Quelques variétés de fin d’année pour faire suite aux billets des 9 mai 2017 & 31 mai 2018

 

24 mai = à la suite d’une question, je précise que le « faire suite » de l’intitulé du billet n’implique pas pour vous la connaissance des billets des 9 mai 2017 et 31 mai 2018 ; dans ce dernier figuraient des tableaux intéressants [à mon sens] concernant les échanges commerciaux ; je n’ai pas repris cette rubrique cette année car il aurait fallu, pour la « contextualiser » que je livre un développement suffisant sur les « guerres commerciales » en cours.

 

LES PAYS LES PLUS PEUPLÉS EN 2019 :

Quelques considérations peu affinées, à propos d’une variable politique [c’est du moins l’angle sous lequel la question ne saurait être négligée ici] – intérieure et extérieure – de première importance. La terre compte désormais autour de 7,7 milliards d’humains, trois fois plus qu’à ma naissance il y a deux bons tiers de siècle ; cette croissance démographique remarquable – et sans aucun précédent dans l’histoire de l’humanité – s’est accompagnée d’un intense et planétaire mouvement d’urbanisation ; toutefois, un retournement de la tendance antérieure à l’accroissement très rapide du nombre d’humains, sensible depuis longtemps dans certaine régions du globe – en particulier au « Nord » -, semble se généraliser peu à peu, à l’exception, peut-être temporaire, d’une bonne partie du continent africain

Du fait de la nature des phénomènes démographiques, promis en général, pour dire les choses grossièrement, à une sorte d’accélération irrésistible qu’ils soient orientés en un sens ou en un autre, la population planétaire va certes continuer à croître, mais certains semblent moins sûrs que naguère que soient atteintes les hautes eaux de dix milliards d’habitants dès 2050, et il est téméraire, à aussi long terme, de suggérer, comme beaucoup le font, un sensible dépassement des onze milliards en 2100 ; à terme, la courbe semble en effet devoir plutôt s’inverser = ce que l’on a observé et observera toujours davantage au « Nord » – ralentissement de la croissance, puis stagnation puis parfois décroissance – au Japon ainsi, ou en Allemagne [mais les flux migratoires récents, tout à fait atypiques, ont atténué le mouvement] et, depuis 2018, en Russie, etc. -, malgré un vieillissement constant, et préoccupant, des populations – frappera peu à peu un nombre toujours plus grand de pays ; l’on doit retenir en particulier que le taux mondial de fécondité a chuté de près de la moitié en cinquante ans et doit être situé désormais légèrement en-dessous de 2,5 [un taux de fécondité inférieur à 2,1 enfants par femme interdit le renouvellement de la population].

Voici les vingt-huit pays dont la population est supérieure à cinquante millions =

 

Pays les plus peuplés en 2019.png

Deux types de valeurs doivent être considérés par vous = le nombre total par pays ; le taux de fécondité. Vous comprendrez que l’Inde, avec un taux de fécondité pourtant assez modéré, ne saurait ne pas dépasser la Chine à une échéance assez brève, et que le Pakistan devancera le Brésil plus rapidement encore, se trouvant d’ailleurs lui-même dépassé à peu près en même temps par le Nigéria ; dans le même temps, le Mexique passera devant la Russie et l’Éthiopie devant un Japon désormais en chute libre, etc.

Peut-être serez-vous surpris par certaines valeurs ; l’une des plus saisissantes, à mon sens, dans les circonstances de l’heure, est celle de l’Iran ; un taux de fécondité de 1,6 est tout à fait surprenant pour un immense pays musulman, conscient pense-t-on de la grandeur de son destin, porteur en principe d’un idéal spécifique ; cela révèle, bien entendu, une fêlure interne, mais je suis incapable d’en percer le réseau des raisons ; les conséquences politiques à long terme ne manqueront pas d’être lourdes [comp., par ex., avec l’Afghanistan, le Pakistan, à l’est, ou bien l’Irak à l’ouest] ; de même la Turquie, dont la population est du même ordre, en en voie d’essoufflement, ce qui pourrait borner les ambitions de son président, etc.

J’ajoute, ce samedi 25 mai, cet intéressant graphique comparant quelques taux de fécondité =

taux de fécondité de l'Iran et de ses grands voisins.png

Considérez aussi la République Démocratique du Congo – terre de malheur ancien à tant d’égards – = avec son taux de fécondité de 6, elle semble promise à la poursuite d’une explosion démographique dont les conséquences sont difficiles à prévoir, d’autant que l’Ouganda ou la Tanzanie voisins, et en vérité tous les pays de la région, connaissent aussi une très forte expansion démographique.

Dois-je préciser que je désapprouve vivement la ridicule outrecuidance de M. Dupont-Aignan – « souverainiste » ici et donneur de leçons à l’Afrique et aux Africains -, lequel a osé donner il y a quelques jours à ces derniers le conseil de contrôler plus activement leurs naissances ; l’Afrique est immense ; ses ressources sont pillées mais considérables ; ses divisions, inscrites certes dans une très longue histoire, sont souvent encouragées par les bénéficiaires de sa prédation ; elle ne semble pas souscrire à l’égoïste culture de mort qui frappe toujours davantage « l’Occident », la Russie, la Chine, le Japon, etc. ; tout est bien ainsi ; réjouissons-nous de grand cœur qu’il y ait encore des humains pour préférer la vie qui vient à une commodité plus immédiate, généralement factice.

 

LES COURS PARISIENS DU LINGOT D’OR D’UN KILO ET DU NAPOLÉON

L’an dernier j’avais renoncé à évoquer l’or [auquel j’avais consacré d’assez longs développements en particulier au printemps 2016], faute de mouvements très significatifs ; cette année, les cours se sont un peu raffermis depuis le début de l’automne et, pendant les quelques mois de l’enseignement, le lingot d’un kilo s’est négocié autour de 37 000 euros à Paris, sans qu’il soit probable, pour diverses raisons, que les hauts niveaux de 2012 soient prochainement retrouvés.

 

cours parisien du lingot d'un kilo.png

 

Il y a pourtant bien des motifs pour que le cours de l’or, à moyen terme, décolle ; toutes sortes de commentateurs en ligne – parfois intéressés à la chose – ne se lassent pas de le répéter ; leurs prédictions sont pour le moment toujours démenties ; mais l’or n’est pourtant pas une vieille lune ; et nul ne saurait douter que la « dédollarisation » – à ses débuts, mais horizon probablement inéluctable, et en tout cas indispensable, des dix ou quinze prochaines années – supposerait que, d’une façon ou d’une autre, l’or retrouve une place accrue, perdue depuis 1971. Il y a d’ailleurs tout lieu de penser que, en jouant sur l’or-papier par l’intermédiaire de divers opérateurs, Washington tente de casser les cours lorsque ceux-ci connaissent une embellie trop vigoureuse.

Il est important d’avoir une certaine idée des réserves d’or des divers États. Quatre observations =

parmi les plus significatives, elles sont toutes stables, sauf celles de la Russie, de la Chine et de l’Inde, qui croissent régulièrement, avec le propos assuré de limiter peu à peu l’empire du dollar ;

l’on peut d’autant plus le penser que certains suggèrent que les réserves chinoises seraient sensiblement plus élevées [deux fois ?] qu’annoncées -;

des doutes ont été émis, à tort ou à raison, sur le niveau des réserves étatsuniennes, moindres a-t-on suggéré qu’affichées ;

la Russie s’est débarrassée assez rapidement à l’époque récente du gros des bons du Trésor étatsuniens dont elle disposait ; la Chine, qui en détient depuis longtemps beaucoup plus encore, semble avoir amorcé un – lent – mouvement du même type au milieu de 2018 ; le lien ne saurait ne pas être fait avec l’achat d’or par ces puissances, leur propos étant de tendre à une nouvelle répartition de leurs réserves de change [mais la Chine demeure, devant le Japon, le plus grand détenteur de bons du Trésor étatsuniens].

[en tonnes]

Capture d’écran 2019-05-23 à 16.56.41.png

 

Bien entendu, avec certains aspects de distorsion intelligibles, la Napoléon [vingt francs or] s’est un peu raffermi sans retrouver ses cours d’il y a deux ans, ni a fortiori ceux de la fin de 2011 et de plusieurs séquences en 2012 ; il fluctue ces temps-ci autour de 220 euros.

 

dix ans de cours du Napoléon.png

 

 

QUELQUES PARITÉS

euro/dollar =

Parité euro dollar.png

 

euro/livre sterling =

Parité euro livre sterling.png

 

dollar/yuan =

Parité dollar yuan.png

 

dollar/rouble =

Parité dollar rouble.png

 

 

LE COURS DU BARIL [158,987 litres] DE BRENT [EN $]

 

Après le décrochage de l’automne dernier, réduisant les gains obtenus par les cours depuis le terrible creux de janvier 2016, ceux-ci se sont repris significativement depuis janvier, mais, tournant autour de 70 dollars paraissent peu capables pour le moment de regagner le sommet de 85 dollars le baril atteint au début d’octobre dernier. L’on pourrait s’en étonner au regard de certaines tensions extrêmes, et des effets de telles sanctions – en particulier du climat environnant les affaires iranienne ou vénézuélienne. Il faut supposer que l’actuel apparent plafonnement des cours s’inscrit dans la dépendance d’une certaine morosité de l’économie [Chine, Allemagne, Italie, etc.] et d’une production soutenue [du fait des États-Unis, mais sans doute aussi de l’Arabie séoudite sur laquelle M. Trump exerce une pression constante pour obtenir que sa production soit maintenue afin que les cours ne grimpent pas trop].

 

Baril de Brent.png

Il est bien sûr difficile aujourd’hui de prédire l’avenir à seulement quelques mois = bien entendu, un dérapage dans le Golfe persique pourrait pousser les cours à la hausse ; mais un envenimement soudain – tout aussi plausible – de la situation économique – les simples effets d’ailleurs de la « guerre commerciale » qui ne cesse de s’intensifier entre Washington et Pékin – pourrait affaiblir sérieusement la demande et emporter un fléchissement sévère de cours pourtant moyens.

 

LA PRODUCTION DE PÉTROLE DES PRINCIPAUX PAYS PRODUCTEURS [en barils/jour]

 

Les valeurs ci-dessous doivent être prises avec une certaine prudence ; il n’est pas impossible par exemple que les États-Unis se trouvent temporairement un peu plus haut, l’Arabie séoudite aussi, sommée je le répète de faire un effort par Washington ; l’Iran ne saurait guère ne pas reculer significativement en 2019, etc.

 

production de pétrole par pays barils:jour.png

 

 

RÉSERVES DE PÉTROLE « PROUVÉES » [vingt premiers pays]

 

Réserves de pétrole prouvées.png

 

 

COURS DU GAZ NATUREL [EN $/million de BTU]

 

Cours gaz naturel $ million de BTU.png

 

 

DÉPENSES MILITAIRES SELON LES DERNIÈRES « DONNÉES » DU SIPRI [STOCKHOLM INTERNATIONAL PEACE RESEARCH INSTITUTE]

 

lien = https://www.sipri.org/databases

 

DÉPENSES MILITAIRES DES VINGT-CINQ ÉTATS DANS LESQUELS ELLES DÉPASSENT [OU FRISENT] DIX MILLIARDS DE DOLLARS

[source : SIPRI – Stockholm International Peace Research Institute – en milliards de dollars 2017 constants – présentation : 2015//2016//2017//2018 en gras – le rang est celui de 2018 – arrondi – NB = certaines valeurs portées les années précédentes ont été modifiées par le SIPRI, et pas seulement du fait du changement de l’année de référence permettant l’évaluation en dollars constants ; les dépenses militaires étatsuniennes semblent sous-estimées = elles auraient dépassé 700 milliards de dollars]

 

Total mondial : 1676//1674//1693//près de 1800 en 2018

OTAN : > 900 [avec les alliés divers : c. 1200]

États-Unis : 616//613//606//634

Chine : 204//216//228//240

Inde : 55//60//65//67

Arabie séoudite : 88//63//70//66

Russie : 77//83//67//64

France : 57//59//60//60

Royaume Uni : 47//47//46//47

Allemagne : 41//43//45//46

Japon : 46//45//45//45

Corée du Sud : 38//38//39//41

Brésil : 29//27//29//31

Australie : 25//28//28//27

Italie : 23//26//26//26

Émirats arabes unis : c. 25 [non comm.]

Turquie : 14//17//18//22

Canada : 18//18//21//21

Espagne : 16//15//16//17

Israël : 18//16//16//16

Iran : 11//13//14//13

Pakistan : 10//10//11//13

Hollande : 9//9//10//11

Pologne : 10//10//10//11

Singapour : 9//10//10//10

Taïwan : 11//10//10//10

Algérie : 11//11//10//9

RIEN DE PLUS, EN TOUT CAS POUR CETTE SESSION

 

 

 

sr