La bataille en cours de Kafr Naboudah, mère de la grande bataille à venir d’Idleb ?

 

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Les contradictions communicationnelles de la guerre = l’emblème des Forces du Tigre, propre sans doute à galvaniser les hommes, mais peut-être aussi à favoriser quelque jour la propagande adverse…

 

À la date du 28 mai =

Si vous avez lu attentivement le billet du onze mai, vous avez sans doute relevé, à la fin, ces quelques lignes =

Au fond, je ne peux plus exclure que la grande bataille d’Idleb n’ait commencé ces jours-ci, après huit mois de tergiversations russes qui avaient fini par revêtir la signification d’un refus avoué de privilégier désormais toute autre solution que la négociation – une négociation dont je redis qu’elle est vaine avec des takfiristes et sans issue, pour le moment, à mon sens, avec une Turquie dont le propos n’est pas seulement de contenir les « terroristes » kurdes, mais encore de miner le redressement de Damas en soutenant dans une certaine mesure l’ « émirat » d’Idleb, et – au strict minimum – de stabiliser un glacis turkmène – ou plus largement = proturc – en cours de constitution dans diverses zones septentrionales dont celle d’Afrine.

 

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J’ai le sentiment d’avoir eu le nez creux [comme l’on ne dit plus – et puis il ne faut pas se vanter…] ; la bataille fait rage désormais, en plusieurs points des confins des régions de Lattaquié et de Hama, d’une part, et d’Idleb d’autre part, dont le territoire est tenu par diverses factions radicales, avec un abcès de fixation majeur, de fort enjeu tactique, pour diverses raisons, à Kafr Naboudah [à une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau – de drone – à l’ouest de Khan Cheikhoun, ou si l’on préfère = à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Hama, à la frontière des gouvernorats de Hama et d’Idleb], site âprement disputé depuis une petite vingtaine de jours, au fil desquels les contre-offensives des uns ont succédé et succèdent encore aux offensives des autres, mettant aux prises, semble-t-il, deux ou trois mille combattants en tout, un certain nombre de chars et de véhicules blindés, etc. ; elle est essentiellement – peut-être exclusivement [les épisodiques frappes russes ne semblant pas à cette heure liées à cette action] conduite par les forces syriennes [en particulier semble-t-il les Forces du Tigre et la onzième division blindée à Kafr Naboudah, et, fortement équipée, la septième division dans les alentours].

 

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L’emblème du Front National de Libération, considérable fédération de groupements sympathiques à la Turquie

 

En face, l’appui turc aux jihadistes [non seulement – très actifs dit-on en cette séquence – issus du grand Turkestan, tels les Ouïghours du Parti islamique du Turkestan, ou bien regroupés dans l’énorme fédération jihadiste turcophile Jabhat al-Wataniya al-Tahrir, Front national de Libération – regroupement développé en 2018 et évoqué au début de l’année dans la partie orale du cours -, mais encore membres des diverses filiales plus ou moins qaïdistes, dont bien entendu les nosristes de Hayat Tahrir el-Cham] est véritablement établi ; cela ne saurait surprendre ceux qui m’auraient prêté un peu d’attention, lesquels ne douteraient guère du sens du jeu d’Ankara depuis fort longtemps ; mais va – certes – à l’encontre des platitudes que l’on nous sert habituellement avec – d’où l’aveuglement de tels, plus lucides d’ordinaire – la complicité de commodité d’une Russie dont la position irénique n’est tenable que sous la condition que ses responsables fassent semblant de ne pas voir le jeu du si redoutable « sultan ».

 

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Dois-je préciser que, à l’examen, ce bref billet pourrait vous aider à répondre à une question simple, mais longue, assortie de plusieurs coefficients ? Elle est déjà rédigée, mais vous pêcherez ici des éléments supplémentaires d’arbitrage entre les réponses [Je vous précise à nouveau qu’il vous conviendra d’apprécier mes questions en gros à la date du 25 mai, car je dois me résoudre à rendre ma copie ce soir au service des examens ; s’il se passe une chose très surprenante dans deux jours, je ne pourrai plus rien corriger, hélas.]

 

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Membres supposés de Hayat Tahrir el-Cham en route vers Kafr Naboudah. Ci-dessous, quelques photos diffusées par Hayat Tahrir el-Cham — le logo bleu est, dit-on, celui de l’agence de presse récemment créée par le mouvement.

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Ci-dessous, des documents émanant du Front National de Libération

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Bien entendu, un tel matériel, dans l’ensemble flambant neuf, si l’on croit les photos, n’est pas venu tout seul dans la poche d’Idleb dont, sur le papier de la fin de l’été dernier, il était entendu que la Turquie devait en assurer le contrôle actif ; de bons observateurs suggèrent que beaucoup aurait été livré par Ankara [dont je précise en passant qu’elle a aussi envoyé des armes en nombre, et des blindés, à Tripoli ces dernières semaines, au GNA, au gouvernement libyen « d’entente nationale », bien entendu, soutenu dans les circonstances par les Frères musulmans] ; certains suggèrent en particulier [mais je suis trop incompétent pour trancher] que nombre des équipements divers utilisés dans l’affaire de Kafr Nabudah et montrés par diverses photos seraient d’ailleurs, purement et simplement, turcs.

Ci-dessous, un emblème du Parti islamique du Turkestan

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