Des Chinois sur les bords de l’Orénoque ? Conjectures & controverses

Orénoque, fleuve qui roule
parfums et clameurs, à travers
des paradis et des enfers,
avec ton nom de femme soûle
et tes couleurs de mascarade,
mais pur encore, et loin de vous,
Indes, théâtre pour les fous,
Europe triste, Orient fade !

Déversoir scintillant des Andes
pour le chaotique troupeau
des monts qui, blessés sous leur peau,
saignent en toi comme des viandes.
Mais quand la nuit souffle tes bords,
un éventail glisse, s’allume,
soudain se ferme et c’est alors
la mort sous des baisers de plume.

Chute molle des araignées
sur de fragiles colibris,
terres mouvantes imprégnées
de vains sursauts et de débris,
vous êtes d’un Ordre impassible
comme toute exaltation,
comme la poussière invisible
qu’entraîne un vol de papillons.
 
Oiseau-fantôme dont les cris
ne révèlent pas la présence,
je te cherchais et t’ai surpris,
mais tu n’avais pas d’apparence.
C’était le vent dans les roseaux
et les joncs de ma nostalgie
qui mêlait ton cri de magie
au feu d’artifice d’oiseaux.
 
Dans mes veines je vous ressens,
étreintes vertes, solitudes,
silences serrés, plénitudes,
brûlante ombre développée
jusqu’à ses plus sombres étangs ;
domaine aveugle où je n’entends
qu’une confuse mélopée,
au fond de moi, depuis quel temps ?

 

[Poème assez fameux de Robert Ganzo [1898-1995], poète – temporaire et, certes, point prolixe – vénézuélien d’expression française — l’œuvre brève en un volume chez Gallimard — pour les passants curieux [bénis soient-ils !], une éclairante mais brève notice = http://www.lmda.net/din2/n_egar.php?Eg=MAT03797  — 6 avril = hier, je n’avais pas retrouvé mon exemplaire, et m’étais contenté d’une simple copie en ligne ; je viens de mettre la main sur le mince volume de la nrf, à force d’arpenter la démesure de mes bibliothèques – elles ont envahi la plupart des pièces de la maison, comme un lierre insatiable -, dont la clef d’ordre, avec les décennies, est devenue si subtile, qu’elle doit l’être pour moi beaucoup trop ; cela m’a permis de corriger trois ou quatre coquilles, et je peux vous préciser que ce poème est le sixième de neuf du recueil « Orénoque », de peu d’années antérieur à la Deuxième Guerre, lequel ouvre cette modeste compilation de L’œuvre poétique ; je n’ai pu m’empêcher de la lire, une heure et demie ou deux – c’est ainsi que l’on ne travaille pas… – = mais c’est vraiment bien, il me semble.]

 

Hier, dans mes propos liminaires concernant l’immédiate actualité, j’évoquai – à côté de celle [génératrice d’une sensible, et peu évitable, tension entre Washington et Moscou] de quelques dizaines de conseillers russes [en particulier, semble-t-il, intelligiblement, des « cybertechniciens »] – la présence au Venezuela d’une centaine de soldats chinois. Le bruit de la chose courait de façon si insistante depuis deux jours, les intérêts de Pékin – grand demandeur d’hydrocarbures et soucieux de ne pas se laisser bloquer quelque jour, sur ce chapitre crucial, par Washington [Pékin, d’ailleurs, dont les importations de brut d’Iran et du Venezuela ont augmenté depuis un an, en dépit des sanctions des États-Unis] – sont devenus si importants et prometteurs au Venezuela, que la chose – bien qu’assez nouvelle à n’en pas douter – ne m’avait pas vraiment surpris.

Or, voici que, lisant un billet du trois avril de « Moon of Alabama« , je vois l’auteur, si souvent intéressant, s’insurger contre ce qu’il répute une fausse information dans un texte dont le titre ne laisse aucun doute sur le contenu = « No Chinese Troops Arrived in Venezuela » –

https://www.moonofalabama.org/2019/04/no-chinese-troops-arrived-in-venezuela-.html#more

Ce texte a d’ailleurs été traduit depuis par « le Saker francophone », et c’est cette traduction que je porterai ci-après –

https://lesakerfrancophone.fr/aucune-troupe-chinoise-na-debarque-au-venezuela

« Moon of Alabama » s’attaque en particulier – avec un peu trop de vivacité à mon goût, car son adversaire, ancien diplomate indien, fait à n’en pas douter partie des commentateurs très intéressants – à un texte de M. Melkulangara Bhadrakumar, publié par celui-ci le 2 avril sur son site, « Indian Punchline », sous le titre, certes ambitieux = « China’s PLA troops in Venezuela is game changer » [PLA=People’s Liberation Army] =

https://indianpunchline.com/chinas-pla-troops-in-venezuela-is-game-changer/

Je joins bien sûr ci-après ce texte pour ceux qui souhaiteraient connaître l’objet le la critique de MoA.

 

Frontispice de la première édition de Leviathan en 1651.png

 

Quel est l’intérêt de cette affaire ? Laissons de côté le fond = y a-t-il ou non une poignée de militaires chinois au Venezuela ? L’on sera plausiblement un peu mieux éclairé dans les semaines qui viennent, sans pour autant forcément bien comprendre la portée d’une telle possible présence ; pour l’heure, j’incline plutôt du côté de MoA [en mesurant le caractère comique de ces derniers mots qui semblent caricaturer Sacha Guitry] ; mais je ne suis pas assuré que les arguments de ce dernier [MoA, pas Guitry] soient imparables.

C’est du point de vue de la, si l’on veut un mot, « méthode » que la chose me semble intéressante.

Partons de deux formules profondissimes et contrariantes, essentielles à l’étudiant en droit, mais tellement négligées par le gros des maîtres des facultés de droit que ces derniers pourraient être réputés ne les avoir jamais croisées [les plus philosophes comprenant bien, sans doute, qu’il vaut mieux faire comme s’ils les ignoraient, sauf à contribuer à l’effondrement du château de cartes dogmatique qui forme leur commode, et rassurant pour tous, « fonds de commerce », et suppose que l’on tienne à suffisance pour la facétieuse illusion d’une possible « description » neutre du « droit », que l’on suppose non seulement une sorte de loquacité spontanée du texte, mais encore une capacité de celui-ci à communiquer efficacement et uniformément, en se jouant en particulier de l’hétérogénéité des cultures, dès lors que l’on sort de la petite cité chère à Rousseau, et du flamboiement des passions, son sens et sa signification, plutôt qu’à se trouver abandonné à la difficilement réductible lutte des interprétations].

L’une est de Hobbes, dans Leviathan =  » […] Covenants without the Sword are but Words […] » [II, 17] [ci-dessus, image du frontispice de la première édition de Leviathan].

Et l’autre du philosophe au marteau [ci-dessous le splendide portrait de Hans Olde] = « […] Tatsachen gibt es nicht, nur Interpretationen » [dans le Nachlass, à la charnière de 1886 et 1887 – mots repris dans la compilation posthume – Wille zur Macht, la Volonté de puissance [II, ii, 2, n°133 de la trad. de Geneviève Bianquis] –, qu’il est de bon ton de critiquer, pour de compréhensibles motifs, mais que ceux qui lisent n’eussent pu ne pas juger utile, avant – justement – la publication méthodique des fragments posthumes et surtout sa traduction française pour ceux, nombreux, qui déchiffrent l’allemand sans aisance]. [Un point en passant = les traductions Albert et Bianquis de la VP sont très différentes – je n’ai pas retrouvé ce passage dans la première – mais je ne suis nullement un connaisseur « philologique » de cette compilation réprouvée…]

Traduisons = Conventions sans épée ne sont que mots ; et = il n’y a pas de faits, seulement des interprétations.

Je vais me borner à quelques hâtives considérations – sans me préoccuper de replacer ces lapidaires formules dans le contexte de la pensée de leurs auteurs respectifs – car je ne vous donne pas ici un cours de philosophie, mais tente simplement de vous aider à vous ébrouer hors de la pensée convenue [ainsi que – pour revenir sur une distinction abordée dans le cours d’hier à propos de la fondation de l’École coloniale – c’est la plus haute vocation de l’Université, en charge, en tout premier lieu, de l’assistance à l’autoformation d’esprits libres et désintéressés – ce qui veut dire = intéressés d’abord par leur formation en tant qu’esprits – et qui n’est donc pas une École, laquelle – fût-elle « grande » – aurait pour mission, surtout si elle est « spéciale », de former de bons commis, assez strictement ajustés, dans le meilleur cas, de l’État, et dans le plus fréquent en notre temps, immédiatement, ou de façon différée, ou médiatement, du Capital].

Nietzsche - dessin de Hans Olde.png

 

Ces deux aphorismes, quelle que soit la présentation respective de l’un et de l’autre, posent la question de l’interprétation dans toute son ampleur – celle, comme l’on dit dans les facultés de droit, de l’interprétation des « faits » et celle de l’interprétation du « droit ».

Hobbes suggère que l’épée, de façon ultime, l’épée, image et plus qu’image, livre seule, de quelque texte par exemple, le sens [point de vue matériel si l’on veut] et la signification [point de vue formel si l’on veut, mais ici avec une insistance particulière sur l’aspect de force, de valeur – les juristes parlent ainsi de « force légale », ou de « valeur constitutionnelle », etc. — de façon générale, dans le monde du droit, on évoquera – si l’on a au moins un peu lu Kelsen, auteur que, à la différence de beaucoup, je ne place pas très haut, singulièrement sur le chapitre de la question de l’interprétation, mais qui semble commode et éclairant à un grand nombre de ceux qui veulent adopter un point de vue « théorique » -, la signification de norme d’une règle, et chacun comprend, s’il veut bien y réfléchir sans préjugé, que cette signification sera finalement allouée par l’interprète et non par l’auteur de la règle – la prétention de ce dernier à assortir un certain sens de la règle qu’il produit d’une certaine « valeur » pouvant être battue en brèche par le juge, et même, avec succès assez souvent, par le simple citoyen, qui est le premier des interprètes, etc.]

Et Nietzsche, au terme d’un montage assez analogue en sa forme à celui de Kant ou de Fichte [même s’il fut un critique sévère de Kant – le « grand Chinois de Königsberg », comme il put lui arriver de l’appeler – et si l’esprit de sa démarche est bien différent], accomplit à sa façon une manière de renversement copernicien, et répute que les « faits » prétendus sont des constructions – des projections de ce qu’il désigne, non certes comme entendement ou esprit, mais comme « volonté de puissance » – et non, pour dire les choses simplement, des sortes de données. Ce ne sont certes pas les juristes attentifs qui objecteront frontalement à une telle vue = ils n’ignorent pas que le juge projette les conditions qu’il met à l’ « application » [mot dépourvu de sens sérieux] d’une règle sur ce qu’il répute le monde des « faits », rejetant dans le néant la plus grande part des aspects narratifs que les plaideurs jugeraient pertinents si les avocats n’étaient pas là pour les chapitrer, en ne s’intéressant finalement qu’à peu de choses – le monde de la justice, contrairement à ce que beaucoup croient, n’a rien de « concret » = il fait s’entrechoquer des stylisations, des abstractions. Si l’on veut dire les choses de façon simple = « les faits » sont in-formés par « le droit » et « le droit » lui-même est une projection de l’esprit des interprètes.

Revenons ici sur ce qui me préoccupe = la conjecture, en des affaires dont on pressent bien qu’on pourrait les faire tendre vers l’infini. La question de la présence ou non de quelques dizaines de militaires chinois au Venezuela pourrait sembler simple ; mais même cette simple question ne l’est pas ; l’on pourrait imaginer sans peine, par exemple, la présence de conseillers militaires chinois sans uniformes ; comment les distinguerait-on alors de civils chargés d’amener l’aide humanitaire ? saurait-on avec assurance que des militaires chinois, en civil ou non, sont présents, cela nous donnerait-il le sens et la signification de cette présence – je reprends à dessein ces deux termes = le sens, c’est-à-dire le contenu de l’activité « véritable » dont ils seraient chargés ; la signification, c’est-à-dire la portée de cette présence = conjoncturelle, à propos d’intérêts chinois bien précis, de la garantie par exemple d’investissements déjà effectués, ou bien inscrite dans une dynamique de soutien toujours plus appuyé de Caracas par Pékin, etc.

Mais alors, penserez-vous, pourquoi incliner plutôt, comme je l’ai écrit, du côté de MoA ? Simplement parce que, à cette heure, le montage de M. Bhadrakumar semble fragile, du fait des simples arguments qui sont les siens ; cela n’emporte pas la conséquence qu’il n’y ait pas de Chinois sur les bords de l’Orénoque, mais simplement que, au regard des objections, elles-mêmes d’une portée assez relative, de MoA, l’on ne se trouve guère persuadé [j’écris bien = persuadé et non pas convaincu, car nous naviguons, aussi souplement que possible, dans un monde que l’on peut placer sous l’horizon de la persuasion, et non certes sous celui de la conviction ; en conjecturant, à partir d’éléments divers, plus construits que véritablement péchés tout vifs par nous dans l’infini des interactions humaines, nous tranchons provisoirement des questions que nous créons, et nous leur donnons aussi une certaine valeur de plausibilité ou de probabilité.

Vous aurez remarqué, je pense, qu’il m’arrive assez souvent de poser des questions, et pourtant de finir par confesser que je ne sais pas y répondre ; cela veut simplement dire que je construis ces questions, parmi une infinité d’autres qui seraient sans doute légitimes, comme particulièrement intéressantes, mais que, à la fin, je ne suis pas en mesure de formuler une réponse probable, ni même parfois de bâtir un système à peu près satisfaisant des réponses possibles.

C’est pourquoi, je propose assez souvent que nous attendions, que nous suspendions le procès de la conjecture. Je suis un peu comme le cancre qui voit tourner l’aiguille de la pendule et espère que l’inspiration lui viendra. Mais, de même qu’il m’arrive de vous suggérer que le vrai succès des Étatsuniens [hélas !] réside plausiblement dans leurs subtils échecs [qui enfoncent d’innombrables peuples dans l’épouvante] ; de la même façon, j’espère que vous êtes moins déçus qu’intrigués, et peut-être même intéressés, et même [rien ne m’arrête…] un peu transformés, pour certains du moins, par la « docte ignorance » que je professe, laquelle semble promettre moins de succès, toujours fragiles et révocables, que d’échecs, propres du moins à libérer l’esprit du fatras nuisible des prétendues certitudes, injustifiables mais propres le plus souvent à étayer les jeux les plus effectifs de la domination.

 

 

– I –

Aucune troupe chinoise n’a débarqué au Venezuela


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 3 avril 2019

Le commentateur Horsewhisperer a cité un article de l’ancien ambassadeur indien, M.K. Bhadrakumar, qui affirme que des soldats chinois sont arrivés au Venezuela :

L’information de l'arrivée de militaires chinois au Venezuela le week-end dernier serait sans aucun doute un événement majeur de la politique mondiale.

Contrairement à la Russie, qui a une histoire de projection de ses forces à l'étranger, il s'agirait d'une initiative chinoise extrêmement rare. Bien que des intérêts chinois vitaux soient en jeu dans la guerre contre les groupes terroristes en Afghanistan et en Syrie, la Chine s'est abstenue de rendre public tout déploiement de force.

Le rapport mentionne qu’un groupe de militaires chinois comptant 120 personnes est arrivé sur l'île de Margarita, dans la mer des Caraïbes, au large du continent vénézuélien, le 28 mars, « pour fournir une aide humanitaire et des fournitures militaires aux forces gouvernementales ».
Après avoir livré les fournitures humanitaires, les troupes chinoises auraient été transférées vers une installation militaire vénézuélienne.

Ce « rapport » est probablement faux. Il n’y a pas de soldats chinois au Venezuela.

L’article de M. K. Bhadrakumar a été publié hier sur son blog Indian Punchline et republié aujourd’hui sur NewsClick. Il est basé sur une affirmationfaite par Al Masadar News, un site libanais qui a parfois de vraies nouvelles concernant la Syrie, mais qui peut se révéler souvent amateur.

Al Masdar écrit, le 2 avril :

BEYROUT, LIBAN (7h00) - Un groupe de soldats chinois est arrivé dimanche au Venezuela dans le cadre d'un programme de coopération entre Beijing et Caracas.

Selon certaines informations, plus de 120 soldats de l'Armée de libération du peuple chinois sont arrivés sur l'île vénézuélienne de Margarita pour fournir une aide humanitaire et des fournitures militaires aux forces gouvernementales.

L'arrivée au Venezuela de l'Armée populaire de libération intervient quelques jours à peine après le déploiement des forces armées russes dans le pays pour y installer un centre de formation militaire pour hélicoptères.

Même si Al Masdar dit « d’après des rapports » aucun lien n’est donné. Une recherche n’aboutit à aucun rapport de ce type. La seule source semble être le compte Twitter @I30mki montré dans le post. Ce compte affiche surtout de la bouillie concernant le chasseur russe Su-57. Il est probablement dirigé par un adolescent russe ou indien.

La source apparemment unique d’Al Masdar a tweeté sur ces présumés soldats chinois au Venezuela le 1er avril. Deux des photos ci-jointes montrent un avion-cargo commercial chinois B-747 et la troisième photo montre des soldats.

L’avion-cargo chinois a en effet apporté de l’aide au Venezuela. Ruptly a fourni la vidéo de la cérémonie de bienvenue et du déchargement de l’avion. Seul du personnel civil, pas de soldats, est vu dans cette vidéo. Le texte lié à la vidéo et  publié le 29 Mars, dit :

Un avion transportant le premier lot d'aide humanitaire en provenance de Chine est arrivé vendredi à l'aéroport international Simon Bolivar, dans la ville de Maiquetia, au nord du Venezuela.

Maiquetta n’est pas sur l’île de Margarita au Venezuela mais sur le continent. Il est peu probable que 120 soldats voyagent à bord d’un avion de transport commercial de longue portée qui n’est ni équipé ni autorisé pour le transport de personnes.

La troisième photo jointe au tweet montre cinq soldats souriant devant la caméra.


Agrandir

Dans son blog, Bhadrakumar affirme que la photo montre « des militaires chinois posant avec des membres des Forces armées nationales bolivariennes du Venezuela, 29 mars 2019 ». Bien que l’aide ait été livrée le 29 mars, l’affirmation selon laquelle la photo a été prise le même jour est probablement fausse.

Deux des soldats portent des gilets de transport de munitions portant l’inscription FANB sur la poche gauche de la poitrine. Cela signifie Fuerza Armada Nacional Bolivariana, qui est le nom de l’armée vénézuélienne. Les trois autres soldats ont des uniformes à motifs numériques en trois couleurs différentes. Il s’agit d’uniformes de combat chinois de type 07 et les modèles sont « océan » ; « universel » et « urbain » et utilisés respectivement par la marine, l’armée et les forces aériennes chinoises. Tous les soldats sur la photo sont probablement âgés de 30 à 40 ans. L’un des soldats chinois est un major, un autre est lieutenant-colonel. Les rangs des autres hommes ne sont pas visibles.

Le fait que trois officiers chinois de trois branches différentes de l’Armée populaire de libération du peuple sont sur une photo avec deux officiers vénézuéliens indique qu’elle a été prise au cours d’un programme d’échange ou de visite amicale entre officiers. Il est peu probable qu’elle ait été prise pendant la fourniture de l’aide. Pourquoi des officiers de rang moyen de la marine, de l’armée de l’air et de l’armée participeraient-ils à une livraison d’aide humanitaire ?

Le tweet et ses images n’ont aucun sens. Tout ce qu’il nous reste sont des affirmations sans source provenant d’un site libanais :

Selon certaines informations, plus de 120 soldats de l'Armée de libération du peuple chinois sont arrivés sur l'île vénézuélienne de Margarita pour fournir une aide humanitaire et des fournitures militaires aux forces gouvernementales.

Pourquoi quelque 120 soldats chinois débarqueraient-ils sur l’île touristique de Magarita plutôt que sur le continent, cela reste inexpliqué. Du point de vue militaire, cela n’aurait aucun sens et rien ne prouve que cela se soit produit.

L’infox d’Al Masdar a été reprise par Zerohedge, Sott.net et des dizaines d’autres sites de ce genre. Que Bhadrakumar et d’autres lecteurs réguliers de Moon of Alabama soit tombé dans ce piège est triste.

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

 

 

 

– II –

China’s PLA troops in Venezuela                 is game changer

par M. Bhadrakumar

(Chinese PLA personnel pose with members of Venezuela’s National Bolivarian Armed Forces, March 29, 2019)

The reported arrival of Chinese military personnel in Venezuela last weekend is undoubtedly a major event in world politics. 

Unlike Russia, which has a history of force projection abroad, this is an extremely rare Chinese move. Although vital Chinese interests are at stake in the war against terrorist groups in Afghanistan and Syria, China refrained from publicising any such deployment. 

The reports mention that the group of Chinese military personnel is 120-strong and arrived on the Margarita Island in the Caribbean Sea off the Venezuelan mainland on March 28 ‘to deliver humanitarian aid and military supplies to the government forces.’ After delivering the humanitarian supplies, the Chinese PLA troops were apparently transferred to a Venezuelan military facility.

While the delivery of aid is one of many expected shipments, according to government officials, the arrival of Chinese military personnel was under-reported in international press.

According to the Stockholm International Peace Research Institute, Venezuela imported $349 million worth of arms from China between 2010 and 2014 alone — initially, with less sophisticated equipment such as radars and aircraft to train pilots, reinforced vehicles and replacement parts, etc. but military goods that arrived in 2017 including armoured tanks, ammunition, uniforms and infantry equipment, as well as replacement and service parts for Russian-made pieces. 

A week ago, around 100 Russian military personnel were deployed to Venezuela to instal a military helicopter training facility, but details of the Chinese PLA mission have not been disclosed. There is close coordination between Moscow and Beijing on foreign policy issues and it is entirely conceivable that the two countries’ deployments are synchronised moves.  

Both Russia and China have heavily invested in Venezuela, the latter by far outstripping the former. According to a recent report in the LA Times, “Over the decade ending in 2016, China loaned Venezuela approximately $62 billion, much of which Caracas could repay with oil. Moscow in the last several years gave Venezuela $17 billion in loans and investment, and in December the two governments signed a new deal in which Russia will invest $6 billion in Venezuela’s oil and gold sectors.” 

“China and Russia are Venezuela’s two main creditors, and they have been the principal economic force keeping the Maduro government afloat, making the difference between solvency and bankruptcy, financial experts say.”

(Chinese PLA Navy’s hospital ship “The Peace Ark” arrives at the port in la Guaira, Venezuela, September 22, 2018. )

Interestingly, the LA Times report, however, made a distinction that China and Russia pursued different attitudes toward their financial commitments in Venezuela, with China being “more pragmatic” and Russia “more ideological”. Whereas for its investment, Beijing sought to receive raw materials, cheap oil and other returns, Moscow was credited with having greater interest in “in extending its military presence and setting up a beachhead in the Americas — and within spitting distance of the United States…”  

“For Russia, investments and military saber-rattling about protecting Venezuela has always been about showing strength in America’s neighbourhood… The Kremlin has tried to mimic what it sees as U.S. and NATO foreign policy of entering and meddling in Moscow’s perceived sphere of influence, such as Eastern Europe and the former Soviet Union, particularly Ukraine.” 

Indeed, Moscow’s condemnation of US interference in Venezuela has been conspicuously more forceful than that of China, which actually called for dialogue and a negotiated resolution to the crisis. Many US analysts assumed that China might even be losing faith in President Nicolas Maduro and decided to keep its head beneath the parapet preferring to focus on its lending practices in Venezuela and even scouring for bargain-basement deals. 

But such facile hypotheses have been turned on their head with the sudden arrival of the Chinese PLA troops on the languid Margarita Island famous as a popular holiday destination for its sand and mangroves, windsurfing and kiteboarding. One reason could be that in the Chinese assessment, although tensions are rising in Venezuela and uncertainties remain due to the duality of power, and a criticality may well be reached in the nearest future with the refugee problem causing disaffection among neighbouring countries and with no signs of Washington easing the pressure for regime change in Caracas, there is also at the same time an inherent balance or equilibrium that has come to prevail in the situation insofar as neither side in the conflict enjoys a decisive advantage. 

A war of attrition is under way which can end only if either side loses patience and forces a showdown, which seems unlikely as things stand. 

In the assessment of the Russian experts, while a lot of shadow boxing is going on from the American side with the US’ Latin American allies even expecting swift and tough action by the US, the fact of the matter is that there is no stomach for anyone really for demanding an outright military intervention to change the regime in Venezuela. 

Washington seems to fear that any military intervention may prove to be counterproductive and could have chaotic outcome, and, worse still, even unite the Venezuelan people against the US, apart from causing turbulence among Latin American countries. 

Nonetheless, the arrival of Russian military personnel in Venezuela “caused a nervous reaction in Washington”, as the foreign ministry in Moscow noted on March 30 in response to a sharply-worded statement by the US National Security Advisor John Bolton the previous day strongly cautioning the Kremlin against “deploying military assets to Venezuela, or elsewhere in the Hemisphere, with the intent of establishing or expanding military operations.” Bolton warned Moscow, “We will consider such provocative actions as a direct threat to international peace and security in the region.” 

But the Russian foreign ministry brushed off Bolton’s warning and claimed that although geographically, Russia’s Chukotka Peninsula is located in the Western Hemisphere, Moscow had no intentions to “establish or expand military operations” in Venezuela. Having said that, “any (US) attempts to intimidate Russia with sanctions for its legitimate cooperation with Venezuela look absurd.” 

The foreign ministry underscored that the US “plans for a rapid change of regime in Caracas have failed. By its self-assurance, Washington has let down those in Latin America and Western Europe who unwisely hastened   to recognise an impostor, whom the people had not elected, as the head of Venezuela. By taking this step, they have deprived themselves of any room for diplomatic manoeuvre.” Furthermore, Moscow asserted that it proposed to do “everything within our power” to promote a national dialogue in Venezuela. However, Moscow has also signalled indirectly that any ideas of establishing a military base in Venezuela so close to the US shores is far from its thoughts.

Clearly, the firm but prudent Russian stance went a long way to encourage China to shift to an overt proactive role. Needless to say, Russia (and Cuba) will welcome this Chinese shift. 

(China’s PLAAF conducted its first airdrop and air delivery training exercise using the Y-20 strategic transport aircraft last year circa May.)

If the Russian and Cuban presence in Venezuela has been bad enough for the Trump administration, the arrival of the PLA troops will be a bitter pill to swallow, given extensive Chinese involvement in Latin America. Indeed, China is joining Russia to assert the intention to safeguard its vital interests in Venezuela. 

To be sure, both Moscow and Beijing have taken note of President Trump’s recent remark that he intended to talk things over with his Russian and Chinese counterparts regarding Venezuela, which is as good as saying that he isn’t considering any military intervention, no matter the rhetorical remarks by US officials. 

No doubt, the PLA deployment to Venezuela is at once a game changer in the crisis situation surrounding that country. At a substantive level, China has conveyed its readiness and capability to salvage the besieged Maduro government. Beijing has not only underscored that it is a stakeholder but also asserted its expanding global influence. Of course, China firmly repudiates the Monroe Doctrine. Thus, in many ways, this becomes a watershed moment in world politics.