Maî-tri-sé !

Rousseau  par Allan Ramsay.png

 

I. –

Au stade suprême du bernaysisme, la politique devient une stricte branche des techniques de la suggestion.

[[[ À la suite d’une question = Je distingue la suggestion — laquelle suppose tout bien pesé quelque considération, quels que soient leurs contours et leur nature, de l’horizon de procès inconscients de la psyché, ou au moins appelle une analyse des degrés ou niveaux de la conscience — telle que ses perspectives ont commencé à être explorées, dans la controverse, par l’École de Nancy, à partir de l’avant-dernière décennie  du XIXe siècle – sachant d’ailleurs que son maître le plus éminent, Bernheim, est passé à côté de la notion d’inconscient -, de la persuasion, notion beaucoup plus large et vocation de l’art rhétorique depuis les Grecs, comme je distingue d’autre part, et même = d’un autre côté, à la façon par exemple de Rousseau, persuader et convaincre – je reviendrai sur cette gradation s’il y a lieu. S’il s’agit de Bernays, il serait peu raisonnable de s’obnubiler sur sa parenté avec Freud, par ailleurs critique, à vrai dire évolutif et ambigu, de l’École de Nancy – l’auteur de Propaganda et l’inventeur des « relations publiques » était un praticien brillant et cynique et non un doctrinaire. ]]]

Les spin doctors ne dictent certes pas chaque matin aux gouvernants les finalités de la politique = celles-ci, tendant à l’avènement d’un marché-monde absolu, doivent être présentées comme relevant de la « nécessité des choses » – et ne portant donc pas atteinte à la liberté – et non de la « volonté des hommes », selon la distinction profonde [mais fragilisée par l’extension constante de la domination de certains sur l’ensemble de l’étant] de mon grand ami dans le deuxième dialogue de Rousseau juge de Jean-Jacques [lequel avait préféré au deuxième livre d’Émile opposer « dépendance des choses » et « dépendance des hommes » – ci-dessus le portrait de Rousseau donné par Ramsay]. Ainsi l’économie ne serait-elle plus politique ; la politique devrait-elle se retirer du domaine économique et limiter son action au « sociétal » tel qu’on en a forgé la notion afin de mieux renvoyer le « social » à l’histoire naturelle ; l’on pourrait se plaindre de « discriminations » diverses, mais non protester contre la misère ni aspirer à une heureuse égalité.

Les spin doctors, par contre, élaborent stratégies et tactiques [avec le talent que l’on a pu admirer ces temps derniers…] pour justifier la fatalité prétendue, l’appauvrissement de la plupart de nos frères, et l’enrichissement d’une poignée d’oligarques et de leurs serviteurs les plus proches ; et comme, même lorsqu’ils n’ont pas lu Tarde, ils connaissent la force, comme magique, des emballements mimétiques, ils distribuent chaque matin, aux mauvais bergers gouvernementaux et des médias capitalistes, les « éléments de langage » du jour.

Le 8 décembre, nous fûmes abreuvés du terme maîtriser ; les factieux étaient maîtrisés ; la situation était maîtrisée ; le Gouvernement maîtris[ait] la difficile affaire, etc. Je doute que le choix ait été heureux. La maîtrise n’est-elle pas la qualité du maître ? est-il bien raisonnable de l’évoquer face à un peuple soudé et conscient, et non pour faire l’éloge des progrès dans un art ou le contrôle de soi ?

Et puis, voyant toutes choses avec l’œil de l’esprit – déformation platonicienne pensera-t-on – et entendant toute parole avec l’oreille du cœur – travers répandu parmi les disciples du crucifié -, lorsque certaines gens disent maîtrisé, j’entends méprisé. Et je tends à penser qu’un tel terme sonne comme un double aveu = nos maîtres ne se contentent pas de garotter les peuples par la misère et des techniques de contrôle sophistiquées ; ils nous méprisent, au point d’ailleurs, en temps ordinaires, de ne plus pouvoir le cacher – la palme revenant certes à M. Macron, accompagnant ses gifles législatives et réglementaires d’injures devenues peu à peu compulsives.

[ci-dessous, lien avec, non la version longue, mais une version allongée, de notre grand chant révolutionnaire, la Marseillaise, dont la place est notable dans le mouvement actuel ; quelques légères approximations dans la translittération des paroles].

 

 

II. –

L’un des aspects curieux de cette journée de communion populaire résida dans l’impossibilité pour la rédaction de BFM, en dépit du souhait qu’elle avait exprimé, de tendre à plus d’équité dans le traitement de l’information.

Les joies proprement « tactiques » de cet organe « prorégime » [comme disent les mêmes lorsqu’ils évoquent la malheureuse Syrie] saisissaient l’auditeur un peu attentif. Ses commentateurs jubilaient en évoquant une répression dont la réorientation depuis les semaines précédentes était jugée brillante. Quelle volupté de voir des lansquenets charger des hommes et des femmes désarmés, agenouillés avec le propos d’évoquer les pauvres enfants de Mantes ! Quel bonheur de pouvoir, très explicitement, tenir un discours contre-révolutionnaire ardent ; ces gens, se disait-on, n’eussent rien compris en 1789.

Même en de pareilles journées, je passe assez peu de temps à me promener sur les chaînes d’information en continu ; j’ai eu la chance, malgré tout, de tomber sur un épisode effrayant. Un dissident s’est fait prendre violemment à partie par plusieurs personnes présentes sur le plateau.

Par un certain sieur Bernard Vivier ainsi – très manifestement fort « connecté » -, directeur de l’Institut Supérieur du Travail [?] et président de la Faculté libre d’économie et de droit de Paris [sans avoir jamais obtenu un doctorat – l’on me pardonnera ma propre arrogance de « bon élève » = elle répond à celle que déversent ces messieurs du haut de leur supposée « excellence », généralement usurpée], récompensé d’on ne sait trop quoi par un siège de membre du Conseil Économique, Social et Environnemental et par la rosette d’officier de la Légion d’honneur, ancien auditeur – bien sûr – de l’IHEDN, membre, selon son site personnel, des hautes instances de la CFTC [qui fut pourtant un syndicat chrétien – aspect certes sur lequel le site de cette organisation est devenu plus que discret].

Et par M. Bruno Jeudy, rédacteur en chef à Paris-Match, « dossier » modeste lui aussi [au regard des impitoyables exigences affichées par nos « élites »], mais commentateur plutôt prudent d’habitude – en retrait dans le climat assez étonnant de la rédaction de BFM, même si l’on ne saurait le placer à mon sens au niveau d’un Thierry Arnaud, dont, sans partager beaucoup avec lui, j’imagine, j’observe, lorsque j’en ai l’occasion, le travail avec, parfois, considération [au fil des présents événements, il a été, de loin à mon sens, le meilleur de la bande].

Voici que MM. Jeudy et Vivier ont littéralement incendié, donc, ce Gilet Jaune – M. Christophe Coudert a-t-on dit – dont l’intervention, si on la regarde de bout en bout, a montré qu’il avait de la pensée et du talent – voici les deux liens pertinents =

Ces dérapages des commentateurs sont extrêmement surprenants ; M. Coudert n’a pas proféré de mensonges ; l’accusation d’antisémitisme est évidemment insoutenable ; M. Coudert n’a nullement réduit le rôle écrasant du capitalisme financier dans le monde contemporain aux Rothschild [ce qui serait d’autant plus inexact que – dans un monde fort différent de celui qui a vu sa rapide ascension il y a à peine plus de deux siècles – cette famille ne tient plus exactement le rôle de tout premier plan qui put être le sien au XIXe siècle] ; le Gilet Jaune bousculé – verbalement – sur le plateau a simplement rappelé – ce qui est inobjectable – que M. Macron avait été, assez brièvement d’ailleurs, associé-gérant chez Rothschild et Compagnie Banque, et que les milieux financiers avaient contribué significativement à sa campagne, ce qui est tout à fait exact, sans que cela ne conduise d’ailleurs, à ce qu’il semble, à des dons illégaux par leur montant.

La presse du Capital – autant dire = la presse – s’est enlisée, décidément, dans une ornière en laquelle elle ne cesse de se discréditer davantage.

 

De Gaulle le 25 août 1944.png

III. –

Un certain accord s’est fait, chez les moins perdus d’idéologie des commentateurs, il me semble, pour admettre que le mouvement des Gilets Jaunes devait être considéré, quelles que paraissent être les convergences « populistes » en divers pays d’Europe, comme un épisode, de grande importance au sein d’une longue histoire proprement française. Tel est mon sentiment le plus assuré.

En ce sens d’ailleurs, les tombereaux d’horreurs ou les pures et simples folies que déversent sur le mouvement et notre pays les organes de la presse capitaliste étrangère me laissent de marbre, partagé que je suis ordinairement entre un vague mépris pour les « heureux de ce monde » et une compassion toujours avivée pour les plus démunis devant les sévérités de la vie, lesquels le sont souvent du fait de l’action des premiers ou du fait de la nôtre.

Je sais que les peuples – eux – seront soulagés de voir – si nous y parvenons – la France des révolutions de retour, désarrimée enfin du bloc impérialiste eurétatsunien, la France héroïque du Comité de Salut Public, du Conseil National de la Résistance et bien entendu du général de Gaulle, garant de l’honneur de la patrie [ci-dessus lors de son discours du 25 août 1944], émancipateur des peuples par la décolonisation, combattant de la souveraineté de son peuple, et donc de son État, adversaire lucide de l’impérialisme, hélas peu en mesure, pour diverses raisons, personnelles et générales, d’engager son grand projet industrialiste, partiellement dirigiste, dans une voie plus nettement étatiste, et suffisamment socialiste.

Je ne prête évidemment aucune attention à deux thèses complotistes [conspirationnistes, comme l’on veut] absurdes ; non parce que je crois qu’il ne puisse être aucun juste soupçon complotiste – mon opinion est inverse, et l’on risque de ne guère comprendre, ainsi, les relations internationales en demeurant obstinément à la surface – ; mais parce que je répute stupides un certain nombre d’interprétations complotistes ; celle, on l’aura compris il y a un instant, qui fait de M. David de Rothschild [et de son fils Alexandre peut-être, maintenant !] le maître du jeu mondial au cours des dernières décennies ; celle, ici, qui hésite, au principe de l’épisode que nous vivons, entre la recherche de la main de Moscou et de celle de Washington, et refuse ainsi d’admettre l’irruption dans l’histoire de l’autonomie d’un peuple.

1968 fut peut-être une sorte de « révolution de couleur » avant la lettre = l’on connaît les liens historiques de certains mouvements trotskystes avec le syndicalisme étatsunien ; et je crois possible que sortent quelque jour des documents d’archives éclairants. Par contre, je vois bien comment l’actuel mouvement aspire – fût-ce confusément – à renouer, d’une façon ou d’une autre, avec l’esprit cumulé, et élagué, de ce que j’appelle les grandes transactions françaises [en dates rondes] :

celle de 1600 – achevant d’agencer certaines conditions de la souveraineté en un âge, disons, prédémocratique -, que j’ai assez longuement évoquée vers le début de mon billet du 6 novembre dernier, « Retour à Le Sueur » – roi national ; romanité, mais gallicane ; un droit français ; une science humaniste du droit ; une langue française « bonne à tout » ; un patriotisme dressé contre les empires ;

celle du Consulat, âge du dépassement intégrateur de l’antinomie de la Révolution avec l’Ancien régime, de la combinaison de l’égalité de droit avec l’autorité d’un État capable de la maintenir contre toutes les puissances coalisées, à l’intérieur comme à l’extérieur  ;

celle de 1936-1944, fondant la République sociale et donnant à la nation les moyens d’assurer l’effectivité d’une souveraineté économique sans laquelle la souveraineté politique n’est bientôt qu’un mot creux ;

celle de 1958, stabilisant dans une large mesure les acquis précédents, mais de façon finalement fragile, consentant trop peu sans aucun doute à la composante sociale de l’unité nationale, puisque dès l’âge ambivalent du mandat de Georges Pompidou, une évolution s’amorcera qui conduira à l’érosion chaotique de la constitution nationale telle qu’il faut l’entendre selon moi très largement, c’est-à-dire très au-delà de l’habituelle quincaillerie constitutionnelle [Hauriou, du moins, avait entrevu une telle perspective.]

 

IV. –

La question de la contextualisation historique des événements des dernières semaines a significativement occupé les intervenants que j’ai pu entendre ou lire, ici ou là, au fil de la journée. La plupart ont au fond plus ou moins compris, en creux, l’importance de la chronologie que je viens d’à peine esquisser ; ils ont répété que le mouvement que nous vivons s’ente sur une sorte de sentiment de dépossession peu à peu développé par beaucoup au cours, selon la périodisation le plus souvent retenue, des trente ou quarante dernières années.

la Cité Herminie à Bury 1.png

La Cité Herminie à Bury 2.png

Ci-dessus, deux vues de la Cité Herminie, laquelle appartient au bourg de Mouy mais est implantée sur le territoire communal de Bury ; chacun des vingt-trois logements dispose, sur l’autre façade, d’une lambille de terrain ; ainsi se trouvent soigneusement distingués un espace privatif et un vaste espace commun, toutefois inaccessible aux occupants puisque son propos est de procurer à ceux-ci air, lumière et silence ; la gare, construite à deux pas, est desservie par la ligne Creil-Beauvais. La Cité a reçu son nom en mémoire d’Herminie Collard née Bigé, morte avant l’âge en 1872 ; femme pieuse, il semble qu’elle ait prié son époux, industriel à Mouy, de construire une cité ouvrière.

À deux kilomètres de là, la Cité de Saint-Épin abritait les ouvriers de l’usine des laines du « Bon Pasteur », de l’autre côté de la route, sur le territoire de la commune de Balagny-sur-Thérain [où Grotius a écrit en partie le De Iure Belli ac Pacis]. Dans le cliché aérien de 1937 que vous trouverez ci-dessous, vous verrez au premier plan le caractère considérable des bâtiments industriels ; « à dix heures », vous discernerez la maison bourgeoise ; et juste au-dessus, le long serpent de maisons ouvrières qui à peu près seul subsiste aujourd’hui ; il s’agit ici d’une entreprise très explicitement chrétienne, à l’origine en tout cas – le « bon pasteur » – ; j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec un enfant né dans cette cité dans les années trente – le prêtre qui m’a administré – comme l’on disait autrefois – tandis que j’agonisais à l’hôpital de Creil le dix-huit octobre 1992 en fin d’après-midi ; j’ai doucement remonté la pente et il a pu me visiter ; j’ai appris que la Cité de Saint-Épin vivait assez coupée du monde extérieur ; des religieuses faisaient la classe aux enfants des ménages ouvriers, tenus ainsi à l’écart des « mauvaises influences » ; l’exemple de ce prêtre indique que de tels agencements emportaient aussi des vocations ; l’on avait là un exemple « méridional » des réalisations du patronat catholique social si abondantes dans les régions plus septentrionales encore du pays ; les propriétaires successifs de l’entreprise semblent pourtant avoir développé la Cité surtout pour attirer et fixer des ouvriers dont la plupart d’ailleurs, du fait du développement de l’activité, devaient être logés ailleurs — il faudrait bien sûr creuser. 

L'entreprise du Bon Pasteur à Balagny-Saint-Épin.png

Un lien concernant les filatures de Saint-Épin =

https://www.thiriez.org/filaturesAE/AuBonPasteur.htm

Cette vue me semble juste, sous la condition d’ajouter que, quelque profonde qu’ait été la modification du paysage mondial depuis la chute du Mur, le mandat de M. Sarkozy [2007-2012] a amorcé un temps d’intensification remarquable de ce qui était certes engagé dès avant, et que le tour, le rythme et le style imposés par M. Macron à sa politique ont achevé de désespérer des dizaines de millions de Français, déjà affectés par les temps, ainsi qu’un certain nombre de brillants géographes, point trop infectés de « pensée unique » certes [au premier rang desquels M. Guilluy, bien entendu], l’ont vu les premiers en dessinant la carte d’une France remodelée par la violence d’une globalisation d’autant plus ravageuse qu’elle achevait de miner un État dépouillé de la plupart de ses prérogatives de souveraineté par « l’Europe » [j’ai, pour ce qui me concerne, parfaitement discerné la chose parce que j’ai la chance d’habiter dans une vallée de l’Oise – la très belle vallée du Thérain – qui fut l’une des régions les plus industrielles de France dès le XVIIIe siècle, et est entrée dans un procès de désindustrialisation accélérée depuis une quarantaine d’années ; il ne reste presque plus rien – les vestiges simplement de certaines usines et des émouvantes cités ouvrières – ; les conséquences sur la population sont effrayantes ; la vallée attend désormais son Villermé, enquêtant sur l’intérim, le chômage, la marginalisation, la paupérisation, et finalement le « populicide » qui se dessine peu à peu ; cette expérience a considérablement pesé sur ma vue des choses ; j’en ai parlé à beaucoup à Paris ; je n’ai guère retenu l’attention dans l’ensemble ; — ci-après un lien avec un film conseillé l’an dernier dans ma liste de films pour la première année, « La France en face » ; je l’ai rétrogradé désormais dans la seconde liste, simplement parce que ce choix n’a pas été compris par beaucoup, et que l’on finit, à de certains moments, par se lasser d’essayer de rouler le rocher jusqu’au sommet de la colline =

Certains ont peut-être lu mon billet « Le Canard, la démocratie & le droit international » du 27 juin 2018, répondant à un papier résultant manifestement des manipulations d’une officine de recherche atlantiste liée à un maître de céans. Mon QCM de Relations internationales était attaqué par ce trouble volatile, lequel dénonçait en particulier l’attention que je portais à la question de l’éventuelle implantation de S-300 russes en Syrie et ma caractérisation comme d’un « scandale démocratique » du choix de M. Sarkozy, à la fin de 2007, de faire adopter par le traité de Lisbonne le gros des dispositions du traité établissant une constitution pour l’Europe, dont le projet de loi en autorisant la ratification avait été largement rejeté par référendum en 2005.

Rétrospectivement, je doute décidément qu’il me faille me battre la coulpe = les S-300 ont finalement été implantés et cet épisode est l’un de ceux qui ont beaucoup fait parler depuis le mois de septembre ; quant au mouvement des Gilets Jaunes, il constitue une très manifeste réponse aux manières de procéder développées depuis M. Sarkozy, portées à leur acmé par M. Macron [l’homme qui se moquait des « sans-dents » se tenait malgré tout davantage à carreau, comme l’on disait au Moyen âge…].

Depuis 2007, la France est sortie décidément de sa plus longue histoire = intégration atlantique à outrance [alors que notre si louable refus en 2003 de l’abjecte guerre d’Irak, malgré des pressions insensées, équilibrait un peu notre choix désastreux de bombarder illégalement Belgrade quatre ans plus tôt], européisme imprudent, choix de perspectives néolibérales et néoconservatrices radicales, mauvaises manières répétées des hauts responsables – tout a contribué à donner le sentiment à de très larges effectifs du peuple que la destruction du pays qu’ils aimaient et leur propre perte étaient jurées en haut lieu.

La confiance est morte = il n’y a au fond rien de plus à ajouter. Et il est assuré, quoi qu’il dise et fasse, que M. Macron, et la plupart des autres politiciens en vue, ne la retrouveront pas. Tremblez, tyrans et vous perfides… – des foules se lasseront bientôt peut-être de répéter en vain ces paroles parmi les jacasseries captieuses des gouvernants et des journalistes sur la République, la démocratie et l’État de droit dont elles saisissent toujours davantage le caractère trompeur. Pour autant, aucune issue ne saurait à cette heure être esquissée, le recours au droit de dissolution lui-même semblant peu approprié.

 

 

 

 

sr