Examen RI – juin 2018

Quelques-uns peinant à bien saisir l’articulation des modalités de correction, les voici explicitées, telles que je les ai communiquées au service chargé de traiter informatiquement les fiches :

Modalités de correction :

– diviseur : 4 au lieu de 5

– élévation au demi point supérieur

– un point de plus – sur dix – sera mécaniquement donné à ceux qui auront obtenu 28 coefficients ou davantage sur 50

exemple :

soit une copie comportant 29 réponses « bonnes »

1/ avec le diviseur de « droit commun »,

29 : 5 = 5,8

2/ avec le diviseur retenu, c’est-à-dire 4 :

29 : 4 = 7,25

3/ et donc 7,5 après élévation au demi point supérieur

4/ puisque 28 ou plus réponses « bonnes », un point sur dix ajouté

Par conséquent la note finale sera de 8,5

Vous comprendrez de même qu’il suffit d’avoir 19 réponses satisfaisantes sur cinquante pour obtenir la moyenne [par élévation de 4,75 à 5]

 

 

 

L1 – Relations internationales

Cours du Professeur Rials

Examen de juin 2018

  

NB : le corrigé sera installé après l’examen sur le site assasri.wordpress.com

 

Les modalités de la notation ont été précisées, en particulier dans le billet de correspondance du 24 mai

 

CARTES

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CARTE 1

 

Question 1

Une question peu surprenante, j’imagine : quel nombre désigne la Transnistrie ou Pridnistrie ? [le choix du nom n’étant pas indifférent d’ailleurs]

A 1

B 2

C 4

 

Question 2

Laquelle de ces réponses vous paraît le mieux convenir ?

A 4 désigne la Gagaouzie, 2 la Moldavie, 3, la Bulgarie

B 4 désigne la Transnistrie, 2 la Gagaouzie, 3 la Moldavie

C 4 désigne l’Ukraine, 2 la Moldavie, 3 la Roumanie

 

Question 3

L’une des réponses suivantes est inexacte – laquelle ?

A 9 désigne la Russie, 11 la Mer Noire, 10, la Mer d’Azov

B 5 désigne la Serbie, 6 la Hongrie, 7 la Biélorussie

C 5 désigne la Hongrie, 6 la Slovaquie, 7 la Pologne

 

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CARTE 2

[Les deux questions qui suivent ne sont qu’apparemment longue du fait de l’exposé des motifs de l’étrange pérégrination ; considérez ce qui est souligné]

 Question 4

Trafiquant d’armes de haut vol, poursuivi par des tueurs lancés à vos trousses par de redoutables concurrents tchetchéno-kosovars, vous êtes enfin parvenu en un lieu que vous situerez sur la carte au milieu du chiffre 4 ; c’est là, à trente kilomètres environ à l’ouest du grand lac de Kossou [situé au-dessus de Yamoussoukro], que vous avez mis à l’abri un ULM [= un aéronef ultraléger motorisé] particulièrement « performant » et jouissant d’une extraordinaire autonomie de vol. Vous souhaitez aller vous mettre à l’abri dans un camp situé dans la région de Zaria, à deux centimètres, sur la carte, au nord-est du chiffre 9, chez vos grands amis du groupe Boko Haram – ceux-ci vous réserveront bon accueil car ils sont persuadés que vous êtes allé ces derniers temps exercer vos multiples talents dans les rangs de la succursale de l’État islamique au Khorassan. Vous ne voulez pas prendre la voie la plus directe, pour un motif que vous n’avez confié à personne – et que j’ignore donc hélas –, mais voler en ligne droite du point 4 au point 8, puis du point 8 à la région de Zaria. Quels pays allez-vous successivement survoler, en incluant le pays de départ et celui d’arrivée :

A La Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Mali, le Tchad, le Niger

B Le Ghana, le Mali, le Bénin, le Mali, le Niger, le Cameroun

C La Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Togo

D La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Ghana, le Burkina Faso, le Niger, le Nigéria

 

Question 5

Finalement, votre intuition infaillible vous recommande de quitter vos bons amis islamistes en abrégeant les adieux [vous avez il est vrai esquissé un signe de croix en découvrant un charnier, et vous avez eu beau éclater de rire, ce geste « associationniste » [au sens du chirk], si redoutablement spontané, semble les avoir rendu [très] soupçonneux [et les hommes de Boko Haram ne restent jamais bien longtemps soupçonneux]. Vous partez à la faveur de la nuit obscure, abandonnez votre ULM, gagnez à pied, à trois cents kilomètres à l’ouest, le fleuve Niger et, volant une pirogue, le descendez jusqu’à la mer. Par bonheur, vous avez conservé votre téléphone satellitaire et vous avez pu prendre langue avec un vieux camarade de la rue d’Assas, Gontran Malaparte, qui n’a pas voulu devenir notaire avec monsieur son père, et a fini pirate dans le golfe de Guinée ; il a souvent transporté pour vous des stocks d’AK47 et d’autres violentes, mais parfois utiles, babioles ; il vous prend à bord au large des bouches du Niger – disons : à un centimètre et demi sous l’intersection de la côte et du bord droit de la carte. Cette vieille branche n’a pas changé : il boit toujours comme un templier ; vous êtes trop bien élevé pour ne pas faire de même. Ivres, vous engagez une intéressante discussion : il vous assure qu’il fait route vers le Sénégal où il doit livrer un stock de cent lingots d’or d’un kilo, et il vous montre obstinément la côte du pays désigné par le numéro 3 ; vous lui dites d’une voix que vous sentez pâteuse qu’il ne s’agit pas du Sénégal, mais du Libéria ; une sorte de splendide « James Bond Girl », s’exprimant avec un net accent russe, et dont vous ignorez et la fonction à bord et les qualifications géographiques, pointe un index sur le numéro 2 et tranche de façon péremptoire : « Voici le Sénégal, bien reconnaissable à l’enclave de la Gambie ! » Vous retiendrez la proposition satisfaisante :

A 2 est bien le Sénégal

B 3 n’est pas la Guinée

C 3 est le Libéria

D 2 est le Sahara occidental

E 3 est bien le Sénégal

F 3 n’est pas la Guinée, mais la Guinée-Bissao

 

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CARTE 3

 Question 6

Avec vos mains ou un bout de papier, ou une règle bien sûr – peu importe –, vous déterminerez laquelle des propositions suivantes est inexacte [il va de soi que vous procéderez à « vol d’oiseau », et que, entre deux pays, vous considérerez la distance la moindre possible]

A Le Kirghizistan est plus près de l’Iran que le Qatar ne l’est du Pakistan

B Le Tadjikistan est plus près de la Russie que de l’Irak

C Le Koweït est plus près de l’Arménie que de l’Afghanistan

D La Syrie est plus éloignée de la Russie qu’Oman ne l’est du Turkménistan

E Les Émirats Arabes Unis sont moins près de l’Azerbaïdjan que l’Irak ne l’est de l’Ouzbékistan

 

Question 7

L’étendue d’eau désignée par le nombre 16 est

A Le Lac Baïkal

B Le Lac Balkhach

C La Mer d’Azov

D La Mer d’Aral

E Le Lac Balaton

F Le Lac Ladoga

 

DATES

Question 8

La Croatie et la Slovénie ont déclaré leur indépendance, avec les encouragements en particulier de l’Allemagne, qui reconnaîtra bientôt les régions sécessionnistes, et des effets considérables et douloureux pour près d’une décennie – et dans une certaine mesure jusqu’à aujourd’hui –, le 25 juin

A 1989

B 1993

C 1991

D 1995

 

Question 9

Ce que l’on appelle [en ne tenant pas compte du terrible et long conflit irako-iranien antérieur] première Guerre du Golfe, ou première Guerre d’Irak, ou encore guerre du Koweït, a eu lieu en

A 1990-1991

B 1988-1989

C 1992-1993

D 2003

 

Question 10

L’euro est devenu la monnaie d’un certain nombre de pays de l’Union européenne le 1er janvier

A 1998

B 2000

C 2004

D 2002

 

Question 11

Évoquons l’un des pires scandales démocratiques de l’époque. La ratification du nouveau traité de Rome portant constitution pour l’Europe a été sévèrement rejetée en France [notamment] par un référendum ; les effets de ce rejet ont été peu à peu effacés par un traité, à l’initiative en tout particulier de M. Sarkozy – le traité de Lisbonne – ratifié seulement par la voie parlementaire. Ces événements se sont successivement passés en… [je porte à chaque fois, successivement, les dates supposées de la signature de Rome II, du large rejet populaire français, de la signature de Lisbonne, de la ratification parlementaire française de Lisbonne, de l’entrée en vigueur – vous sélectionnerez s’il vous plaît le bon ensemble de réponses]

A 2007/2008/2009/2010/2010

B 2004/2005/2007/2008/2009

C 2002/2003/2008/2009/2011

D 1999/2001/2007/2008/2008

 

Question 12

Comment, en ce moment, n’évoquer pas la « bande de Gaza » ? Comme vous le savez certainement, c’est Ariel Sharon qui a souhaité, pour des motifs divers, que Tel Aviv se désengage de ce territoire surpeuplé, tout en conservant la maîtrise totale des frontières et des espaces aérien et maritime gazaouis. Son plan a été 1/approuvé par la Knesset puis 2/mis en œuvre, respectivement en

A 2000 et 2002

B 2004 et 2005

C 2013 et 2014

D 2008 et 2009

 

FILMS

Question 13

Le film « L’ami américain » [parfois connu comme « De Gaulle vs Kennedy »], de M. Patrick Jeudy, montre en particulier [cochez, je vous prie, la réponse qui convient – au regard bien entendu de ce qu’indique le film]

A que des personnages éminents de notre République – jusqu’à un ancien président du Conseil, passant pour une « grande conscience » – « renseignent » les Étatsuniens

B que la grande difficulté de se renseigner tint, pour Washington, à l’impossibilité qui fut la sienne – splendeur sans égale de notre patriotisme ! – de trouver un seul Français pour livrer quelque information que ce fût sur quelque sujet que ce fût

C que le décalage technique entre les États-Unis et la France eut pour effet que les premiers purent espionner sans aucune difficulté l’Élysée et les autres lieux de pouvoir, sans que les services français fussent même en mesure de s’en apercevoir ; le film montre assez longuement la façon dont pas un mot ne fut prononcé ici qui ne fût enregistré magnétiquement et presque instantanément transmis aux autorités washingtoniennes

 

Question 14

Le film « Inside the Coup. The Revolution will not be televised », de Mme Kim Bartley et M. Donnacha o’Briain, tourné dans des circonstances tout à fait imprévisibles – l’équipe est arrivée à Caracas quelques mois avant le « coup » – est saisissant du fait de ce qu’il montre de façon éclatante [vous voudrez bien écarter la réponse inappropriée] :

A les médias locaux dans les mains du Capital pour l’essentiel, relayant une incroyable manipulation [la scène du pont]

B les médias étrangers – ici étatsuniens – hostiles au populisme progressiste chaviste et désinformateurs, à l’image des gouvernants nordaméricains [voir M. Colin Powell, quelques mois avant l’atroce mensonge de la petite fiole du Conseil de sécurité – précédant la sauvage agression contre l’Irak –, se dire « préoccupé », cela frappe !]

C l’appui impressionnant de la hiérarchie catholique au gouvernement populaire, selon le principe de l’ « opción preferencial por los pobres » de la fameuse, même si déjà déclinante alors, « teología de la liberación »

D une bourgeoisie compradore que j’ai fini par dire, l’an dernier, « risienne » [de Dino Risi, avec ses « mostri »]

E le rôle de la CIA si l’on suit les proches du Comandante [mais ce rôle est si documenté en général qu’il ne viendrait à personne l’idée saugrenue de le minimiser]

F Le soutien d’un syndicaliste rallié à l’accaparement du pouvoir politique par le patronat carmoniste [du nom de Pedro Carmona Estanga]

 

Question 15

Le film « Afghanistan. Le prix de la vengeance », de MM. Éric de Lavarène et Alberto Marquardt, évoque notamment un sujet qui est supposé préoccuper les autorités occidentales : celui de la drogue, de la production de ses ingrédients, de son trafic et de sa consommation. Parmi les propositions suivantes, laquelle jugez-vous inadaptée ?

A Les talibans, pour l’essentiel des musulmans rigoristes pachtounes, avaient sévèrement lutté contre la culture du pavot

B au point de se nuire politiquement du fait de cette action

C tandis que leurs adversaires, les Seigneurs de Guerre du Nord, prospéraient souvent par la production du pavot, dont la commercialisation leur donnait les moyens financiers de la puissance en particulier militaire

D la CIA ne cherchant nullement à dissuader une telle activité illicite, puisqu’elle a été dans la durée, ainsi que l’a notamment montré le Pr McCoy, cité dans le blogue, l’un des grands trafiquants de drogue du monde, puisant dans cette activité en particulier des ressources pour certaines opérations

E si bien que les seuls champs de pavots afghans ont permis, à la suite de l’intervention de la coalition étatsunocentrée, de pourvoir à près de la moitié de la consommation mondiale d’héroïne [correction = bien davantage en réalité, possiblement 90%]

 

Question 16

Le film « Les États-Unis à la conquête de l’Est », de Mme Manon Loizeau, évoque, comme vous le savez, la technique étatsunienne de « Regime Change », connue comme « révolution de couleur » ou « révolution colorée ». Dans la liste suivante, quelle « révolution » n’a finalement pas abouti ?

A Serbie

B Géorgie

C Ukraine

D Kirghizistan

E Biélorussie

 

Question 17

Le film « Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées », de Mme Frédérique Longuet-Marx, nous apprend que le Daghestan comprend [vous retiendrez s’il vous plaît la « bonne » réponse – celle en tout cas suggérée en plusieurs temps par le film]

A seize ethnies, mais parlant presque toutes l’avar

B quatre grandes nationalités presque exclusivement russophones

C quatorze nationalités reconnues mais trente-deux ethnies distinctes parlant chacune leur langue, ce qui rend indispensable le recours au russe

 

Question 18

Dans le film « The War you don’t see », de M. John Pilger, attardons-nous un instant sur les terribles premières images. Je ne sais si vous avez pris le temps de les documenter – c’est assez aisé en ligne [où, d’ailleurs, est produite une version longue]. Délibérément, le 12 juillet 2007, depuis un hélicoptère Apache, des soldats étatsuniens assassinent des civils au Chain Gun M230 30mm : dix-huit morts. Ces images – atroces et évidemment banales – n’ont été connues qu’en 2010, grâce à Chelsea Bradley-Manning et à Wikileaks [dont l’héroïque fondateur, M. Julian Assange, est victime d’une effrayante persécution]. Où se trouve-t-on ?

A à Kaboul [Afghanistan]

B à Belgrade [Serbie]

C à Beyrouth [Liban]

D à Tripoli [Libye]

E à Alep [Syrie]

F à Bagdad [Irak]

 

Question 19

Le film « La France en face », de M. Jean-Robert Viallet [inspiré par les travaux des nouveaux « géographes sociaux », en particulier de M. Christophe Guilluy], évoque, selon ses termes [vous écarterez s’il vous plaît la réponse la moins adaptée],

A la France « périphérique », la France des « fragilités sociales », la France « à l’écart », la France « des invisibles », les territoires « en déprise »…

B la nouvelle misère des campagnes et l’uniforme aisance des territoires urbanisés

C la « métropolisation » comme corollaire de la « mondialisation »

D la « gentryfication », avec son « processus de mise à l’écart », ses effets de périphérisation des classes pauvres, dans les « vingt-cinq métropoles » de plus de trois cent soixante-dix mille habitants ; la périphérisation s’inscrit dans une dynamique qui affecte profondément le tissu urbain des grandes villes, dans lesquelles un processus de récupération néobourgeoise des lieux et jeux symboliques populaires a pour effet d’accroître encore le procès de dépossession

E l’impossibilité humaine, et même matérielle, de la mobilité géographique qu’exigent de la part des plus faibles les nouveaux dominants [de quel autre bien pour la plupart jouissent-ils, pour l’achat duquel ils sont souvent endettés jusqu’au cou, qu’une modeste maison qui, du moins, les maintient à l’abri tandis qu’ils vivotent de « petits boulots » ?]

F la conscience par les classes populaires et toutes les victimes de l’évolution en cours de la révolution, disons « néolibérale », qui s’est consommée et s’amplifie – conscience sociale, et peu à peu politique

 

Question 20

« La Chine à la conquête de l’Ouest », de M. Laurent Bouit évoque les « routes de la soie ». Celles-ci sont présentées en général comme la simple reviviscence de routes commerciales antérieures ; elles revêtent ainsi un caractère apaisant car, au fond, traditionnel. En considérant bien entendu aussi le cours oral et le blogue, laquelle des propositions suivantes vous paraît la moins persuasive ?

A Pour des motifs qualitatifs et quantitatifs, la « One Belt One Road Initiative » [OBOR ou BRI] n’a rien à voir avec les antiques routes de la soie, qui ne furent évidemment jamais cet « axe du monde » que suggère un intervenant ; une telle habile invocation a simplement permis de construire un mythe persuasif

B Il n’y a tendanciellement pas de projection de routes – terrestres ou maritimes – sans projection de puissance, ne serait-ce que pour assurer la sécurité des routes, tout particulièrement dans les pays dangereux d’Asie centrale

C La projection de puissance est d’abord interne à la Chine et s’accomplit aussi comme projection de population Han parmi les ouïghours turcophones musulmans de l’immense Xinjiang [Turkestan oriental], qu’il s’agit de contrôler, et dont on veut bloquer une possible radicalisation indissociablement nationale et religieuse

D Les routes de la soie ne sauraient ne pas manifester surtout, comme toujours, le caractère intrinsèquement porteur d’équité, pacificateur et même civilisateur du commerce ; elles permettront le rapprochement des peuples par un développement sans précédent du tourisme en Eurasie

E Il n’est nullement certain – et le film illustre assez bien cet aspect – que de nombreuses créations d’emploi accompagnent le ruban de la route ; il n’est pas impossible par contre qu’elle permette que la Chine, au regard de ses besoins, poursuive sa politique d’achats massifs de terre

 

 

COURS ET ANNEXES

 

Question 21

Combien y a-t-il de pays dont la population dépasse ou tourne autour de cent millions d’habitants ?

A Autour de trente

B Autour de quinze

C Autour de cinq

D Autour de dix

E Une vingtaine

 

Question 22

Parmi les pays de la liste proposée en ligne – celle des vingt-cinq pays les plus peuplés à cette heure –, quatre connaissent un taux de fécondité supérieur – parfois nettement – à quatre, et devraient donc voir leur population continuer à croître rapidement en principe. Lesquels ?

A Chine, Inde, Pakistan, Indonésie, Brésil

B Égypte, Philippines, Afrique du Sud, Japon

C Éthiopie, Tanzanie, Nigéria, République Démocratique du Congo

D Vietnam, Turquie, Bangladesh, Mexique

 

Question 23

Concernant les parités monétaires, laquelle des propositions suivantes vous paraît-elle injustifiable ?

A Depuis un an et demi, l’euro s’est significativement apprécié par rapport au dollar, mais depuis quelques semaines cette évolution a commencé à s’inverser assez nettement

B Dès avant le référendum sur le « Brexit » du 23 juin 2016, la livre, qui s’était notablement appréciée par rapport à l’euro au cours de l’année 2015, avait commencé à fléchir ; ce mouvement s’est amplifié par la suite, mais la parité est désormais stable, avec une livre faible et un euro trop fort

C La forte crise, d’un point de vue russe en tout cas, de 2014, associant à la chute des cours des hydrocarbures le début d’une déferlante croissante de sanctions, s’est traduite par un très important fléchissement du rouble, lequel, après des mouvements de grande amplitude, a culminé à l’extrême fin de 2015 et au début de 2016 avant que la situation ne s’apaise, mais sans retour aux parités antérieures et non sans que [si l’on veut bien considérer aussi le fléchissement du dollar par rapport à l’euro depuis le début de 2017] la monnaie russe ne donne le sentiment, au moins depuis un an, d’une certaine faiblesse

D Lorsque la parité du dollar se dégrade par rapport à l’euro, lorsque, comme l’on dit, le dollar « baisse » par rapport à l’euro [= lorsqu’avec une même somme en dollars, on achète moins d’euros ; ou lorsqu’avec une même somme en euro, on achète plus de dollars], une dégradation de la parité du rouble par rapport au dollar se traduit, dans le même temps, mécaniquement, par une appréciation du rouble vis-à-vis de l’euro

 

Question 24

Lequel des pays suivants a-t-il les plus grandes réserves de pétrole prouvées ?

A Venezuela

B Chine

C Russie

D Brésil

E Nigéria

 

Question 25

Parmi les propositions suivantes, laquelle écarteriez-vous sans hésitation ?

A Les dépenses militaires de l’Inde, rapportées à la population de ce pays, sont modestes

B Le fléchissement des cours des hydrocarbures a fini par conduire l’Arabie séoudite à modérer un peu ses dépenses militaires

C Les dépenses militaires de la France, pourtant un peu insuffisantes au regard des choix effectués, sont malgré tout les premières de l’Union européenne

D Les dépenses militaires d’Israël sont régulièrement un peu supérieures à celle de l’Iran ou du Pakistan, mais inférieures désormais à celles, croissantes, de la Turquie

E La Chine est le seul pays dont les dépenses militaires montent à plus de la moitié des dépenses militaires étatsuniennes

 

Question 26

Voici trois propositions assez fameuses et qui, même si elles ne sont pas forcément si persuasives que cela, ont continué à beaucoup frapper certains esprits jusqu’à l’époque la plus contemporaine, non sans doute sans effets sur les choix stratégiques des uns ou des autres :

« Qui contrôle l’Europe de l’Est contrôle le Heartland ;

Qui contrôle le Heartland contrôle l’Île Monde ;

Qui contrôle l’Île Monde contrôle le monde »

À qui les attribuez-vous ?

A Alfred Thayer Mahan [1840-1914]

B Friedrich Ratzel [1844-1904]

C Zbigniew Brzezinski [1928-2017]

D Halford John Mackinder [1861-1947]

E Raymond Aron [1905-1983]

 

Question 27

Question à laquelle une réponse fausse est impossible. Lequel convient-il de choisir entre ces jugements rudimentaires?

A Le cuirassé s’est affirmé dans le dernier tiers du XIXe siècle, s’est renouvelé au début du XXe, a semblé culminer dans ses capacités à l’approche du second conflit mondial, a démontré à l’occasion de ce dernier sa vulnérabilité, appartient aujourd’hui à l’histoire de la puissance navale

B Le porte-avions a manifesté son importance désormais décisive à l’occasion de cette même Seconde Guerre mondiale, et il a été l’instrument principal de la domination étatsunienne depuis lors, en autorisant à Washington des capacités de projection sans équivalent, dès lors du moins qu’il ne se heurtait pas directement à un adversaire de première grandeur

C Ces deux jugements, nullement inconciliables bien sûr, méritent d’être retenus

D Ces deux jugements ne présentent pas beaucoup d’intérêt car, depuis Trafalgar, la marine ne joue vraiment plus aucun rôle dans les destinées du monde

 

Question 28

En 2018, combien d’États comprend l’OTAN [Organisation du Traité de l’Atlantique Nord] ?

A 29

B 34

C 19

D 15

E Évidemment 23 puisque l’OTAN est, par définition, composée, en dehors des Etats-Unis, des 28 États de l’Union européenne à l’exception de ceux dont le statut, de neutralité ainsi, interdit une telle appartenance [Suède, Finlande, Autriche, Irlande, Malte], ou de Chypre, dont la situation est particulière

 

Question 29

Quels sont les « membres permanents » du Conseil de Sécurité des Nations Unies, disposant du « droit de veto » ? [Cochez s’il vous plaît la réponse fausse]

A Chine

B Inde

C États-Unis

D Russie

E France

F Grande-Bretagne

 

Question 30

J’ai donné il y a deux mois, dans l’un des billets, une assez longue analyse d’une magnifique décision de la Cour Internationale de Justice, à laquelle on ne saurait ne pas songer chaque jour davantage depuis des années. Elle donne un véritable cours de droit international public – ce droit qui se trouve aujourd’hui continuellement bafoué par les puissances impérialistes atlantiques ; elle administre ainsi une magistrale leçon d’interprétation des principes de la charte des Nations-Unies, dont on peut considérer que, au moins depuis 2003, elle est traitée comme un pur et simple « chiffon de papier » [selon l’expression du chancelier Theobald von Bethman Hollweg à un autre propos] par les Etats-Unis et leurs alliés. Je ne peux m’attendre à ce que vous ayez travaillé ce texte à fond ; vous le ferez en troisième année avec le Pr Alland, le meilleur maître qui soit ; mais j’espère que vous en avez retenu, dans un coin de votre mémoire, le nom.

Vous ne pouvez avoir de doute, puisque je n’ai cité longuement qu’une décision – mais je reporte quelques lignes malgré tout, pour la « scientificité » de la chose [soulignant ce qui pourrait remémorer la chose aux plus oublieux] : « […] ce principe [de non-intervention] interdit à tout État ou groupe d’États d’intervenir directement ou indirectement dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre État. L’intervention interdite doit donc porter sur des matières à propos desquelles le principe de souveraineté des États permet à chacun d’entre eux de se décider librement. Il en est ainsi du choix du système politique, économique, social et culturel et de la formulation des relations extérieures. L’intervention est illicite lorsque à propos de ces choix, qui doivent demeurer libres, elle utilise des moyens de contrainte. Cet élément de contrainte, constitutif de l’intervention prohibée et formant son essence même, est particulièrement évident dans le cas d’une intervention utilisant la force, soit sous la forme directe d’une action militaire soit sous celle, indirecte, du soutien à des activités armées subversives ou terroristes à l’intérieur d’un autre État. […] le principe de non-intervention […] perdrait assurément toute signification réelle comme principe de droit si l’intervention pouvait être justifiée par une simple demande d’assistance formulée par un groupe d’opposants dans un autre État […]. On voit mal en effet ce qui resterait du principe de non-intervention en droit international si l’intervention, qui peut déjà être justifiée par la demande d’un gouvernement, devait aussi être admise à la demande de l’opposition à celui-ci. Tout État serait ainsi en mesure d’intervenir à tout coup dans les affaires intérieures d’un autre État, à la requête, tantôt de son gouvernement, tantôt de son opposition. » La décision dans laquelle j’ai puisé ces quelques lignes est dite

A Afghanistan c. États-Unis d’Amérique

B Côte d’Ivoire c. France

C Nicaragua c. États-Unis d’Amérique

D Irak c. États-Unis d’Amérique

E Ukraine c. Fédération de Russie

 

Question 31

Au mois de mai 2018, laquelle de ces propositions concernant les titulaires, aux Etats-Unis, des grandes fonctions intéressant nos affaires, vous paraît-elle inexacte ?

A Le vice-président est M. Michael Richard [Mike] Pence

B Le conseiller à la sécurité nationale est le lieutenant-général Herbert Raymond McMaster

C Le secrétaire d’État est M. Michel Richard [Mike] Pompeo

D Le secrétaire à la Défense est le général James Norman « Mad Dog » Mattis

E La directrice de la CIA est Mme Gina Haspel

F La représentante permanente auprès des Nations Unies est Mme Nikki Haley

 

Question 32

Lorsque celui qui – pour des motifs historiques fort construits – se désignait comme Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al Hachemi al-Quourachi [chaque terme de ce nom mériterait commentaire] a proclamé le califat dans la grande mosquée de Mossoul [détruite depuis par ce même Daech qui avait tiré un tel rayonnement de cette proclamation], le 29 juin 2014, il songeait peut-être au dernier représentant du califat avant lui. Qui fut celui-ci ?

A Le califat fut une institution tout à fait éphémère permettant à la communauté des croyants de supporter la disparition du prophète de l’Islam en 632 de notre ère. Il n’y eut ainsi, de 632 à 661, que quatre califes – dits Rachidoun, bien guidés. Le calife, d’ailleurs, étymologiquement, est simplement le « successeur » ; il est bien compréhensible que n’aient ainsi été réputés califes que les successeurs immédiats du Prophète [Abou Bakr, Omar, Othman, Ali]

B Abdülmecid II, cousin du dernier sultan ottoman, Mehmed VI, et appelé à le remplacer en 1922 lors de l’abolition du sultanat, déposé à son tour en 1924 lors de l’abolition du califat par Moustafa Kemal

C Après les Rachidoun, il y eut encore des califes dits omeyyades ; ils régnaient à Damas, mais ils se transportèrent à Bagdad, et le dernier, Abou Ahmed al-Moustasim périt en 1258, lorsque les Mongols – qui allaient se convertir à l’islam mais ne l’étaient alors que très minoritairement –, redoutant malgré tout de verser son sang, le cousirent dans un sac qu’ils firent piétiner par des chevaux

D Mais non ! Cet Abou Ahmed al-Moustasim fut bien le dernier calife, et fut bien mis à mort en 1258, mais il n’était point un omeyyade mais le dernier de ces abbassides qui avaient assassiné presque tous les rejetons de la dynastie omeyyade en 750, et transféré le califat de Damas à Bagdad

 

Question 33

Les Frères musulmans, dont nous avons examiné avec attention les « Demandes » [lesquelles d’ailleurs exigeaient – point 4 du I – qu’une « réflexion sincère et pratique » fût conduite en vue de la restauration du Califat, furent créés

A dans la péninsule arabique, en 1744, par Mohammed ben Abdelwahhab, lequel prit le titre califal, transmis à ses descendants de la famille des al ach-Cheikh, tandis que les al-Séoud – futurs rois d’Arabie séoudite – prenaient le titre sultanal malgré la vive protestation du sultan ottoman Mahmoud Ier « le Bossu »

B en Asie centrale, dans la région de Boukhara [actuel Ouzbékistan] dès le XIVe siècle de notre ère, par un certain Naqchband – et c’est la raison pour laquelle cette tariqa soufie est aussi appelée Naqchbandiyya

C à Damas, en 1947, par les fondateurs du baathisme, lesquels dissimulaient leur fondamentalisme religieux – tel qu’il s’exprimait justement dans cette confrérie des Frères musulmans – sous les dehors d’un parti ostentatoirement séculariste, le Baath ; avec sa légendaire perspicacité, le président Bush ne s’en est pas laissé conter et a renversé le président Saddam Hussein, en l’accusant à juste titre d’être proche d’al-Qaïda, tout comme ses successeurs s’acharnent à détruire le régime crypto-islamiste du président Bachar el-Assad

D en Égypte, en 1928, par Hassan al-Banna, instituteur et prédicateur

 

Question 34

Vous cocherez, s’il vous plaît, la réponse qui ne convient pas. Les accords Sykes-Picot, dont on va volontiers répétant qu’ils doivent être placés directement à l’origine des difficultés actuelles du Moyen Orient [MM Bush et Blair, et quelques autres, n’y sont pour rien, comme chacun le sait]

A accords secrets révélés ultérieurement par les bolcheviks

B mis en forme par deux représentants des gouvernements anglais et français

C signés en mai 1916 afin de procéder à la répartition de zones de contrôle et d’influence

D prévoyant, en cas de défaite de l’empire ottoman allié aux empires centraux

E de découper le Proche Orient, largement entendu, en cinq zones

F que l’on retrouve très exactement dans les frontières respectives d’Israël, du Liban, de la Jordanie, de la Syrie et de l’Irak contemporains

 

Question 35

Un homme politique fameux a prétendu encourager et justifier l’entreprise colonisatrice dans les termes suivants [texte porté dans le blogue et évoqué à deux reprises dans le cours – je souligne un fragment pour les plus inattentifs, qui ne sauraient, j’imagine, l’avoir oublié] :

« […] La politique coloniale, la politique d’expansion coloniale, est-elle, oui ou non, un système ? Si l’on entend par là je ne sais quelle passion d’étendre et de développer notre domaine colonial sans frein ni mesure, sans principe ni règles, en quelque sorte sans rime ni raison, poussés par je ne sais quel désir de batailles, d’aventures, de gloire facile, ah ! messieurs, ainsi conçue, la politique coloniale ne serait pas un système : ce serait un simple acte de démence.

« […] Voilà le programme de notre politique coloniale, et, ainsi conçue, c’est, en effet, une vue de politique systématique et qui […] repose tout à la fois sur des principes économiques et sur des intérêts, sur des conceptions humanitaires de l’ordre le plus élevé, et sur des considérations politiques…

[I] « […] la forme première de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante. [Annonce de II et III] Mais il y a une autre forme de colonisation : c’est celle qui s’adapte aux peuples qui ont, ou bien un superflu de capitaux ou bien un excédent de produits.

[II] « […] Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. […]

[III] « Mais, messieurs, il y a un autre côté plus important de cette question, qui domine de beaucoup celui auquel je viens de toucher. La question coloniale, c’est, pour les pays voués par la nature même de leur industrie à une grande exportation, comme la nôtre, la question même des débouchés.

[IV] « […] Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder […] : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. […] il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… […] il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures

[V] « […] je dis que cette politique d’expansion coloniale s’est inspirée d’une vérité sur laquelle il faut […] appeler un instant votre attention : à savoir qu’une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. L’ignorez-vous, messieurs ? Regardez la carte du monde…

[VI] « Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l’écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure toute expansion vers l’Afrique ou vers l’Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien, c’est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c’est descendre du premier rang au troisième et au quatrième.

« […] Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et, puisque l’expansion coloniale est le mobile général qui emporte, à l’heure qu’il est, toutes les puissances européennes, il faut qu’il en prenne son parti.

« […] [on ne saurait] proposer à [notre pays] un idéal politique conforme à celui de nations comme la libre Belgique et comme la Suisse […] ; […] il faut autre chose à [notre pays] ; […] elle ne peut pas être seulement un pays libre ; […] elle doit être aussi un grand pays, exerçant sur les destinées de l’Europe toute l’influence qui lui appartient, […] elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. »

Qui était-ce ?

A L’empereur Guillaume II

B L’amiral Alfred Mahan

C Jules Ferry

D Benjamin Disraeli

E l’adversaire de ce dernier William Gladstone

 

Question 36

L’article 22 du Pacte de la Société des Nations prévoyait, concernant les anciennes colonies allemandes ou possessions ottomanes, l’institution d’un mandat, d’ailleurs à géométrie variable, sur « des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficile du monde moderne », au titre d’une « mission sacrée de civilisation » ; il s’agirait « de confier la tutelle de ces peuples aux nations développées ». Vous sélectionnerez, s’il vous plaît, l’élément assurément inadéquat

A la France s’est vu confier en 1920 un mandat sur une région proche-orientale moindre que celle déterminée par les accords Sykes-Picot

B elle avait en effet perdu dès 1920 le contrôle de la partie anatolienne du découpage de Sykes et Picot du fait des conséquences d’un conflit plus large, dit « Guerre d’indépendance [ou de libération] » turque, conduit par Moustafa Kemal [avec l’effet d’une modification ultérieure, au traité de Lausanne de 1923, du traité de Sèvres de 1920]

C et renoncé à la région de Mossoul, dont les ressources en hydrocarbures semblaient significatives et qui était convoitée par Londres – titulaire du Mandat de Mésopotamie – pour elle-même et son protégé, le roi hachémite Fayçal, dont les prérogatives étaient fortement encadrées par un High Commissioner britannique [ce renoncement fut consommé immédiatement après la guerre dans une conversation entre Clemenceau et Lloyd George, qui aboutit aussi à placer la Palestine sous contrôle britannique]

D Elle créa immédiatement l’État du Grand-Liban, et, après avoir difficilement affirmé son pouvoir sur le territoire de l’actuelle Syrie, elle s’employa méthodiquement à le fragmenter en entités distinctes

E non sans rencontrer la résistance constante de patriotes syriens, parmi lesquels le grand-père du président syrien actuel, Ali Suleiman el-Wahch, lequel fut appelé par ses compagnons el-Assad, le lion.

F Ce mandat prendra fin fort heureusement dès 1937, lorsque le Front Populaire décidera que la France devait y renoncer ; mais notre pays, entendant bien curieusement les responsabilités d’une puissance mandataire, ne partira pas sans céder immédiatement à la Turquie kémaliste le sandjak d’Alexandrette [province de Hatay] dans l’espoir de sa neutralité dans le conflit qui s’annonçait

 

Question 37

Dans la malheureuse Syrie, les zones qui suivent demeurent toutes difficiles, voire extrêmement difficiles, dans le meilleur des cas instrumentalisées par les puissances atlantiques dans le propos de retarder la paix et le retour de la Syrie à sa pleine souveraineté sur un territoire intact. L’une de ces régions a pu toutefois être libérée par l’Armée arabe syrienne pendant les premières semaines de l’enseignement, et cesser d’être une menace constante pour la population de Damas

A la Ghouta

B Idleb

C Deraa et Quneitra

D Afrine

E la vaste zone située à l’est de l’Euphrate

F At-Tanf

 

Question 38

Il a beaucoup été question depuis sept semaines de la livraison par la Russie d’un système de missiles permettant de renforcer la DCA syrienne. L’on a appris finalement que cette livraison n’aurait pas lieu. [Et cela a manifesté l’extrême attention portée par M. Poutine aux objections de Tel Aviv, même pour ce qui concerne l’équipement purement défensif d’un voisin dont MM. Nétanyahou, Lieberman et quelques autres membres de leur équipe gouvernementale ont répétitivement affirmé tous ces derniers temps qu’Israël devait pouvoir le frapper à sa guise, selon une position dont on aimerait bien entendre les, certainement très originaux, « motifs de droit ».] De quel système de missiles s’agit-il ?

A Pantsir

B S-200

C Kalibr

D S-400

E S-300

F Tomahawk

 

Question 39

Il est une expression que ceux qui sont un peu attentifs auront rencontrée un certain nombre de fois cette année, dans le cours oral ou les billets : « Great Game », Grand Jeu. Laissons Kipling de côté ici – cette question simplement : qu’entend-on ordinairement par « Grand Jeu » ? [je dis bien = ordinairement et strictement, car, bien entendu, lorsqu’une expression plaît, et ce fut et demeure le cas de celle-ci, nombre d’auteurs peuvent être tentés – et ici certains le furent -, soit de lui donner de l’extension, soit même de la transposer analogiquement]

A L’affrontement « Ouest-Est » tel qu’il est issu en particulier de la « Guerre Froide »

B La rivalité maritime de l’Angleterre avec l’Espagne, puis la Hollande ou la France, avant que la première n’établît sa durable supériorité

C La longue rivalité, en tout particulier en Asie centrale, de l’Empire britannique et de l’Empire russe

D L’affrontement entre Rome et les Réformes à partir du XVIe siècle, puis celui de la Sh’ia Ali, du parti d’Ali – les chiismes donc – et du sunnisme wahhabite

 

Question 40

La question de l’eau [un pluriel serait préférable peut-être car il est des usages divers de l’eau] est l’une des plus redoutables qui soient posées à notre humanité tardive et nombreuse. Nous avons essayé d’élucider les termes d’une menaçante guerre de l’eau en particulier – redoutable, qu’elle éclate, avec des conséquences imprévisibles, ou qu’elle demeure contenue, mais avec des implications dont il est probable qu’elles soient de toute façon importantes. Vous retiendrez la réponse que vous jugerez la plus adéquate. Cette affaire concerne

A le Niger [fleuve], enjeu majeur, du fait de sa longueur, pour nombre d’États. Comme nous l’avons vu, le Mali et le Niger [pays] ont placé il y a quelques semaines leurs armées en état d’alerte, à la suite du refus par le premier de ces États de renoncer à l’édification de l’immense barrage dit de l’ « Arc Bambara ».

B le Nil [deuxième fleuve du monde – ou premier même selon certaines évaluations – par sa longueur] et met en cause l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte à propos du barrage « Renaissance » que la première est en train d’achever de construire sur le Nil Bleu [par distinction avec le Nil Blanc, situé plus à l’ouest, et plus long puisqu’en le remontant on atteint le lac Victoria, bordé par l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya – mais qui fournit, et de très loin, une bien moindre contribution aux eaux du Nil après la réuniflication des deux Nil à Khartoum]

C le Danube, dont la Serbie, submergée par les capitaux russes, veut détourner une partie notable des eaux, à des fins d’irrigation, vers la République de Macédoine et la Grèce, en dépit des protestations véhémentes de la Roumanie, de la Bulgarie et de l’Ukraine

D l’Amazone, monstre aquatique de près de sept mille kilomètres, probablement le plus long du monde – devant, de justesse, le Nil –, dont le bassin versant est de plus de six millions de kilomètres carrés [onze fois la surface de la France], le débit équivalent à celui des quatorze fleuves qui, par leur longueur, la suivent… Affaire tragique puisqu’elle place en contradiction deux biens, selon la notion même de la tragédie. Le projet de construction de l’immense barrage « Libertador » détournement d’une partie des eaux vers le Venezuela, dans le cadre de la Grande Entente Bolivarienne des Peuples Travailleurs pour le Développement portée par les actuels présidents brésilien [Luis Inácio Lula da Silva] et vénézuélien [Hugo Rafael Chávez Frias] a soulevé une immense révolte indienne conduite par de nombreux effectifs de la tribu Guajajara, lesquels se désignent comme « Los Guardianes de la Amazonia » et veulent protéger, si légitimement, « los pueblos no contactados »

E le Dniestr et elle oppose très sévèrement l’Ukraine et la Russie, la première contestant la construction par la seconde du « Grand Barrage Maréchal Staline », en vue de constituer une immense retenue d’eau dans la région de Koursk afin de redonner la priorité à l’industrie lourde, conformément au dix-septième plan quinquennal [c’est à propos de cette affaire, bien entendu, que M. Skripal et sa fille Ioulia ont été assassinés par le KGB ainsi que je l’ai longuement expliqué en cours]

 

Question 41

De Félix Houphouët-Boigny, l’on peut dire qu’il était [je vous prie de cocher la réponse que vous écartez]

A d’ethnie Akoué, rameau de l’ethnie Baoulé

B issu d’une notable famille de chefs de village et de propriétaires

C né dans un milieu animiste avant de se convertir au catholicisme dans un monde où l’islam demeurait très minoritaire et où l’évangélisme n’avait nullement effectué la percée qu’il fera de nombreuses décennies plus tard

D époux en premières noces d’une femme musulmane, mais d’une catholique en secondes noces

E diplômé de l’École de médecine de l’Afrique Occidentale Française, pépinière de cadres pour les pays issus de la décolonisation

F combattant de toujours pour une indépendance radicale, en faveur de la rupture la plus profonde avec la France, et adversaire décidé de la « Françafrique », selon une expression qu’il forgera et qui connaîtra un certain avenir

 

Question 42

De Félix Houphouët-Boigny, l’on peut dire encore qu’il fut [vous cocherez s’il vous plaît la réponse que vous écartez]

A un homme très critique des abus de la colonisation dans sa jeunesse

B après la Seconde Guerre mondiale, un important chef syndicaliste agricole

C un notable homme politique de la IVe République dont le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire puis le Rassemblement Démocratique Africain étaient d’abord affiliés au Parti communiste, moins par affinité très profonde que parce que le PCF était le seul parti anticolonialiste

D si bien que le RDA se rapprochera ensuite de l’UDSR, Union Démocratique et Socialiste de la Résistance, d’une gauche plus modérée

E continûment ministre de la IVe à partir de 1956 puis de la cinquième en 1958 et 1959

F si bien que la surprise fut immense lorsqu’il échoua à se faire élire président de la République de son pays au suffrage universel en 1960, devant laisser la place pour un mandat à Henri Konan Bédié et n’accédant ainsi à la présidence qu’en 1965

 

Question 43

Le président Laurent Gbagbo, victime assez assurée de la politique africaine de la France, dès le mandat présidentiel de M. Jacques Chirac, mais plus assurément encore pendant celui de M. Sarkozy, était

A musulman

B animiste

C catholique

D évangélique ou du moins « born again »

E anglican

 

Question 44

Dans la durée, l’islam ivoirien [vous cocherez la « bonne » réponse]

A a été forgé au plus haut point par les confréries soufies, et notamment, depuis plus d’un siècle, par la Mouridiyya, fondée en 1883 au Sénégal par le grand marabout mystique Amadou Bamba

B a été marqué par le pragmatisme d’un monde de commerçants et sensible à la tradition Souwari – du nom d’un lettré de l’Empire du Mali au XIIIe siècle, el Hadj Salim Souwari –, laquelle tendait à admettre le pluralisme religieux, à ne pas prôner le jihad [sauf intérieur], à ne pas aspirer à un islam politique et à ne pas chercher à imposer la Charia

C s’est affirmé comme un ibadisme, non du fait de l’influence directe d’Oman, terre d’élection de cette si ancienne orientation, mais par suite des prolongements de l’extraordinaire destin du général persan puis imam Abdelrahmane ben Roustam, lequel, après avoir traversé la Mer Rouge, fonda un important royaume au milieu du Maghreb, animé d’un islam tolérant ; cet ibadisme subsiste actuellement en Algérie dans le groupe berbère mozabite, mais rayonna aussi, par l’intermédiaire de commerçants, jusqu’en l’actuelle Côte d’Ivoire

 

Question 45

Le thème de l’ « ivoirité », tel qu’il a joué un rôle important dans la politique ivoirienne des années quatre-vingt-dix et deux mille, a été lié [vous cocherez la réponse qui convient]

A à l’extrême homogénéité ethnique et religieuse de la moitié sud de la Côte d’Ivoire, laquelle s’est considérée comme une Éburnie pleinement homogène

B au sentiment d’assez nombreuses personnes issue des régions de la forêt dense méridionale, plutôt chrétiennes ou animistes, que le monde musulman, plus dynamique démographiquement et économiquement, issu plutôt, soit du nord du pays, de la forêt claire et de la savane, avec ses très anciennes routes commerciales favorisant la mobilité des populations, soit d’une longue immigration [en partie favorisée, à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest, par l’âge colonial], souvent commerçant, et volontiers réputé dioula [dioula, en malinké = commerçant], très au-delà de l’appartenance de ses membres à la stricte ethnie dioula, n’était pas véritablement ivoirien, et que tel était en particulier le cas de M. Alassane Ouattara

C au succès remarquable, et très durable, particulièrement dans la moitié sud du pays, de deux livres fameux – très beaux – de Félix Houphouët-Boigny, étudiés en cours, Les variations baoulées, et Le testament de Yamoussoukro

 

Question 46

Quel était le nom du Burkina Faso avant 1984 ?

A Empire Songhaï

B Zaïre

C Haute-Volta

D Dahomey

E Empire Ashanti

 

Question 47

Le capitaine Thomas Sankara, porté à la tête du Conseil national révolutionnaire de son pays en août 1983, a été le guide de ce dernier pendant quatre ans avant d’être très probablement assassiné. Quel était ce pays lors de la prise du pouvoir ?

A La Haute-Volta

B La Côte d’Ivoire

C Le Mali

D Le Niger

E Le Ghana

 

Question 48

L’Arménie est un pays [vous éliminerez une réponse inacceptable]

A pour l’essentiel orthodoxe

B dans lequel la Russie dispose de l’une de ses seules bases à l’étranger, celle de Guioumri

C dont les relations avec l’Azerbaïdjan sont tendues à cause de l’affaire du Haut-Karabagh

D qui a été plongé ces derniers temps dans une crise politique dont certains ont considéré qu’elle évoquait les révolutions colorées

E dont la façade sur la mer Caspienne est étroite

 

Question 49

Le sabre [vous apaiserez un instant encore votre palefroi et cocherez la réponse qui ne vous agrée pas]

A peut être droit

B est arme autant d’estoc que de taille

C doit plutôt être utilisé par le cuirassier chargeant comme arme d’estoc que de taille [en dépit de ce qu’évoque le mot « sabrer »]

D passe pour avoir atteint une sorte de sommet d’équilibre avec le modèle réglementaire de l’an XI

E n’est pas évoqué une seule fois, très curieusement, dans l’extrait des Misérables que j’ai présenté sous le titre « Le chemin creux d’Ohain »

 

Question 50

Attention, ne vous trompez pas surtout. Quelle est la réponse ?

La réponse à cette cinquantième question est A. Cochez A s’il vous plaît. Merci