Contribution au « Cahier de doléances » d’Hondainville [Oise]

Le Cahier d’Hondainville est ainsi désigné ; et c’est une excellente idée de madame le maire ; ne sommes-nous pas des sujets, et rien de plus, privés de liberté politique, puisque sans accès aucun à l’exercice de la souveraineté ? J’entends bien les critiques de tant de Gilets Jaunes, visant la démarche engagée par M. Macron ; pourtant, malgré l’admiration que j’éprouve pour ce mouvement immense, je crois que tout citoyen doit exprimer son opinion sur la volonté générale lorsqu’il le peut, même s’il craint que les intentions qui aient présidé à sa consultation ne manquent affreusement de pureté. Nul ne doit d’ailleurs douter que, parfois, le battement des ailes du papillon ne déclenche, finalement des événements immenses. Les papillons, il est vrai, disparaissent. De toute façon = Fais ce que dois, advienne que pourra.

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I. – Immédiatement [sans attendre donc le RIC] =

 

Du mouvement extrêmement inventif, au fond et en la forme, des Gilets Jaunes – mouvement intellectuellement cohérent [du fait même de son rejet des positions, elles-mêmes très cohérentes, en face, de la classe dominante et de ses dévoués commis politiques] –, ont éclos des vues fécondes et prometteuses. Certaines mesures ou orientations font l’objet d’un consensus très majoritaire, ou du moins large dans le pays – d’autres appellent des précisions mais circulent peu à peu au fil de l’immense prise collective de parole en cours. J’exprime ma reconnaissance sincère envers M. Macron = sa ridicule arrogance, la violence inédite d’une politique, non pas nouvelle, mais conduite sans répit et sans transactions depuis au moins 2007 et aggravée par lui alors que le pays devient pour une bonne part exsangue, la brutalité des moyens mis à la disposition des forces répressives et la radicalité des instructions qui ont été données à celles-ci, ont permis une très large unité populaire, sans véritable précédent depuis 1789. Je souscris sans réserve, pour ce qui me concerne, aux perspectives tracées par le mouvement populaire dans sa lutte, à la fois douloureuse, héroïque et joyeuse.

 

1/ Une augmentation effective du salaire minimum semble admise par tous. Il faudrait porter attention, toutefois, à une situation particulière qui tend à l’être de moins en moins, même si les statistiques que l’on peut trouver en ligne ne donnent pas un sentiment de clarté satisfaisant ; dans notre vallée du Thérain et la vallée voisine de la Brèche, on a le sentiment que l’intérim, sous diverses formes, a progressé de façon particulièrement alarmante ; un certain nombre de travailleurs se résignent à des situations douloureuses = ils ne bénéficient pas même, en fait, d’un contrat d’intérim à la semaine, moins encore au mois ; ils sont une simple variable d’ajustement aux flux de la demande, ignorant parfois le vendredi soir s’ils seront appelés pour le lundi ; un salaire minimum spécial – renforcé – pour les plus intérimaires des intérimaires adoucirait un peu leur situation.

 

2/ La plupart de nos concitoyens demandent à juste titre – les jugeant contraires à la décence – l’abrogation immédiate de toutes les mesures récentes concernant les divers prélèvements [depuis la pure imposture, en 2013, du CICE, certes supprimé depuis le 1er janvier, mais remplacé d’une façon qui grève l’avenir], et en particulier des mesures fiscales prises ostentatoirement en faveur des plus riches [suppression de l’ISF – mais maintien d’un IFI –, PFU ou « Flat Tax », modification de l’ « Exit Tax » … ; d’un autre côté, choix concernant la CSG, etc.] ; il est vain de penser qu’un gouvernement, quel qu’il soit, apaisera le légitime soupçon d’être le fondé de pouvoir de la classe capitaliste globaliste – soupçon pesant à juste titre sur les gouvernements qui se succèdent depuis 2007 –sans satisfaire à une telle exigence. Pour assurer une meilleure progressivité de l’impôt sur le revenu, deux nouvelles tranches devraient être créées, portant le prélèvement à 60% au delà de cent cinquante mille euros annuels imposables et à 70% au-delà de trois cent mille [l’aspiration générale se montrerait sensiblement plus sévère, mais on ne peut attendre d’un gouvernement néobourgeois qu’il aille plus loin dans des mesures immédiates qu’il jugerait d’ailleurs déjà très excessives].

 

3/ Les mesures tendant à diminuer les droits des chômeurs doivent être abandonnées ; aucune autre ne doit être prise. Ayant incité plusieurs personnes au chômage à demander auprès des agences d’intérim un document attestant qu’elles se rendaient, à leur invitation, à des entretiens d’embauche, elles m’ont indiqué qu’un tel modeste document leur était refusé et qu’on leur faisait comprendre qu’il ne fallait pas insister sauf à s’exposer à passer pour une « forte tête » ; il serait assez simple d’exiger qu’il n’en aille plus ainsi ; au regard du coût de tels déplacements inutiles, une indemnisation forfaitaire de celles-ci, même modeste, serait souhaitable.

 

4/ La présentation des valeurs du chômage – chômage très particulièrement élevé dans les Hauts-de-France – donne une présentation inadaptée de celui-ci ; elle doit être amendée.

 

5/ Toute décision concernant les retraites doit être suspendue ; à l’heure où la courbe de l’espérance de vie commence à se retourner dans certains pays occidentaux – sans qu’il soit probable qu’il n’en aille pas de même à moyen terme en France [où d’ailleurs l’espérance de vie des femmes stagne depuis assez longtemps désormais] –, l’ « urgence » ne semble, au minimum, pas celle que l’on nous présente.

 

6/ La suppression pure et simple de la TVA sur tous les produits alimentaires ne présentant pas de risques avérés pour la santé devrait aller d’elle-même.

 

7/ À l’heure où la natalité commence à se tasser sérieusement, du fait probablement de la multiplication de mesures inadaptées depuis M. Jospin en 1997, une augmentation sensible des allocations familiales, pour tous les foyers, semble indispensable, suivie d’une stricte indexation sur le coût de la vie, car les enfants sont la plus grande richesse d’un pays ; notre grande révolution n’a pu résister à l’Europe coalisée, aspirant à la détruire, que parce qu’elle était le pays occidental, de très loin, le plus peuplé.

 

8/ L’interruption des programmes de prétendue « rationalisation » judiciaire ou hospitalière.

 

9/ Le thème de la « croissance verte » appelle une réflexion très approfondie et redoutablement difficile ; l’urgence écologique – pas seulement climatique, très loin s’en faut – ne saurait être niée ; l’on peut admettre toutefois qu’elle est souvent détournée, en faveur d’intérêts transparents [intérêts proprement capitalistes ; intérêts aussi touchant à l’instauration d’un contrôle punitif de la population] ; les énergies dites « propres » ne le sont jamais ; elles polluent différemment [batteries, panneaux photovoltaïques ainsi] ; elles appelleront aussi des tensions croissantes de divers ordres [à propos du lithium en particulier, dont l’extraction soulève d’ailleurs souvent des troubles écologiques majeurs, ainsi sur le continent sud-américain ; il faut aussi considérer le cobalt, l’une des grandes ressources de la République Démocratique du Congo à laquelle ses « richesses » exceptionnelles n’ont cessé de valoir, depuis l’abominable Léopold II, « roi du Congo » et prince du caoutchouc, un constant malheur et la misère sur un tas d’or…] ; les possibilités d’extension du parc de véhicules électriques sont limitées dans le court et moyen terme du fait de l’impossibilité d’accroître très rapidement la production de certaines ressources, et elles seront freinées par les tensions haussières, déjà vigoureuses, du marché des matières premières indispensables ; le grand mythe électrique bobo doit de toute façon être dégonflé puisque, l’électricité n’étant pas une énergie primaire, il va de soi que, en France, les véhicules électriques roulent à l’énergie nucléaire à hauteur de près des trois quarts, et en Allemagne au charbon/lignite pour environ quarante pour cent de leur consommation ; comme le suggère, détournant un succès ancien de Michel Fugain, une amusante chanson nourrie pas les événements en cours, les « gentils » sont peut-être bien des « méchants » et réciproquement…

Ici, la suppression du renchérissement des carburants serait largement compensée par la taxation des transports maritimes et aériens, extrêmement polluants [mais une telle démarche, comme beaucoup d’autres, renvoie au point III, ci-après, c’est-à-dire au recouvrement de notre souveraineté nationale].

 

10/ Quelques mesures s’imposent d’urgence ; elles ne seraient qu’un début = l’interdiction immédiate des flashball et de certaines grenades ; la mise de la BAC à l’écart des opérations de maintien de l’ordre public – ses effectifs ont en effet, depuis deux mois, manifesté un degré de violence tout particulier, dont les bons citoyens, soucieux de l’honneur du pays, ont le rouge au front – ; les membres des forces répressives doivent non seulement toujours arborer leur matricule, mais le porter en lettres fluorescentes sur la poitrine, sur le haut du dos et sur le casque ; aucune violence injustifiée ne doit être tolérée de la part des forces dites de « l’ordre ».

 

11/ Les libertés publiques – expression et manifestation en particulier – doivent être strictement respectées et renforcées ; aucune mesure restrictive nouvelle ne doit être adoptée, contrairement à ce qui semble envisagé ; toutes les démarches tendant aux contrôle toujours accru de la population doivent être interrompues ; les textes liberticides des dernières années doivent être abrogés ; les pratiques injustifiables et illégales abandonnées ; l’argument trouble du terrorisme ne doit pas être brandi en permanence pour limiter la liberté des citoyens.

 

12/ Les aides importantes données à la presse capitaliste [l’essentiel de la presse] doivent être supprimées ; si les très riches veulent s’offrir des moyens d’influencer l’opinion, qu’ils se les paient donc ; le peuple n’a aucun lieu de subventionner des instruments tendant évidemment [MM. Drahi, Bolloré, Arnault, Niel, et autres ne sont pas des philanthropes ou des amis désintéressés de la liberté de pensée – même contre eux et leur système] à configurer de façon favorable à la classe dominante sa perception du monde.

 

13/ Supprimer la vaccination obligatoire, démesurément étendue dans des conditions auxquelles – pour le moins – la transparence a fait défaut, tout en offrant la possibilité d’une vaccination gratuite à tous ceux qui la souhaitent.

 

14/ Le collège et le lycée forment un enjeu encore plus important que l’enseignement supérieur dont les faiblesses, aujourd’hui, sont strictement indexées sur celles du secondaire ; la bourgeoisie, grâce aux écoles privées, prétend, dans l’ « entre-soi », contourner égoïstement la difficulté ; il n’y a pas lieu d’ouvrir une nouvelle guerre scolaire ; mais un effort considérable doit être consenti en faveur de la formation secondaire publique ; des internats de qualité doivent aussi être mis à la disposition des enfants qui le souhaiteraient au regard en particulier des difficultés de leur vie familiale, tenant bien souvent d’ailleurs – c’est un cercle vicieux – à la pauvreté.

 

15/ L’égalité d’accès à l’enseignement supérieur est une priorité ; aucune entrave ne doit lui être portée, la gratuité doit être maintenue ; une réflexion doit être engagée en vue de supprimer très rapidement les grandes écoles, obstacle majeur à l’égalité des chances et sources du développement d’une prétendue « méritocratie », marquée par son conformisme et son arrogance, accaparant les places, et qui semble l’une des causes majeures de la rupture entre de soi-disant « élites » et le peuple.

 

16/ Un service national de dix mois, obligatoire entre l’âge de dix-huit et l’âge de vingt-deux ans, est indispensable si l’on veut atténuer les effets de la fracture sociale et développer une véritable conscience citoyenne ; il permettrait, pendant les quatre premiers mois, de donner accès à nombre de formations indispensables à tous – en particulier le permis de conduire –, de proposer des formations spécifiques, de type surtout technique ; puis, pendant six autres mois, d’autoriser un véritable service militaire des uns et civil des autres.

 

17/ Considérer comme une urgence la lutte contre la souffrance animale et engager une réflexion nationale sur les moyens de diminuer la part des protéines animales et d’augmenter celle des protéines végétales dans notre alimentation ; ce mouvement de l’esprit est de toute façon irrésistible désormais.

 

18/ Le plafonnement des plus hautes rémunérations publiques, ou de leur cumul – y compris avec des rémunérations privées –, s’impose dans les circonstances difficiles du temps ; le plafonnement immédiat des retraites publiques, et surtout de leur cumul, ne saurait être éludé [aujourd’hui, pour certains politiques, le cumul dépasse quinze mille euros et ne leur interdit pas de percevoir les revenus d’une présente activité – d’où – évoqués ces jours-ci – les trente mille euros mensuels de M. Toubon !] ; les avantages exorbitants dont jouissent les anciens présidents de la République seraient supprimés immédiatement pour une bonne part de ces avantages ; s’ils préféraient gagner de l’argent que servir le peuple, ils n’avaient rien à faire dans de telles fonctions.

 

19/ Tout « pantouflage » serait interdit aux fonctionnaires au-delà d’un certain niveau ; une fois retraités, l’embauche de ceux ayant exercé des responsabilités par des entreprises privées, en tout particulier étrangères, serait interdite.

 

 

II. – La révision constitutionnelle

 

1/ La demande principale, très largement partagée, est celle du Référendum d’Initiative Citoyenne [RIC] ; et ceci en toutes matières – législative ou réglementaire, constitutionnelle, financière, concernant tous les accords internationaux [aspect dont Marrakech et Aix-la-Chapelle ont ces temps-ci, après la duperie de Lisbonne bien entendu, manifesté l’importance cruciale de l’enjeu en notre temps], et enfin révocatoire.

Bien entendu, il ne saurait appartenir qu’à un référendum d’initiative citoyenne de déterminer les conditions du référendum d’initiative citoyenne = il n’appartient pas aux représentants d’imposer au souverain, le peuple, des cadres à sa souveraine expression. Chacun doit bien comprendre qui est le maître, et que toute atteinte – dans l’ordre politique – à cette maîtrise absolue, manifestation de la liberté de chacun, est un acte despotique.

Il est loisible à tous, pourtant, d’imaginer des voies. L’on pourrait imaginer ainsi que les propositions de référendum national dussent recueillir le soutien de cinq pour cent du corps électoral [dont au moins trois pour cent de l’électorat dans dix régions, pour éviter la pente d’un fédéralisme girondin qui pourrait bien être une carte pour les dominants battant quelque peu en retraite afin de fragmenter le peuple et d’affaiblir, en la dispersant, sa force] ; ces propositions seraient considérées comme adoptées si, par exemple, au moins la moitié des électeurs représentant au moins trente pour cent des inscrits les approuvaient ; il conviendrait sans doute que deux journées fixes soient réservées chaque année au vote des diverses propositions de RIC nationaux, par exemple un dimanche de juin et un dimanche de novembre.

Il irait de soi à mon sens [n’oublions jamais – je le répète – la trahison de Lisbonne !] que toute disposition ou ensemble de dispositions adoptés par RIC serait revêtu de la signification, de la force, de la valeur – comme l’on voudra – constitutionnelle, prenant rang en tant qu’amendement numéroté à la constitution, à la suite de cette dernière.

De telles dispositions ne pourraient être modifiées que par un autre RIC ou par une procédure « classique » de révision constitutionnelle culminant obligatoirement dans un référendum [actuel art. 89 al.2, mais à l’exclusion de tout recours à l’al. 3] ; le rejet, en ce cas, du référendum emporterait dissolution automatique de l’Assemblée.

 

2/ Un tel nouvel équilibre, entre le peuple et ses représentants, permettrait de renoncer aux équilibres en trompe-l’œil qui sont prévus dans le cadre de notre système ultrareprésentatif [c’est-à-dire, en un autre sens = pas représentatif du tout].

Devraient à mon sens être supprimés = le Sénat, le Conseil Économique, Social et Environnemental et le Conseil constitutionnel ; une révision sévère de la liste des Autorités administratives dites indépendantes – l’une des grandes ruses du « système » – serait rapidement effectuée.

 

3/ Il n’y a lieu de s’attarder que sur la suppression du Conseil constitutionnel. La plus partagée des illusions tient à ce que la plupart des gens n’entendent pas la question de l’ « interprétation » ; ils ne saisissent pas qu’avec des textes comme ceux de la constitution et de son préambule, les juges constitutionnels n’ « appliquent » nullement, de façon en quelque sorte « mécanique » un « texte » ; les prétendus « sages » font ce qu’ils veulent, et ne sauraient d’ailleurs faire autrement puisqu’il n’y a pas de « vérité » des textes ; or il se trouve que, dans l’ordre interne, les membres du Conseil sont les ultimes gardiens de l’ordre capitaliste globalisé qui nous opprime ; une assemblée décidée au changement les trouverait en permanence en face d’elle ; s’il appartenait au Conseil constitutionnel de « filtrer » les RIC, cela viderait une telle institution de tout son sens. Le peuple souverain doit être le seul gardien de la constitution ; aucun organe ne doit pouvoir être le juge de la justesse absolue de son jugement ; qui osera donc penser et dire que M. Fabius et quatre de ses collègues puissent avoir « raison » contre des dizaine de millions de citoyens ? Tant qu’il y aura un Conseil constitutionnel, le règne de l’oligarchie sera garanti ; l’ « État de droit », dans le contexte que nous connaissons, est, hélas, l’État des riches individus ou des sociétés, des personnes morales ; les pauvres, et même les pas très riches n’ont de toute façon pas un accès effectif et équitable à la justice.

De toute façon, si, comme le porte l’article 28 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, « Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures » – à plus forte raison, un étroit groupe de prétendus spécialistes, se revendiquant de textes ou de principes passés, ne peut donner sa loi à un peuple libre et donc souverain, et jouissant donc du droit imprescriptible et inaliénable de faire la loi et de déterminer lui-même, en permanence, son sens et sa signification.

 

4/ Le peuple doit redouter par-dessus tout qu’une dissolution de l’Assemblée ou une démission du Président n’ait pour effet d’engluer immédiatement le mouvement populaire dans les jeux ordinaires de la représentation. Nos concitoyens, en dehors des exigences les plus immédiates, doivent conserver l’œil fixé sur les modifications institutionnelles qui leur restitueront la souveraineté dont ils ont été presque toujours dépouillés, alors qu’elle n’est que l’accomplissement de leur liberté native. Il leur faut accroître de façon continue leur pression, en formant le vœu que les forces répressives prennent peu à peu conscience des conséquences atroces de leur action.

Faudrait-il, par la suite, bouleverser les deux organes cruciaux que sont la Présidence et l’Assemblée ? Probablement pas. Il suffirait d’abaisser la durée du mandat présidentiel à quatre ans et celle du mandat parlementaire à deux ans – ce qui permettrait d’ailleurs, s’agissant des députés, d’éviter la multiplication inutile des référendums révocatoires, détournant le peuple de sa volonté générale, de son œuvre, si l’on préfère, législative.

Davantage = la proportionnelle aurait des effets pernicieux en conduisant à une inévitable « partitocratie » ; il ne faut surtout pas rendre prétendument plus « représentative » la « représentation » ; il faut que le peuple puisse constamment se dresser contre ses représentants ; le scrutin majoritaire à un tour [à l’anglaise] présenterait même des avantages mais il n’est pas dans nos habitudes ; le scrutin uninominal majoritaire à deux tours serait donc maintenu pour l’élection des députés comme pour l’élection présidentielle.

 

5/ Sans qu’il soit utile de tenter, illusoirement, de prédire ce que seraient les choix populaires, il pourrait être utile, afin d’exprimer clairement le souhait populaire de renouer avec notre tradition nationale, de modifier [mots soulignés et placés en italiques] le premier alinéa du préambule de la constitution :

« Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’ à l’esprit impérissable du Programme du Conseil National de la Résistance, et aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004. »

Une telle mention indiquerait le souhait du peuple, enfin « en marche », de considérer avec plus d’attention, et même d’affermir sensiblement le préambule de 1946, et en particulier de briser les « féodalités » économiques et financières, de ne pas dissocier la souveraineté économique de sa souveraineté politique, d’appeler à renouer avec la planification, et bien entendu de nationaliser autant qu’utile les secteurs financiers et énergétiques, tout en assurant la complète maîtrise des services publics par la puissance publique.

À l’article premier de la constitution, seraient ajoutés les mots ci-après en italiques et soulignés, fort classiques, et repris par Robespierre le 5 Nivôse an II dans des circonstances terribles dans lesquelles nous devons puiser le courage de lutter : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle considère comme « la plus sainte de toutes les lois, le salut du peuple ». Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » 

 

 

III. – Les conditions du changement

 

Ce qui précède étant considéré, il est absolument vain de penser qu’il sera possible de rompre avec la violence extrême du capitalisme globaliste sans décisions radicales tendant à notre désengagement de certaines institutions supranationales : l’Union européenne, qui est statutairement ordonnée à un programme ultralibéral et qui, en particulier, détermine, à peu près immédiatement, les deux tiers de notre législation ; l’euro qui a bénéficié à l’Allemagne mais a dévasté la France et bien d’autres pays [de toute façon, il n’y a pas de souveraineté sans libre puissance monétaire] ; l’OTAN qui ruine notre indépendance et compromet le pays de la Révolution et du général de Gaulle dans les perpétuels crimes de l’impérialisme atlantique, consommant la ruine de notre indépendance nationale et exposant toujours davantage notre sol au risque d’une guerre destructrice, parmi les artificiels et injustes conflits de l’Ouest et de l’Est, et aussi de l’Occident et de l’Orient.

 

Stéphane Rials

Hondainville, le 18 janvier 2019