« […] le culot des correcteurs j’en peux plus » [M1]

Hélas, il se confirme que parviennent en M1 de droit public des étudiants mal formés, incapables, si je les lis bien, de comprendre, simplement, des notes. Fort mal élevés de plus. [Voir annexe ci-après]

1) La copie présentée ne laisse aucun doute sur un point. Il y a bien eu double correction.

2) Voici mon commentaire : « écriture » très difficile. Peinant exagérément à vous lire – déchiffrant des bribes – mais jugeant votre plan peu satisfaisant, je vous mets 10/20.

Observation : je vous donne donc la moyenne lorsque je vous lis difficilement ; je me montre ainsi plus généreux que vous, puisque vous me sanctionnez, semble-t-il, par une note éliminatoire, à laquelle vous souhaitez donner la plus grande publicité, lorsque mon commentaire vous semble obscur.

3) Harmonisation ? Mais qu’ont donc fumé les commentateurs malveillants de ma correction ?

Le premier correcteur, M. Montay, a donné un 8 sur 20 ; le second correcteur, moi-même, auteur du cours, ai jugé que la difficulté qui était la mienne à lire la copie devait plutôt profiter, au regard de ce que j’en comprenais, à l’étudiant ; j’ai donc porté la note à 10 sur 20.

Note finale : 10/20 et par suite 5/10. Il se trouve que j’ai commis une erreur – je pensais, notant sur 20, que la note devait être portée sur 10. Le service a rectifié cette erreur et a jugé bon de me faire la leçon. L’on vit décidément dans un monde merveilleux…

Où est, s’il vous plaît, la difficulté ?

4) Voulez-vous une nouvelle correction ? La chose sera simple. Il suffira que vous m’adressiez un courrier à mon domicile : Professeur Rials, Lombardie, Place de l’Église, 60250 Hondainville.

Vous joindrez, s’il vous plaît, une copie à peu près propre de votre dissertation.

Et aussi un mot par lequel vous accepterez, le cas échéant, une note moindre, ce qui sera peu évitablement le cas.

Je dois vous avertir en effet que j’ai mis des notes imméritées par pure indulgence. Je considère en particulier que toutes les copies auxquelles j’ai alloué autour de 5/20 valaient purement et simplement zéro, faute de la moindre pertinence. Je me tiens prêt à le démontrer publiquement si vous le souhaitez : ce serait très formateur.

5) La vérité est que la plupart d’entre vous n’ont pas travaillé. D’ailleurs, sur 160 étudiants inscrits, une étroite cinquantaine seulement sont venus à peu près régulièrement aux cours, l’effectif descendant parfois au-dessous du quart dans les dernières séances, ce qui explique d’ailleurs certainement que le sujet le plus simple, explicitement conseillé par moi, véritable sujet de cours, n’ait été choisi que par une poignée d’entre vous. Tels de mes amis qui s’occupent de vous au deuxième semestre m’indiquent que votre comportement est inchangé.

Tout cela est désolant. J’enseigne depuis 1975 et vous parvenez à me surprendre. Je n’ai lu qu’une dissertation vraiment fine. C’est peu. Cela ne m’était jamais arrivé en maîtrise.

Si vous souhaitez que nous donnions plus de publicité à toute cette affaire, cela ne me dérange pas, dois-je le préciser ? Je redoute simplement que cela ne suggère que, à l’âge du néolibéralisme triomphant, la filière de droit public ne soit la victime à peu près obligée d’un processus de contresélection. Faut-il l’ébruiter ? C’est à vous d’en juger. A moi, cela est égal : de toute façon, votre absence de travail pour la plupart, vos très nombreuses mauvaises copies, cette ultime pantalonnade enfin, me laisseraient désespéré si je n’étais pas tout espérance [comme il faut l’être, j’imagine, pour passer une vie entière à enseigner].

Qu’ajouter, qui ne soit effroyablement désobligeant pour vous ?

Pr Stéphane Rials

 

ANNEXE :

 

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