Examen RI – septembre 2019

 

Adieu, donc, cette fois !

 

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voir les cartes in fine

 

L1 – Relations internationales

Cours du Professeur Rials

Examen de septembre 2019

 

 

NB : le corrigé sera installé après l’examen

sur le site assasri.wordpress.com

 

 

Comme suggéré dans le blogue, un grand nombre de questions [et de réponses] sont demeurées les mêmes qu’en juin ; et les questions modifiées [sur lesquelles j’attire votre attention par un astérisque *] l’ont été seulement à partir des trois derniers billets ; mon propos est bien sûr qu’un maximum d’étudiants un peu attentifs puissent obtenir de bonnes notes comme en juin ; il me serait désagréable, quittant mes fonctions, de ne pas avoir contribué à donner une chance à des étudiants de première année de poursuivre leurs études après avoir, pour certains, pris conscience des peu évitables erreurs d’appréciation et maladresses du début de leur scolarité universitaire.

 

 

MODALITÉS DE NOTATION

 

Élévation des notes au demi point supérieur [7,1 donnera par exemple 7,5 ; 7,6 donnera 8] ;

Un point de plus – sur dix – sera mécaniquement donné à ceux qui, ayant convenablement travaillé, auront obtenu au moins 28 coefficients sur 50

Diviseur, qui devrait en principe être établi à 5, fixé, finalement, à 3,75 [comme lors de l’année académique 2015-2016] et non à 4, comme le plus souvent.

La note maximale est à la portée des étudiants ayant travaillé, d’autant que j’ai proposé, de diverses façons, un exercice un cran en-dessous de ceux des années précédentes ; si je ne me trompe pas, il suffit, pour atteindre 10, d’obtenir 32 coefficients sur 50

32 : 3,75 = 8,5333 ; donc 9 ; plus 1 = 10

j’ajoute qu’il suffit d’un tiers des coefficients – 17 – pour accéder à la moyenne.

 

 

QUESTIONS MULTIPLES

 

Le nombre des questions se trouvant – délibérément – inférieur à cinquante, plusieurs auront des coefficients supérieurs à un [afin de conserver la somme de cinquante points].

Pour obtenir ces coefficients, je porterai, comme cela m’est arrivé dans le passé, des questions multiples – ceci n’est qu’un exemple =

soit une question numérotée 3, 4 et 5 [ce n’est qu’un exemple], il vous faudra répondre à cette question apparemment unique à trois reprises, et donc cocher trois fois la feuille d’examen [à la question 3, à la 4 et à la 5]

Si vous êtes certain de votre réponse, vous cocherez trois fois de même ; si vous hésitez entre plusieurs réponses, vous ne ferez surtout pas comme l’âne de Buridan qui, ayant également faim et soif, et se trouvant à égale distance d’un seau de picotin et d’un seau d’eau, n’ayant nulle raison de consentir un plus grand effort pour atteindre l’un que l’autre, mourut et de soif et de faim : vous répartirez, en quelque sorte, votre mise.

 

 

CARTES

CARTE 1, portant « Lac Tchad »

 Question double 1 et 2

Chargé[e] par votre grand ami M. Alexandre Benalla [qui vous a assuré avec un doux regard plein de franchise qu’il travaillait plus que jamais pour le président Macron] d’une mission confidentielle – consistant en particulier en une enquête tendant à évaluer l’interférence avec toutes sortes d’événements en cours de l’affrontement en Afrique, plutôt favorable semble-t-il au premier à l’hiver et au printemps derniers, entre l’axe Riyad-Abou Dhabi et l’axe « Frères musulmans » Ankara-Doha [les revers subis ces temps-ci par l’Arabie séoudite et les Émirats dans leur cruelle agression contre le Yémen relevant d’une autre fracture], vous devez relier successivement les points 5, 7, 1, 4, 3 et 8 ; quels pays – dans cet ordre – traversez-vous [en incluant le pays de départ et le pays d’arrivée ; la carte mériterait d’ailleurs d’être actualisée, mais cet aspect n’est pas de nature à perturber l’exercice]

A Mali, Algérie, Libye, Niger, Nigéria, Cameroun, Tchad, Soudan

B Sénégal, Libye, Égypte, Mali, Côte d’Ivoire, Gabon, Centrafrique, Éthiopie

C Burkina-Faso, Algérie, Libye, Mali, Côte d’Ivoire, Congo [Brazzaville], Centrafrique, République Démocratique du Congo

 

CARTE 2, portant « Mer des Caraïbes »

Question triple 3, 4 et 5

Finalement déçu dans votre amitié pour M. Benalla, et, dans votre atlantisme résolu, exaspéré, malgré une excellente note, par l’enseignement de Relations internationales qui vous a été dispensé à Assas, vous avez accepté cet automne la mission aux Amériques qu’un collaborateur de M. Bolton – en charge de l’élaboration intellectuelle du grand projet « Fortress America » [pas le jeu] ou encore, plus communément, « American Citadel » – souhaitait confier à une personne intelligente et débrouillarde, parlant couramment l’espagnol, mais totalement étrangère à l’ « hémisphère » étatsunien.

Votre itinéraire est simple au fond = a/ vous rendre au Guatemala ; b/ de là, grâce à la mise à votre disposition par des activistes pentecôtistes de « L’Armageddon », un vieux Chris-Craft 55 des années cinquante dont les superstructures sont demeurées en bois verni à des fins de camouflage – mais en vérité entièrement reconstruit selon les techniques les plus modernes, et doté de performances hors du commun du fait de ses deux moteurs diesel Caterpillar inboard de mille chevaux, parfaitement disproportionnés –, piquer vers l’Équateur afin d’y porter un message ultraconfidentiel concernant M. Assange au président Lenin Moreno ; puis c/ faire route vers Panama avec votre splendide Cabin Cruiser, de là, après avoir changé d’océan grâce au canal, d/ filer vers le Nicaragua où vous devez remettre une valise dont vous ignorez le contenu à un faux ami du président Ortega, puis e/ gagner Haïti en ne longeant pas Cuba, et donc en passant au sud de la Jamaïque [votre mission à Port-au-Prince vous est encore inconnue – elle vous sera assignée lors de votre passage au Nicaragua] ; enfin, f/ vous descendrez vers la Colombie, où vous abandonnerez votre beau bateau à un groupe évangélique de Barranquilla, avant g/ de vous joindre à un effectif de mercenaires en partance, en vue de la déstabiliser, pour la région pétrolière du Venezuela dite de la « ceinture de l’Orénoque », levés sans surprise par M. Erik Prince pour un cartel de bourgeois compradores activement soutenus par la CIA.

Laquelle de ces réponses vous paraît convenir ? [[ sachant que les seuls pays concernés sont, dans l’ordre de leur apparition – a, b, c, d… –, le Guatemala [a], l’Équateur [b], le Panama [c], le Nicaragua [d], Haïti [e], la Colombie [f], le Venezuela [g] ]]

A a = 4 ; b = 10 ; c = 7 ; d = 6 ; e = 16 ; f = 12 ; g = 8.

B a = 3 ; b = 9 ; c = 7 ; d = 5 ; e = 14 ; f = 8 ; g = 12 .

C a = 5  ; b = 9 ; c = 6 ; d = 4 ; e = 13 ; f = 8 ; g = 12 .

 

CARTE 3, portant « Mer Rouge »

Question 6

L’une des réponses suivantes est inexacte – laquelle ?

A D est la Mer Caspienne

B F est l’Océan indien, parfois désigné à cette latitude comme Mer d’Arabie

C g signale le détroit de Bab el Mandeb

 

Question 7

Une seule des réponses suivantes est exacte – laquelle ?

A B est la Mer d’Azov

B C est la Mer Noire

C E est le Golfe persique, parfois porté comme Golfe arabique

 

Question 8

Pour se rendre, par la route maritime la plus courte, du Golfe persique [arabique] en Mer Noire, il faut successivement emprunter

A le détroit d’Ormuz, la Mer Rouge, Bab el-Mandeb

B les Dardanelles, l’Océan Indien, le Bosphore, la Mer Rouge, le détroit d’Ormuz

C Bal el-Mandeb, la Mer Rouge, les Dardanelles, la Mer d’Azov, le Bosphore, la Mer Caspienne, le détroit de Kertch

D le détroit d’Ormuz, l’Océan indien [ou ici Mer d’Arabie], le détroit de Bab el-Mandeb, la Mer Rouge, le canal de Suez, la Méditerranée, les Dardanelles, la Mer de Marmara, le Bosphore

 

CARTE 4, portant « Syrie » et « Chine »

 Question 9

L’une des réponses suivantes est inexacte – laquelle ?

A 24 est le Sri Lanka [Ceylan]

B 18 est le Kirghizistan

C 23 est la Birmanie

D 13 est la Géorgie

E 9 est le Qatar

 

Question 10

L’une des réponses suivantes est inexacte – laquelle ?

A 17 est le Turkménistan

B 6 est le Yémen

C 12 est la Jordanie

D 22 est le Pakistan

E 15 est l’Arménie

 

Question 11

L’une des réponses suivantes est exacte – laquelle ?

A 24 est Madagascar

B 8 est le Qatar

C 10 est le Koweit

D 3 est Djibouti

E 7 est le Yémen

 

DATES

Question 12

La révolution islamique iranienne – mais peut-être faudrait-il écrire = cette révolution iranienne qui s’est révélée comme une révolution islamique – a eu lieu en

A 1983

B 1979

C 1989

D 1999

E 2003

 

Question 13

Envisageons cinq pays jetés dans la plus terrible tourmente, du fait, soit exclusivement, soit pour l’essentiel, de l’action des puissances occidentales et de leurs alliés, depuis le début du siècle [par ordre alphabétique] = l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen. En quelle année le furent-ils respectivement ? Vous choisirez la liste qui vous semble convenable en retenant que l’ordre des dates correspond à l’ordre alphabétique ci-dessus retenu.

A 2001 – 2005 – 2013 – 2011 – 2015

B 2002 – 2004 – 2010 – 2012 – 2016

C 2001 – 2003 – 2011 – 2011 – 2015

D 2003 – 2001 – 2011 – 2013 – 2017

E 2000 – 2002 – 2008 – 2011 – 2014

 

Question 14

La guerre entre l’Irak et l’Iran a duré entre

A 1980 et 1988

B 1989 et 1997

C 1985 et 1987

D 2005 et 2013

E 1980 et 1999

 

Question 15

De quelle année dateriez-vous, au terme d’un processus de dislocation entamé dix-huit mois plus tôt dans les pays baltes, la dissolution de l’URSS ?

A Été 1990

B Fin 1991

C Fin 1989

D Été 1992

E Fin 1988

 

Question 16

Le mouvement dit « euromaïdan » – dont les suites ont bouleversé profondément, et durablement, à la fois la vie politique – et économique aussi – ukrainienne et la situation internationale – s’est étalé sur environ trois mois :

A En 2012

B En 2015

C A la charnière de 2013 et de 2014

D A la charnière de 2012 et de 2013

E A la charnière de 2014 et de 2015

 

FILMS

Question 17

Lequel des films proposés à votre attention met-il en scène, une à peu près « risienne » [de Dino Risi] bourgeoisie « compradore » ?

A L’ami américain. L’Amérique contre de Gaulle

La révolution ne sera pas télévisée. Le Coup contre Chavez

Les Etats-Unis à la conquête de l’Est

Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées

Afghanistan. Le prix de la vengeance

 

Question 18

Dans Inside the Coup, la question de la « communication » est, vous l’aurez relevé, tout à fait centrale. Vous n’aurez bien sûr pas manqué de constater, dès les premières minutes du film, que les médias des « démocraties » – des régimes oligarchiques contemporains qui s’autodésignent comme démocraties – peuvent être des officines de propagande[[[ il est possible de répondre à la question sans lire le contenu de la parenthèse — Une proposition fameuse du penseur non-conformiste étatsunien Noam Chomsky mérite certainement, sous condition d’assortir « democracy » de guillemets, la méditation : « Propaganda is to democracy what the bludgeon [matraque] is to a totalitarian State » [Bernays, d’ailleurs, eût-il pensé différemment ?] Notez bien qu’on peut avoir les deux – le matraquage médiatique et le flash ball… S’agissant, toutefois, des relations des États-Unis avec les Amériques latines, les premiers doivent s’employer de façon constante à justifier une action impérialiste multiforme à l’échelle d’un continent qu’ils considèrent comme appelé à une subordination d’ensemble à leur puissance politique et économique. Dans cette perspective, les régimes populistes patriotiques et socialisants qui ont pu voir le jour, plus ou moins durablement, à l’époque contemporaine dans cette région du monde ont toujours trouvé Washington en face d’eux [et désormais toutes les puissances européennes], avec toute sa puissance, y compris médiatique. ]]] L’on peut bien entendu s’interroger aussi, rétrospectivement, sur le rapport de forces médiatique à l’intérieur même du Venezuela, dans les premières années de la présidence du comandante Chavez. Tel que le film évoque ce rapport, laquelle parmi les propositions suivantes jugeriez-vous la plus juste, du moins pour l’époque concernée par le film ?

A Ce rapport de forces était très déséquilibré au détriment du régime bolivarien puisque la plupart en particulier des organes télévisuels étaient aux mains des groupes capitalistes résolument antichavistes : cinq chaînes privées appartenant purement et simplement aux grands groupes économiques du pays, contre une seule chaîne contrôlée par l’État et en mesure de relayer ainsi la communication gouvernementale.

B Ce rapport de forces était en gros assez équilibré : trois chaînes privées étaient certes aux mains des adversaires libéraux du président Chavez, mais les deux grandes chaînes publiques nationales et plusieurs chaînes des divers estados étaient placées sous l’influence chaviste.

C Ce rapport de forces était très déséquilibré en faveur du régime bolivarien. Le régime socialiste de M. Chavez avait en effet nationalisé immédiatement au printemps de 1999 l’ensemble des organes de presse, de radio et de télévision dont il pouvait ainsi, à la faveur du charisme que nul ne lui déniait, user et abuser pour se mettre en scène dans toutes sortes de costumes fantaisistes ou criards heurtant le bon goût. Vous avez d’ailleurs sans doute relevé que c’est cette mainmise illibérale sur l’information que critiquaient principalement les adversaires du président.

 

Question 19

Le film « Les États-Unis à la conquête de l’Est », de Mme Manon Loizeau, évoque, comme vous le savez, la technique étatsunienne de « Regime Change », connue comme « révolution de couleur » ou « révolution colorée ». Dans la liste suivante, quelle « révolution » n’a finalement pas abouti ?

A Serbie

B Géorgie

C Ukraine

D Kirghizistan

E Biélorussie

 

Question 20

Dans son film « Daghestan. Des kolkhozes aux mosquées », Mme Longuet-Marx interroge en tout particulier deux historiens daghestanais, MM. Hadji Mourad Donogo et Mikhaïl Roschin, intéressants, me semble-t-il, et exprimant – avec beaucoup de prudence, car le Daghestan n’est pas un endroit pleinement rassurant pour la pensée critique – une forte préoccupation. Sans doute aurez-vous compris, au fil des multiples interventions de M. Donogo, qu’il éprouve une certaine nostalgie [une nostalgie certaine] pour l’âge soviétique ; peut-être, d’ailleurs, fut-il marxiste = la façon dont il réduit le religieux au social et à l’économique le laisserait assez penser [voir à la vingt-neuvième minute ainsi], même si la position de Marx lui-même est plus subtile que cela. Voici, de façon synthétique, quelques-uns des sentiments qu’il exprime ; l’un, toutefois, ne saurait lui être vraiment imputé, lequel ?

A La vie était plus paisible

B La criminalité était bien moindre

C Paradoxalement, il y avait moins de pénurie en général dans les magasins, du point de vue du moins de la satisfaction des besoins ordinaires

D Les cadres de la vie éthique étaient mieux définis

E La corruption d’aujourd’hui contraste avec l’incorruptibilité des anciennes élites soviétiques

F Les logiques contemporaines de l’économie [capitaliste] privent une partie des Daghestanais – ceux des montagnes en particulier – de travail si bien que la vie d’une part significative d’entre eux, demeurés dans des villages appauvris et désertifiés, est moins bonne qu’elle ne fut – usines et fabriques ont disparu pour la plupart et l’élevage est seul demeuré comme la principale ressource d’une partie de la région

 

Question 21

De façon générale, l’opinion pakistanaise, en dehors même des zones pachtounes, était-elle ou non – au témoignage de l’ancien président Pervez Musharraf et du général Asad Durrani, ancien directeur des services de renseignement d’Islamabad – favorable aux talibans afghan ?

A Assez favorable

B Plus qu’hésitante ou très partagée

C Très favorable

D Hostile, de peur de contrarier l’allié américain

E Hostile dans la mesure où quatre-vingts pour cent des Pakistanais sont chiites duodécimains

 

Question 22

Dans le film « The War you don’t see », de M. John Pilger, attardons-nous un instant sur les terribles premières images. Je ne sais si vous avez pris le temps de les documenter – c’est assez aisé en ligne [où, d’ailleurs, est produite une version longue]. Délibérément, le 12 juillet 2007, depuis un hélicoptère Apache, des soldats étatsuniens assassinent des civils au Chain Gun M230 30mm : dix-huit morts. Ces images – atroces et évidemment banales – n’ont été connues qu’en 2010, grâce à Chelsea/Bradley Manning et à Wikileaks [dont l’héroïque fondateur, M. Julian Assange, est victime, vous le savez, d’une effrayante persécution]. Où se trouve-t-on ?

A à Kaboul [Afghanistan]

B à Belgrade [Serbie]

C à Beyrouth [Liban]

D à Tripoli [Libye]

E à Alep [Syrie]

F à Bagdad [Irak]

 

Question 23

Une question, enfin, sur L’Ami Américain. L’Amérique contre de Gaulle =

Après sa rencontre avec le Général, le président Kennedy devait rencontrer

A Leonid Brejnev à Sébastopol

B Joseph Staline à Berlin

C Nikita Khrouchtchev à Vienne

D Mao Tse-toung à Pékin

E Boris Eltsine à Sotchi

 

 

PARTIE ORALE DU COURS [POUR UNE PARTIE REPRISE PAR ÉCRIT SUR LE BLOGUE] & BILLETS COMPLÉMENTAIRES

 

Question 24

Alors que la pression des États-Unis et de leurs alliés régionaux n’a cessé de devenir plus étouffante pour l’Iran, laquelle des trois propositions suivantes vous paraît-elle la plus adéquate ?

A Avec un taux de fécondité de 6, égal à celui de la République démocratique du Congo, l’Iran peut compter sur un développement démographique sans aucun équivalent régional ; ce sera un atout dans les rapports de forces de l’avenir

B À la suite d’un tiers de siècle de déclin constant, le taux de fécondité iranien, considérable il y a quelques décennies, et encore important naguère, s’établit à peu près à 1,6 ; la population continue à progresser assez rapidement, mais elle vieillit et, sauf renversement de la tendance, elle commencera, sauf bouleversement dans un sens ou un autre, à stagner dans un quart de siècle puis entrera probablement en déclin

C Les démographes citent toujours l’Iran en exemple, du fait d’un taux de fécondité toujours, imperturbablement, compris ces cinquante dernières années entre 2,15 et 2,30, lequel assure de façon équilibrée le renouvellement et même [en dehors de la considération de l’accroissement de l’espérance de vie et de l’abaissement très important du taux de mortalité infantile] une croissance régulière de la population

 

*Question 25

Concernant le cours de l’or, laquelle des propositions suivantes vous paraît-elle devoir être retenue?

A Le cours de l’or s’est envolé depuis un an et retrouve en cette fin d’été les cours les plus élevés de 2012

B En dépit d’annonces répétées, le cours de l’or ne s’est que très faiblement redressé en 2019 du nouveau creux du début de l’automne 2018 ; nul ne semble plus espérer qu’il regagne les pics assez modestes de la mi-2016 et de la fin de l’hiver 2017

C Trente mille euros en cette fin d’août pour un lingot d’un kilo, et près de deux cents euros pour un seul petit napoléon [5,8 g d’or d’une pièce de 6,45 g], n’est-ce pas déjà considérable ?

 

*Question 26

Et parmi les propositions suivantes, laquelle vous semble-t-elle le mieux convenir

A Les cours du pétrole se sont certes redressés depuis le plus creux d’il y a trois ans et demi, mais non seulement ils sont fort éloignés des hauts niveaux qui étaient les leurs de 2011 à la mi-2014, mais encore ils ne parviennent pas même à regagner les valeurs atteintes il y a onze mois

B Les lourdes tensions affectant plusieurs grands pays producteurs – Iran, Venezuela, Libye en particulier – n’ont pas manqué de propulser les cours du pétrole à des niveaux très supérieurs à ceux des hautes eaux de 2011-2014 ; le baril de Brent a franchi à plusieurs reprises ces dernières semaines la barrière symbolique des deux cents dollars

 

Question 27

Lequel des pays suivants est-il supposé détenir les plus grandes réserves de pétrole ?

A Venezuela

B Arabie séoudite

C Russie

D Iran

E Irak

 

Question 28

Parmi les propositions suivantes, laquelle – considérant les valeurs proposées par le SIPRI [lesquelles, très précieuses, pourraient appeler sans doute quelques critiques, mais limitées] – écarteriez-vous sans aucune hésitation ?

A Les dépenses militaires de l’Arabie séoudite sont légèrement supérieures à celles de la Russie

B La France et la Russie ont des dépenses militaires à peu près du même ordre [ce qui ne vous surprend guère, puisque le PIB russe est un peu inférieur à celui de l’Italie, dont les dépenses militaires n’atteignent pas la moitié de celles de notre pays]

C Les dépenses militaires de la France, pourtant un peu insuffisantes au regard des choix effectués, sont malgré tout les premières de l’Union européenne

D Les dépenses militaires d’Israël sont régulièrement un peu supérieures à celle de l’Iran ou du Pakistan, mais inférieures désormais à celles, toujours croissantes, de la Turquie

E Les dépenses militaires des Etats-Unis sont du même ordre que la somme de celles [par ordre alphabétique] de l’Allemagne, de l’Arabie séoudite, de la Chine, de la France, de l’Inde, du Japon, du Royaume Uni et de la Russie

F L’année 2018 a vu s’amorcer une nette décrue des dépenses militaires mondiales ; celle-ci est appelée à s’amplifier dans les années à venir, en particulier du fait du pacifisme résolu de l’Administration de M. Trump dont la tête pensante, M. Bolton, est d’ailleurs annoncée pour le prochain prix Nobel de la Paix

 

*Question quadruple 29, 30, 31 et 32

Lequel des récits suivants caractérise-t-il le mieux, selon vous, s’agissant des évolutions sur le terrain en Syrie, les derniers mois ?

A Après une brève pause, imposée par l’accord de septembre 2018, la reconquête de la région d’Idleb a été résolument entamée dès janvier 2019 par les forces de l’Armée Arabe Syrienne, fortement épaulées par le Hezbollah et d’importants effectifs du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d’Iran conduits par le général Kassem Soleimani en personne ; actuellement, la ville même d’Idleb se trouve assiégée depuis six semaines – comme autrefois Alep –, et la chute de la capitale de l’émirat jihadiste semble imminente

B L’annonce par M. Trump d’un retrait complet des troupes étatsuniennes de Syrie ayant été suivie de complets effets dès le mois de mars, la région stratégique syrienne d’at-Tanf, proche de l’articulation des frontières syrienne, jordanienne et irakienne, et précédemment occupée par des forces étatsuniennes garantissant notamment, semble-t-il, la sécurité et l’entraînement de forces « rebelles » prétendument « modérées » a pu être immédiatement réinvestie par les troupes de Damas

C Après une impressionnante année 2018, du moins jusqu’à l’été, marquée en particulier par la pacification de la Ghouta et la reconquête des gouvernorats de Deraa et Qouneitra, la Turquie a obtenu de la Russie, à Sotchi, le 17 septembre de cette même année, le gel de l’offensive prévue sur Idleb ; Ankara n’a certes pas tenu les engagements minimums pris alors, mais la situation s’est à peu près figée sur le terrain jusqu’au début de mai 2019, permettant aux radicaux de considérablement affermir leur implantation et de multiplier les actions agressives, en particulier en direction des zones occidentale d’Alep, septentrionale de Hama, et septentrionale ou orientale de Lattaquié. En mai 2019 toutefois, Damas a jeté les plus dynamiques de ses forces, celles du Tigre en particulier, à l’assaut de la région d’Idleb ; après des mois de piétinement, la constitution du chaudron de Khan Cheikhoun, puis sa réduction très rapide dans le troisième quart du mois d’août, ont constitué une victoire particulièrement impressionnante des forces arabes syriennes

D Le départ étatsunien n’a pas seulement favorisé la normalisation de la situation dans la zone d’at-Tanf ; contre toute attente, la minorité kurde à laquelle le soutien de Washington avait permis, malgré des résistances locales arabes significatives et croissantes, de se tailler un fort improbable Rojava dilaté à l’ensemble de la Syrie transeuphratique, s’est trouvée confrontée à une alliance tout à fait imprévue entre Damas et Ankara [avec la bénédiction plausible d’une Russie obstinément silencieuse, comme incapable de choisir entre ses « amis »] ; en cette fin d’été, les combats font rage en plusieurs régions de cette zone sans que les troupes, essentiellement kurdes, des Forces Démocratiques Syriennes, prises entre deux feux, semblent en mesure de tenir bien longtemps ; deux réunions du Conseil de Sécurité ont échoué du fait du veto de Pékin – lequel a surpris tout le monde et suscité des commentaires subtils, tournant en particulier autour de l’initiative One Belt – One Road [les « routes de la soie » – s’il ne s’agissait que de la soie…].

E La Turquie apparaissant de plus en plus à Damas – qui soupçonne assez plausiblement Ankara de visées annexionnistes permettant de renouveler, au moins dans la région d’Afrine, le coup perpétré il y a quatre-vingts ans, grâce à une France « mandataire » fort critiquable, dans le sandjak d’Alexandrette [la province de Hatay, d’Antakya, de l’ancienne Antioche] – comme l’obstacle le plus redoutable à la réunification du pays [en particulier parce qu’Ankara, à la faveur de la compréhensive passivité de Moscou, ne paraît nullement souhaiter l’indispensable dislocation de l’ « émirat » jihadiste, et même takfiriste, d’Idleb, les forces d’élite du Tigre [le général alaouite Souheil al-Hassan] se sont regroupées, avec des moyens très importants, à Alep au mois de juin dernier, et ont entamé, avec l’assistance d’importants effectifs kurdes, une offensive sur Afrine ; celle-ci a conduit en quelques semaines à la reprise de cette ville soumise l’année dernière à une sévère épuration ethnique ayant conduit au départ de la population kurde ; l’effondrement rapide des forces turques, à la surprise générale, semble avoir résulté de la combinaison de plusieurs facteurs = la qualité certes des Forces du Tigre ; la désorganisation de certains échelons de la hiérarchie turque, épurée ces dernières années ; mais aussi le soulèvement victorieux de nombreux effectifs dans la province turque de Hatay, largement arabes et alaouites – certains, aussi, kurdes, ou encore religieusement alévis – ; enfin, une tentative de coup de force en Turquie, une nouvelle fois inspirée par Washington, semble-t-il, et probablement favorisée par la secte Gülen, toujours vigoureuse malgré l’épuration sauvage ayant fait suite au coup des 15 et 16 juillet 2016

F La reprise, au début de mars dernier, du Golan syrien à Israël par les Forces syriennes du Tigre, épaulées par le Hezbollah et des effectifs iraniens de pasdaran camouflés en membres de ce dernier a bien sûr constitué le moment de plus intense de la riche actualité régionale de la dernière année ; le Conseil de sécurité n’a bien sûr pas pu réagir, malgré l’activisme des États-Unis, au regard des résolutions 242, 338 et 497 ; l’entente syrolibanaise a été garantie par la cession immédiate par Damas à Beyrouth des fameuses Fermes de Chebaa ; l’aggravation impressionnante des tensions a conduit à une victoire sans précédent du Likoud – lequel, malgré la proportionnelle intégrale, a obtenu 98 sièges sur 120 aux élections à la Knesset du 18 mars, assurant la reconduction immédiate de M. Nétanyahou dans les fonctions de Premier ministre

 

*Question double 33 et 34

Quel bien a poussé des effectifs notables de Russes à se lancer toujours plus à l’est avec l’effet d’assurer peu à peu la conquête de la Sibérie ?

A le sel

B l’or

C le bois

D les fourrures

 

*Question double 35 et 36

Les khanats de Kazan et d’Astrakhan furent conquis par Moscou au milieu du

A XVe siècle

B XVIIe siècle

C XVIe siècle

D XIXe diècle

 

Question 37

L’équipe de M. Trump, d’une façon qui n’est pas inédite, vitupère [et bien davantage, certes] les pays « progressistes » des Amériques latines, dont la liste s’est d’ailleurs notablement réduite ces dernières années. Voici une liste des pays malmenés, à des degré divers ; vous cocherez l’intrus – celui qui, désormais, n’a aucun lieu de déplaire à l’Administration Trump =

A Cuba

B Nicaragua

C Bolivie

D Brésil

E Venezuela

 

Question 38

L’aspiration étatsunienne à la domination planétaire, inscrite dans le prolongement de l’impressionnante thalassocratie britannique, n’a cessé de souhaiter tendre à la maîtrise la plus complète de tous les milieux fluides ; s’agissant de certains de ceux-ci – étendues liquides ou espaces aérien ou même extra-atmosphérique notamment –, leur contrôle implique l’installation de bases et installations diverses ; de même, la reviviscence explicite d’une stratégie de « containment » de certaines puissances [Russie, Chine, etc.], ou de contrôle de certaines régions terrestres réputées, pour une raison ou une autre, à fort enjeu, conduit à multiplier les implantations. Sur ces bases, et implantations diverses, il est très difficile de se forger une opinion exhaustive et précise ; si vous deviez prononcer un cours appelant que vous n’omettiez pas complètement cet aspect, quelle formulation retiendriez-vous ?

A « Ce sont certainement des milliers d’importantes bases stables que les États-Unis ont implantées depuis la Seconde Guerre mondiale – certains auteurs n’hésitant pas à évoquer un nombre supérieur à sept mille, en dehors même de la considération d’implantations plus légères ou – liées à des circonstances temporaires – transitoires »

B « Sans doute peut-on admettre que les États-Unis ont implanté entre quelques centaines et un peu plus de mille bases significatives [terme, certes, assez flou] hors de leurs frontières, sans compter, au gré en particulier des urgences, d’innombrables implantations plus légères et généralement transitoires ; il y a là un aspect majeur du rayonnement mondial de la puissance de Washington, y compris bien entendu dans les pays qui accueillent de telles implantations »

C « L’on a beaucoup exagéré semble-t-il le nombre et l’importance des bases américaines dans le monde ; du fait de leur puissance balistique inégalable, comme de leur capacité de projection maritime et aérienne [notamment leur onze porte-avions et innombrables sous-marins à propulsion nucléaire], celles-ci sont un enjeu très secondaire de puissance »

 

Question 39

À la chute des califes omeyyades de Damas, en 750, cent-vingt-huit ans seulement après l’Hégire, et cent dix-huit ans après la mort du prophète de l’Islam, l’expansion musulmane avait atteint et conquis tous les pays de la liste qui suit à l’exception d’un seul – lequel ?

A Ifriqiya [Maghreb central et en particulier Tripolitaine et Tunisie actuelles]

B Sud de l’Espagne

C Le gros du nord de l’Espagne

D Perse

E Actuel Afghanistan et une partie de ce qui est devenu le Pakistan

F Nord de l’Inde actuelle

 

Question 40 et 41

Il est une expression que ceux qui sont un peu attentifs auront rencontrée un certain nombre de fois cette année, dans le cours oral ou les billets : « Great Game », Grand Jeu. Cette question simplement : qu’entend-on ordinairement par « Grand Jeu » ? [je dis bien = ordinairement et strictement, car, bien entendu, lorsqu’une expression plaît, et ce fut et demeure le cas de celle-ci, nombre d’auteurs peuvent être tentés – et ici certains le furent -, soit de lui donner de l’extension, soit même de la transposer analogiquement]

A l’affrontement « Ouest-Est » tel qu’il est issu en particulier de la « Guerre Froide »

B la rivalité maritime de l’Angleterre avec l’Espagne, puis la Hollande ou la France, avant que la première n’établît sa très durable supériorité sur les océans

C la longue rivalité, en tout particulier en Asie centrale, de l’Empire britannique et de l’Empire russe, le premier remontant depuis l’Océan indien, le second, comme irrésistiblement, descendant depuis le nord

D l’affrontement entre Rome et les Réformes à partir du XVIe siècle, puis celui de la Ch’ia Ali, du parti d’Ali – les chiismes donc – et des orientations les plus radicales du sunnisme contemporain

 

Question 42

À quelle période les possessions de la British East India Company, la Compagnie anglaise des Indes orientales, revinrent-elles à la Couronne – la reine Victoria, par la création de ce que l’on appela le Raj, devenant impératrice des Indes ? [je propose le choix entre des dates arrondies à dessein]

A vers 1860

B vers 1830

C vers 1890

 

Question 43

Dans quelle région les empires russe et britannique virent-ils, au XIXe siècle, s’essouffler leur projection jusqu’alors irrésistible [la situation put évoluer par la suite] ?

A Cachemire

B Pendjab

C Baloutchistan

D Afghanistan

 

Question 44

Supposant que votre esprit est moins soucieux d’apprentissage dit « par cœur » que de compréhension des situations, j’imagine que votre attention a été sollicitée par la complémentarité du film de Mme Longuet-Marx avec les développements du billet concernant les relations russo-turco-persanes au Caucase. S’agissant, en particulier, du Daghestan, dans quelle tranche chronologique large placeriez-vous l’acquisition définitive de cette province par la Russie à la suite de ses victoires dans les guerres russopersanes [sans vous préoccuper de la période de l’insurrection de l’imam Chamil, postérieure – par définition – à cette mainmise russe] ?

A 1860-1890

B 1830-1860

C 1800-1830

 

Question 45

Au fil du cours, nous nous sommes attardés significativement sur la question du pétrole, à des périodes et sous des aspects très divers d’ailleurs. Où situeriez-vous le principal centre d’extraction du pétrole en 1900 ? [avec deux cent cinquante mille barils/jours]

A à Masjed Soleiman, en Perse occidentale, à deux cents kilomètres du Golfe persique

B à Bakou, en Azerbaïdjan, dans l’Empire russe

C à Bassorah, en basse Mésopotamie, dans l’Empire ottoman

D à Mossoul, en haute Mésopotamie, dans l’Empire Ottoman

 

Question 46

Vous cocherez, s’il vous plaît, le fragment qui ne convient pas. Les accords Sykes-Picot, dont on va volontiers répétant qu’ils doivent être placés directement à l’origine des difficultés actuelles du Moyen Orient [MM Bush, Blair, et quelques autres, n’y sont pour rien, comme chacun le sait]

A accords secrets révélés ultérieurement par les bolcheviks

B mis en forme par deux représentants des gouvernements anglais et français

C signés en mai 1916 afin de procéder à la répartition de zones de contrôle et d’influence

D prévoyant, en cas de défaite de l’empire ottoman allié aux empires centraux

E de découper le Proche Orient, largement entendu, en cinq zones

F que l’on retrouve très exactement dans les frontières respectives d’Israël, du Liban, de la Jordanie, de la Syrie et de l’Irak contemporains

 

Question 47

Un homme politique fameux a prétendu encourager et justifier l’entreprise colonisatrice dans les termes suivants :

« […] La politique coloniale, la politique d’expansion coloniale, est-elle, oui ou non, un système ? Si l’on entend par là je ne sais quelle passion d’étendre et de développer notre domaine colonial sans frein ni mesure, sans principe ni règles, en quelque sorte sans rime ni raison, poussés par je ne sais quel désir de batailles, d’aventures, de gloire facile, ah ! messieurs, ainsi conçue, la politique coloniale ne serait pas un système : ce serait un simple acte de démence.

« […] Voilà le programme de notre politique coloniale, et, ainsi conçue, c’est, en effet, une vue de politique systématique et qui […] repose tout à la fois sur des principes économiques et sur des intérêts, sur des conceptions humanitaires de l’ordre le plus élevé, et sur des considérations politiques…

[I] « […] la forme première de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante. [Annonce de II et III] Mais il y a une autre forme de colonisation : c’est celle qui s’adapte aux peuples qui ont, ou bien un superflu de capitaux ou bien un excédent de produits.

[II] « […] Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. […]

[III] « Mais, messieurs, il y a un autre côté plus important de cette question, qui domine de beaucoup celui auquel je viens de toucher. La question coloniale, c’est, pour les pays voués par la nature même de leur industrie à une grande exportation, comme la nôtre, la question même des débouchés.

[IV] « […] Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder […] : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. […] il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… […] il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures…

[V] « […] je dis que cette politique d’expansion coloniale s’est inspirée d’une vérité sur laquelle il faut […] appeler un instant votre attention : à savoir qu’une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. L’ignorez-vous, messieurs ? Regardez la carte du monde…

[VI] « Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l’écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure toute expansion vers l’Afrique ou vers l’Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien, c’est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c’est descendre du premier rang au troisième et au quatrième.

« […] Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et, puisque l’expansion coloniale est le mobile général qui emporte, à l’heure qu’il est, toutes les puissances européennes, il faut qu’il en prenne son parti.

« […] [on ne saurait] proposer à [notre pays] un idéal politique conforme à celui de nations comme la libre Belgique et comme la Suisse […] ; […] il faut autre chose à [notre pays] ; […] elle ne peut pas être seulement un pays libre ; […] elle doit être aussi un grand pays, exerçant sur les destinées de l’Europe toute l’influence qui lui appartient, […] elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. »

Qui était-ce ?

A L’empereur Guillaume II

B L’amiral Alfred Mahan

C Jules Ferry

D Benjamin Disraeli

E l’adversaire de ce dernier William Gladstone

 

Question 48

Peut-être avez-vous croisé un titre déjà ancien de M. Yves Lacoste, La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ? Moins sans doute ont entendu parler de l’ouvrage plus récent de M. Philippe Pelletier, Quand la géographie sert à faire la paix [dont les vues ne sont d’ailleurs pas inconciliables avec celles du précédent]. Diriez-vous que la géographie servit, en particulier dans le troisième tiers du XIXe siècle, à développer la projection coloniale ?

A oui

B non

 

Question 49

Diriez-vous que les Facultés de droit, dans leurs programmes, sont demeurées étrangères à la question coloniale [en dehors de la considération du fait que des juristes contribuaient à une partie importante de l’enseignement de l’École coloniale] ?

A oui

B non

 

Question 50

Admettriez-vous que l’ethnologie fut une discipline qui, pour s’être entée dans une bonne mesure sur l’entreprise coloniale, bouleversa finalement le regard que le colonisateur pouvait porter sur l’humanité en général, et sur lui-même en particulier ?

A oui

B non

 

 

 

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