Examen GD [M1 – UEC] – Janvier 2019

Il m’est particulièrement agréable de communiquer les notes obtenues au qcm = elles sont bonnes et je suis très heureux que certaines choses plus difficiles [la question 19 par exemple] aient été comprises par presque tous ; au fond – selon ma vue certes -, qui est en mesure de saisir, même rudimentairement [comme il le suffisait ici], les termes de la question de l’idéalisme a accompli une grande part du chemin. Dans l’aval d’un tel basculement, il ne s’agit plus que de travail ; mais l’obstacle, infranchissable pour beaucoup, est surmonté.

 

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M1 – Grandes doctrines [UEC 1]

Cours du Professeur Rials

Examen de l’hiver 2019

 

NB : le corrigé sera installé peu après l’examen sur le site assasri.wordpress.com [les présentes pages mais avec les « bonnes » réponses soulignées et portées en gras]

 

Notation : [nihil noui = ne perdez pas votre temps à relire ces premières lignes – à l’exception de celles portées en gras] :

1) Le QCM emporte l’allocation maximale de 50 points [pour sensiblement moins de cinquante questions ; comme il n’est pas nouveau, il est en effet des questions doubles, s’agissant desquelles il conviendra de cocher deux numéros sur la feuille de vos réponses]. La note devant être portée sur dix, le diviseur devrait être 5. Il sera 4,5.

2) La note obtenue sera ensuite élevée au demi point supérieur. Vous noterez que vous obtiendrez ainsi, si je ne me trompe pas, la moyenne avec 21 points sur 50.

3) Lorsque au moins 32 points bruts sur cinquante auront été obtenus, un point supplémentaire sera alloué. Exemple : si vous avez répondu convenablement à 32 questions à un point ; si le diviseur était 5, vous obtiendriez 32 : 5 = 6,4 ; et donc 6,5 après élévation au demi point supérieur [mention Assez Bien].Comme le diviseur est 4,5, vous obtiendrez tout d’abord 32 : 4,5 = 7,11. Par élévation au demi point supérieur, votre note sera portée à 7,5 [mention Bien] ; et comme 32 sont égaux ou supérieurs à 32, le point supplémentaire vous donnera 8,5 [mention très bien si je ne me trompe pas].

La correction est automatisée et il n’y aura bien entendu aucune discussion.

Dois-je préciser

1) que quelques questions ou réponses opèrent spéculairement les unes par rapport aux autres, les termes de l’une pouvant favoriser la réponse à telle autre.

2) que certaines questions et réponses sont longues, mais que cela ne constituera pas une difficulté pour ceux qui connaissent les réponses et n’ont pas à les conjecturer par patiente élimination.

Toutefois, les étudiants étrangers veilleront à faire enregistrer clairement cette qualité afin – comme pour les stricts écrits – qu’elle soit considérée dans la notation. Ici, je prie le service que cette considération soit automatique : un demi-point sera ajouté à leur note finale.

 

Question 1

Si, évoquant une bataille que nous ne saurions oublier, je vous dis simplement = « Le cri… – vous complèterez en portant =

A …de la Marne » [5 au 12 septembre 1914]

B …d’Austerlitz » [11 frimaire an XIV – 2 décembre 1805]

C …des pyramides » [3 thermidor an VI – 21 juillet 1798]

D … de Valmy » [20 septembre 1792… deux jours avant la proclamation formelle de la République appelant à dater les actes publics de l’an premier de la République]

 

Question 2

Selon Robespierre – dans le rapport sur les principes du gouvernement révolutionnaire du 5 nivôse an II –, quelle est « la plus sainte de toutes les lois », la loi fondamentale par excellence, celle devant lesquelles toutes les autres doivent céder ?

A Le respect de la propriété [comme on le sait, le Comité de Salut Public a, dans le domaine de la législation contre les émigrés, obtenu de la Convention la suspension de toutes les mesures visant les biens de ceux-ci]

B Le salut du peuple

C La limitation méticuleuse de la puissance publique

D L’organisation raffinée des organes en charge de la fonction judiciaire

 

Question 3

Du Programme du Conseil National de la Résistance, vous écririez ou n’écririez pas [vous cocherez la proposition la moins adaptée, celle que vous n’écririez pas justement]

A qu’il appelait à la nationalisation totale de l’artisanat, préfigurant le choix de Fidel Castro en 1968

B qu’il prévoyait de briser les « féodalités » économiques et financières

C qu’il ne dissociait pas la souveraineté économique de la souveraineté politique de la patrie

D qu’il prônait la planification

E qu’il appelait à la nationalisation des grands monopoles, en particulier dans le domaine de l’énergie, des assurances et du secteur bancaire

 

Question 4

Qu’entend-on en gros par « ascétisme intramondain » ?

A Une pratique contrôlée de la sexualité inspirée du bouddhisme vajrayāna [tantrique], théorisée par Marilyn Ferguson dans sa fameuse Aquarian Conspiracy, et très en vogue depuis le déploiement de la sensibilité « New Age » parmi les évangéliques étatsuniens

B L’une des tactiques révolutionnaires – entée sur son analyse de la « société de la forme marchande généralisée » – suggérées par Michel Clouscard dans Néofascisme et idéologie du désir : par le boycott des produits et pratiques liés au « capitalisme de la séduction », par le développement méthodique de pratiques économiques communautaires favorisant le partage et le don, Clouscard pensait qu’il serait possible de limiter l’empire de la « bête sauvage » sur la société

C Cette notion wébérienne doit se comprendre par opposition à l’ascétisme extramondain de la pratique monastique si longtemps importante au sein du christianisme romain. Tout se serait passé comme si les « Réformes », hostiles à cette pratique, avaient procédé à sa sécularisation, l’orientation ascétique se développant dans le monde, en tout particulier dans le travail, avec l’effet second, du fait des conséquences économiques favorables de la vie réglée et sobre de l’entrepreneur rigoriste, répugnant à consommer, réprouvant les façons ostentatoires, et investissant par suite inlassablement ses bénéfices dans son entreprise, de favoriser l’accumulation capitaliste.

 

Question 5

De Christopher Lasch, vous ne diriez pas qu’il se considérait comme =

A fidèle aux traditions les plus profondes des États-Unis

B populiste

C attaché au protestantisme et aux réformes

D progressiste

E critique de la nouvelle élite sociale

 

Question 6

Vous avez rencontré dans tel billet des Muscadins, des Incroyables, des Merveilleuses ; quel homme ou quelle femme politique a évoqué le monde populaire sensible à des thèmes réputés « populistes » en évoquant les « déplorables » ?

A Mme Clinton

B M. Macron

C M. Fillon

D M. Trump

E M. Griveaux

F M. Mélenchon

 

Question 7

Voici des termes associés à la politique fiscale [et partiellement sociale – entendre = radicalement antisociale] de M. Macron ; l’un ne l’est pas ; lequel ?

A Exit Tax

B PFU encore dit Flat Tax

C Création d’une tranche à 66% sur les revenus supérieurs à deux cent cinquante mille euros tendant à compenser les « cadeaux » consentis au capital mobilier

D amorce de la suppression de la Taxe d’habitation

E alourdissement de la CSG

F Suppression de l’ISF et instauration d’un IFI, impôt sur la seule fortune immobilière

 

Question 8

L’un des auteurs suivants ne peut guère être considéré comme un penseur plus ou moins spécifique de la question des élites, même si, au sein de sa doctrine de l’imitation, il a pu évoquer le rôle de celles-ci – lequel ?

A Burnham [Chicago,1905-Kent [Conn.],1987]

B Tarde [Sarlat, 1843-Paris, 1904]

C Michels [Cologne,1876-Rome, 1936]

D Mosca [Palerme, 1858-Rome, 1941]

E Pareto [Paris, 1848-Céligny [CH], 1923]

F Galbraith [Iona Station [Ontario], 1908-Cambridge [Mass.], 2006]

 

Question 9

J’ai évoqué à plusieurs reprises l’anthropologue [l’ethnologue] Pierre Clastres, disparu prématurément ; l’un de ses livres, publié en 1974, marqua particulièrement son époque – il s’agissait de =

A De la division du travail social

B La société sans l’État

C Aux origines Guayaki de la violence et de l’État au Paraguay

D L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme

E La société contre l’État

 

Question double 10 et 11

Si Hobbes a été, tout bien pesé, l’inventeur de la représentation moderne [avec sa doctrine de l’autorisation, mise au point seulement en 1651 dans Leviathan, avec l’effet recherché, contrairement à ce que disent la plupart des « historiens des idées », de pouvoir échapper aux conséquences qu’il jugeait belligènes du « contractualisme » auquel il persistait à souscrire, au début des années quarante dans Elements of Law et De Ciue], les philosophes politiques du milieu du dix-huitième siècle français en entendaient bien la notion [ainsi Montesquieu ou Rousseau]. Au début de la Révolution, lors de la séance du 7 septembre 1789, un admirateur mais adversaire de Rousseau, annonçant par ailleurs dans ce texte, par quelques aspects, mais avec moins de cynisme, un argument ultérieur de Constant, opéra une distinction très claire de la « représentation » et de la « démocratie » en prônant la première. Qui était ce député ?

A Mounier [1758-1806]

B Robespierre [1758-1794]

C Barnave [1761-1793]

D Mirabeau [1749-1791]

E le cardinal de la Luzerne [1738-1821]

F l’abbé Sieyès [1748-1836]

 

Question 12

Nous appartenons à un monde, non qui aurait inventé la « propagande », mais qui en a constamment perfectionné les moyens depuis en gros un peu plus d’un siècle. Un auteur, deux fois neveu de Freud [sans que cet aspect ait forcément revêtu la forte signification dont se revendiquait cet homme, en habile propagandiste de lui-même] passe ordinairement pour l’inventeur de ce que l’on appelle pudiquement « relations publiques ». Qui est ce praticien et cet auteur ?

A Tarde [1843-1904]

B Le Bon [1841-1931]

C Bernheim [1840-1919]

D Charcot [1825-1893]

E Goebbels [1897-1945]

F Bernays [1891-1995]

 

Question 13

Qui est l’auteur du grand succès Qu’est-ce que le Tiers-État [janvier 1789] ?

A le duc d’Orléans, futur citoyen Égalité [1747-1793]

B Saint-Just [1767-1794]

C l’abbé Sieyès [1748-1836]

D l’abbé Grégoire [1750-1831]

E Laclos [1741-1803], l’auteur des Liaisons dangereuses, mais aussi le collaborateur politique du duc d’Orléans

F Mirabeau [1749-1791]

 

Question 14

Chez quel auteur la propriété privée se trouve-t-elle justifiée au titre d’un droit naturel par le travail humain [moyennant certes, aussi, un motif nettement théologique] ?

A Hobbes

B Locke

C Rousseau

 

Question 15

Soit un cours imaginaire, rencontré en l’un de vos cauchemars de ces temps-ci. Vous y lisez cette phrase : « L’idée que, du jeu des passions – et non seulement d’une vertu classique, effective et répandue, par exemple, ou bien des corrections constantes de la seule raison humaine –, puisse éclore un ordre social viable et stable [moyennant tout au plus la médiation réflexive, minimale au fond, des calculs de la raison], en particulier parce qu’il faudrait consentir qu’il est des passions dont la vocation peut être d’assurer la contention ou la régulation d’autres passions, plus perturbatrices au fond, n’est pas étrangère à un certain nombre d’auteurs, et peut même former le cœur du montage de certains autres. »

Dans la liste donnée par ce professeur inconnu, un nom vous semble ne pas convenir :

A Hobbes

B Grotius

C Certains « économistes » du XVIIIe siècle – disons grossièrement de Mandeville à Smith – invoquant finalement la passion rationnelle de l’intérêt

D Pascal

 

Question 16

Voici deux personnages dont le rôle à Florence fut à beaucoup d’égards – comme politiques et comme humanistes – important à la fin du Trecento et au début du Quattrocento. Vous retiendrez, s’il vous plaît, la réponse la plus satisfaisante =

A Leonardo Bruni, disciple et collaborateur de Coluccio Salutati, fut aussi l’un de ses successeurs comme chancelier de Florence

B Coluccio Salutati, disciple de Leonardo Bruni, fut aussi l’un de ses successeurs comme chancelier de Florence

C Leonardo Bruni et Coluccio Salutati furent de stricts contemporains alternant au pouvoir, dans une suite de mandats biennaux, pendant une très longue période

D Coluccio Salutati œuvra certes à Florence, mais, dans le même temps, Leonardo Bruni fut un doge de Venise fort belliqueux, du 15 avril 1423 jusqu’à son abdication, précédant de peu sa mort le 1er novembre 1457

 

Question double 17 et 18

Laquelle des suivantes propositions préféreriez-vous retenir ?

A Le Ventennio a illustré une forme de triomphe de la volonté sous la haute inspiration de l’Idée = la « nation prolétaire », par la médiation de l’Idée romaine, s’est accomplie en une puissance impériale rivalisant avec les plus grandes puissances coloniales, la Grande-Bretagne et la France – un temps, l’on put vraiment se croire revenu au temps de la gloire impériale de la Rome antique

B Il est étonnant de mesurer à quel point les fictions rêveuses – ici celle d’une Roma rediuiua – vont leur chemin, purement spirituel, comme si elles ne devaient jamais interférer avec l’Histoire, avec le « réel » = voici un régime gavé – et gavant – de réminiscences romaines, hanté par la perspective d’une restauration de l’empire immense – anneau enchanté passé, comme pour des épousailles, au Mare Nostrum [et au-delà] – et échouant absolument en son désir de projection coloniale comme dans son ambition mimétique plus large d’enfanter, dans la métropole même, un espace impérial adossé à un ardent usage politique tant d’une création artistique originale que d’un effort archéologique impressionnant

C Le romanisme fasciste, avec toute sa fécondité propre – même si elle est fort irritante parfois – dans l’ordre archéologique, artistique ou urbanistique, s’est révélé comme pleinement, mais douloureusement, opératif très au-delà de cette dimension mémorielle et récapitulative, en s’accomplissant comme justification de, et appel à une projection impériale à la fois porteuse d’iniquité et révélatrice de la faiblesse persistante de la brillante Italie pour certains exercices

 

Questions 19

À plusieurs reprises, et de façon très appuyée dans le billet « Constitution mythique de l’identité […] », j’ai insisté sur une proposition centrale de l’idéalisme, dont je donne ci-après une version très simple. Vous choisirez la « bonne » réponse =

A L’esprit est acte – ou action

B L’esprit est tout passivité pure

 

Question 20

Les « lunettes vertes », qu’il m’arrive d’évoquer pour faire entendre grossièrement [mais de façon très émouvante au regard du contexte de la profération de cette expression, et des suites des circonstances qui avaient justifié celle-ci] la portée dans la durée du basculement associé au nom de Kant [mais « radicalisé » par d’autres que lui], furent évoquées par =

A Friedrich Wilhelm Christan Karl Ferdinand [Freiherr] von Humboldt [1767-1835]

B Heinrich von Kleist [1777-1811]

C Johann Gottlieb Fichte [1762-1814]

D Friedrich Schleiermacher [1769-1834]

E Novalis [Georg Philipp Friedrich, [Freiherr] von Hardenberg, dit] [1772-1801]

F Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854]

 

Question double 21 et 22

La projection coloniale n’a certes pas été le fait de la seule Italie [songeons, je le répète, à l’Angleterre ou à la France, parmi d’autres mais beaucoup plus que d’autres] ; la projection coloniale de l’Italie n’a certes pas, non plus, attendu l’accès au pouvoir du Duce ; pourtant, l’élargissement de sa projection coloniale peut rétrospectivement apparaître comme un horizon à peu près obligé pour l’Italie de l’entre-deux-guerres, de façon un peu décalée dans le temps par rapport à l’époque la plus intense, quelques décennies plus tôt, de la projection des puissances coloniales européennes. Parmi les propositions suivantes – nullement incompatibles et méritant à mon sens toutes une certaine considération – laquelle vous paraît-elle, par sa spécificité et au regard du discours obsessionnel du Duce, des hiérarques et du gros des intellectuels fascistes, contribuer le mieux à l’intelligence de la ferveur coloniale italienne, si impressionnante, dans les années trente ?

A Le caractère décalé du développement du capitalisme en Italie suffit à expliquer que le « stade suprême du capitalisme » [Lénine = l’impérialisme] ait été atteint plus tardivement à Rome qu’à Londres ou même à Paris

B La projection impériale italienne a poussé à son terme l’élan du Risorgimento et était au fond, en ce temps, comprise comme ab ouo dans ce mouvement immense de la conscience nationale

C Un régime dictatorial, comme le régime des faisceaux, ne saurait n’être pas tendanciellement sollicité par des aventures extérieures propres à souder, dans la victoire [espérée], de larges effectifs autour de lui

D Le fascisme, brochant sur une orientation locale de l’esprit antérieure même à la Première Guerre, a tenté de traduire, au titre de mythe constitutif de l’identité de l’Italie nouvelle [supposée – cette identité – accomplir, bien entendu, l’immémorial destin d’un peuple], la vocation du régime lictorial à actualiser l’héritage réputé impérissable de l’empire romain, en particulier en son âge augustéen = le régime, dès lors, n’eût pu se dérober à la forme de redoutable obligation impériale de laquelle il tirait une partie de son rayonnement politique

 

Question 23

Voici un texte cité par moi, d’un très grand intérêt et propre à faire comprendre la pensée politique [et esthétique aussi] de son auteur, comme certains des lourds embarras que devait lui causer un penchant idolâtrique aussi affiché =

« J’ai vu sur l’Acropole, jonchant la terrasse où s’élève la façade orientale du Parthénon, les débris du petit temple que les Romains, maîtres du monde, avaient élevé en ce lieu à la déesse Rome, et j’avoue que la première idée de cet édifice m’avait paru comme une espèce de profanation. En y songeant mieux, j’ai trouvé que le sacrilège avait son audace sublime. A la beauté la plus parfaite, au droit le plus sacré, Rome savait préférer le salut de Rome, la gloire des armes romaines et, non content de l’en absoudre, le genre humain ne cesse de lui en marquer sa reconnaissance. L’Angleterre contemporaine a donné des exemples de la même implacable vertu antique. Le nationalisme français tend à susciter parmi nous une égale religion de la déesse France. »

Qui est cet auteur ?

A Charles Péguy [1873-1914]

B Maurice Barrès [1862-1923]

C Georges Valois [1878-1945]

D Georges Bernanos [1888-1948]

E Charles Maurras [1868-1952]

F André Malraux [1901-1976]

 

Question 24

Un très intéressant auteur français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, conservant nombre de fidèles, assez divers d’ailleurs, aujourd’hui, et auteur en particulier des fameuses Réflexions sur la violence, a notamment [même s’il ne faudrait pas le réduire à cet aspect, souvent mentionné, et assez peu médité avec sérieux] opposé le « mythe » à l’ « utopie » [vous cocherez, s’il vous plaît la bonne réponse] =

A Gustave Le Bon [1841-1931]

B Gabriel [de] Tarde [1843-1904]

C Jean Jaurès [1859-1914]

D Édouard Berth [1875-1939]

E Georges Valois [1878-1945]

F Georges Sorel [1847-1922]

 

Question 25

Parmi les ouvrages qui se trouvaient dans le cabinet d’horloger genevois d’Isaac Rousseau, père de Jean-Jacques, un auteur était cher à celui-là et ne cessera de l’être à celui-ci. Il s’agissait de l’auteur, en particulier, des Bioi parallēloi, c’est-à-dire de [vous retiendrez la bonne réponse dans cette liste d’ « historiens » anciens] =

A Suétone [c.70-c.122 pjc]

B [première partie des Vies rédigée en prose par] Salluste [c.86-c.35ajc], [deuxième partie – en vers, en hexamètres dactyliques, cela va sans dire – par] Tite-Live [c.60 ajcc.17pjc]

C Plutarque [c.46-c.125pjc]

D Thucydide [c.465-p.400ajc]

E Tacite [58-c.120pjc]

F Flavius Josèphe [c.37-c.100 pjc]

 

Question 26

Voici des noms de « grands législateurs » [en gros « réels », ou bien nettement « légendaires », ou encore souvent « réels » mais, si l’on veut, « légendisés », etc.] ; un intrus s’est manifestement glissé dans la liste =

A Numa

B Lycurgue

C Solon

D Sénèque

E Dracon

 

Question 27

J’imagine qu’il y a dans le propos qui suit quelque motif à la réflexion de jeunes « juristes », lesquels s’intéressent d’ailleurs à des textes qui n’ont plus de père, ou bien qui, la plupart, toujours ont été orphelins, nés qu’ils furent de procédures complexes dont on pourrait à peine dénombrer les acteurs [et moins encore connaître leurs arrière-pensées, ou encore la densité de leur pensée]. Quel auteur a-t-il suggéré que le texte « a toujours besoin du secours de son père, car il n’est pas par lui-même capable de se défendre ni de se secourir » et, abandonné à lui-même, et à ses interprètes, « roule de tous côtés » ?

A Platon

B Sénèque

C Aristote

D Montesquieu

E Cicéron

F François Gény

 

Question 28

Dès avant la chute définitive de Constantinople [et de ce qui restait de l’empire romain d’Orient], en 1453, les « lettres grecques » avaient afflué, comme jamais depuis près de mille ans, en Occident. Tous les noms qui suivent participèrent, d’une façon ou d’une autre, à l’extrême fin du Trecento et surtout au Quattrocento, à cette immense Translatio studiorum [l’exclusivisme d’une poignée d’énergumènes bouffonnement gavés d’idéologie dans l’utilisation de cette expression doit faire sourire…] sans laquelle le destin philosophique, en particulier, de l’Europe n’eût probablement pas été ce qu’il fut ; vous cocherez s’il vous plaît le nom du traducteur des œuvres de Platon, presque toutes ignorées jusqu’alors de l’Occident [le Timée seul était familier aux médiévaux], depuis le grec jusqu’au latin [Omnia diuini Platonis opera, comme l’on dira volontiers]

A Manuel Chrysoloras [c.1355-1415]

B Ioannis Argyropoulos [a.1400-1487]

C Basilius Cardinal Bessarion [1403-1472]

D Marsilio Ficino [Marsile Ficin] [1433-1499]

E Demetrios Chalcondyle [1423-1511]

F Leontios Pilatos ou Leonzio Pilato [Léonce Pilate] [+1366]

 

Question double 29 et 30

J’ai évoqué, au terme des guerres de religion, une « transaction française 1600 » [date ronde car, comme je l’ai précisé, le travail était entièrement accompli quelques années plus tôt – culminant en particulier dans l’arrêt Le Maistre du 28 juin 1593, permis par les effectifs déjà patriotes du Parlement ligueur de Paris] – transaction, admirable en son temps, comprenant, dans mon analyse, six volets. Les six propositions qui suivent retracent-elles, de façon synthétique, mon propos ? Si tel n’est pas le cas, vous cocherez l’intruse ; si les six vous semblent en gros convenir, vous cocherez la réponse A [je crois en effet que nous ne disposons que de six réponses possibles dans le cadre de notre système de qcm ; par ailleurs, la réponse A ne saurait guère être contestée à l’heure où un prince réformé, héritier salique indubitable, était contraint à la conversion – et une conversion dont les termes ne furent assurément pas adoucis –, d’un côté, et où d’un autre côté les prétentions, disons, espagnoles, ou plutôt saliquement étrangères au sang de France, étaient écartées]

A un roi national de droit divin, par la grâce d’une constitution à nulle autre pareille – le bouclage de la souveraineté comme puissance se trouvant ainsi pleinement assuré au royaume des lys – ;

B une religion qui installait la plus pure « vérité romaine » sur les bords de la Seine, qu’elle n’aurait jamais quittés – car la vraie catholicité était gallicane pour ces gens, le royaume très-chrétien était considéré comme nourri du christianisme le plus originaire, tandis que c’est à Rome que se fussent toujours dessinées, supposait-on, des distorsions injustifiables ;

C un « droit français », pensé comme tel, avec intensité, auquel la réformation des coutumes – et en particulier de celle de la Prévôté et Vicomté de Paris en 1580, véritable « coutume princesse » [Du Moulin] -, avait donné un élan irrésistible ;

D une science humaniste du droit, des libertés gallicanes et des libertés des régnicoles, des droits nationaux et de l’Etat, dont la méthode était et demeurera, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, historique, ordonnée aux textes, propres à faire éclore des « preuves » [cette perspective s’éteindra avec la Révolution – lorsque, par exemple, le pasteur Rabaut-Saint-Étienne, futur Constituant et Conventionnel, écrira, en 1788 = « […] l’histoire n’est pas notre code » ;

E une langue bonne à tout, au droit comme à la philosophie, à la littérature comme à la théologie, une langue cultivée comme un trésor depuis le XVIe siècle, consacrée comme un enjeu politique majeur par la création – ou du moins la reconnaissance publique – de l’Académie française en 1635, une langue « universelle » et qui, de fait, va le devenir d’une certaine façon ;

F un système de sentiments qui mérite d’être dit par nous patriotisme, même si l’on parle encore de la patrie jusqu’au milieu du XVIIIe sans en nommer plus fermement la dilection.

 

Question 31

Qui fut, de fait, par-delà les titres décernés aux uns et aux autres, l’animateur et le doctrinaire principal, après sa création en 1648, de l’institution appelée à jouer pour la pictura un rôle équivalent à celui de l’Académie française pour la poesis, je veux dire = l’Académie royale de peinture et de sculpture ?

A Nicolas Poussin [1594-1665]

B Eustache Le Sueur [1616-1655]

C Philippe de Champaigne [1602-1674]

D Claude Gellée, le Lorrain [1600-1682]

E Pierre Mignard [1612-1695]

F Charles Le Brun [1619-1690]

 

Question 32

Voici quelques propositions simples [et même délibérément grossières par souci que cette question demeure facile ; vous cocherez s’il vous plaît celle qui vous convient le moins, sauf si elles vous agréent toutes – alors vous retiendrez la dernière]. De l’humanisme des quinzième et seizième siècle, trouvant de puissants prolongements dans l’âge moderne, vous diriez que =

A il cultive les « humanités », c’est-à-dire les lettres anciennes

B il exalte la « dignité » de l’homme

C il estime en particulier que l’homme est une sorte de dieu – quidam deus –, créateur, artifex à la façon de Dieu lui-même

D avec l’effet particulier d’exhausser la figure de ce que nous appelons l’artiste, en un sens restreint, et bien entendu celle en particulier du peintre, appartenant désormais au monde des arts libéraux et non point des arts mécaniques

E la peinture se trouvant de toute façon, pour partie, en dehors de ses aspects que nous dirions les plus techniques, comprise, disons, au moins comme analogue à la poésie dans l’unité du logos [la formule horatienne ut pictura poesis devant s’entendre ainsi tout autant comme ut poesis pictura]

F Toutes les propositions qui précèdent conviennent en gros

 

Question 33

Il est un auteur qui fait place au sentiment premier de la pitié naturelle, de la commisération – commun dans une certaine mesure à tous les animaux [dont l’homme], « pur mouvement de la nature, antérieur à toute réflexion », non seulement précédant ainsi la société, mais probablement affaibli peu à peu par celle-ci. Quel est-il ?

A Grotius

B Montesquieu

C Hobbes

D Rousseau

E Bodin

 

Question 34

Il se trouva un politique, un auteur ou un courant pour faire l’apologie d’un despotisme qui fût justifié par le despotisme de la raison dans le cadre d’une intelligence évidentiste de l’ordre naturel appelé à présider à l’organisation des sociétés – lequel ? vous retiendrez la meilleure réponse =

A Montesquieu

B les physiocrates

C Rousseau

D Robespierre

E Hobbes

 

Question 35

De Rousseau, suggéreriez-vous qu’il est marqué par quelque dualisme ontologique et distingue soigneusement le monde des corps et de la nécessité et le monde de l’âme et de la liberté ?

A Oui – il s’inscrit ici, sur ce chapitre du moins, comme beaucoup d’autres, mais sans recourir à des montages subtils pour articuler les deux mondes, dans la postérité de Descartes

B Non – chacun sait qu’il fut très proche des matérialistes de son temps, La Mettrie, d’Holbach, ou bien sûr Diderot

 

Question 36

La dynamique comparative du regard [et donc en quelque sorte la naissance, au sens le plus large de ce terme, de la valeur] doit-elle être réputée se nouer

A Dans la « Société générale du genre humain » [ce pourquoi l’on ne saurait faire l’économie du Manuscrit de Genève dans une construction complète de l’ « histoire hypothétique »]

B Dès les débuts de l’état de nature

C A l’âge des cabanes, vers la fin de l’état de nature, ainsi dans les jeux de la « fête primitive »

D Seulement après la découverte de la métallurgie et de l’agriculture et l’affirmation de la propriété privée

 

Question 37

Nous considérons en général le Contrat social de Rousseau comme une œuvre faisant l’apologie de la « démocratie » telle que nous l’entendons lorsque nous faisons l’effort de sortir du confusionnisme parfaitement organisé actuellement, dans lequel on désigne des régimes ultrareprésentatifs et nettement oligarchiques – le nôtre ainsi – comme des « démocraties ». Au regard de la définition très particulière que Rousseau donne de ce terme, diriez-vous que, au sein de la République tel qu’il l’entend, il juge la démocratie

A Possible et souhaitable

B Impossible

C Possible mais peu souhaitable

 

Question 38

Sachant que j’ai cru à plusieurs reprises devoir faire observer qu’il était étrange que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des commentateurs aient considéré et considèrent que les modèles les plus achevés du contractualisme moderne dussent être cherchés chez Hobbes et Rousseau, alors que l’un des grands propos de Leviathan fut d’échapper au contractualisme [v. ci-dessus la question 10], et que l’on ne voit guère comment un juriste pourrait considérer véritablement le « contrat » du Contrat social comme un contrat [et non, si l’on veut, sans pour autant songer techniquement à Kant, comme une sorte d’Idée de la Raison], de quel auteur, parmi les suivants, diriez-vous qu’il a présenté un montage contractualiste complet – comprenant pactum societatis, ordonnance ou décret, pactum subiectionis –, doctrine que l’on dit volontiers du « double contrat » [duo pacta et unum decretum entre les deux a porté cet auteur], sorte de modèle pour les écoles ?

A Jean Bodin [c. 1530-1596]

B Nicolas Machiavel [1469-1527]

C Benjamin Constant [1767-1830]

D Samuel von Pufendorf [1632-1694]

 

Question double 39 et 40

J’ai donné, vous le savez, trois sujets – au choix – aux étudiants ayant retenu les Grandes doctrines comme enseignement « fondamental » ; le deuxième était libellé comme suit = « L’universel et le particulier dans la pensée politique de Jean-Jacques Rousseau » ; ce sujet est au fond très classique, même s’il est possible que les vues que j’ai développées, de façon appuyée – sur l’importance du « particulier » –, ne correspondent pas vraiment au discours moyen sur le propos dans la longue durée [les choses ont tendu à se redresser peut-être dans le dernier tiers de siècle]. Vous retiendrez la réponse qui vous semblera ne pas convenir =

A Dans la colonne portant les traits de l’orientation universaliste de la pensée de Rousseau, il faut considérer la liberté en tout premier…

B … mais aussi la configuration obligée du « contrat » …

C … et encore la forme pure de la volonté générale …

D … et bien entendu l’invariable et véritablement universelle forme de l’organe en charge de la fonction exécutive …

E … mais certes pas, par exemple, le propos fondateur du grand Législateur …

F … ni la constitution intime du Moi commun, etc.

 

Question double 41 et 42

Des propositions suivantes, laquelle vous paraîtrait impropre à évoquer les vues de Rousseau ?

A La liberté « est »  indétermination…

B … elle « est » ainsi l’autre de la nature – en particulier telle que celle-ci se manifeste comme instinct …

C … – « est » [toujours entre guillemets puisque au fond, cela n’aurait pas grand sens de proposer une ontologie du manque, de l’absence — sauf une ontologie « négative », ce que j’ai appelé par commodité « négontologie »] …

D … on ne saurait envisager qu’elle ne s’accomplisse pas, dans la cité, comme souveraineté, absolue comme elle, puisque la souveraineté n’est au fond que l’autre nom de la liberté …

E … pourtant, eu égard à l’évidence des droits humains, telle qu’elle ne saurait n’apparaître pas à de sages juges, il est souhaitable pour Rousseau – annonçant ici les vues tardives de Sieyès – qu’une juridiction constitutionnelle borne la volonté générale au nom de « valeurs » plus hautes et assurément universelles.

 

Question 43

Il est un important auteur néokantien qui, dans ses textes consacrés à Rousseau, a notablement tiré la politique de celui-ci vers l’universel et, au fond, la morale du maître de Königsberg telle qu’elle fut développée par lui en particulier dans ce qu’on appelle la deuxième Critique [la Critique de la raison pratique]. Qui est ou fut cet auteur ?

A Maurizio Viroli [1952]

B Ernst Cassirer [1874-1945]

C Alexis Philonenko [1932- mort en septembre dernier]

D Robert Derathé [1905-1992]

 

Question 44

Comment la volonté générale se trouve-t-elle finalement déterminée ?

A Même si les modalités du processus sont rien moins qu’assurées, elle se donne à peu près à voir, dans une société dont le Moi commun est suffisamment effectif, comme une manière d’évidente intégrale des opinions particulières la prenant pour objet

B Elle résulte tout simplement de l’expression des volontés particulières lorsqu’elle tend vers l’unanimité

C Elle se tient toujours dans l’expression majoritaire du vœu populaire et son exigence implique seulement que l’on ne s’abandonne pas au régime représentatif et que l’on pratique autant que possible ce que les constitutionnalistes évoquent volontiers comme procédures de démocratie semi-directe

 

Question 45

Comment présenteriez-vous le régime politique esquissé par le Contrat social ? [vous retiendrez s’il vous plaît la réponse la plus satisfaisante]

A Un régime pluraliste, comprenant – surtout – plusieurs partis et encourageant la délibération publique

B Le régime – après certes le mystérieux et enchanteur moment de la parole du grand Législateur [du Dichter, n’est-ce pas – selon le mot d’un autre auteur –, d’une manière de poète instituteur d’un monde], tendant à l’institution mythique de la Cité – d’une politique du silence en laquelle cacophonie partisane et, s’agissant de la fonction législative, tergiversations délibératives — peu utiles en général, et nettement nuisibles dans un corps politique profondément soudé et uni –, ne tiennent aucune place

C Un régime dans lequel un indispensable juge constitutionnel – certes tiré au sort parmi les « Anciens » de la Cité – est mis à même de faire en sorte que la volonté populaire soit rapportée constamment à la parole originaire du Grand Législateur

 

Question double 46 et 47

Du grand Législateur, pensez-vous plutôt que

A son originalité est très limitée, puisqu’il réplique purement et simplement les grands Législateurs des anciennes cités – les Solon, les Lycurgue, les Numa… –, dont les expériences ont montré le caractère parfaitement réaliste du modèle esquissé ici par Rousseau

B son rôle est parfaitement superfétatoire, l’assemblée constituante prévue de façon très précise par Rousseau suffisant bien à la réinstitution de la société ; les quelques pages qui lui sont consacrées manifestent ainsi simplement le caprice littéraire d’un antiquophile ici parfaitement banal en son temps

C sa figure, certes indispensable dans le cadre du montage de Rousseau, afin d’assurer la modification des objets des passions, est hautement problématique, non seulement parce que la situation du monde moderne est fort différente de celle du temps qui vit prospérer les cités, mais encore parce qu’il est supposé – génial orateur, presque divin ou semblant du moins un messager des dieux, et talentueux metteur en scène de lui-même – enchanter un monde en un instant puis, dès ce fiat créateur accompli disparaître sans que pour autant le charme se trouve dissipé

 

Question 48

Diriez-vous que la société bien ordonnée du Contrat

A Abolit les passions déchaînées dans la société du désordre

B Supprime le jeu comparatif, évaluateur, du regard et met fin ainsi à la passion, centrale, de dominer

C Ne saurait supprimer véritablement les passions, ni le jeu du regard – l’homme ne saurait être ré-hominisé, strictement « régénéré » selon le mot à venir de nos révolutionnaires –, mais leur donne de nouveaux objets, publics, civiques, jugés préférables par Rousseau

 

Question double 49 et 50

S’agissant de la position de Rousseau sur l’esclavage [en laissant tout à fait de côté un passage provocateur et profond vers la fin du ch. 15 du troisième livre du Contrat social, intitulé « Des députés ou représentants », passage relevant un lien entre démocratie et esclavage « chez les Grecs »], quelle proposition écarteriez-vous comme inappropriée ?

A Rousseau, affirmant, et pour cause, l’inaliénabilité de la liberté humaine, écarte absolument l’esclavage en général au terme d’efforts assez serrés de démonstration

B Il condamne même la réduction en servitude des prisonniers de guerre

C La critique rousseauiste de l’esclavage est pour une bonne part dirigée contre la justification contractualiste de la domination en ses divers aspects [esclavage, absolutisme politique…] par Grotius et tels de ses successeurs – une anthropologie radicalement libérale se renversant, par la médiation de l’autonomie de la volonté et du principe pacta sunt seruanda, en possibilité de sujétion illimitée — la même, notons-le en passant, que celle des États « librement » garrottés par les traités… [ainsi dans le cadre de l’Union européenne — l’on verra cette fois si les cagots du si faussement anticonformiste Canard – bouffer du curé n’interdit pas d’être bigot – m’attaquent comme en juin dernier — s’il n’y avait pas tant de malheureux mutilés, je m’étoufferais de rire]

D Pour être plus précis, il faudrait ajouter que, malgré tout, si la guerre se poursuit entre deux États, chacun ayant le droit de tuer les prisonniers qu’il fait peut bien leur proposer un raisonnable contrat de sujétion en vue d’échapper à la mise à mort