17

C. le numéro 13

D. le numéro 11

E. le numéro 15

 

Question quadruple 13, 14, 15 et 16

Lassé par le jardin du Luxembourg et ceux qui le fréquentent, désespéré à la perspective d’entrer dans le cabinet de monsieur votre père dans quelques années pour monter des LBO, ravagé depuis huit jours par une irréparable peine de cœur, décidé à résister cette fois aux sanglots de madame votre mère qui vous aime tant et vous a promis une petite voiture électrique bicolore [fonctionnant donc, ici, à l’énergie nucléaire pour l’essentiel ; ailleurs au charbon – ce qui l’a beaucoup étonnée lorsque vous le lui avez dit d’un air sentencieux], fasciné par les grands espaces dont la contemplation obstinée des cartes pendant tout l’été a nourri vos rêves échevelés, ému par la lecture de L’Homme à cheval qu’un grand-père exagérément mal-pensant – mais très sincèrement soucieux de vous trouver la mine du héros de Feu follet – s’est empressé de vous faire lire lorsque vous êtes allé chez lui cet été, assuré que le certificat de varappe que vous avez obtenu en forêt de Fontainebleau il y a un an vous permettra de vous jouer des Andes, ignorant l’étendue de l’Amazonie car les cartes de la végétation ne figuraient pas au programme des révisions et que vous avez presque exclusivement travaillé sur des fonds de carte dont le vide appelait le rêve, vous avez décidé d’éreinter votre livret A et de prendre le premier bateau en partance d’Anvers pour Montevideo [à bord d’un porte-conteneurs ; vous comptez bien sûr écrire des poèmes désespérés pendant la traversée – plus de six mille miles nautiques laissent du temps à l’esprit – un bon mois si les escales de Dakar et de Santos se déroulent bien].

De Montevideo, c’est bien simple, vous vous rendrez par étapes – à pied bien entendu, à la façon de Jean-Jacques Rousseau – à Caracas où vous comptez bien sûr rejoindre de jeunes militants bolivariens français. [Vous avez hésité – Donetsk ou Caracas – mais comme vous baragouinez l’espagnol et n’entendez pas le russe…]

J’entends votre objection : « On n’avait pas les capitales, et moins encore les villes ! » C’est vrai. Vous placerez donc Montevideo sous le deuxième 2 du 22, mais au bord de la mer, et Caracas enfin au nord exact du 3 du 13, presque au bord de la mer [Caracas n’est pas un port, mais jouit de la proximité d’un port, La Guaira, éloigné seulement d’une douzaine de kilomètres].

Deux orientations :

  • d’une part, vous ne vous soucierez pas du caractère légèrement étiré de cette carte, qui semble avoir été dessinée par un émule cartographe d’El Greco ; de toute façon, une carte est une carte, c’est-à-dire une représentation ; lorsque vous rentrerez chez vous, amusez-vous quelques minutes avec le site thetruesize.com ; vous serez saisi, bien que seul un aspect principal de ce qui nous apparaît comme « déformation », soit présenté ;
  • d’autre part, il est entendu que votre chemin sera le suivant, et parcouru de façon aussi rectiligne que possible entre chaque point : a) de Montevideo, qui se trouve sous le deuxième 2 du 22, mais au bord de la mer ; b) vous gagnerez le fond du Rio de la Plata, ou si vous préférez, le delta du Paraña [X] c) de là, suivant plus ou moins la vallée du Paraña, vous remonterez vers le nord jusqu’à Asuncion [Z] d) puis vous mettrez le cap au nord-ouest, afin de faire une manière de pèlerinage aux mines du Potosi, haut lieu de la souffrance indienne [+] e) poursuivant dans la même direction, vous gagnerez Cuzco [Y], qui fut capitale de l’empire inca, avec le propos intime de surmonter la terreur que vous a toujours inspirée Rascar Capac, lequel vous réveille une nuit par semaine en moyenne en jetant sur vous sa boule de cristal, avec l’effet de vous plonger dans l’angoisse la plus vive f) vous prolongez cet effort cathartique en vous rendant à Macchu Picchu [Y’], la cité inca qui abrite le « temple du soleil » [je précise que vous désapprouvez vivement le professeur Tournesol : vous considérez qu’il est injustifiable de porter le bracelet d’une infortunée momie] g) remontant désormais vers le nord, vous vous rendrez à Santa Marta [K] pour contempler les lieux sur lesquels jeta une dernière fois les yeux il y a un peu moins de deux siècles le Libertador h) puis bien sûr, vous irez vous recueillir dans le lieu où ont été déposées les cendres du même Simon Bolivar en 1872 : le Panteon Nacional, à Caracas [W]. Vous espérez trouver là, dans une sorte d’illumination, une réponse à la terrible question qui hante vos jours de jeune bolivarien si tourmenté : pourquoi et comment un héros de la lutte contre l’impérialisme a-t-il développé lui-même une pratique politique que l’on peut, sous certains aspects, considérer comme impérialiste ; vous espérez que les jeunes bolivariens vénézuéliens sauront vous expliquer comment le chavisme vient à bout de cette contradiction – au moins – mémorielle ; demeurez prudent malgré tout, les gens sont un peu tendus dans la région ces temps-ci ; dites-vous qu’il faut bien des mythes, et que l’un de leurs propos justement, est de permettre de surmonter les contradictions sans vraiment les résoudre, et de rendre plus facile ainsi la constitution individuelle et collective de soi.

Question : par quels pays passerez-vous [en incluant le pays de départ et celui d’arrivée] au cours de votre long chemin de Montevideo à Caracas ?

A. Uruguay – Argentine – Paraguay – Bolivie – Pérou – Brésil – Pérou à nouveau – Colombie – Venezuela

B. Paraguay – Argentine – Uruguay – Bolivie – Équateur – Brésil – Équateur à nouveau – Colombie – Venezuela

C. Surinam – Chili – Paraguay – Équateur – Bolivie – Brésil – Bolivie à nouveau – Venezuela – Colombie

D. Patagonie du Nord – Chili – Uruguay – Paraguay – Bolivie – Brésil – Bolivie à nouveau – Pérou – Colombie

E. Uruguay – Argentine – Bolivie – Paraguay – Équateur – Brésil – Équateur à nouveau – Pérou – Guyane française

 

Question 17

Pour aller par terre du Belize au Salvador en ne traversant qu’un pays, vous passerez forcément par

A. le Honduras

B. le Nicaragua

C. le Costa-Rica

D. Panama

E. le Guatemala

 

Question 18

Pour aller du Honduras au Panama par terre, vous passerez inévitablement par

A. le Guatemala et le Nicaragua

B. le Salvador et le Costa Rica

C. Belize et la République Dominicaine

D. le Nicaragua et le Costa Rica

E. Le Salvador et le Nicaragua

 

DATES

Question 19

À propos de mouvements politiques, d’ailleurs assez divers sous plusieurs aspects, l’on a évoqué – assez absurdement à tous égards – les « printemps arabes ». Ces « printemps » se sont déroulés en

A. 2003

B. 2011

C. 2013

D. 2010

E. 2012

 

Question 20

En quelle année situez-vous les déclarations d’indépendance de la Slovénie et de la Croatie – encouragées à n’en pas douter par l’Allemagne selon une politique traditionnelle [le France – elle – a abandonné son ancienne alliée serbe] –, qui ont déclenché ces guerres que l’on peut bien dire, même si elles ont détruit la Yougoslavie, yougoslaves – guerres dont il serait très exagérément optimiste de considérer qu’elles sont purement et simplement terminées ?

A. 1991

B. 1990

C. 1989

D. 1992

E. 1993

 

Question 21

La désastreuse présidence de Boris Eltsine, en Russie, a duré

A. de la mi-1988 à la fin 2001

B. de janvier 1998 à décembre 2004

C. de la fin de 1991 à la fin de 1999

D. de janvier 1988 à la dislocation effective de l’URSS, à la fin de décembre 1991

E. de l’été 1994 à la fin de 1999

 

Question 22

Nous parvenons dans un instant aux quelques questions sur des films. Dans L’ami américain. L’Amérique contre de Gaulle, vous avez, je l’espère, admiré avec quelle cohérence dans la conception et quelle constance dans l’exécution le général de Gaulle, secondé par des hommes d’exception [le général Pierre-Marie Gallois, doctrinaire de premier plan, ou le général Charles Ailleret, chef d’état-major des Armées de 1962 à sa mort accidentelle en 1968] a libéré la France de l’emprise de l’OTAN tout en maintenant le pays – ce qui pouvait alors, peut-être, se justifier par l’existence de l’URSS – dans l’Alliance Atlantique : l’on considère que la lettre du général de Gaulle au président étatsunien Johnson, en date du 7 mars 1966, a consommé le retrait de notre pays de ce qu’on appelle l’ « organisation intégrée » de l’Alliance. Cet effort si courageux [il y aurait tant à dire sur tels aspects de « révolution colorée » avant l’heure de 1968…] pour rendre sa pleine souveraineté militaire à la France, et bien entendu ne pas l’associer à des entreprises occidentales presque toujours injustes et le plus souvent périlleuses, a été patiemment, de façon très progressive, remise en cause par des présidents de la République toujours plus profondément atlantistes. Dans une telle perspective, les présidents se réclamant du gaullisme ont été, finalement, les plus acharnés à détruire puis à anéantir l’héritage. M. Chirac [qui eut du moins le mérite de ne pas enliser nos forces dans l’épouvantable affaire irakienne, en dépit d’une pression étatsunienne quelque temps extrêmement sévère] à réengagé la France dans le Conseil atlantique, et dans le Comité militaire de l’organisation ; mais c’est M. Sarkozy – dont l’antigaullisme actif s’est aussi manifesté avec une violence particulière par la manipulation inouïe constituée par le traité de Lisbonne – qui a accompli la complète réintégration de la France dans l’OTAN, n’osant pas toutefois nous faire nous engager dans le Groupe des plans nucléaires, afin de maintenir malgré tout – pour combien de temps ? – notre souveraineté dans ce domaine essentiel de notre défense, en lequel bien entendu, ainsi que l’expliquait parfaitement le Général, la responsabilité ne saurait être partagée. Doit-on ajouter, pour compléter l’intéressante galerie, qu’il eût été douteux, et le serait tout autant pour l’avenir, que MM. Hollande et Macron, parés, comme M. Juppé, ou comme M. Édouard Philippe, du titre de « Young Leaders of the French-American Foundation », remissent en cause notre engagement toujours plus profond dans la politique atlantiste et notre implication toujours plus pénible dans les errements belligènes des États-Unis ? [Les propos de M. Macron sur le Venezuela, à la fin d’août et au début de septembre 2017, sont hautement révélateurs]

De quelle année – voici certes une date d’importance tout à fait historique, lorsque l’on considère le destin de la France – datez-vous la complète réintégration par M. Sarkozy de la France dans l’OTAN ?

A. 2008

B. 2012

C. 2009

D. 2011

E. 2010

 

FILMS

Question 23

Vous avez dû méditer à suffisance le beau film L’ami américain. L’Amérique contre de Gaulle, qui vient d’être évoqué. Quels étaient les « vecteurs » patiemment mis au point, et pas tous opérationnels en 1969, pour notre Force de dissuasion nucléaire [la « Force de Frappe »] sous les mandats du Général de Gaulle [trop coûteux pour nous selon les Etats-Unis…] ?

Vous cocherez la réponse fausse.

A. avions Mirage III et surtout Mirage IV [Forces aériennes stratégiques]

B. sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [S.N.L.E.] de la Classe « Le Redoutable » [mais, construits sous le Général, à partir de 1964, et même lancé, pour le premier, en 1967, les premiers furent admis au service actif sous le mandat de son successeur]

C. frégates équipées de missiles de croisières Exocet [en particulier le Suffren et le Duquesne – mis en service en 1969]

D. missiles balistiques stratégiques abrités dans les dix-huit silos (vingt-sept étaient prévus) du plateau d’Albion, près d’Apt en Provence [site retenu en 1965 ; les premiers missiles furent opérationnels en 1971]

 

Questions 24, 25 et 26

Dans Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées, vous avez entendu évoquer le mouridisme. Sans doute avez-vous souhaité savoir ce dont il s’agissait. Aussi bien avez-vous creusé un peu – ce n’est pas vraiment difficile sur la toile. Imaginons que quelques-uns n’aient pas fait cet effort, tout en ayant du moins jeté un coup d’œil sur le film : il leur suffira de réfléchir, et il ne pourront manquer de sélectionner la plus persuasive réponse – il n’y a vraiment aucun piège : elle sera la bonne.

A. Le monde musulman sunnite [je laisse ici de côté le chiisme, dont les mouvances soufies sunnites ne manquent pas, d’ailleurs, de partager certains aspects de sensibilité – que ne manquent pas de dénoncer wahhabites et salafistes] abrite toujours, malgré la progression, justement, de l’islam que l’on dira pour faire court salafo-wahhabite, de nombreuses et très puissantes confréries – on lit parfois que plus d’un tiers des musulmans appartiennent effectivement à des confréries –, dont on subsume en général les perspectives sous la notion de soufisme, mais qui peuvent manifester des vues assez différentes sur des sujets d’importance – être considérées ainsi comme des tariqa, des voies, distinctes. Les plus connues sont la Qadiriyya, la Chadhiliyya [ou Chazziliya], la Tijaniyya et la Naqchbandiyya ; certaines sont très anciennes, d’autres beaucoup moins ; la plupart rayonnent en certains lieux et moins ou pas en d’autres ; elles sont souvent conduites à cohabiter dans un même espace ; certaines parviennent à exercer une assez large exclusivité dans une région donnée – ainsi en Libye la fameuse Senoussiyya, laquelle rayonne d’ailleurs jusqu’en Afrique centrale. Au Sénégal, par exemple, la Mouridiyya – fondée en 1883 par le grand marabout mystique Amadou Bamba –, certes concurrencée par la Tijaniyya, tient une place remarquable. Ses adeptes sont bien sûr dits « mourides ». L’affaire, bien sûr est curieuse : Bamba envoya à la fin du XIXe siècle des sortes de missionnaires dans tout le monde musulman, jusqu’en Indonésie ; le succès rencontré fut inégal ; l’une des régions où il fut le plus impressionnant fut celle du Nord-Caucase ; c’est ainsi qu’un « mouride », au Daghestan ou ailleurs dans la région, est tout simplement un adepte du soufisme devenu local, un membre de la Mouridiyya dans sa branche commune à l’Asie centrale et à la région caucasienne, mais toujours étroitement dépendante de l’islam africain.

B. Le récit qui précède est certes distrayant – et peut-être même juste pour une bonne partie –, mais ceux qui connaissent un peu l’histoire de l’Union soviétique ont sans doute entendu parler du fameux Andreï Noursoultanovitch Mouridov ; il était certes issu d’une lignée fameuses d’imams daghestanais ; mais lui-même, né peu avant la Révolution – en 1914 me semble-t-il – appartint à la dernière génération qui accéda aux plus hautes fonctions sous Staline. Il fut nommé en 1947 commissaire aux nationalités – fonction occupée longtemps auparavant par le Vojd lui-même –, avec la triple mission de construire une politique, d’une part pour les nouveaux territoires soviétiques, d’autre part pour l’Europe orientale, et enfin – il n’avait guère d’états d’âme à ce propos – pour les importantes minorités musulmanes que comportait l’URSS, du fait en particulier du poids – au sein de l’ancien empire russe – de l’Asie centrale. Dire aujourd’hui, dans le Nord-Caucase, qu’un homme est un « mouride » signale simplement qu’il est réputé nostalgique, non seulement de l’Union soviétique, mais encore du stalinisme, et plus encore d’une politique peu portée au compromis avec les forces religieuses. Ainsi que vous l’avez compris, le propos du film de madame Longuet-Marx est de montrer tous les signes de renouveau de la pensée communiste la plus séculariste au Daghestan.

C. Non, ce n’est pas du tout cela. L’on dit que le terme mouride dériverait d’irāda, qui eût permis de construire mourid ; l’idée que comporte ces mots est celle de volonté ; le mouride, ainsi est celui qui veut, celui qui aspire à – celui qui fait effort au fond, et l’on retrouverait alors l’idée qui se trouve au cœur de la notion de jihad [l’on dit plutôt, dans cette région : gazavat]; le curieux est que « mouride » puisse manifester l’idée d’étude – en ce sens, le mouride serait même chose qu’ailleurs le taliban, l’étudiant – en religion bien sûr. Le « mouride » est donc simplement le membre d’une confrérie soufie, qui s’efforce de s’engager en conscience et de la façon la plus profonde, dans une tariqa, une voie, à la suite d’un mourchid, c’est-à-dire d’un guide spirituel. Lorsque l’un des intervenants du film évoque les mourides, il prétend donc désigner ces membres de confréries, adeptes du soufisme, qui sont en train de perdre du terrain face aux « salafi », aux « wahhabi », comme l’on dit, vous l’avez entendu, dans cette région. Ce mouridisme fut promu en particulier, après son ami l’imam avar Mohammed Ghazi, par le si fameux imam Chamil – le « Lion du Caucase » – de la troisième à la sixième décennie du XIXe siècle. Chamil était désireux de conduire la guerre sainte contre les Russes orthodoxes, notamment dans la région du Daghestan, mais aussi dans celle de la Tchétchénie, en particulier grâce à l’action d’imams venus de Boukhara, en Asie centrale [dans l’actuel Ouzbékistan], particulièrement marqués par les élaborations soufies. Le propos – qui suffit à exclure le lien que l’on effectue un peu vite [et fort commodément aujourd’hui lorsqu’il s’agit d’opposer le jihad « intérieur » à un jihad qui s’extériorise souvent de façon pénible] entre soufisme et modérantisme musulman – était de bâtir un pur et simple État islamique, pratiquant la Charia, à la fois civile et pénale, et conduisant donc une guerre indissociablement religieuse et, peut-on-dire, nationale. Vaincu d’abord, mais difficilement, par l’empire russe, contenu vigoureusement par le régime soviétique, ce mouridisme est depuis une quinzaine d’années refoulé, ainsi que le film le montre, par une nouvelle radicalité, construite doctrinalement de façon assez différente, et tournée bien sûr vers l’Arabie séoudite. Pour autant, il demeure – ou demeurait lors du film – quelques avantages à la fidélité au mouridisme ; le film de Mme Longuet-Marx évoque le rayonnement de ce personnage officiel qu’était le Cheikh avar Saïd [Sayyed] Effendi Chirkeissi, lequel se réclamait d’ailleurs, dit-on, de trois confréries à la fois – ce qui ne laisserait pas de surprendre si cela était avéré –, la Qadiriyya, la Chadhiliyya [ou Chazziliya] et la Naqchbandiyya [il fut toutefois assassiné en 2012 par une femme, une « veuve noire », dont l’époux, imam radical, avait été lui-même tué en 2010]. Faut-il ajouter que l’histoire sénégalaise ne revêt ici aucun sens, même s’il est un mouridisme sénégalais ? L’imam Chamil appartenait ainsi à la Tariqa Naqchbandiyya, fondée plusieurs siècles auparavant par le Tadjik Naqchband, confrérie d’ailleurs la plus « orthodoxe » dans son sunnisme, et la plus tournée aussi vers la guerre sainte. Et est-il besoin de souligner que les progrès des « salafi » ont pu se nourrir – ainsi chemine l’histoire, de façon faussement paradoxale – de la radicalité particulière, dans cette région, de l’adversaire « soufi » ?

 

Question 27

A l’heure où, de façon inutile et par conséquent déraisonnable, les responsables washingtoniens décident, en cette fin d’août 2017, d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan, vous avez sans doute prêté attention au film extrêmement éclairant Afghanistan. Le prix de la vengeance. J’imagine aussi, concernant l’état des forces non-afghanes coalisées agissant actuellement en Afghanistan, que vous avez lu la fin du deuxième billet intitulé « Fragments d’un journal de guerre ». Je suppose encore – mesurez l’ampleur de mes illusions ! – que vous vous interrogez sur le sérieux de cette nouvelle inflexion étatsunienne, très évidemment dérisoire : ce que près de cent quarante mille hommes de la coalition, dont cent mille soldats américains, ne sont nullement parvenus à « régler » définitivement en 2011, lorsque la présence de forces étrangères était à son comble, ce ne sont pas quatre mille hommes s’ajoutant aux treize ou quatorze mille présents [dont sept mille Étatsuniens environ – c’est la valeur que j’avais portée il y a quelques mois dans le blogue, au regard de sources en principe exactes – mais l’on parle désormais de onze mille, ce qui signalerait qu’il y aurait eu déjà des envois complémentaires par Washington], qui parviendront à le régler. Cette affaire était injuste en son principe ; elle ne pouvait être gagnée ; elle sera évidemment perdue, les gens pas idiots et n’ayant pas d’actions dans des entreprises bénéficiant de tous ces conflits, le savaient et le disaient il y a maintenant seize ans et demi ; elle aura fait mourir beaucoup de pauvres gens, « radicalisé » un nombre plus grand encore, déclenché de redoutables déséquilibres, avec des conséquences fort lourdes pour les pays occidentaux [sur le chapitre des flux migratoires et de la drogue en particulier].

Parmi les propositions suivantes, l’une est inexacte :

A. En 2001, M. Jacques Chirac a engagé la France aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan

B. En 2007-2008, M. Sarkozy – tout à son obsession feinte des « moyenâgeux » [!] et à son désir bien réel de plaire aux Etats-Unis – a renforcé la présence française en Afghanistan, avec le splendide résultat que l’on sait dans la vallée d’Uzbin

C. En 2012, M. François Hollande a retiré les forces françaises d’Afghanistan

D. Le contingent français en Afghanistan demeure à l’été de 2017 le plus important en dehors de celui des États-Unis

 

Question 28

En quelle année les talibans ont-ils vaincu, sous les ordres du fameux mollah Omar, les « chefs de guerre », pris la capitale, Kaboul, et instauré l’Émirat islamique d’Afghanistan ?

A. 1994

B. 1996

C. 1999

D. 2001

E. 1998

 

QUESTIONS MÊLÉES PORTANT SUR L’ENSEIGNEMENT ORAL ET LES COMPLÉMENTS APPORTÉS PAR LE BLOGUE

 

Question 29

La population mondiale, à l’heure où vous composez, est évaluée à [vous cocherez la meilleure réponse]

A. plus de 9 milliards

B. un peu moins de 7 milliards

C. huit milliards tout juste

D. presque six milliards

E. environ 7,5 milliards

 

Question 30

Des cinq propositions qui suivent, laquelle vous semble-t-elle indéfendable ?

A. La population de l’Inde, très dynamique, vient de dépasser celle de la Chine

B. La population des Etats-Unis demeure plus importante que celle de l’Indonésie

C. La population du Pakistan et du Nigéria est à peu près la même

D. La Russie, dont la démographie demeure très méfiocre, est moins peuplée que le Bangladesh mais plus peuplée que le Japon [dont la population est d’ailleurs en chute libre]

E. L’Iran demeure, de très peu, moins peuplé que l’Allemagne, mais il ne tardera pas à la dépasser puisque sa population croît tandis que la population allemande décline irrésistiblement.

 

Question double 31 et 32

Comme vous ne l’ignorez pas, la tendance des cours du baril de Brent est depuis quelques mois baissière. Ceux qui parmi vous suivent, ainsi que cela était demandé, l’évolution des cours, ont peut-être été surpris par la courbe : le trend est bien baissier, indéniablement, mais non seulement l’on n’a assisté à aucun effondrement véritable [la moyenne du cours tournait autour de 56 $ dans les premiers mois de l’année, et le plus bas – autour du 20 juin – s’est brièvement établi autour de 45 $] mais encore, depuis le début de mars, l’on est entré dans une curieuse période de downs and ups, caractérisée, à chaque fois, par des creux un peu plus profonds, et des hauts… un peu moins hauts [en cette fin d’août ainsi, le cours se promène autour de 52 $. Je pourrais vous demander de trier parmi les « causes » imaginables de ces fluctuations assez intéressantes à observer – mais tout bien pesé, cela me semble un peu difficile puisque j’éprouve moi-même – comme le cours du pétrole lui-même, et cette corrélation n’est pas vraiment surprenante, des hésitations, non sur les aspects qui méritent considération, mais sur la façon dont les opérateurs les combinent ainsi de façon assez flottante.

Voici donc une question simple, carrée, presque visuelle – de très grand enjeu politique bien évidemment [car les pays producteurs ne sont pas toujours les mêmes, et que lorsque des pays sont dotés de l’une et l’autre ressource, il faut combiner de façon pondérée les cours pour mesurer les effets sur l’économie de tel pays producteur de leurs fluctuations] –, concernant la comparaison du cours du gaz naturel avec celui du pétrole. Sachant que les cours du gaz naturel et du pétrole ne sont pas sans corrélation, mais qu’ils ne sont pas non plus strictement corrélés – les cours du gaz semblant d’ailleurs plus sensibles à des variations saisonnières –, que diriez-vous des cours respectifs de la mi-2017 par rapport à ceux de la mi-2014 :

A. Les cours du pétrole à la mi-2017 étaient certes inférieurs à la moitié des cours de la mi-2014, mais le tassement relatif des cours du gaz était sensiblement supérieur, après certes bien des vicissitudes au fil du temps – le million de BTU coûte ainsi aujourd’hui quatre fois moins qu’en juin 2014

B. Contrairement à ce qui est porté dans la question avec le propos parfaitement cynique d’égarer les malheureux étudiants – au sujet qui plus est de questions d’un enjeu international à peu près nul, puisque seule compte l’énergie électrique dont chacun sait qu’il s’agit d’une énergie primaire dont les réserves sont fabuleuses –, la corrélation des deux cours est presque parfaite, la substitution d’un hydrocarbure à un autre ne soulevant aucune sorte de difficulté technique

C. Les cours du pétrole ayant regagné une notable partie – et même la majeure partie – du terrain perdu à partir du début de l’été de 2014 – les cours du gaz, moyennant certaines distorsions, n’ont pas manqué de faire de même

D. En 2014, le décrochage des cours a affecté pour l’essentiel le seul pétrole, mais l’on est demeuré pour toute les autres ressources naturelles et matières premières, et bien entendu pour le gaz naturel, dans un trend haussier que quelques fluctuations limitées et temporaires n’ont nullement affecté – ce qui est bien compréhensible au regard de la hausse constante de la population mondiale et dans le cadre d’une conjoncture économique particulièrement faste, ainsi que le disent BFM et le Gouvernement, dont hélas la France ne profite pas pleinement du fait d’un code du travail archaïque et d’une taxation excessive du capital mobilier

E. Les cours du pétrole à la mi-2017 étaient inférieurs à la moitié des cours de la mi-2014 tandis que le tassement relatif des cours du gaz était sensiblement moindre, après certes bien des vicissitudes au fil du temps

 

Question 33

Des six propositions suivantes, laquelle, en considérant la dernière publication [au printemps de 2017] du SIPRI pour l’année 2016, vous semble-t-elle indéfendable ? [sachant bien sûr, par ailleurs, que de telles valeurs ne sauraient rendre absolument compte des véritables rapports de forces, lesquels renvoient à d’innombrables considérations allant de ce que le sénateur Klintsevich, vice-président de la commission de la Défense du Conseil de la Fédération russe, évoquait il y a quelques jours comme le « rapport qualité-prix » à ce qu’il faut bien appeler l’état spirituel des forces et des peuples – les guerres se gagnant finalement autant avec des âmes qu’avec des armes]

A. Les dépenses militaires des Etats-Unis sont au moins huit fois supérieures à celles de la Russie

B. et même douze ou treize fois si l’on compte l’ensemble des forces de l’OTAN [sans même y ajouter les alliés des Etats-Unis extérieurs à cette organisation]

C. seule la Chine, dont les efforts sont constants, est sur le point de rattraper la puissance étatsunienne, qu’elle devrait dépasser dans les années qui viennent

D. sachant que ses dépenses militaires sont déjà triples de celles de la Russie

E. et quadruples de celles de la France

 

Question 34

Faisons retour, si vous le voulez bien, en Afghanistan, avec deux questions dont je suppose que vous les avez rencontrées dans le deuxième volet des « Fragments d’un Journal de Guerre » [mais croisées aussi dans le film].

La première : une ethnie, qui est de toute façon plus nombreuse que chacune des autres, joue un rôle particulièrement important au sein du mouvement taliban. Laquelle ? [NB : la liste des ethnies qui cohabitent – inégalement bien certes – en Afghanistan, est ici incomplète]

A. les Ouzbeks

B. les Tadjiks

C. les Hazaras [chiites]

D. les Pachtounes

E. les Turkmènes

 

Question 35

La seconde :

Comme – entre le film et les développement du blogue – vous n’avez pas pu ne pas le comprendre, l’une des forces des talibans tient à ce qu’ils bénéficient, dans un pays voisin, de l’appui de « zones tribales » peuplées par des membres de l’ethnie très majoritaire en leur sein – zones en lesquelles il peuvent bien sûr se replier aisément lorsqu’ils en éprouvent le besoin. Quel est ce pays voisin ?

A. le Turkménistan

B. le Pakistan

C. l’Ouzbékistan

D. le Tadjikistan

E. l’Iran

 

Question 36

N’oublions certes pas l’Irak, plongé dans la plus profonde souffrance depuis presque quinze ans : pas de semaines sans qu’il n’y ait de lourds attentats, en particulier à Bagdad, et ces derniers temps, à Mossoul, du fait des frappes sans discernement de la « Coalition » étatsunocentrées, le nombre de victimes civiles a été considérable [les mêmes hurlaient à Alep, il y a huit ou dix mois ; mais la plupart des observateurs admettent que si toute guerre est « sale », les précautions prises par l’Armée arabe syrienne et l’aviation russe ont été alors très supérieures à celles de l’aviation américaine – frappant de plus au nom d’un pays qui est depuis quinze ans l’auteur principal du chaos moyen-oriental].

Des communautés chiites [Ch] et sunnites [Su], toutes communautés ethniques réunies [arabes, kurdes, etc.], diriez vous, du point de vue de leur effectif, que

A. Ch = Su

B. Ch < Su

C. Ch > Su

 

Question 37

Vous connaissez bien sûr trois lieux saints de l’Islam – reconnus comme tels par tous les musulmans – : dans leur ordre admis d’importance, La Mecque et Médine [en Arabie séoudite] et Jérusalem [la mosquée al-Aqsa]. Les Chiites, tout particulièrement, reconnaissent par ailleurs d’autres lieux saints, notamment, respectivement en quatrième et cinquième place, Najaf [mosquée de l’imam Ali], et Kerbala [mosquée de l’imam Husayn – là où eut lieu, en l’an 60 de l’Hégire, c’est-à-dire 679 de l’ère chrétienne, la terrible bataille, qui hante toujours très profondément le doloriste imaginaire chiite, lors de laquelle l’imam Husayn, fils d’Ali et de Fatima, et donc petit-fils du prophète de l’islam, perdit la vie]. D’autre lieux saints sont considérés, en particulier par les chiites – ainsi la mosquée d’or de Samarra, laquelle abrite les tombes des dixième et onzième imam.

Diriez-vous, de ces trois derniers lieux saints chiites – Najaf, Kerbala, Samarra –, qu’ils se trouvent

A. Tous en Irak

B. Tous en Iran

C. En Irak et en Iran

D. En Syrie et en Iran

E. l’un en Syrie, l’autre en Irak, et le dernier en Iran

 

Question 38

Dans le billet « Quelques cartes » [première partie], vous avez sans doute été frappé par un très ambitieux programme de projection spatiale chinois [évoqué le plus souvent comme principalement terrestre, mais qui comprend aussi un volet maritime dans lequel on sait bien sûr la place tenue par l’Afrique], à vocation en principe exclusivement commerciale [ce qui à soi seul ne saurait – certes – être entièrement rassurant, d’autant que les vues globalistes et libre-échangistes de la Chine sont curieusement devenues ces dernières années les plus systématiquement fermes qui soient, ce qui a valu à M. Xi des applaudissements à tout rompre au Forum économique mondial de Davos en janvier dernier…], mais dont on ne voit pas, au regard de la situation de plusieurs régions traversées par tel ou tel trajet, comment il ne revêtirait pas à terme une dimension puissamment militaire, ou du moins de « sécurisation » des parcours [sans – dans des régions appartenant pourtant dans la durée à sa zone d’influence – trop de résistance de la Russie, si dangereusement traitée par l’Occident et – comme on l’entend dire parfois assez justement – « jetée dans les bras de la Chine »].

A. La route du riz

B. Les routes de l’huile [= pétrole]

C. La route Marco Polo

D. Les routes de la soie

E. La route maïmaï [= commerce, sinico sermone]

 

Question 39

Peut-être avez-vous entendu parler, ces derniers temps, des fortes tensions en Birmanie entre bouddhistes, qui forment près de quatre-vingt-dix pour cent des nationaux – et Rohingyas musulmans [lesquels Rohingyas ne forment qu’une partie des près de cinq pour cent de musulmans du pays] ; peut-être avez-vous été surpris aussi de voir que Mme Aung San Suu Kyi, naguère encensée et couronnée par le prix Nobel de la Paix [et qui n’en était certes pas l’un des plus indignes récipiendaires], était désormais dénoncée par ceux qui parlent au nom d’une supposée « communauté internationale »… en particulier parce qu’elle dénonce elle-même des manœuvres impérialistes. Il n’est bien sûr rien pour surprendre dans tout cela – même ceux qui n’ont pas médité pleinement La généalogie de la morale ni la doctrine marxienne de l’idéologie –, et voici qu’alors que les médias occidentaux la trouvaient non seulement belle mais grande, ils la jugent désormais – avec une saisissante unanimité – vieille et prisonnière des vues sclérosées d’un vieux monde.

Voici la question, inspirée par des cartes du billet évoqué à la question précédente. De la transhumance du bouddhisme, dans la longue durée vingt-cinq siècles, diriez-vous plutôt qu’elle s’est effectuée :

A. essentiellement vers l’ouest

B. plein sud tout au long des siècles, si bien que l’effectif bouddhiste en Inde dépasse quatre-vingt dix pour cent [comme vous le savez, le système des castes est une création caractéristique du bouddhisme

C. par rayonnement concentrique en direction du sud-ouest depuis le Japon

D. par rayonnement concentrique depuis la Sibérie méridionale [Siddharta Gautama était le fils du chef d’une tribu turco-mongole de l’identité de laquelle des savants persistent à disputer]

E. vers le nord et l’est, et en particulier du monde indien – l’Inde comptant désormais moins de un pour cent de bouddhistes – vers le monde chinois

 

Question double 40 et 41

De Jahbat al-Nosra [Front de la Victoire], devenu brièvement Jabhat Fatah al-Cham [Front de la Conquête du Levant] en 2016, puis regroupé, sous son commandement, avec des mouvements proches au sein de Hayat Tahrir al-Cham [Organisation de la Libération du Levant] en janvier 2017, vous pourriez dire qu’il s’agit d’un mouvement [Cochez s’il vous plaît ce que vous ne souhaitez pas dire, ce que vous jugez le moins pertinent]

A. qui s’inscrit dans la mouvance d’al-Qaïda – quelle que soit l’indépendance qu’affecte depuis 2016 l’organisation

B. dont le propos actuel — confirmé d’ailleurs par tous les derniers développements du mois d’août après la reprise complète de la maîtrise du territoire libanais par l’armée libanaise et le Hezbollah, non seulement contre Daech, mais aussi, aux termes d’un accord de transfert vers Idleb, en particulier par bus, des nosristes occupant la région montagneuse [le « jurd »] d’Ersal, dans le nord-est du pays — est moins immédiatement globaliste qu’on ne pourrait le penser, et plus ordonné à la perspective assez limitée mais redoutable, surtout du fait de l’aide probable de la Turquie, dont la frontière la plus proche se trouve à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau, de créer [sous l’inspiration mimétique probable de la tentative de Daech de créer un « État islamique » un peu plus à l’est] un émirat islamique dans la région, justement, d’Idleb, laquelle sera certainement, avec Deir ez-Zor, le lieu de l’une des deux dernières grandes batailles en vue de libérer la Syrie du jihadisme – ne laissant probablement subsister à la mi-2018 que l’épineuse question des relations entre Damas et les Kurdes poussés par les Etats-Unis très au-delà des régions kurdes de Syrie

C. pour une part significative syrien dans sa composition tout bien pesé, sensiblement plus en tout cas qu’État islamique dont une majorité des combattants a toujours semblé d’origine étrangère

D. qui ne saurait être distingué par sa radicalité takfiriste de Daech, ou d’autre mouvements jihadistes d’ailleurs, tel Ahrar al-Cham par exemple – organisation dont l’indépendance et la puissance étaient vantées par certains, que divers pays n’ont cessé d’ailleurs d’aider toutes ces dernières années en refusant de la considérer comme « terroriste » malgré de nombreux témoignages accablants, mais que les nosristes ont achevé de se subordonner ces derniers mois

E. qui était la succursale d’al-Qaïda en Irak depuis 2003, et en Syrie depuis 2011, et dont Daech s’est séparé par une scission en 2013 seulement, juste avant sa grande offensive

 

Question 42

Voici ce que j’écrivais dans la question qui était alors la question n°46 de l’examen de la fin du printemps dernier :

« L’affaire de la succession royale est d’une grande acuité en Arabie séoudite ; le système successoral – adossé à une conception patrimoniale de l’État tout à fait inintelligible dans une vue occidentale [mais les peuples d’Occident ne voient que ce que leurs guides attentifs veulent bien qu’ils voient – et leurs guides sont d’ailleurs, à l’évidence, de moins en moins troublés par la patrimonialisation des biens communs] –, qui a fonctionné, sans crise majeure, depuis le fondateur, Ibn Séoud [Abdelaziz ibn Abdel Rahman ibn Faiçal ibn Turki ibn Abdallah ibn Mohammed al-Seoud], ne saurait fournir de solution durable pour l’avenir alors que l’ultime fils dynaste du fondateur, le roi Salman, dont la santé passe pour médiocre, approche inévitablement de sa fin [comme tous, mais à échéance statistiquement plus proche que d’autres]. Quoi qu’il en soit, à cette heure, un prince héritier est désigné, Mohammed ben Nayef, ainsi qu’un prince héritier en second, que j’ai eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises par oral et par écrit, Mohammed ben Salman. »

Il se trouve que cette question, qui nous a un peu occupés cette année, en cours et dans le blogue – car elle est d’un enjeu tout à fait majeur pour l’avenir de la région – a connu un rebondissement en juin dernier, sur lequel j’ai donné tous éléments utiles à la suite du corrigé de l’examen.

Vous choisirez la meilleure réponse :

En juin 2017, le roi Salman ben Abdelaziz

A. a écarté pour l’avenir de la succession le prince Mohammed ben Salman, fortement contesté pour le rôle qu’il a joué dans le déclenchement d’une injustifiable, interminable, et humanitairement catastrophique guerre au Yémen en mars 2015

B. a écarté à la fois le prince Mohammed ben Nayef et le prince Mohammed ben Salman de la succession, l’accaparement de l’essentiel du pouvoir par le clan Sudairi faisant l’objet de critiques de plus en plus âpres de la part des si nombreux autres princes, de diverses générations, descendant d’autres épouses d’Ibn Séoud ; le roi a annoncé une décision, après consultation du Conseil d’allégeance, pour la fin de l’année ; au cas d’une disparition du roi, très fatigué, le Conseil d’allégeance aurait vocation, selon le décret royal, à désigner seul le nouveau roi

C. a annoncé sa démission le premier jour du prochain mois de Ramadan, le 15 mai 2018 ; d’ici là, un Conseil d’allégeance très élargi doit être constitué afin de renoncer au régime de succession que l’on peut dire bédouin, devenu peu adapté, d’instituer un mode de dévolution de la couronne proche de la loi salique de l’ancien royaume de France et de désigner un roi pour amorcer le jeu [le gouvernement français a dépêché, avec le titre d’envoyé spécial, le fameux baron Hervé Pinoteau, grand spécialiste de ces choses].

D. a désigné avec effet immédiat le prince Mohammed ben Nayef pour lui succéder comme nouveau roi d’Arabie séoudite

E. a désigné le prince Mohammed ben Salman, son jeune fils, comme prince héritier à la place du prince Mohammed ben Nayef ; aucun prince n’a été désigné pour remplacer le prince Mohammed ben Salman dans les fonctions de prince héritier en second ; le prince Mohammed ben Nayef a été démis de toutes ses fonctions

 

Question 43

Hezbollah [Parti de Dieu] est le nom ou le surnom :

A. des gardiens iraniens de la Révolution, dépendant directement du Guide – ils jouent un rôle significatif dans la Guerre de Syrie malgré les protestations de l’État d’Israël dont tels responsables menacent de nouveau, en cette fin d’août, de frapper la Syrie, mais cette fois de façon massive et non ponctuelle [selon la manière, au demeurant illégale, dont il a été procédé ces dernières années] ; c’est, selon des rumeurs convergentes, ce qu’est allé dire M. Netanyahou à M. Poutine lors de son déplacement à Sotchi le 23 août dernier

B. du groupe radical sunnite qui est la force dominante dans la bande de Gaza

C. des fameuses troupes kurdes dont, avec l’appui décidé des Etats-Unis, l’avance a été importante ces derniers temps en Syrie – très au-delà des régions traditionnellement kurdes, et non sans risques ultérieurs de tensions majeures, avec Damas, Ankara, mais aussi Téhéran

D. d’une milice chiite libanaise, remarquablement redoutée par l’État d’Israël depuis la guerre israélo-libanaise de l’été 2006 [dont il serait excessif de considérer qu’elle a été une défaite d’Israël, mais qui a toutefois marqué la limite de la suprématie militaire du pays], et dont le rôle est déterminant depuis des années dans la Guerre de Syrie et bien entendu au Liban

E. d’un groupe jihadiste désormais associé aux stricts qaïdistes [ex-nosristes si l’on préfère] au sein de la fédération takfiriste Hayat Tahrir al-Cham [Organisation de la Libération du Levant]

F. adopté récemment dans la clandestinité par les Frères Musulmans, radicaux sunnites dont l’extrême importance – ici et là – ne saurait être surestimée, malgré le renversement du président égyptien Mohammed Morsi en juillet 2013 et les vigoureuses pressions exercées par d’autres monarchies du Golfe conduites par l’Arabie séoudite sur le Qatar depuis le mois de juin 2017

 

Question 44

Kiev, Moscou, Berlin, Paris ou Washington, lorsqu’ils évoquent l’affaire du Donbass, se revendiquent – généralement de façon contradictoire [selon le mot de Hobbes, « Covenants without the sword are but words », et ici il y a plusieurs épées – et donc l’inévitable et dangereux chaos du sens et de la signification] – des accords de

A. Minsk

B. Lviv

C. Vilnius

D. Rostov-sur-le-Don

E. Omaha Beach [et c’est pourquoi l’on évoque le « Model Normandy », le « Format Normandie »]

 

Question 45

Dans cette révolution colorée quelque peu violente dont le lieu le plus visible a été la place Maïdan à Kiev à la fin de 2013 et dans les huit premières semaines de 2014 – le moment le plus aigu, finalement décisif devant être situé dans les jours des 18 au 22 février 2014 -, un responsable politique – ni ukrainien, ni russe – a joué un rôle actif et majeur, que nul, à commencer par lui[elle]-même ne conteste – lequel ?

A. Le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Franz-Walter Steinmeier [désormais président fédéral d’Allemagne], lequel avait succédé le 17 décembre 2013 à M. Guido Westerwelle

B. Lady Catherine Ashton, qui a précédé Mme Federica Mogherini dans les fonctions de Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité

C. Mme Victoria Nuland, Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs

D. M. Laurent Fabius, alors ministre français des Affaires étrangères

E. M. Jens Stoltenberg, qui venait d’être Premier ministre de Norvège, et qui trouva immédiatement sa récompense en étant désigné dès le 28 mars 2014 pour succéder à compter du 1er octobre de la même année au Secrétariat général de l’OTAN à M Anders Fogh Rasmussen [accueilli alors lui-même chez Goldman Sachs – ces sortes de perspectives nourrissent d’indéfectibles fidélités]

 

Question 46

Les républiques populaires du Donbass, ou de Novorossiya, sont les suivantes

A. République populaire de Donetsk et République populaire de Dniepropetrovsk

B. République populaire de Marioupol et République populaire de Lougansk

C. République populaire de Simferopol et République populaire de la Basse Vallée du Dniepr

D. République populaire de Donetsk et République populaire de Lougansk

E. République populaire de Dniepropetrovsk et République populaire de Slaviansk

F. République populaire de Crimée et République populaire d’Odessa

 

Question 47

Quelques responsables étatsuniens en nos affaires – croisés cette année à diverses reprises – ; vous cocherez s’il vous plaît l’erreur [sachant que je n’évoque pas le cas de M. Stephen dit Steve Bannon, limogé le 18 août – dans le cadre de la vigoureuse – et troublante – reprise en main de la Maison Blanche, depuis le 28 juillet dernier, par le nouveau White House Chief of Staff, le général John Francis Kelly –, car cela a pu vous échapper] :

A. M. Rex Wayne Tillerson est Secrétaire d’État

B. M. James Brien Comey demeure directeur du FBI, en dépit de l’hostilité de M. Trump, et il parvient à des conclusions accablantes concernant la collusion du président avec le Kremlin ; comme vous l’avez relevé, il a ordonné une perquisition le 2 septembre dans des bâtiments diplomatiques russes, ce qui ne manquera pas d’emporter des suites dangereuses

C. Le général James Norman « Mad Dog » Mattis est Secrétaire à la Défense

D. M. Michael Richard dit Mike Pompeo est directeur de la CIA

E. Le général Herbert Raymond McMaster a succédé au général Flynn comme conseiller à la sécurité nationale

F. Mme Nikki Haley est ambassadrice, représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations-Unies

 

Question 48

Qu’appelait-on, dans la première moitié du XXe siècle, le « Grand Jeu » ? [Ces dernières décennies, les usages de l’expression, forgée au milieu du XIXe mais rendue commune au début du XXe, ont pu être maintenus moyennant quelques inflexions, mais aussi étendus par analogie à d’autres situations plus contemporaines]. Vous cocherez la meilleure réponse.

A. La situation existant entre les Etats-Unis d’Amérique du nord et les pays des Amériques latines depuis l’inflexion de la « doctrine Monroe » à laquelle a procédé le président Theodore Roosevelt

B. L’état de tension qui oppose plus ou moins régulièrement les puissances occidentales et la Russie en Europe orientale depuis la chute de l’Union soviétique – situation caractérisée par l’encerclement toujours plus rigoureux de la Russie par l’OTAN et les forces étatsuniennes

C. La politique capétienne tendant à l’indépendance du royaume des lys contre l’Empire germanique continental d’un côté [et ses ultérieurs avatars] et d’un autre côté contre l’Angleterre des Plantagenêts puis la thalassocratie britannique

D. L’affrontement entre monde germanique et monde slave dans l’est européen – l’on évoque aussi le « Drang nach Osten », la poussée vers l’est

E. La confrontation, au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, entre l’Empire russe et l’Empire britannique en Asie centrale et dans le nord de l’Asie méridionale

 

Question 49

Aucun des pays suivant n’est peuplé d’une population [de nationaux – j’y insiste, sans compter les immigrés] entièrement sunnite. Mais ils sont tous, encore qu’à des degrés divers, majoritairement sunnites. Quel est celui dans lequel la majorité sunnite est – de loin – la plus étroite ?

A. la Turquie

B. l’Arabie séoudite

C. la Syrie

D. l’Égypte

E. le Qatar

F. le Yémen

 

Question 50

Les drapeaux des pays arabes jouent avec un petit nombre de couleurs qui tendent à être toujours les mêmes. Cela tient à ce que ces couleurs proviennent du drapeau utilisé dans la lutte arabe contre l’empire ottoman de 1916 à 1918. Le curieux tient à ce que ce drapeau de l’émancipation arabe fut dessiné par un sujet de la brillamment manipulatrice et méthodiquement impérialiste Albion – dont le rôle [que l’on songe au colonel Lawrence !] fut éminent dans cette affaire, et demeure considérable, du moins en sous-main, dans la région, malgré la substitution très large des Etats-Unis au Royaume-Uni –, le diplomate Sykes [celui des futurs accords Sykes-Picot qui établiront les frontières dans le « croissant fertile »]. Quelle est la meilleure réponse ?

A. Ces couleurs sont le blanc du califat omeyyade de Damas, le noir du califat abbasside de Bagdad, le vert du califat fatimide du Caire, le rouge de la dynastie hachémite

B. Plutôt : le noir des omeyyades, le vert des abbassides et le rouge des fatimides

C. Plutôt : le blanc de la pureté, le noir du deuil, et le rouge de la guerre sainte

D. Plutôt : le vert du prophète, le noir d’Ali, le blanc de Fatima, et le jaune du désert – les chiites ajoutent une touche de violet, d’une façon ou d’une autre, couleur qui évoque le martyre de l’imam Husayn

E. L’on chercherait en vain une telle stabilité chromatique !