Images [2/2] pour le prochain cours de Grandes doctrines à l’automne de 2018 [Les empires, les états, les cités – Libertas, Natura rerum, Fortuna]

LE PREMIER BILLET DEVENANT TROP LOURD DU FAIT DE L’IMAGERIE, J’EN TRANSPORTE LA FIN ICI ET UNE AUTRE SECTION DANS UN BILLET 1bis – ET POURSUIVRAI DONC DANS CE BILLET-CI – EN REPRENANT AVEC TERTULLIEN – APRÈS AVOIR TERMINÉ LE 1bis ET AJOUTÉ QUELQUES COMPLÉMENTS DANS LE 1.

le 9 juillet, à la suite d’une question intéressante, quelques mots trop rapides de mise en perspective de mon propos = L’ENJEU DE MA RÉFLEXION, NOTEZ-LE, EST SIMPLE : COMMENT CRÉE-T-ON DU LIEN POLITIQUE EN QUELQUE SORTE, DU « MOI COMMUN » SELON L’EXPRESSION DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU ? OU ENCORE : COMMENT MAINTIENT-ON UNE SUFFISANTE ASABIYYA KHALDOUNIENNE ? SACHANT QU’IL Y A UNE DIMENSION PROPREMENT TRIBALE DE LADITE ASABIYYA, QUI EST L’AUTRE DU LIEN POLITIQUE = VOYEZ-VOUS LE POINT, COMME ON DIT EN ÉTATSUNOFRANÇAIS ? COMMENT FAIRE QUE L’ÉTAT AIT LA SOLIDITÉ DE LA TRIBU, MAIS SANS ÊTRE UNE TRIBU – C’EST-À-DIRE EN ÉVITANT CET ANALOGON DE LA TRIBU QUE PRÔNE L’IDENTITARISME, INÉVITABLEMENT ADOSSÉ À UN SUBSTRAT SUPPOSÉMENT RACIAL, FORCÉMENT TRÈS FAIBLE DANS SON MONTAGE INTELLECTUEL, ET NON PERTINENT POLITIQUEMENT, DANS TOUS LES SENS DU TERME POLITIQUE. CELA IMPLIQUE BIEN SÛR DE CONSTRUIRE AUTREMENT L’IDENTITÉ DU « MOI COMMUN », D’ENVISAGER EN DES TERMES À DÉTERMINER LE PASSAGE DU MULTIPLE À L’UN, LEQUEL FORME LA QUESTION CRUCIALE DU POLITIQUE [LE PASSAGE AINSI DE LA MULTITUDE À LA LOI].

ICI, L’ÉCHEC DE L’ « HUMANISME CIVIQUE » DU QUATTROCENTO EST TRÈS INTÉRESSANT, IL ME SEMBLE – ÉCHEC DOUBLE = À LA FOIS DE CE DONT LE CONCEPT PRÉTEND NOUS PARLER [CAR AU BOUT IL Y A EU LA « TYRANNIE »], ET DU CONCEPT LUI-MÊME [PUISQU’IL S’EXAGÈRE GRANDEMENT L’ORIGINALITÉ DE CE DONT IL PARLE PAR RAPPORT À LA PÉRIODE ANTÉRIEURE, ET NE VEUT PAS VOIR QUE LE DISCOURS « RÉPUBLICAIN » SEMBLE PLUTÔT ENVELOPPER UN DURCISSEMENT DE L’OLIGARCHIE – C’EST À CELA QUE SERT L’IDÉOLOGIE, N’EST-CE PAS ?] — À CE STADE, NOUS BUTONS SUR UNE QUESTION TROUBLANTE = CETTE IDÉOLOGIE COMPORTE EN SON CŒUR UN VAGUE MODÈLE ANTIQUE, PLUS OU MOINS ROMAIN. LE MONUMENT FUNÉRAIRE DE BRUNI EST ASSEZ FASCINANT DE CE POINT DE VUE CAR, À L’INTÉRIEUR MÊME D’UNE ÉGLISE – FRANCISCAINE – IL POUSSE LE BOUCHON AUSSI LOIN QUE POSSIBLE. À L’AVANCE, TERTULLIEN SEMBLE AVOIR RÉPONDU À UNE TELLE ENTREPRISE. L’ON COMPREND QUE L’AFFIRMATION DE L’ÉTAT ET DE LA RÉPUBLIQUE APPELLENT UNE SÉCULARISATION, L’ON SAISIT BIEN SÛR LA CHANCE QUE SEMBLENT PRÉSENTER LA CULTURE DE LA RE-NAISSANCE, LE NOUVEAU CULTE DES HUMANITÉS, LE MODÈLE ROMAIN. MAIS, EN MÊME TEMPS, L’ON ENTREVOIT QUE, DANS DES PAYS PROFONDÉMENT CHRÉTIENS, IL FAUT CONCILIER AVEC ART EXIGENCE CHRÉTIENNE ET REVIVISCENCE ANTIQUE, CAR RÔDE LE SOUPÇON, EN LUI MÊME LÉGITIME, DE L’IDOLÂTRIE, TEL QUE L’ARTICULE VIGOUREUSEMENT TERTULLIEN DANS SA COURONNE. D’UNE CERTAINE FAÇON, LA MONARCHIE ABSOLUE DITE DE DROIT DIVIN, ADOSSÉE À UNE SEULE CONFESSION – DE PRÉFÉRENCE UN PEU SINGULARISÉE [SONGEZ À LA CATHOLICITÉ GALLICANE DU ROYAUME DES LYS] – CONSTITUE UNE SOLUTION – POUR UN TEMPS DU MOINS – ASSEZ EFFICACE.

RESTE ÉVIDEMMENT LA QUESTION QUI M’INTÉRESSE EN PREMIER LIEU = COMMENT RÉSOUDRE LA QUESTION DE LA DÉMOCRATIE, ENTENDUE DE FAÇON SÉRIEUSE, LAQUELLE ASSISTE LE « MOI COMMUN », DIFFICILE SANS ELLE AU FOND, MAIS LE SUPPOSE AUSSI, SUPPOSE QUE L’ON CONSIDÈRE UN PEUPLE, ET UN PEUPLE SOUVERAIN, COMMENT ENTRETENIR UNE CERTAINE ASABIYYA, MAIS NON TRIBALE, INDIFFÉRENTE À TOUTE CONSIDÉRATION PLUS OU MOINS RACIALE, VRAIMENT POLITIQUE ? À CETTE QUESTION, JE NE SAURAIS APPORTER AUCUNE RÉPONSE ALLANT AU-DELÀ DE SES TERMES – ET DE LA RÉPONSE QUE JE PROPOSE EN GÉNÉRAL : IL N’Y A PAS D’AUTRE CONSTITUTION IMAGINABLE DE L’INDIVIDU ET DE LA CITÉ QUE MYTHIQUE. SACHANT QUE ROUSSEAU ME PARAÎT DEMEURER TRÈS PRÉCIEUX ICI = L’UNIVERSEL NE TIENT QU’À LA FORME PURE – LA LIBERTÉ NE S’ACCOMPLIT POLITIQUEMENT QU’EN SOUVERAINETÉ PAR DÉFINITION ABSOLUE – ; MAIS LE MONDE DE LA CITÉ EST PLACÉ IRRÉDUCTIBLEMENT SOUS L’HORIZON DE LA PARTICULARITÉ [LE CONTRAIRE EXACTEMENT DE CE QUE LE MONDE DU CAPITALISME GLOBALISTE NOUS INFLIGE TYRANNIQUEMENT]. ET SACHANT QUE, S’AGISSANT DU PASSAGE DU MULTIPLE À L’UN, JE RÉCUSERAIS SI J’EN AVAIS LE TEMPS [EN DEHORS DU POINT DE VUE SUPPOSÉMENT NATURALISTE DE L’IDENTITARISME RACIAL] PLUSIEURS MONTAGES DONT DEUX SONT PUISSAMMENT COMBINÉS EN NOTRE TEMPS LE DESPOTISME DE LA « RAISON » SUPPOSÉE [LE TINA] ET L’ADUNATION RÉSULTANT DU PROCÈS CATALLACTIQUE DU MARCHÉ [PUISQUE CETTE PERSPECTIVE FORME JUSTEMENT LE CŒUR DU TINA].

MON AUTRE QUESTION EST, ON LE SAIT – JE L’ÉVOQUE À GROS TRAITS -, CELLE – INSPIRÉE AUSSI PAR IBN KHALDOUN -, DIFFÉRENTE MAIS CONNEXE, DE LA « PROJECTION » EN QUELQUE SORTE. LE MONDE EST, HÉLAS, SUCCESSION D’EMPIRES. MON ROUSSEAUISME M’INCLINE À GOÛTER CE QUE J’APPELLERAIS LA STATIQUE DES RÉPUBLIQUES, DÉJÀ EXPOSÉES AU DIFFICILEMENT RÉDUCTIBLE PROCÈS DE LA CORRUPTION. MAIS, EN MÊME TEMPS, IL NE PEUT M’ÉCHAPPER TOUT À FAIT QUE MON AMAZONIE IDÉALE EST MENACÉE PAR LES DYNAMIQUES EXTÉRIEURES – INFINIES. IL EST INTERDIT À UN ÉTAT DE SE TENIR COMME HORS JEU DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES – OU SIMPLEMENT ENTRE LES GROUPES HUMAINS – ; L’HISTOIRE EST SUCCESSION D’EMPIRES QUI SE CRÉENT ET D’EMPIRES QUI SE DÉFONT. TOUT S’ÉCOULE ET POLEMOS SEMBLE L’ESPRIT MÊME DE L’HISTOIRE. IL NE SUFFIT PAS DE DEMEURER ATTACHÉ A LA BELLE FIGURE DÉMOCRATIQUE DU CITOYEN GUERRIER VEILLANT À LA DENTELLE DU REMPART – LE JEU NE SAURAIT NE PAS REVÊTIR UNE PLUS GRANDE COMPLEXITÉ. LA SIMPLE DÉFENSE DE LA CITÉ APPELLE PEUT-ÊTRE PARFOIS LA PROJECTION AU LOIN. NOTRE GRANDE RÉVOLUTION A DÛ SE CONFRONTER À CETTE ANTINOMIE. MON SENTIMENT EST QUE L’ANTINOMIE DOIT DEMEURER UNE ANTINOMIE, QU’IL NE FAUT PAS LA RÉSOUDRE TROP AISÉMENT EN SE DISANT QUE L’ON EST APPELÉ À LIBÉRER LES AUTRES PEUPLES EN JUSTIFIANT AINSI PLAUSIBLEMENT SA PRÉDATION – CHAQUE PEUPLE DOIT SE CONSTITUER LIBREMENT COMME PEUPLE, GUIDÉ AU PLUS PAR UN GRAND LÉGISLATEUR… IL DEMEURE QUE L’ON A TÔT FAIT DE TOMBER, COMME IRRÉSISTIBLEMENT, DANS LES ENGRENAGES FATALS  QUE NOURRIT LA RIVALITÉ DES PUISSANCES. C’EST À CE PROPOS QUE JE COMPTE TESTER MON ARTICULATION DES TROIS TERMES LIBERTÉ-NATURE DES CHOSES-FORTUNE À PROPOS DE L’HISTOIRE DE L’IMPÉRIALISME ANGLAIS.

 

 

 

Il ne s’agit bien sûr pas de l’expression d’un vœu de Bruni, dont les sentiments chrétiens généraux sont d’ailleurs insoupçonnables, tout comme ceux de tous les acteurs de cette affaire – ici, simplement, sensibilités et symboliques se télescopent, la construction, soudainement libérée, de l’État séculier, en ce moment pourtant si peu favorable qu’est la mort, peine à s’articuler de façon aisée – si cela est possible – avec de maigres manifestations d’une préoccupation proprement religieuse, dans le cadre d’une religion romaine qui ne saurait se résoudre à accorder la portée – certes fort large – que, même catholiques, nous consentirions sans trop de peine au Reddite [Mt XXII, 21 ; Mc XII, 17 ; Lc XX, 25], en admettant une large séparation des ordres.

Il se trouve que l’on sait que Bruni, sagement – et d’une façon plausiblement sincère -, avait émis la volonté d’une sépulture humble. Mais son destin posthume a été immédiatement saisi par un enjeu majeur du moment ; et l’affirmation, dans ce monument, de la sécularité de l’État, étendue jusqu’à un certain point à ses serviteurs par-delà la mort, est un événement majeur dans l’histoire de l’esprit. Ici, nous touchons à l’un des aspects les plus importants des implications politiques du retour aux Anciens, et à l’aspect – par contre – révolutionnaire d’une certaine façon de ce que nous avons rétrospectivement constitué comme « humanisme civique ».

La chose est d’autant plus impressionnante que cette rupture pourra souvent apparaître par la suite comme une parenthèse. Notre Grand Siècle nous avertit fortement de cela : le Prince – et d’autres – pourra y être campé en empereur romain – chrétien peut-être, mais ce n’est pas à cela que l’on songe – ; mais dans la mort, et il n’est pas besoin d’être grand lecteur de Bossuet pour le saisir, tous sont ravalés à l’humanité, une humanité souffrante sur laquelle la divinité et les grands intercesseurs sont appelés à étendre leur protection.

Ci-dessous, principalement du grand Coysevox, mais dessiné par le grand Le Brun – il est des temps où le talent semble déborder -, la tombe de Colbert à Saint-Eustache ; le grand ministre, dont la fin a été très cruelle d’ailleurs, n’est plus qu’un pénitent qui implore, agenouillé, mains jointes et tête doucement inclinée pour exprimer humilité et contrition – mais ce qui va suivre, à propos d’un dessin de Delamonce, modifiera légèrement cette interprétation. C’est à dessein que je choisis un travail principalement de Coysevox, puisque le même a donné par exemple, tout à fait à la même époque, la statue de Louis XIV en empereur romain que je porte après – aujourd’hui à Carnavalet, elle se trouvait sur la place de l’Hôtel-de-Ville où elle fut inaugurée le… 14 juillet 1689.

Et aussi parce que le tombeau du ministre fut profané sous la Révolution, mais sauvé dans son Musée des monuments français par Alexandre Lenoir – un homme que je suis heureux de pouvoir évoquer car il permet de méditer une question de grande ampleur, même s’il est du meilleur ton, depuis à peu près Chateaubriand, de le critiquer pour toutes sortes de motifs ana-chroniques. Le tombeau sera installé à nouveau à Saint-Eustache sous la Restauration – tandis que, merveilleuse histoire française, Lenoir sera devenu administrateur des tombeaux de la basilique royale de Saint-Denis -, mais de façon un peu différente, et sans que l’on ait retrouvé l’ange que vous verrez distinctement sur le dessin de Ferdinand Delamonce, immédiatement à la suite [où l’on comprend que le ministre baisse les yeux pour déchiffrer un saint livre].

En passant, donc, thème de réflexion pour vous, très étudié mais très riche : alors que le propos d’enter les institutions françaises sur la plus longue durée est intense depuis la terrible crise de la fin du XVIe siècle, avec des effets politiques, religieux, légaux, éditoriaux, considérables, la préoccupation de ce que nous appelons patrimoine et que l’on commença pas considérer d’abord, significativement [avant que ce terme ne revête une portée plus restreinte lors de la création d’un musée spécifique sous le Second Empire], comme « antiquités nationales » [ainsi dans le fameux recueil d’Aubin-Louis Millin de Grandmaison, publié en cinq volumes au cours des dix dernières années du XVIIIe siècle – ci-dessous], n’est apparue comme un prolongement obligé de ce que l’on pourrait appeler la fièvre diplomatique – au sens du De re diplomatica de dom Mabillon – qu’à la faveur d’un tournant sensible tardif en France, perceptible seulement à l’extrême fin de l’Ancien régime, avec vingt ou trente ans de retard sur l’Angleterre ; ce que l’on considère volontiers comme un trait de l’esthétique et de la poétique « préromantique », se manifestera dans toute sa fécondité, artistique, touchant à l’inventaire et à la conservation des objets, religieuse, politique avec le Comte de Chambord, historienne, avec Augustin Thierry, Michelet et tant d’autres, au XIXe siècle – Michelet a d’ailleurs évoqué l’importance pour sa formation sensible et intellectuelle du musée de Lenoir, ainsi dans les cours du Collège de France ; je me contenterai de reproduire une page du grand historien dans l’édition de 1846, la première je crois, de Le Peuple – ne s’agit-il pas, au fond, de poser la question du procès constitutif des peuples, de l’éclosion du Volksgeist, comme l’on disait outre-Rhin au temps de Michelet ?]

 

Tombeau de Colbert par Coysevox à Saint-Eustache.png

Le tombeau de Colbert avant la Révolution - dessin de Delamonce.png

 

Louis XIV par Coysevox.png

 

Le Peuple de Michelet - éd. 1846.png

 

page XXVI du Peuple de Michelet.png

 

Antiquités nationales Millin.png

Les aspects  catholiques du monument sont donc réduits à peu de choses. Laissons de côté les anges purement ornementaux qui présentent, en bas, le cartouche sur lequel je reviendrai. Figures plus pieuses que celles dont, toutefois, la vocation principale semble d’emplir les deux espaces ménagés par l’inscription d’un tondo portant une Madonna col Bambino dans un arc en plein cintre. C’est bien sûr dans cette image que se réfugie la catholicité d’une grande construction  néopaïenne dont il est saisissant de voir que son programme [moins la suprématie accordée aux armes] et ses équilibres – ou déséquilibres – seront maintenus dans la sépulture accordée quelques années plus tard, dans le même lieu, à Carlo Marsuppini, successeur de Bruni à la chancellerie [ci-dessous, l’œuvre de Desiderio da Settignano]

Tombeau du chancelier Marsuppini.png

Le tombeau de Leonardo Bruni à Santa Croce.png

les armes de Bruni au sommet de son monument funéraire.png

 

Concernant le monument funéraire de Bruni [deux images ci-dessus], ne soyons pas assurés

que les armes de sa famille se blasonnaient en évoquant le lion blanc [« d’argent »], peut-être « armé », peut-être « lampassé », mais assurément « couronné » : ce lion est probablement le fameux « Marzocco », le lion de Mars dit-on, le lion guerrier donc, l’un des symboles – et symbole d’une protection – de Florence [avec la fleur de lys dont, souvent, le lion florentin assurait, justement, de façon visuelle, la protection en posant une grosse patte sur un écu orné de celle-ci. Peut-être le « Marzocco » – à ce moment précis de l’histoire de Florence – était-il conféré, à titre de privilège héraldique, fonctionnel en quelque sorte, au chancelier : je n’en sais rien – je n’ai pas le souvenir de sceaux florentins portant le « Marzocco », mais cela ne veut pas dire grand chose car ma pratique de la sigillographie, si précieuse aux arts diplomatiques, est mince, et Florence n’est qu’un sujet – important certes – parmi tant. [[[ Notez que la question de l’articulation du sang  — supposé, car, au-delà de la présomption légale, rôde la terrible faute – sauf si un dieu a couvert, bien sûr la mère, comme cela arrive – je parle du monde païen des dieux il s’entend, et je n’ironise en rien —, l’articulation, donc, du sang, supposément porteur d’une vertu partagée, selon les vues d’une certaine sorte, et de la vertu propre, particulière, d’un individu peut-être, dans le cadre bien sûr d’une cité particulière si l’on demeure un peu aristotélicien, est une immense question qui n’eût pu ne tarauder point l’héraldique — les brisures disent les discontinuités – les rameaux du sang souvent, la bâtardise parfois, barre, traverse, bâton… -, mais – voici, je le répète, une question véritablement sociale et politique – doit-on porter un symbole de la qualité, ici = de la fonction, dans des armes évoquant d’abord, quant à leur fond d’écran si l’on peut dire, la souche gentilice, familiale, charnelle ? Je ne peux m’attarder sur une affaire nullement futile – saurait-on être futile lorsque l’on évoque, d’un côté la filiation, la filiation comme question – les psychanalystes ne me démentiraient pas sans doute -, et d’un autre côté l’auto-affirmation de l’individu ? et pensera-t-on que les jeux héraldiques impériaux, napoléoniens, des « franc-quartier » ont – avec vulgarité – systématisé un possible de l’art héraldique ou inventé radicalement un nouveau jeu de forme ? Poser ces questions, c’est y répondre, comme on dit – respectivement : futile, non certes ; systématisé, oui, point vraiment davantage – considérablement élargi et systématisé certes.] Les armes – le stemma – de [des?] Bruni doivent sans doute être blasonnées [le blason est une parole sur des figures et des couleurs – sur des partitions, des pièces, des meubles, des émaux et métaux] ainsi – en français du moins – : losangées – ou fuselées peut-être, mais disons losangées, bien que les losanges donnent le sentiment d’être bien étirés – d’or et de sable [noir], ou de sinople peut-être [vert] – je dirais = sable, mais qui s’écaille sous l’effet du temps, comme blanchissent les cheveux bruns. Je vous le traduis, si je ne me trompe, en italien = losangato di nero e d’oro, ou bien d’oro e di nero.

La langue du lion de Bruni.png

Les griffes du lion de Bruni.png

Bien entendu, je ne suis sûr de rien. Regardez bien le lion

 

 

 

ICI, JE LE REDIS, UN DEVELOPPEMENT DOIT VENIR POUR COMPLETER – ET APPORTER UN JEU DE CORRECTIFS À CE QUI PRECEDE – J’ATTENDS D’AILLEURS QUELQUES SAVANTS OUVRAGES D’ITALIE – CE QUI NE VA JAMAIS VITE. 

 

Tombeau de Leonardo Bruni - détail.png

 

 

La simple beauté de Santa Croce :

Santa Croce Firenze.png

J’ajoute un lien très imparfait mais point désagréable peut-être [sauf lors d’un choix musical très impropre – et puis manque notre Leonardo… Bah !]

 

 

 

UNE QUINZAINE D’IMAGES SERONT ENCORE PORTÉES DANS LES TEMPS PROCHES À VENIR

 

 

sr