Le cours de Relations internationales de l’hiver & du printemps de 2018

 

EN VUE DU JEUDI 22 FÉVRIER, S’AGISSANT DE L’ORIENTATION PRINCIPALE RETENUE POUR LE MOMENT EN TOUT CAS ET POUR UNE QUINZAINE D’HEURES [« Le nœud syrien des relations internationales en février 2018 »] :

Comme vous le savez, nous consacrons un peu de temps à l’examen des Cinquante demandes formulées en 1936 par Hassan al-Banna au nom des Frères Musulmans. Elles sont au fond l’épitomé des revendications du renouveau islamique contemporain. Mais elles suggèrent aussi une méthode que l’on peut considérer comme graduelle d’islamisation des esprits, des mœurs, de la légalité, de l’État tout entier au sein d’une oumma qui serait surplombée, nous examinerons ce dernier aspect jeudi, par un califat.

La question que je me pose, ultimement, est celle-ci : comment comprendre la politique pour le moins complexe, et même troublante, conduite depuis des années par la Turquie, notamment en Syrie ? Sous-entendu : Peut-on la considérer seulement comme une politique antikurde ? La réponse que je suis tenté d’apporter à cette dernière question est plutôt négative ; je tends à penser que la Turquie ne conduit pas seulement une politique antikurde, mais aussi une politique internationale islamiste dans le cadre d’une concurrence ancienne avec les deux autres grandes puissances sunnites régionales, l’Arabie séoudite et une Égypte ici en net retrait depuis le départ du président Morsi et l’arrivée au pouvoir du maréchal Sissi.

Comme nous le verrons – le conjecturerons du moins -, une telle orientation est relativement manifeste, dans la durée, sur le terrain. Il demeure, comme nous le relèverons, que le programme officiel de l’AKP n’est pas islamiste, même si la considération de la pratique législative et réglementaire sur une longue durée, avec une certaine intensification ces derniers temps, permet de considérer que la majorité erdoganienne contribue, par touches, au mouvement d’islamisation d’une société qui demeure divisée, mais dans laquelle l’action des confréries musulmanes est néanmoins forte, opérant lentement, sur fond de sentiments largement partagés par beaucoup, à la faveur de l’abandon progressif par l’État de son sécularisme de combat antérieur [plus ambivalent d’ailleurs, nous le verrons, qu’il n’est usuel de le dire].

Bref, je tends à penser – et j’essaierai de m’en expliquer – qu’il faut faire la part de nombreux aspects dans la politique extérieure de M. Erdogan : la part d’une personnalité impulsive certes ; la part d’un autoritarisme volontiers démonstratif à la recherche de succès extérieurs pour s’imposer davantage qu’il n’y est parvenu [si l’on considère les résultats électoraux] ; la part d’ambitions territoriales turques qui ne sont pas nouvelles ; la part du rejet ottoman puis turc, extrêmement ancien, de l’extension vers le sud de la puissance russe [par-delà des raccommodements toujours temporaires] ; la part bien entendu du souhait déterminé de casser tout essor d’une puissance kurde indépendante ; mais la part aussi d’un certain néo-ottomanisme sunnite, dont le succès est assez improbable, cent ans après la « Révolte arabe », mais qui prolonge peu évitablement, à l’extérieur, une dynamique, certes dissimulée le plus souvent, dont le déploiement, suffisamment prudent, prétend dessiner à long terme l’instauration d’une société islamique véritable, capable de s’imposer à un Moyen orient au sein duquel la Turquie – adossée à un immense croissant turcophone soigneusement cultivé et s’étendant jusqu’à la Chine [volet panturquiste de l’action extérieure d’Ankara, non contradictoire avec le soutien apporté à la radicalité islamique] – serait la puissance dominante comme autrefois.

 

 

VOICI PAR AILLEURS, AFIN QUE VOUS PUISSIEZ LES LIRE ET LES PLACER DANS VOS NOTES DE COURS À LA DATE DE LA SEMAINE DERNIÈRE [j’ai évoqué cette question en disant mon sentiment sur nombre d’informations en provenance de l’OSDH et des White Helmets… reçus, ces derniers, à l’Élysée et à l’Assemblée mardi dernier 13 février] LES EXTRAITS PERTINENTS DU TEXTE – CAPITAL [NON PAR CE QU’IL NOUS APPREND : LES GENS SÉRIEUX ET HONNÊTES SAVENT QUE LE RÉGIME DE DAMAS N’UTILISE PAS DE GAZ DE COMBAT – CEUX-CI AYANT D’AILLEURS ÉTÉ RETIRÉS PAR LA RUSSIE AU COURS DES PREMIERS MOIS DE 2014 – MAIS DU FAIT DE CE QU’IL FINIT PAR ADMETTRE AU REBOURS DES MENSONGES HABITUELS – VOUS NOTEREZ EN PASSANT L’ASSOURDISSANT SILENCE DE LA PRESSE] – DU SECRÉTAIRE À LA DÉFENSE JAMES N. MATTIS [U.S. Department of Defense – Pentagone – transcription du point de presse du 2 février 2018] [NB : c’est bien sûr le moment pour vous d’aller lire sur ces sujets les « Fragments d’un journal de guerre » ; les suites de l’affaire de Khan Cheikhoun, que j’y évoque, ont montré la partialité invraisemblable de l’OIAC, Organisation internationale contre les armes chimiques, laquelle n’a pas enquêté sur place et a conclu sans aucun travail sérieux ; il n’y a là qu’un exemple de la façon dont un certain nombre d’institutions internationales opèrent comme des agents des impérialismes occidentaux, et en particulier anglosaxons. Notez d’ailleurs que M. Üzümcü, directeur général de l’OIAC, est turc et a longtemps été l’homme-clef d’Ankara à l’OTAN – et essayez de ne pas éclater de rire, d’un rire sombre bien entendu ; certains veulent rire davantage : M. Fabius, alors ministre des Affaires étrangères a tenu à créer M. Üzümcü officier de la Légion d’honneur – demandez-vous pourquoi… ] :

……….

Q:  Can you talk a little bit about the chemical weapons that were — the State Department was talking about just a little bit yesterday, that mentioned chlorine gas?  Is this something you’re seeing that’s been weaponized or – just give us a sense. 

SEC. MATTIS:  It has.

Q:  It has.  Okay.

SEC. MATTIS:  It has.  We are more — even more concerned about the possibility of sarin use, the likelihood of sarin use, and we’re looking for the evidence.  And so that’s about all the more I can say about it right now, but we are on the record, and you all have seen how we reacted to that, so they’d be ill-advised to go back to violating the chemical convention.

……….

Q:  Can I ask a quick follow up, just a clarification on what you’d said earlier about Syria and sarin gas?

SEC. MATTIS:  Yeah.

Q:  Just make sure I heard you correctly, you’re saying you think it’s likely they have used it and you’re looking for the evidence?  Is that what you said?

SEC. MATTIS:  That’s — we think that they did not carry out what they said they would do back when — in the previous administration, when they were caught using it.  Obviously they didn’t, cause they used it again during our administration.

And that gives us a lot of reason to suspect them.  And now we have other reports from the battlefield from people who claim it’s been used.  

We do not have evidence of it.  But we’re not refuting them; we’re looking for evidence of it.  Since clearly we are using — we are dealing with the Assad regime that has used denial and deceit to hide their outlaw actions, okay?

Q:  So the likelihood was not what your — you’re not characterizing it as a likelihood?  I thought I used — you used that word; I guess I misunderstood you.

SEC. MATTIS:  Well, there’s certainly groups that say they’ve used it.  And so they think there’s a likelihood, so we’re looking for the evidence.

Q:  Is there evidence of chlorine gas weapons used — evidence of chlorine gas weapons?

SEC. MATTIS:  I think that’s, yes —

Q:  No, I know, I heard you.

SEC. MATTIS:  I think it’s been used repeatedly.  And that’s, as you know, a somewhat separate category, which is why I broke out the sarin as another — yeah.

Q:  So there’s credible evidence out there that both sarin and chlorine —

SEC. MATTIS:  No, I have not got the evidence, not specifically.  I don’t have the evidence.

What I’m saying is that other — that groups on the ground, NGOs, fighters on the ground have said that sarin has been used.  So we are looking for evidence.  I don’t have evidence, credible or uncredible.

……….

 

 

 

 

 

 

Sur les illustrations de ce billet essentiellement utilitaire :

Quelques images – peintures exécutées dans les dernières décennies de la période soviétique entre les années quarante et quatre-vingt. Elles évoquent la Grande Guerre Patriotique ; et je les retiens à l’occasion, ces exacts jours-ci, du soixante-quinzième anniversaire de l’échec allemand à Stalingrad, prometteur, à terme, d’une défaite pour l’agresseur. Dois-je préciser que, si un mort au champ d’honneur demeure un mort au champ d’honneur, il peut sembler très déplaisant que soit oubliée le plus souvent aujourd’hui – ici, pas là-bas, certes – l’ampleur des pertes soviétiques ? [probablement autour de vingt-cinq millions de civils et de militaires – dont plus de la moitié étaient à strictement parler Russes ; et moins de la moitié, selon une autre perspective, militaires – ; les États-Unis ont en tout perdu 185 000 hommes en Europe]

À titre complémentaire, vous pouvez lire dans ce blogue : 1/ un passage sur la bataille de Tannenberg, à la fin de l’été 1914, importante pour notre propre victoire, à la Marne, sans laquelle tout eût été perdu comme en 1870 [dans la deuxième partie du billet « Comment pouvez-vous ne pas comprendre […] », daté du 25 mars 2017] ; 2/ les développements brefs consacrés à Alexandre Nevski, en février 2017, dans le billet « Quelques cartes […]/I » [avec un lien conduisant au magnifique film d’Eisenstein], et aussi dans « Quelques cartes […]/II », avec à chaque fois plusieurs occurrences

 

 

Médaille pour la défense de Stalingrad.png

Médaille pour la défense de Stalingrad, instituée en 1942

 

Le programme de vos travaux.

Comme toujours :

  • Cartes – Etats [mais pas les capitales ni les États fédérés par exemple, sauf s’ils sont évoqués dans le cours oral ou dans un passage du blogue que vous avez été invité à lire], étendues liquides significatives

Un instrument insuffisant mais assez commode pour votre révision du fait de la clarté des cartes présentées :

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/archives-diplomatiques/s-orienter-dans-les-fonds-et-collections/cartes/

Afin de vous entraîner sur des fonds de cartes

http://d-maps.com

  • dates, depuis la révolution islamique d’Iran en 1979 – quarante années ne sont certes pas considérables – les mois ne sont pas demandés ;
  • les films [voir la liste dans le billet du 23 octobre 2017]

 

Certaines valeurs importantes :

  • évolution de la population mondiale
  • population des vingt pays les plus peuplés et évolutions en cours
  • de façon générale, vous ne sauriez être assez attentifs aux questions démographiques
  • dépenses militaires [mais nous évoquerons en cours cette affaire au moins à l’occasion de la publication des tableaux du SIPRI en avril prochain]

 

Konstantin Vasiliev, Adieu à Slavyanka.png

Konstantin Vasiliev, « Adieu à Slavyanka » [du titre d’une fameuse marche patriotique]

 

Divers cours avec une certaine aptitude à comprendre leur évolution, parfois un peu mystérieuse certes – en particulier et au minimum [mais nous en évoquerons peut-être d’autres] :

  • pétrole [Brent]
  • gaz naturel
  • or [cours parisien du lingot d’un kilo et du Napoléon]
  • parités majeures mais en tout particulier euro-dollar ou euro-livre et dollar-rouble et dollar-yuan
  • aussi bien sûr la production mondiale de pétrole, et celle des principaux pays ; les Etats-Unis, du fait du pétrole de schiste se sont hissés à nouveau – ce sera assez temporaire à mon sens, car l’affaissement de cette ressource devrait être assez rapide – à un peu plus de dix millions de barils/jour en ce début d’année ; bien que, pour diverses raisons, les valeurs que vous trouvez en ligne semblent un peu flottantes, vous pouvez considérer à cette heure que la production des trois premiers pays producteurs – Russie, Arabie séoudite, États-Unis – tourne quotidiennement autour de dix millions de barils/jour, soit à eux trois un tiers d’une production mondiale qui peut être établie à quatre-vingt-dix millions de barils/jour. [1 baril = 158,99 litres]

 

1 PAYS DISPOSANT DES PRINCIPALES RESERVES DE PETROLE.png

 

  • les principales réserves de pétrole sont certes une variable politique majeure ; voici le tableau – comme c’est étrange ; il semblerait que cette chance puisse opérer comme une malchance, donnant le choix entre obéir pour l’essentiel aux Etats-Unis [l’Arabie séoudite], ou bien être transformé en ennemi absolu [hier l’Irak, depuis longtemps l’Iran ou le Venezuela] – je laisse de côté le Canada, pays-système par excellence pourrait-on dire [s’agissant du Venezuela, accablé par les « sanctions » impérialistes, il semblerait que sa production pétrolière se soit effondrée ces derniers temps – j’y reviendrai bien évidemment]

 

 

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Konstantin Yuon, « Parade place rouge »

 

Vous seriez avisés d’aller voir, même s’il n’est pas à jour, le billet du 9 mai 2017 intitulé « Variétés de fin d’année ». Il est improbable que je fasse la même chose ; possible que j’évoque tel ou tel aspect dans un autre billet ou en cours ; la sagesse pour vous sera de le mettre à jour par vous-même. Le plus simple serait que vous installiez sur votre ordinateur des boutons – virtuels – opérant lien avec des cours sélectionnés, par exemple sur le commode site de Boursorama [je vous suggère alors de retenir une période de quatre ans, pour d’assez évidents motifs]. Un exemple – pour le Brent :

http://www.boursorama.com/bourse/cours/graphiques/historique.phtml?mo=0&form=OUI&code=XC0009677409&symbole=8xBRN&choix_bourse_graf=country%3A33&tc=line&duree=48&pe=0&is=0&mm1=50&mm2=&mm3=&comp=0&indiceComp=1rPCAC&codeComp=&i1=4&i2=no&i3=no&grap=1

Dois-je préciser ?

1) que vous êtes puissamment aidés par la mise en ligne de six qcm des trois dernières années ;

2) que si j’évoque, ou si un film par exemple fait cas, d’un État fédéré, d’une ville, d’un fleuve, d’une date importante, etc., il va de soi que cela sera connu au titre, soit du cours, soit du blogue, soit des films

 

 

Konstantin Vasiliev, Parade en 1941 [place rouge, depuis Saint-Basile].png

Konstantin Vasiliev, « Parade en 1941 » [place rouge, depuis Saint-Basile-le-Bienheureux]

Le blogue enfin – qui sert de complément au cours, à la façon d’un manuel.

Il faudra que vous preniez connaissance des billets qui viendraient – s’il en vient.

Et parmi les billets passés – je procède en remontant – des billets suivants, lesquels seront possiblement complétés [je donne quelques précisions indispensables mais ne reprends évidemment pas les commentaires dont j’ai assorti la mention des billets, pas davantage que je n’ai repris ceux par lesquels j’avais présenté les films – je suis par contre un peu plus prolixe sur les billets que je n’ai pas eu le temps de mentionner ou de mentionner à suffisance] :

  • « Du Guatémala et de Jérusalem » [25 décembre 2017], que je complèterai à coup sûr ;
  • « Pseudépigraphie, canon des Écritures et Islam » [7 décembre 2017]

 

Konstantin Vasiliev, Nostalgie de la Patrie.png

Konstantin Vasiliev, « Nostalgie de la patrie »

  • les deux billets « Fragments d’un journal de guerre » des 6 et 20 avril 2017 – leur lecture vous initiera à diverses questions ou éléments de lexique, mais vous apprendra aussi beaucoup de choses concernant quelques-uns des personnages principaux du présent moment des relations internationales, mais intéressant aussi certains aspects qui doivent de toute façon être considérés, à l’heure en particulier où nombre d’acteurs de la polyarchie étatsunienne – tout en souhaitant multiplier les nouvelles armes nucléaires, en s’engageant dans la modification des conditions de leur emploi en vue d’en « faciliter » l’usage, et en laissant se poursuivre l’accumulation d’armes chimiques et biologiques, et de toutes sortes d’armes « sales » [munitions à uranium appauvri ainsi, dont les conséquences sanitaires en Serbie, à la suite des bombardements illégaux de l’OTAN en 1999, sont hélas connues]  –, font mine de croire, relayés de façon disciplinée par les bons élèves de la classe européenne, que le gouvernement syrien multiplie les attaques chimiques dans la région d’Idleb et celle de la Goutha [= l’oasis en arabe, dans les faubourgs de Damas – plus précisément ici la Ghouta orientale]. Vous noterez que, dans le deuxième billet, il y a en particulier des développements sur la doctrine de la Counterinsurgency et sur l’Irak et l’Afghanistan, qui ne sauraient vous être inutiles, à la fois pour comprendre tels films et pour mettre en perspective diverses observations du versant oral du cours

 

Mikhail Khmelko, Le triomphe d'un peuple conquérant.png

Mikhail Khmelko, « Le triomphe d’un peuple conquérant » [il est notable que l’Ukrainien Khmelko ait  manifesté de façon continue la plus grande  fidélité, non seulement à l’Union soviétique mais à la Russie, s’illustrant par une importante œuvre picturale patriotique]

  • Au regard de la nouvelle « Nuclear Posture Review », NPR [faisant suite à celle qui avait été formulée en avril 2010], il est peu douteux qu’il nous faudra évoquer très attentivement cette question en cours ; et donc, s’agissant de vous, prendre connaissance du billet « Comment pouvez-vous ne pas comprendre […] », du 25 mars 2017, lequel devra être assimilé pour ce qui concerne les doctrines russe [doctrine formulée à nouveau le 25 décembre 2014] et française [confirmation donnée par M. Hollande dans son discours d’Istres du 19 février 2015] ; mais, de toute façon, je vous demande – évoqués dans ce même billet – d’être très attentifs à au moins trois autres questions développées par ce texte : 1/ l’inquiétude justifiée exprimée par M. Poutine ; le déploiement, difficilement justifiable par contre, dangereux pour la paix mondiale, et en tout cas ruineux pour l’indépendance de la France, de l’OTAN [je fais partie d’ailleurs des signataires de l’appel lancé il y a deux ans et demi par le Comité Valmy en vue de l’immédiate dénonciation par la France du Traité de l’Atlantique Nord et du retrait de nos armées du commandement intégré] ; la lecture des six discours de 2007, 2014, 2015 [deux textes] et 2016 [deux textes] est très éclairante ; 2/ l’accès des divers États à l’océan mondial [ce n’est bien entendu qu’un aspect de l’étude des cartes à laquelle vous êtes invités ; mais je vous demande de prêter une particulière attention à cette variable à proprement parler géopolitique, de grande importance ; laquelle vous devez compléter, bien sûr, par des observations sur l’accessibilité des routes maritimes [détroits, canaux, navigabilité ou non au regard de l’évolution de la configuration de la banquise, pérenne ou saisonnière…] ; 3/ aspects évoqués de l’éclosion de l’actuelle crise ukrainienne, sur laquelle il est fort improbable, malheureusement, que nous n’ayons pas à revenir cette année à l’heure où Kiev semble multiplier les préparatifs en vue d’une offensive de printemps contre les républiques populaires du Donbass

Yevgueni Korneyev, Parade de la victoire.png

Yevgueni Korneyev, « Parade de la victoire »

  • Le billet « Conjectures sur l’évolution des cours du pétrole » du 10 mars 2017 devrait certes être complété ; tel quel il devrait vous permettre de mieux comprendre certains enjeux : 1/ indexation pure et simple dans la durée de la « croissance », et du détail de notre vie, même la plus « virtuelle », sur l’accroissement de la consommation d’énergie – nous vivons tous comme si nous disposions de centaines d’esclaves peu coûteux, car il faudrait des centaines d’hommes pour produire par le seul usage de leur corps l’énergie dont nous avons ou croyons avoir, chacun, besoin chaque jour… – ; 2/ tempérament que la considération du Taux de Retour Énergétique conduit à apporter à celle du volume des réserves [il n’y a pas seulement, perspective dans une certaine mesure évidente, mais appelant pourtant la plus grande circonspection, l’horizon d’un peak oil – et de nombreux autres peaks –, il y a celui aussi de la moindre facilité technique et par suite possibilité économique de l’extraction et de la commercialisation [vous rencontrerez des auteurs stimulants, des penseurs de la « Seneca Cliff », telle Gail Tverberg – ou Ugo Bardi] – ; 3/ des aspects de moindre importance dans la longue durée, mais méritant la considération – ainsi l’interaction entre telle parité monétaire et tel cours, la corrélation inversée ainsi du dollar et du baril – quand le dollar baisse, le baril, en principe, monte, même si ce n’est pas toujours strictement le cas, nous l’observons en ce début de février après une période au cours de laquelle, par contre, la corrélation s’est vérifiée [il faut dire que le marché du pétrole, en attente encore de la « dédollarisation » que souhaitent certains, recourt pour l’essentiel au dollar], etc.

 

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K. Antonov, « Les vainqueurs »

  • Bien qu’inachevés, comme d’autres, les deux billets « Quelques cartes […] » de février 2017 sont – tels quels – tout à fait importants ; ils n’apprendront que peu à ceux qui ont quelques connaissances historiques, mais ils ne manqueront pas de surprendre les autres

 

  • Le discours inaugural de M. Trump [billet du 24 janvier 2017] mérite bien sûr votre attention ; de M. Trump – et des grands acteurs de son « administration » –, nous aurons certes l’occasion de parler très souvent ; faisant partie de ceux qui redoutaient fortement le bellicisme affiché de Mme Clinton, j’espérais que M. Trump, malgré ses non moindres défauts, serait en mesure – comme il l’annonçait pendant sa campagne – d’infléchir un peu la politique néolibérale et néoconservatrice des Etats-Unis ; je crois, à la différence d’autres commentateurs, qu’il est tout à fait vain d’espérer aujourd’hui encore que ce puisse être le cas – retenons notre souffle !

 

  • « De quoi Fidel est-il le nom ? », billet du 4 décembre 2016, gravement incomplet certes, constitue pourtant, à mon sens, une utile introduction à l’histoire des relations interaméricaines comme à l’esprit de l’action internationale des États-Unis. Je ne détaille pas davantage, mais je vous invite à prêter beaucoup d’attention à ce texte dont je pourrais dire que notre temps manifeste, même s’il évoque des heures souvent lointaines, la pénible actualité.