Contradictions chinoises

 

 

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Mao par Wahrol

 

 

Le livre – bref, mais nourri par un travail considérable et novateur – de M. Rémy Herrera, La Chine est-elle capitaliste ?, publié il y a quelques mois [en collaboration avec Zhiming Long], a donné lieu à de nombreux débats, en particulier dans les milieux marxistes auxquels appartient l’auteur. Sa réponse – négative, et tendant à évoquer un régime de transition socialiste – a été largement critiquée ; si transition il y a, a-t-on suggéré souvent, c’est vers le capitalisme pur et simple.

Les observations de M. Herrera sont très intéressantes et ne peuvent être prises à la légère, même si l’on a le sentiment [qui est plutôt le mien] que, dans la durée, les contradictions chinoises s’inscrivent dans une dynamique qu’il est difficile de considérer comme socialiste, quelle que soit la force du levier constitué par les institutions héritées de la période antérieure ; les contradictions chinoises, si l’on préfère, semblent, sauf incident majeur de parcours, devoir tendre, toujours plus pleinement, vers cette sorte de capitalisme autoritaire en direction duquel la plupart des pays, avec leurs spécificités, paraissent bien glisser comme irrésistiblement en ce début de vingt-et-unième siècle.

Je ne fais pas partie de ceux que leur hostilité à l’impérialisme étatsunien et au néolibéralisme destructeur de l’Occident inclinent à une indulgence déraisonnable pour la politique chinoise, même s’il va de soi que les amis de la liberté des peuples ne sauraient ne pas se réjouir des possibilités qu’ouvrent à cette dernière, si bien entendu lesdits peuples se mettent à même de se saisir de leur destin, les rivalités entre mastodontes ; il me semble, s’agissant de la Chine, que, à l’intérieur, l’instauration, plus rapide et systématique encore qu’ailleurs, d’une insupportable société de contrôle et, à l’extérieur, le danger remarquable de la projection, indissociablement commerciale et militaire, qu’emporteront les « routes de la soie » [One Belt, One Road], appellent la défiance.

Pour autant, il  me paraît bien évidemment indispensable, non seulement d’être attentif à la situation chinoise – cela va de soi -, mais de ne pas écarter sans les entendre les considérations dissidentes d’observateurs de la qualité de M. Herrera, sans pour autant les approuver.

Ci-dessous, un lien avec un échange, très commenté ces temps-ci, entre M. Rémy Herrera et M. Michel Gruselle dans le cadre du Cercle Universitaire d’Études Marxistes [CUEM] =

 

13/6/2019 – Rémy HERRERA, Michel GRUSELLE :LA CHINE EST-ELLE CAPITALISTE?

 

Pour ceux qui souhaiteraient lire des éléments de controverse à propos de ce livre et de cet échange, un autre lien parmi d’autres =

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/24/la-chine-est-elle-capitaliste-vers-une-prolongation-au-debat-du-cuem/

 

 

 

sr